• Accueil
  • > Archives pour novembre 2007

13 novembre, 2007

qui est sarko

Classé dans : politique France — elis @ 15:14

 

 

Après 6 mois d’exercice du pouvoir on commence à mieux cerner la personnalité de Sarko et la politique qu’il souhaite conduire.

 

La personnalité est claire : hyperactif, remuant, excellente forme physique, homme de communication, c’est aussi un fonceur qui peut prendre des risques en dépit des multiples conseils de prudence qui ne manquent pas de lui être prodigués. On en a maintenant pour preuve de nombreux exemples récents sans même parler de la prise d’otage de Neuilly il y a quelques années:

 

  • La vérité, enfin, sur la source du pouvoir dans la V° république. C’est à l’Elysée et nulle part ailleurs que se prennent toutes les décisions majeures. Il en a toujours été ainsi mais auparavant, sous prétexte de garder un fusible, on aimait laisser penser que Matignon-hors périodes de cohabitation bien sûr- pouvait avoir une politique autonome. En fait, tant avec Mitterand qu’avec Chirac, cela n’a jamais été le cas mais on adorait laisser planer la fiction du Président arbitre. Maintenant c’est terminé grâce à Sarko et c’est tant mieux. Les choses sont plus claires. Bravo à Sarko d’avoir pris le risque de ne plus avoir de fusible. Bravo à lui d’assumer et de devoir monter en première ligne si les orages éclatent. Et bravo enfin d’avoir, du coup, demander à Balladur de faire des propositions pour renforcer les pouvoirs du Parlement ce qui diminuera un peu l’hyper pouvoir présidentiel que la France connaît, de fait, hors période de cohabitation, depuis les origines de la V° république. Cela durait pendant 7 ans. Maintenant ,de toutes façons , il n’y en aura plus que cinq . Alors de grâce que les présidents s’engagent et disent clairement ce qu’ils ont envie de faire. Sarko, a été élu comme cela et pour cela et il le fait .

 

  • La décision d’aller sur place entendre les «enragés» de la SNCF (dépôt de ..) et de discuter avec eux comme l’aurait fait n’importe quel citoyen lambda sur le pourquoi de la réforme des régimes spéciaux. La présence des caméras aura aussi bien montré dans quel mépris les cheminots tenaient ces politiques «qu’ils ont toujours su faire reculer». Gageons que cette fois Sarko ne voudra pas passer pour une girouette ni pour un«froussard» et qu’avec ce premier face à face, musclé et hors normes, il devenait quasi certain que le gouvernement cesserait de reculer sur les régimes spéciaux.

 

  • Le dialogue carrément d’homme à homme avec le pêcheur de Guilvinec qui l’insultait à distance: «Si vraiment tu penses ce que tu me cries, vient me le dire en face». Inattendu diront certains et franchement déplacé diront d’ autres. Un président doit être, parait il, lointain et «garder son mystère». Le sphinx comme Mitterand ou comme les icones staliniennes. Un Dieu tout puissant et sacré pour des petits hommes bien soumis ou bien manipulés. Franchement au 21° siecle , dans les démocraties et à l’époque d’internet , on peut aussi préféré Sarko, un homme faillible, comme vous et moi, un citoyen lambda comme les autres, mais en charge d’une sacrée responsabilité qui ne le dispense pas de montrer réellement ce qu’il est et qui il est. Les vraies démocraties devraient toujours fonctionner comme cela faute de n’être que des masques.

 

  • Mêmes réactions vis-à-vis des «cagoulés» de Corse. Sarko ne peut plus les souffrir. Il leur a dit et leur a fait savoir et gare à eux s’ils leur arrivent de tuer de nouveau des représentants de l’Etat. Eux et leur complices trouveront certainement en face d’eux autre chose qu’un Etat fantoche, pusillanime et hésitant.

 

Un autre aspect du personnage c’est son indubitable charisme de tribun. A le regarder, sans note,pendant près d’une heure, livrer sa pensée aux « progressistes de gauche » rassemblés autour d’Eric Besson (9/11/07), on comprenait soudain beaucoup mieux les idées dominantes du personnage, ses ambitions pour la France et les fortes convictions qui l’habitent sur un certain nombre de sujets.

 

  • D’abord l’ouverture, puis de grandes responsabilités confiées à des femmes, puis l’introduction de fortes touches de mixité sociale (Fadela,Rama, Rachida), ce n’est pas pour rire et ce n’est pas seulement de la «com». C’est aussi quelque chose auquel le personnage croit profondément, comme un sésame pour ouvrir et moderniser la France et lui faire mieux prendre conscience de ce qu’elle est aujourd’hui.

