28 mars, 2007

candide et la présidentielle

Classé dans : politique France Présidentielle — timon @ 17:10

 Or donc, en l’an 2007, les habitants de France furent conviés à se prononcer sur les mesures à prendre pour rétablir les finances du pays en fort mauvais état, résoudre les problèmes des zones suburbaines et du chômage, améliorer le fonctionnement des grands services publics du royaume, combler les abîmes des régimes des pensions et résoudre quelques autres dossiers de moindre importance dont le moindre n’était pas celui d’institutions sclérosées. Pour se faire, les habitants de France se mirent donc consciencieusement à l’écoute des propositions des candidats qui pourraient être le mieux à même de réussir ces travaux d’Hercule.

Il en résulta force propositions dont presque toutes consistaient à promettre d’augmenter les revenus des plus faibles, gonfler de crédits les grands services publics du royaume, promettre aux mille souffrances- mal logés, mal éduqués, mal aidés –  de les adoucir et même d’assurer à tous les immigrants clandestins d’être fait immédiatement citoyens de France pour peu qu’ils s’acquittent convenablement du devoir de scolarisation  de leurs enfants en bas âge.

De tels programmes, louables et ambitieux, ne pouvaient manquer, pensait on, de convaincre de très nombreux électeurs qu il fallait impérativement choisir les candidats présentant les plus généreux et mirobolants projets.

Il advint cependant qu’un Alceste mal embouché, sorte d’étranger dans son propre pays, un « ultralibéral » pour tout dire, osa poser un jour une question incongrue  en faisant remarquer qu’il lui semblait étrange qu’aucun candidat ne propose un programme tout simple susceptible de multiplier les richesses et donc de servir un peu mieux les mille et une souffrances dont fort opportunément les moins nantis se plaignaient. Car, leur dit il, vos prélèvements sur les plus riches ne seront que poussières pour réaliser les vastes projets dont vous nous entretenez. Et dans un monde sans frontières vous ne ferez ainsi qu’appauvrir encore un peu plus le pays car les serstèces et les ducats se seront enfuis.

En réalité ce qu’il convient de faire, en tout premier lieu, c’est d’accroître la richesse collective de vôtre belle nation et d’appliquer pour se faire les prorammes économiques qui ont fait leur preuves dans tous les pays qui progressent rapidement.

Mais, lui dit on, vous-même, que l’on voit si savant que nous proposez vous qui ne serait fantasmes ? Et quels remèdes avanceriez vous ?

Je ne saurai prétendre à l’exhaustivité mais souffrez néanmoins que je vous en baille quelques uns  en empruntant le langage de votre contrée exotique :

 

  • Vous devez créer des emplois marchands en :
    • diminuant les charges qui pèsent sur les entreprises
    • assouplissant le droit du travail
    • remettre vos gens  au travail en supprimant les 35 heures et en revenant aux 39 h

 

 

  • Vous devez diminuer le poids excessif du secteur public comparé aux autres nations de vôtre continent européen et rendre ces grands mastodontes de votre royaume beaucoup plus productifs (seul moyen de dégager plus de ressources pour l’économie « marchande ») et vous devez:
    • Ne remplacer pendant toute la législature qu’ un fonctionnaire sur deux partant à la retraite
    • Supprimer le maximum de comités « théodules »
    • Supprimer les subventions inutiles ou clientèlistes

 

  • Vous devez ensuite favoriser l’investissement, la venue et la stabilisation du capital  au royaume de France en :
    • Supprimant l’ISF
    • Favorisant l’émergence de nombreux « Business angels » par mesures fiscales appropriées
    • généralisant les fonds de pensions pour  les retraites complémentaires sur la base du volontariat
    • Encourageant vivement l’actionnariat salarial

 

  • Vous devez encourager de nouvelles procédures de négociations collectives en laissant les partenaires sociaux négocier seuls, en abolissant le monopole des « représentatifs » au 1° tour et en rapprochant les négociations du niveau de l’entreprise pour négocier d’éventuelles exceptions aux accords de branche si la majorité des salariés les approuvent, la justice étant alors dessaisie.

 

  • Vous devez aussi jouer la carte de la concurrence et de la compétition en cassant les monopoles publics et en les mettant progressivement sur un pied d’égalité avec le secteur privé: hôpitaux(donner les budgets publics aux nombre d’actes nomenclaturés exécutés dans l’année), Sécurité sociale (laisser les mutuelles et les banques venir sur le marché pour voir si elles peuvent faire mieux que la sécu),Education (expérimenter  le chèque éducation, laisser les parents choisir l’école de leur choix, établir une sélection à l’entrée des universités et surtout leur donner plus d’autonomie

 

  • Il faudrait aussi engager une profonde réforme constitutionnelle pour sortir le royaume de France d’un système de monarchie absolue « républicain » qui confère à votre président de la république plus de pouvoir que Louis XIV lui-même n’en avait sans doute jamais eu : le plus sage pourrait être d’instaurer un véritable régime présidentiel en conférant à l’exécutif et au législatif des pouvoirs équivalents, en ramenant à deux mandats maximum la fonction présidentielle et dans la plupart des autres charges publiques et en abolissant enfin le cumul des mandats chez les parlementaires. Telles devraient être les réformes constitutionnelles à engager si vos vouliez réellement créer une démocratie ou les contre pouvoirs fonctionnent.

