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23 octobre, 2007

La politique des petits pas

Classé dans : politique France — pyrrhon @ 19:58

 

Les 100 jours n’ayant rien montré – sinon des largesses post électorales plutôt mal venues dans le contexte budgétaire actuel – la perspective des municipales réfrénant dangereusement les velléités réformatrices de l’UMP, le gouvernement fera t il preuve de courage dans les semaines à venir ?

Les intentions semblent bonnes (Voir ci-dessous) mais l’art est difficile.

Qui l’emportera dame prudence ou la volonté de moderniser la France ?

Toujours aussi difficile de répondre aujourd’hui et la communication ou l’ouverture à gauche , malheureusement, ne peuvent pas tout, même si, sur ces deux fronts, les initiatives de Sarko ont été plutôt bienvenues.

Mais revenons sur les bonnes intentions :

  • La réforme du contrat de travail : la rupture par consentement mutuel, l’avenir du CNE, la « flexsécurité » à la française, le détricotage progressif des 35 heures…autant d’axes de réflexion et de pistes qui, pour le moment sont dans la main des organisations professionnelles, avec mission pour elles d’ouvrir de nouvelles voies d’ici la fin de l’année, faute de quoi le gouvernement a clairement dit qu’il reprendrait la main. La méthode est bonne et constitutionnellement incontournable mais  aboutira t elle ? On peut en douter. D’abord parce qu’on ne peut attendre des syndicats qu’ils acceptent de profondes réformes contraires à leurs objets sociaux et qu’ensuite la perspective des municipales pourrait malheureusement faire qu’on en reste là.

 

  • Faire sauter les verrous qui bloquent la croissance : le simple fait d’avoir constitué la commission Attali est en soi une excellente chose. Sa composition est « brillante «  et la gauche de progrès y est largement représentée. Son premier rapport intermédiaire a déjà beaucoup décoiffé. Nul doute que ses conclusions finales en feront tout autant. La presse s’en faisant largement l’écho , on pourra commencer ainsi à faire passer des messages de progrès, ou des doutes féconds, auprès des médias et des opinions publiques françaises. C’est indispensable mais saura t on ensuite aller plus loin et appliquer purement et simplement certaines recommandations de la Commission ? Rien n’est moins sûr.

 

  • La refiscalisation partielle des charges sociales pour relancer l’emploi « marchand » :l’idée est dans l’air . On n’ose plus parler de la TVA sociale mais on tourne autour. Il faudrait expliquer, trouver de nouveaux noms. Il faudrait aussi oser se lancer car, là aussi , il n’y a pas d’autres solutions pour créer de vrais emplois et faire baisser le taux du chômage en France en allégeant le coût excessif du travail.

 

  • La réforme des services publics : l’usage des benchmarks internationaux pour démontrer les maigres performances des services publics français, la mise en concurrence progressive de ceux ci, et l’affermage au privé de certaines  fonctions de service public, démontreraient bien vite que certains services publics pourraient être mieux assurés et bien plus performants en terme de coûts/efficacité qu’ils ne le sont aujourd’hui. S’engagera t on dans cette voie ? Pas sûr car ces dossiers sont ardus, difficiles et demandent du temps. Les emplois du temps surchargés des ministres pour des mesures mineures et des concertations incessantes ne laisseront guère le temps aux plus convaincus et notamment à E.Woerth de s’engager dans cette voie.

 

  • La réforme des retraites : la réforme des régimes spéciaux était une première étape. Alignée sur le « ppcm » de la fonction publique, (40 ans de cotisations  sur l’assiette des 6 derniers mois),  elle demeure bien modeste en termes d’impact budgétaire mais constitue néanmoins une mesure de justice et d’équité indispensable. Le gouvernement multiplie les gestes d’apaisement et les compensations « discrètes » pour arracher l’accord des syndicats. Ce profil bas et ce refus de l’affrontement, qui aurait pourtant sans doute, recueilli l’approbation d’une large fraction de l’opinion publique, suffiront ils à lui permettre de poursuivre plus avant et d’aller vers un allongement inéluctable et généralisé de la période d’activité ? Autant de questions et autant d’incertitudes. Ici, les syndicats sont dans leur rôle en se montrant durs et intransigeants. La  grève larvée et persistante qui s’installe dans les transports parisiens va faire perdre des millions d’heures de travail, perturber les échanges économiques et rendre un peu plus difficile la vie des actifs. Or c’est pourtant ce qui s’annonce et, la dessus, vont venir se greffer les mouvements des fonctionnaires, sans parler des professions médicales ou de justice. On ne pouvait en attendre moins des corporatismes français. Mais si tout cela n’aboutit qu’à des réformettes, au mieux, et, pire, à l’immobilisme, quel gachis !

 

  • Le gouvernement pouvait il faire mieux ou autrement ? Pas sûr mais on en revient toujours au même. N’était il pas temps de « promettre aux français du sang et des larmes » en leur disant clairement qu’on n’ avait plus le temps de tergiverser et que des réformes indispensables et sérieuses devaient être entreprises. Tel était l’enjeu et tel était le challenge. Risqué, dangereux mais Thatcher avait osé le relever à une époque ou le communisme et l’étatisme étaient encore triomphants. Ne saurait on en faire autant aujourd’hui ?

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