 

  • Ensuite le rapprochement avec l’Amérique, que les jeunes peuvent comprendre spontanément quand on leur parle des grands espaces ou de Hollywood, mais que les classes moyennes, en France, surtout de gauche, avaient depuis longtemps rejeté, oubliant que l’Amérique, depuis la fin du XVIII° siècle, est le pôle incontournable des libertés contre toutes les dictatures et tous les totalitarismes.

 

  • Et enfin l’Europe à laquelle le personnage croit profondément et qu’il a voulu immédiatement réconcilier avec la France en lançant au pas de charge le nouveau traité simplifié et en décidant d’emblée, qu’il ne fallait surtout pas le soumettre au referendum sauf à risquer un nouveau refus des français, qui aurait été cette fois encore plus destructeur que le premier non.

Sarko a aussi une vision claire de ce qui ne va pas en France. Il l’exprime avec conviction.

 

  • Temps de travail insuffisant:
  • o Chez les jeunes qui n’entrent vraiment dans la vie active qu’autour de la trentaine,
  • o Chez les seniors qui partent en retraite vers 55 ans,
  • o Et enfin chez les actifs, du coup, trop peu nombreux et limités, de surcroît, par les 35 heures
  • Chômage structurel, l’un des plus élevé des pays industriels,
  • Croissance toujours en retard d’un point ( 2 quand les autres font trois ou 1 quand ils font 2) par rapport à nos grands voisins européens,
  • Commerce extérieur dégradé, déficit budgétaire et dette importante, tendanciellement orientée à la hausse, tous facteurs faisant de nous aujourd’hui, sur le plan économique, la quasi lanterne rouge de l’Europe
  • Il ne parle pas trop des banlieues mais on ne peut douter qu’il n’en pense pas moins et qu’il n’y ait là, aussi un sérieux chantier d’améliorations à rechercher.

 

 

Saura t il maintenant confirmer ses apparentes bonnes intentions et poursuivre la modernisation de la maison France qu’il appelle de ses vœux ?

Le moment des épreuves commence demain 14 novembre avec les premiers tirs de barrage de la gauche et des syndicats et leurs tentatives de s’opposer par les grèves aux modestes mesures concernant les régimes spéciaux et l’université.

Chacun sait que pour moderniser la France il faudra évidemment franchir ces premiers obstacles mais, ensuite, poursuivre et amplifier les  réformes (Voir ci contre notre « page »permanente sur les « sept travaux du président Sarko »).

On peut faire crédit à Sarko. A bien observer le personnage, il a certainement envie de le faire mais il n’est pas seul-d’autres le freineront- et les circonstances pourraient en décider autrement. Quelque soit le courage de l’homme, pressé par la nécessité, il pourrait aussi être amené à reconsidérer ses choix tactiques ou stratégiques.

Sarko a enfin un grave défaut….pour un homme politique s’entend. Il veut faire plaisir à tout le monde et il aime être aimé de tout le monde. Nul doute par exemple qu’il souhaite être aimé des syndicalistes français et qu’il a pour eux une profonde empathie. Pour un homme politique c’est grave, car la meilleure façon de mobiliser  ses partisans  c’est, encore et toujours, de désigner l’ennemi. Pour Mitterand, c’était « les forces obscures du capitalisme mondial et la menace toujours présente de l’extrême droite ». Pour Chirac c’était clairement « l’ultra libéralisme et l’Amérique de Bush ». Pour Sarko ce n’est personne, même pas ses opposants politiques les plus dangereux à moyen terme, à savoir la gauche de progrès au sein du parti socialiste. Si DSK démissionne  du FMI un an avant les présidentielles de 2012- ce qui est très probable- nul doute qu’il ne devienne son principal opposant et c’est lui, Sarko, qui lui aura mis le pied à l’étrier.

Et quand on n’a pas d’ennemi à pourfendre et qu’on ne veut trop faire de peine à personne, difficile d’avancer!

On serait tenté de lui proposer de s’en prendre à tous les totalismes d’etat et aux dérives dramatiques des utopies socialistes et communistes pour commencer à célébrer les énormes bienfaits de la liberté  et tout ce que les hommes sont capables d’entreprendre et de réaliser lorsque on leur apporte ce bien inestimable.

 

A suivre donc à notre prochain « rapport d’étape » en décembre ou en janvier.

Journal d'1 République... |
sarkosy un espoir pour la f... |
Sylvie Trautmann |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Union Pour le Développement...
| Vu de Corbeil-Essonnes
| ARCHITECTURE D'UN CONGO NOU...