 

  • Vous devriez enfin jouer pleinement la carte de l’Europe en appliquant sans retard les directives européennes y compris dans les services et en vous rapprochant des solutions britanniques pour un meilleur fonctionnement et une meilleure efficacité économique du grand marché (moins de PAC et plus d’enseignement supérieur , de recherche et développement et d’encouragement aux industries du futur).

 

  • Vous pourriez aussi vous rapprocher plus nettement de vos  cousins d’Amérique et prendre vos distances avec les dictatures et autres régimes claniques , notamment en Afrique, pour jouer à fond les partenariats avec les états de droit et les grandes institutions internationales qui font le pari de la bonne gouvernance et de la chasse à la corruption.

Quel programme mes cousins! Les auditeurs en rient encore. Celui là venait bien d’un pays d’ailleurs. Il ne connaissait strictement rien aux moeurs de nos braves concitoyens et aux croyances fortement enracinées dans l’entendement de tous et chez nos politiciens. Candide en fut un peu surpris et conveint poliment que tous ces radicaux venus d’ailleurs, même quand ils n’ont pas tord, en aucun cas ne sauraient conseiller les futurs responsables du royaume de France.

26 mars, 2007

Bouclier antimissile US et défense européenne par Alain MADELIN

Classé dans : International — pyrrhon @ 21:19

En s’installant en Europe, le bouclier antimissile américain nous invite à poser des questions essentielles pour notre Défense et notre Politique Étrangère.
L’actualité internationale nous offre l’occasion de prendre un peu de champ -et même en l’occurrence- un peu de hauteur, par rapport à notre campagne présidentielle. Encore qu’elle se devrait de retenir l’attention de nos candidats.

D’abord les faits. Les États-Unis entendent étendre leur bouclier anti missile en installant d’ici à 2010 une station radar en République tchèque et un silo de lancement de missiles d’interception en Pologne. Ceci complétera le réseau de satellites d’alerte, de radars de détection et des huit intercepteurs de missiles situés dans des silos en Alaska et de deux en Californie. Ces installations affirment les Américains ne sont pas dirigées contre la Russie -qui y perçoit une menace pour sa sécurité et dénonce une «hyper utilisation de la force» qui ferait que «personne ne se sentirait plus en sécurité» dans le monde-, mais contre «la menace moyen-orientale». En clair, la menace iranienne. Dans le même temps, en liaison très étroite avec les États-Unis, le Japon accélère son programme de protection contre les missiles balistiques face à la menace nord-coréenne. Avec en ligne de mire l’idée de se protéger contre une éventuelle menace chinoise et peut-être même aussi de renforcer le dispositif américain destiné à protéger Taiwan dans le cas d’un conflit avec Pékin.
Cette affaire divise l’Europe et l’OTAN. Angela Merkel, dont la coalition est divisée sur le sujet, affirme que le «cavalier seul ne réussit à personne». Jacques Chirac s’est inquiété d’un tel projet ne recrée de «nouvelles lignes de division en Europe». Le secrétaire général de l’OTAN juge que le projet américain de bouclier antimissile en Europe, en ne couvrant que certains pays de l’Alliance Atlantique, fait courir le risque d’une division au sein de l’alliance militaire. D’où l’idée d’un système de défense anti-missiles européen propre à l’Europe, opérationnel vers 2010, qui pourrait ultérieurement être connecté avec le système américain. En 2002 il avait été décidé au conseil de l’OTAN à Prague que l’Alliance mettrait en place un tel système de défense a rappelé Mme Merkel.

La question est importante. Elle suscite un important débat international du fait de ses multiples implications stratégiques. Au premier chef les relations américano-russes et l’épineuse question du traité ABM. de 1972 -au plus fort de la guerre froide- où chaque partie s’engageait à limiter les systèmes antimissiles balistiques. La Russie redoute que le bouclier américain diminue la crédibilité de sa dissuasion nucléaire. Ce qui n’est d’ailleurs sans doute pas exact, car la Russie dispose d’une puissance de feu qui saturerait rapidement la défense antimissiles américaine. Il est en revanche plus certain que, compte tenu du faible nombre de ses missiles stratégiques intercontinentaux, la Chine voit davantage la crédibilité de ses forces nucléaires mise en question. À l’inverse, on peut considérer que la mise du sol américain hors de portée d’attaques nucléaires émanant d’états voyous suicidaires renforce la police d’assurance tous risque que représente in fine les États-Unis d’Amérique pour l’ensemble des démocraties. Il n’en reste pas moins que cette volonté de protection traduit un manque de confiance dans les instruments les contrôles internationaux en matière de non-prolifération qui ne peut en retour qu’affecter leur crédibilité. L’Europe et la France sont bien entendues concernés.

Mais poser le problème du bouclier antimissile, c’est poser la question des menaces. Le bon sens commande que cette question soit regardée en commun -du moins autant que faire se peut- par tous les pays démocratiques. Car le bouclier antimissile, très différent du projet de «guerre des étoiles» de Ronald Reagan qui visait à prévenir une attaque massive de l’Union soviétique- s’affiche comme le moyen de faire face à la menace d’états voyous, et de ce fait comme le moyen d’échapper à un possible chantage nucléaire. Pour parler clair, au-delà de la Corée du Nord, cette menace est essentiellement celle que fait peser le radicalisme islamique, celle de son arrivée au pouvoir dans des états possédants ou susceptibles d’acquérir l’arme nucléaire.

Il serait intéressant que nos candidats à l’élection présidentielle -au-delà du quiz sur le nombre de nos sous-marins nucléaires- veuillent bien nous dire quelle est leur idée des menaces qui pèsent sur la France, et plus généralement sur le monde démocratique qui partage nos valeurs. Qu’ils nous disent aussi dans quel cadre d’alliances nous devons y faire face. Qu’ils précisent aussi les moyens militaires et diplomatiques à mettre en oeuvre. Ce sont là de bonnes questions plus dignes d’un candidat -ou d’une candidate- à l’élection présidentielle, plus en rapport avec la fonction à laquelle ils aspirent, que les multiples revendications catégorielles auxquelles ils croient devoir répondre dans le détail.
Alain Madelin

16 mars, 2007

Good Bye Chirac par Nicolas Baverez

Classé dans : politique France Présidentielle — pyrrhon @ 14:47

Jacques Chirac a annoncé le 11 mars sa décision de ne pas se présenter à l’élection présidentielle de 2007, sans pour autant apporter son soutien à Nicolas Sarkozy. Son intervention poursuivait deux objectifs : défendre le bilan de douze années de présidence placées sous le signe du déclin de la France ; se projeter dans l’après-présidentielle et, partant, se mettre en position de peser sur le scrutin de 2007.

1. Jacques Chirac, à son corps défendant, n’avait d’autre choix que celui de renoncer à une nouvelle candidature, qui recueillait moins de 1% des vœux des électeurs. Et ceci pour trois raisons. D’abord, sa santé chancelante depuis son accident cérébral de septembre 2005. Ensuite, la perte du contrôle de son parti, l’UMP, dont le contrôle est passé à Nicolas Sarkozy, soutenu par ailleurs par la quasi-totalité des députés de l’actuelle majorité et des membres du gouvernement de Dominique de Villepin. Enfin et surtout, ses échecs en chaîne avec l’incapacité à juguler les extrémismes qu’il dénonce, le recul de la puissance économique du pays (croissance moyenne de 1,6%, richesse par habitant inférieure de 36% à celle des Etats-Unis, 20% à celle de l’Irlande, 12% à celle du Royaume-Uni), la persistance du chômage de masse (9,8% selon l’Insee), la faillite du modèle social et le déchirement de la nation acté par les émeutes urbaines de novembre 2005, la marginalisation de la France en Europe à la suite du rejet de la Constitution lors du référendum de mai 2005.

2. En réalité toute l’élection de 2007 se joue autour du changement et de la rupture avec les années Chirac. Les trois candidats des partis de gouvernement sont des quinquagénaires, ce qui clôt la génération du post-gaullisme. Quel que soit l’élu, la pratique et le style du prochain président se démarqueront de la démagogie, du nihilisme et du népotisme de Jacques Chirac.

Les Français, conscients des difficultés du pays et de la nécessité de réformes profondes, sont à la recherche du projet et du leadership fort qui permettront de traiter les questions clés laissées en jachère au cours des présidences de Jacques Chirac : le fonctionnement des institutions avec la remise en route des contre-pouvoirs, la modernisation de l’Etat, la réhabilitation du travail, la reconstitution d’une base productive compétitive, la réforme des Universités, la refondation de la nation, la relance de la construction européenne.

3. La feuille de route forcée que Jacques Chirac essaie d’imposer à son successeur n’a donc aucun sens. Son bilan est désastreux précisément dans le domaine des valeurs qu’il prétend défendre : la lutte contre l’extrémisme, la défense du modèle social, la construction européenne, le respect des valeurs fondatrices de la République, au premier rang desquelles la liberté. Les messages de Jacques Chirac appartiennent au passé. Et tout le problème consiste à imaginer un avenir pour la France dans le XXIe siècle.

4. Le refus de Jacques Chirac d’adouber Nicolas Sarkozy, numéro deux de son gouvernement depuis 2002 et chef du parti majoritaire, a naturellement été reçu comme un signe positif par François Bayrou et Ségolène Royal, qui n’ont dès lors pas manqué de saluer avec une chaleur paradoxale l’intervention de l’actuel chef de l’Etat. A terme, il devrait déboucher sur un soutien du bout des lèvres à Nicolas Sarkozy, comparable à celui dont il avait gratifié Valéry Giscard d’Estaing en 1981.

Cette position ne manquera pas d’agacer les partisans de Nicolas Sarkozy. Il n’est pas certain qu’elle le desserve. Rien n’aurait été pire pour le candidat de l’UMP que d’apparaître comme l’héritier et le fils spirituel de Jacques Chirac. Et la distance conservée par Jacques Chirac vis-à-vis de son ministre conforte à l’inverse la crédibilité de la rupture.

Une rupture indispensable compte tenu de l’état du pays. Une rupture qui, assumée comme thème de campagne par le candidat du parti majoritaire, a valeur de bilan pour le président sortant. Pour Jacques Chirac, la meilleure manière de servir la France consiste à sortir définitivement d’une histoire qui le dépasse et à la hauteur de laquelle il n’a jamais su se hisser.

Ou va l’Europe ?

Classé dans : politique Europe grippages — pyrrhon @ 7:08

OU VA L’EUROPE ? Y a-t-il un avenir pour l’Europe ?Après la « panne » pourra t elle repartir ?  En vérité, chacun le dit, l’avenir est sombre pour les pro européens.  De fait, schématiquement, deux grands courants de pensée s’affrontent au sein de l’Europe : ·        D’un côté, les « libéraux » : Grande Bretagne, droites européennes (CDU allemande, PPE espagnol ou droite italienne…),et nouveaux entrants des pays de l’Est  ·        De l’autre, les sociaux démocrates : gauches européennes, France. Les premiers ont une vision simple de l’Europe : on vise le bon fonctionnement du grand marché, persuadé qu’il donnera de la force à une Europe vieillissante et qu’il enrichira tout le monde. La référence est claire et nette. C’est le traité de Rome dans ce qu’il a de plus fondamental : liberté de circulation dans toute l’Europe des hommes , des capitaux , des biens et des services. Peut être un vrai rôle économique, et plus seulement monétaire, pour la BCE à l’instar de la FED américaine ? Ceci pour les objectifs économiques. En matière de politique étrangère et de défense, pas d’états d’âmes non plus. L’Amérique est là pour nous défendre et nous protéger. C’est notre allié indéfectible et on le suit s’il a besoin de nous (cf : Irak). La  Grande Bretagne par tradition historique et les pays de l’Est parce qu’ils savent, d’instinct,  ce qu’ils doivent à l’oncle Sam et ce qu’ils lui devront peut être encore demain face à l’ogre soviétique. Côté sociaux démocrates et France, c’est plus complexe. Les gauches européennes et la France n’aiment pas le « grand marché ». En outre , on aime pas l’Amérique. Ce que l’on veut c’est d’abord l’Europe des nations (sur ce terrain les « libéraux » les suivent ; l’idée d’Europe fédérale est morte et enterrée depuis un certain temps. Seul compte le Conseil des ministres même si l’on dit aux électeurs que ce sont les clones de Bruxelles qui gouvernent) Et dans cette Europe des sociaux démocrates ce que l’on vend aux électeurs c’est avant tout l’Europe sociale, l’Europe qui écoute les citoyens,  l’Europe qui protège et non pas l’Europe qui oblige à se battre. Toute référence au libéralisme et à la concurrence est donc exclue. Pire on s’y oppose fermement. Voir les blocages et les discussions sans fin sur la libéralisation des services ou l’affaire franco française des « plombiers polonais ». Dans ce camp, ce que l’on privilégie ce sont les projets concrets et très étatiques entre « grands » ( les petits ou les nouveaux entrants étant plutôt regardés de haut ou avec dédain) : Europe de la défense, Europe de l’énergie, Europe des transports, Europe des grands entreprises  mais de préférence les siennes. Si l’on fait mine, de l’extérieur, de vouloir se marier avec l’un de nos géants on se cabre et l’on s’oppose, patriotisme économique oblige. Trouvera t on jamais des terrains d’entente ? On peut se poser la question. 

 La relance de l’Europe va poser de sérieux problèmes. Elle est indispensable si l’on veut que l’Europe à 27 fonctionne car la règle de l’unanimité bloque tout au conseil des ministres. Mais les tentatives de relance révèlent déjà que le succès n’est pas pour demain. Ainsi en va t il des 18 qui ont déjà approuvés la « Constitution » Giscard et qui se sont réunis le 25 janvier dernier à Madrid pour faire repartir le projet sous l’impulsion d’Angela Merkel, laquelle, grande coalition avec le SPD oblige, encourage le texte initial à peine amendé, parce qu’il fait une part plus belle au « social » que les textes existants. Et, sans surprise, d’où sont venus les objections des opposants  (déjà fortement  irrités fin décembre 2006  par la mutilation du texte sur la liberté d’implantation des services à l’initiative du parlement européen dominé par les sociaux démocrates) et qui veulent garder leur droit de veto? De Grande Bretagne, de la République Tchèque, de la Pologne ! Les pro libéraux bien sûr. Qu’en serait il, si tant est que la France ratifie un jour la Constitution « Giscard »,  s’il fallait un jour aller encore plus loin et construire une véritable Europe économique- complément indispensable d’une monnaie unique- en harmonisant politiques fiscales,  politiques sociales et même politiques de l’immigration?  Le bout du tunnel n’est pas pour demain ! 

L’Europe bureaucratique et ses conséquences par Guy Millière

Classé dans : politique Europe grippages — pyrrhon @ 7:04

L’Europe bureaucratique et ses conséquences

par Guy Millière

Tous les candidats à l´élection présidentielle d´avril-mai 2007 en France abordent la question de l´Europe, mais d´une manière profondément biaisée : souverainistes et  nationalistes insistent sur les « abandons de souveraineté » qu’implique toute avancée supplémentaire vers le fédéralisme, et accompagnent en général leur discours de propositions protectionnistes aux allures fort archaïques et fort ineptes économiquement. Les socialistes et marxistes divers disent, eux, sans définir un seul instant le « libéralisme » dont ils parlent, que l´Europe qui se construit est « libérale » et proposent une Europe plus « sociale ». D´autres encore, au centre-droit, affirment que seule l´Europe nous permettra de tenir notre rang dans le monde actuel.La réalité oblige à dire que l´Europe telle qu’on l’a construite en a bel et bien impliqué, des abandons de souveraineté : le Président de la République française a, de facto, moins de pouvoir en la plupart des domaines  qu´un gouverneur de l´un des cinquante états qui composent les Etats-Unis. Ne pas prendre la mesure de ce que signifient ces deux adjectifs équivaut à s´aveugler sur les enjeux politiques, économiques et culturels des années à venir. Cet aveuglement pourrait expliquer les biais des discours sur l´Europe, et des discours politiques tout court, tenus aujourd´hui.Une intervention récente de John Blundell, Directeur général de l´Institute of Economic Affairs, à la Heritage Foundation de Washington,  offre une excellente occasion de recadrer les choses.Comme le note Blundell, il s´agissait au départ, après la Seconde Guerre mondiale, de bâtir une Europe de la coopération, sur les décombres laissés par nationalismes et totalitarismes. Il s´agissait de dessiner la perspective d´un grand marché, d´un espace de liberté, d´échange, de partenariat et d´amitié. Il s´agissait donc d´un projet d´essence libérale.Pourtant, le ver bureaucratique était dans le fruit, dès les années 1950, sous la forme d´une Commission non élue et d´une Politique agricole commune, « le système d´aide à l´agriculture le plus inefficace et le plus inhumain jamais conçu ». Le constructivisme était là aussi, en ce qu´il s´agissait d´un projet qui entendait reconstruire une entité politique destinée à conjurer le passé récent tout en faisant table rase de ce que ce passé comportait de liens à une histoire plus profonde.Nous sommes maintenant dans une période  où il apparaît que le ver a presque entièrement mangé le fruit.  La bureaucratie a suscité des réglementations multiples et proliférantes. Le déficit démocratique n´a cessé de s´accentuer, confisquant les pouvoirs locaux et nationaux.
Le constructivisme a tenté de bâtir une identité européenne qui, faute de pouvoir se définir en énonçant ses propres valeurs, se définit par opposition et par différenciation d´avec ce dont elle entend se démarquer.
Et, dimension lourde de sens et de conséquence, cette opposition et cette différenciation se font par rapport à la société qui est restée dans l´ensemble fidèle  aux valeurs libérales : les Etats-Unis, alors que l´Europe leur tournait  progressivement le dos.Au début, dit Blundell, les Etats-Unis ont considéré avec bienveillance le processus de construction européenne,  y voyant surtout la dimension libérale. Ils se retrouvent aujourd´hui face à une réalité européenne très éloignée du projet initial. « Nous en sommes arrivés au point », précise Blundell, « où l’association avec les Etats-Unis a laissé place à une hostilité montrant que l´Europe entend, au mieux, être une rivale, et en aucun cas une partenaire ».Les Etats-Unis ont, ajoute Blundell, une part de responsabilité dans ce qui s´est passé. L´assistance militaire qu´ils ont fourni à l´Europe a permis aux Européens de vivre sous le parapluie d´une défense qu´ils n´avaient pas à financer, ce qui leur a permis de consacrer davantage d´argent à des réglementations diverses, à des constructions multiples, et de vivre en assistés déresponsabilisés.Avant l´effondrement du mur de Berlin, le 9 novembre 1991, demeurait une gratitude latente vis-à-vis des Etats-Unis, même si l´éloignement de l´Europe vis-à-vis des valeurs libérales était devenu patent : tandis que les Etats-Unis défendaient le monde  avec la doctrine Reagan, et que la défense de la liberté y restait une valeur essentielle, on parlait d´apaisement en Europe et on y défilait au rythme de slogans pacifistes du genre « plutôt rouges que morts ». La croissance en Europe s´essoufflait sous le poids des charges redistributives, mais on continuait à voir fondamentalement les Etats-Unis comme un partenaire essentiel. L´ouverture des frontières de 1992 n´avait pas encore eu lieu, et on n´avait pas envisagé encore en Europe de passer à l´étape véritablement et pleinement « politique » du projet, celle qui prendra forme à partir du traité de Maastricht.

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Quinze ans plus tard, tout a changé. La disparition de la menace soviétique a permis aux Européens de s’imaginer qu´ils étaient entrés dans une phase de paix perpétuelle, où tous les problèmes pourraient se résoudre par la diplomatie, et où l´Europe pourrait s´affirmer « supérieure », puisque faible militairement mais certaine de son raffinement intellectuel.
La monnaie unique a été instaurée sans que l´Europe ne soit devenue un espace politique, social et fiscal. Le réglementarisme européen a installé une sclérose croissante qui fait que l´Europe décroche de la mondialisation en cours.
Les Européens ne comprennent plus des Etats-Unis d´Amérique, moins sclérosés, en prise avec la mondialisation, plus jeunes, plus aptes à se défendre, pas du tout assurés de la moindre supériorité intellectuelle, mais intellectuellement connectés aux mutations planétaires.Ils se définissent, au contraire, essentiellement comme non Américains et, s´étant éloignés des valeurs libérales, ont aussi pris leurs distances vis-à-vis du pays qui continue, pour une bonne part, à les incarner.Cet écart, le 11 septembre 2001 a permis de le mesurer. Les Etats-Unis y ont vu une menace pour la liberté,  impliquant une attitude ferme et la nécessité d´agir. L´Europe a vu un trouble pour l´ordre social-bureaucratique paisible qu´elle rêve d´instaurer.Les Etats-Unis ont entrepris une guerre défensive contre le terrorisme et l´islam radical. Les dirigeants européens voient dans cette guerre une immense faute perturbatrice commise par les Etats-Unis, et ils voient dans les Etats-Unis la principale menace pour la paix d´un monde où, les dirigeants européens en sont sûrs, il devrait être possible de s´entendre diplomatiquement, bureaucratiquement, réglementairement, avec tout un chacun,  et où aucun danger majeur n´existe puisque l´histoire, constructivisme oblige, n´existe plus.Le divorce semble consommé. Des sondages montrent que les Européens souhaitent désormais en majorité,  et quel que soit le pays concerné  (à l´exception des Pays Bas), que les relations avec les Etats-Unis soient plus distantes sur tous les plans, y compris militaire. Des sondages réalisés aux Etats-Unis montrent symétriquement que les Américains pensent de moins en moins que l´Europe est un allié privilégié.

En Europe, la croissance économique est plus faible, la peur de la mondialisation et de l´innovation plus grande, la démographie plus asthénique. Un découplage est en cours
avec, d´un côté, des Etats-Unis plus dynamiques, plus jeunes, plus vigoureux, plus innovants, prêts à affronter les dangers du monde qui vient, et, de l´autre côté, une Europe sans dynamisme, sans jeunesse ni vigueur, déficitaire en termes d´innovations, prête à se courber devant les dangers qui montent, qu´il s´agisse de l´islam radical ou de la Chine.

Les racines du divorce, dit Blundell, tiennent « au caractère non démocratique de l´Europe », présent dès l´origine, et à la dérive vers la bureaucratie et le constructivisme, dont Blundell dit qu´elle était logique, au-delà même des effets de l´assistance militaire américaine :

« il n´existe pas d´espace public européen, pas de demos européen »,

pas de langue ou de culture commune.

- Elles tiennent à la dimension intrinsèquement stérilisatrice inhérente au constructivisme européen:

 « la réglementation a été le moyen par lequel on a créé  l´Europe et institué, puis renforcé,  des institutions supranationales ».

En moyenne, poursuit Blundell,

« chaque année, une bureaucratie non élue et qui n´a de comptes à rendre à personne surajoute 2500 nouvelles règles »

- Elles tiennent à l´étouffement économique et démographique auquel se contraint l´Europe.« La population de l’Europe commence à chuter en termes absolus »,dit Blundell. En termes de PIB,« l´économie américaine croît au rythme d’un doublement tous les 25 ans, celle de la zone euro d’un doublement tous les 140 ans ».- Elles se sont renforcées avec la création de l´euro, « dont l´objectif était politique et non pas économique ».
« Les faits démontrent qu´il n´existe pas un taux d´intérêt qui puisse convenir à tous dans une économie morcelée où la mobilité du travail est faible, où il n´existe pas de langue commune, où il n´existe pas de transferts entre Etats du type de ceux qui existent aux Etats-Unis, ils montrent même qu´il est difficile en pratique de trouver un taux d´intérêt qui convienne à quiconque ».

En ne comprenant plus les valeurs libérales, l´Europe, dit Blundell, ne comprend plus les Etats-Unis, mais, surtout, elle ne se comprend plus elle-même et elle ne comprend plus
le fonctionnement du monde tel qu´il devient et tel qu´il se trouve pétri par les idées libérales.
Le problème auquel nous sommes confrontés dans ces conditions, dans les débats en cours en France concernant l´Europe en attendant les élections d´avril-mai 2007, ce n´est pas tant celui posé par les « abandons de souveraineté », même si ceux-ci sont bien réels. C´est celui de la bureaucratie qui continue à proliférer. C´est celui du constructivisme. C´est celui qui, plus loin que le découplage d´avec les Etats-Unis, signifie un découplage profond d´avec les valeurs libérales.La réponse ne peut tenir ni dans un retour vers la souveraineté et vers le nationalisme qui s’accompagnerait de protectionnisme : ce retour proposé ressemble à l´espoir d´un retour à l´ordre ancien, repose sur l´incompréhension du monde suscitée par les dysfonctionnements européens et, sous prétexte de protection, ne ferait que couper davantage encore ceux qui y céderaient du monde tel qu´il devient.La réponse ne peut se situer, bien sûr, du côté du socialisme : la survivance du discours socialiste en Europe peut, au contraire apparaître comme l´un des effets secondaires les plus délétères de la dérive bureaucratique
et constructiviste de l´Europe.
Le retour vers des valeurs libérales semble difficile, tant la dérive et ses multiples effets secondaires sont installés.L´idée soivant laquelle nous pourrions  tenir « notre rang » grâce à l´Europe relève de l´illusion. Bureaucratie et constructivisme empêchent de comprendre le fonctionnement du monde, disais-je plus haut.Les débats politiques qui ont lieu aujourd´hui en France se situent dans un contexte où une part cruciale des possibilités de décision est d´ores et déjà confisquée par la bureaucratie européenne, et où abondent les illusions propagées par le constructivisme.Les candidats à l´élection présidentielle n’abordent la question de l´Europe que d’une manière faussée.  Et ils continueront à le faire tant qu’on ne dira pas ce que Blundell souligne concernant la construction européenne, et qu’on ne placera pas l’ensemble au coeur des débats.Cela doit être fait ; mais ce ne sera pas facile.Comme le note Blundell,« la construction européenne s´est opérée à partir d’une volonté de gérer la vie économique et politique de façon à créer un consensus  et à exclure ou marginaliser  ceux dont on considère comme non conformes  la conduite ou les conceptions. Elle se caractérise aussi par une préférence pour les droits collectifs au détriment des droits individuels et par une détestation envers la concurrence non « administrée » dans les secteurs économique et politique ».

Ce sera d´autant moins facile que le projet de Constitution n´est pas définitivement écarté et que sa promulgation sous quelque forme que ce soit impliquerait

« une extension du vote à la majorité qualifiée au Conseil Européen, qui mettrait quasiment fin à toute possibilité de veto national ».

Ce n´en est pas moins nécessaire si l´on veut espérer éviter le pire. John Blundell encore :

« L´Union Européenne s’enfonce dans une impasse qu´elle a elle-même construite, sans apporter le moindre avantage à ses membres ».

Et de citer Lady Thatcher, et je reprendrai cette citation pour conclure :

« Qu´on ait édifié un super-Etat aussi inutile, malfaisant et irrationnel apparaîtra sans doute, dans les années futures, comme la plus grande folie qu´aient connus les temps modernes ».

15 mars, 2007

France,presidentielle, le point de vue de Guy Sorman

Classé dans : politique France Présidentielle — pyrrhon @ 11:05

  

La France en quête de monarque

Les candidats à la présidence française se placent sous le signe de la rupture, mais la vérité est ailleurs. La politique française est remarquablement semblable à elle-même : dans un monde qui change, les partis et leurs représentants sont immuables. Voyons cela de plus près, de gauche à droite, avant de nous attarder sur Nicolas Sarkozy.

À l’extrême gauche tout d’abord, la France est la seule démocratie au monde à compter deux partiskystes, un parti communiste et une foule de partis écologistes fondamentalistes. Tous ensemble, leurs candidats devraient réunir 10 à 15% des suffrages ; par conséquent, tout candidat de gauche est l’otage de ces extrémes révolutionnaires. Les Français souhaitent-ils pour autant une révolution, ou un régime communiste ? Pas vraiment, mais cette extrême gauche rassemble les ennemis de la mondialisation, de l’économie de marché et de la philosophie libérale. Sa popularité dans les milieux intellectuels relève aussi de la mode et de la coquetterie historique : trotskistes et communistes se posent en héritiers de la Révolution . C’est à 1789 qu’ils doivent leur légitimité dans l’opinion , pas à 1917. Le discours des communistes français puise son vocabulaire dans l’histoire jacobine , pas dans la mémoire bolchévique.

Ce poids électoral de l’extrême gauche, retenant en otage le parti socialiste, empêche celui-ci de se rénover à la manière britannique, scandinave ou allemande. Les socialistes français ne sont toujours pas socio-démocrates ; ils restent farouchement hostiles à l’économie libérale et à la mondialisation. Cet archaïsme est accentué par la base du Parti socialiste ; il est, pour l’essentiel, la représentation des fonctionnaires et, parmi eux, des enseignants.

Passons au centre où survit difficilement la tradition démocrate-chrétienne représentée par François Bayrou. Celui-ci, comme tous ses prédécesseurs centristes, est écartelé entre un discours qui penche à gauche et des électeurs qui penchent à droite. De tradition, les candidats démocrates-chrétiens esquivent le dilemme en ne proposant rien de manière à ne fâcher personne ; ils évitent même de s’en référer aux valeurs chrétiennes par crainte de perdre leur électorat laïc.

De l’autre côté du spectre politique, l’extrême droite reste puissante, autour de 15% des voix, grâce au charisme de son leader Jean-Marie Le Pen et à la simplicité de son programme : les immigrés, dehors !

Venons-en à Nicolas Sarkozy qui occupe l’espace restant entre le centre et l’extrême droite : un centre droit qui représente environ 25% des électeurs. Sarkozy apporte-t-il du nouveau dans la vie politique française ? On a pu le croire avant la campagne électorale, mais plus la campagne avance, plus Sarkozy se banalise. À ce jour, il fait irrésistiblement penser à Jacques Chirac il y a trente ans : l’énergie tient lieu de conviction et de programme. Le Sarkozy d’avant la campagne se réclamait de valeurs quelque peu nouvelles dans le paysage politique : l’ordre, le travail, le mérite, les valeurs chrétiennes, et même – scandale – il était pro-américain et franchement favorable à l’économie libérale. Au fil des jours, le discours sur l’ordre et la sécurité persiste mais le reste s’évapore.

Sarkozy a pris ses distances avec les Etats-Unis, il critique le patronat, il conteste l’Euro et la Banque européenne tout en se proclamant européen. Il est significatif que le rédacteur de ses discours soit le même que celui qui rédigeait ceux de Jacques Chirac en 1995 : plutôt nationaliste, anti-américain, antilibéral. De chrétien chez Sarkozy, il reste l’hostilité à l’entrée de la Turquie en Europe ; ceci lui vaut le soutien de l’ancien Président Valéry Giscard d’Estaing. Voici donc Sarkozy, héritier de Giscard d’Estaing et de Jacques Chirac. Une seule nuance, tout de même, en politique étrangère, Sarkozy estime que la France devrait protester contre les violations des droits de l’homme en Russie et en Chine. ça, c’est nouveau, mais on verra à l’épreuve.

Ce qui, en définitive, caractérise Sarkozy, mais aussi tous ses concurrents, c’est la foi en l’Etat, le culte de l’Etat. À toutes les questions qui lui sont posées au cours de la campagne, Sarkozy, à chaque fois, répond que l’Etat s’en occupera. Sans doute, cette passion de l’Etat répond-elle à la tradition française, à l’attente des électeurs ; ceux qui espéraient un discours plus fondé sur la responsabilité personnelle, sur la société civile ou sur les mécanismes du marché en sont déçus.

À aucun moment, Sarkozy n’a envisagé que l’Etat pouvait ne pas résoudre les problèmes mais qu’au contraire, l’Etat était le problème. Il ne s’interroge pas trop sur le déficit public, l’échec des interventions économiques de l’Etat (lui-même fut très interventionniste lorsqu’il était ministre des Finances) et la stagnation française. Sarkozy, ce n’est pas Reagan, ni Thatcher, ni même Blair. Mais comment le serait-il ? Homme politique depuis l’âge de vingt ans, n’ayant jamais vécu hors de l’Etat – comme Jacques Chirac – comment n’idéaliserait-il pas l’Etat qu’il souhaite conquérir et, comme tous ses prédécesseurs, servir et asservir ? On observera que Sarkozy n’envisage pas de réduire les pouvoirs du Président de la République qui sont déjà gigantesques, sans équivalent dans aucune démocratie ; bien au contraire, il souhaite diminuer le rôle du Premier ministre et concentrer plus de pouvoirs encore dans ses mains.

Si Sarkozy est élu, l’Etat français restera donc immuable ; mais la société française changera plus vite que l’Etat. Cette élection illustre une déconnexion croissante entre la France et ses politiciens ; il est significatif que les Français les plus jeunes sont aussi les plus hostiles à ce régime que le regretté François Revel appelait la « monarchie élective ».

Guy Sorman

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