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30 janvier, 2008

AU FIL DE JANVIER: BETANCOURT, ERIKA, CAUCUS, BESANCENOT,ATTALI, KERVIEL

Classé dans : politique France — elis @ 22:33

  

 

AU FIL DE  JANVIER : BETANCOURT, ERIKA, CAUCUS , BESANCENOT , ATTALI, SOCIETE GENERALE

 

 

Le roi Sarko ne nous ayant gratifié de rien de nouveau ce mois ci, nos billets d’humeur ou nos réflexions se sont plutôt attachés au fil de l’actualité.

 

 

 

5 janvier 2008

 

MARRE DES BETANCOURT

 

Qu’une famille de bobo- probablement extrêmement riche et puissante, compte tenu des moyens qu’elle est capable de mobiliser à ses côtés- s’entiche du Bolivarisme et de Chavez sous prétexte de libérer les « Peuples » sud américains quand c’est la droite qui gouverne, pourquoi pas ? Ce sont toujours les grands bourgeois qui ont amené les plus fanatiques et les plus sanglants révolutionnaires au pouvoir quand il s’agit de « libérer le peuple ». Qu’une Ingrid Betancourt, quasiment certaine de son impunité auprès des FARC, puisque elle était là pour « libérer le peuple » comme eux, se soit aventurée sans précaution sur leur territoire sans penser qu’elle pouvait être une monnaie d’échange hautement lucrative, c’était son choix.

Mais que la France et quelques autres fassent maintenant des pieds et des mains, non seulement pour payer grassement les FARC s’ils libèrent quelques otages, mais les traitent aussi comme des gens parfaitement fréquentables auxquels on serait tout prêts de reconnaître  la respectabilité et pourquoi pas une représentation internationale, alors là non, trop c’est trop !

Il y a eu des élections libres en Colombie, il y a un gouvernement légal. Qu’il ait à cœur de réduire des guérilleros qui ne s’expriment que les armes à la main, qui ne vivent que du rapt et de la violence et du trafic de drogue et qui font régner une insécurité permanente dans le pays, c’est évidemment ce que ferait n’importe quel gouvernement en place. Avec une différence tout de même : les Farc sont en perte de vitesse et il n’y a aucune chance aujourd’hui qu’ils soient en passe de reprendre le pouvoir. Sauf si la « communauté internationale » y met son grain de sel et si celle-ci se mêle de déstabiliser Uribe. C’est ce que tente manifestement Chavez pour ses alliés des Farc, car non seulement il leur offre une base de repli et un sanctuaire sur son territoire mais il les arment et tente aussi de leur apporter la « légitimité de braves révolutionnaires qui luttent pour le bonheur du peuple contre le méchant Uribe « allié de Bush et du grand capital »

Et , malheureusement pour se mettre du côté des médias et de tous les français qui s’apitoient légitimement- vu ce qu’on leur dit tous les jours- sur le sort de cette pauvre Ingrid Betancourt, Sarko joue le même jeu. Il est le bon dirigeant qui fait tout pour libérer une otage. Il s’adresse directement aux FARC par-dessus la tête d’Uribe et il adosse le maximum de moyens logistiques français aux côtés de Chavez. Dans ce jeu de la grande commisération vis-à-vis d’Ingrid, il joue aussi un jeu dangereux aux côtés de toutes les dictatures populistes en puissance, celle de Chavez aujourd’hui et celle des Farc demain, si Chavez obtient ce qu’il veut. Il y a des limites à la politique de l’audimat.

 

 

16 janvier 2008

 

ERIKA

 

Pollueurs, payeurs ! a priori la justice a triomphé !

On ne peut en dire autant malheureusement du DROIT qui une fois de plus est bafoué par la justice française, laquelle se prend encore une fois pour une justice révolutionnaire au service du peuple ou plutôt de la vox populi, chauffée par les medias, encouragée par les politiques et toute prête à lapider « les flibustiers des mers » et à dépouiller le groupe Total , fleuron du CAC 40, mais perçu avant tout comme un gros capitaliste qu’il faut faire cracher…en attendant sans doute « de le renationaliser ».

Fouquier-Tinville est de retour et si la peine de mort existait encore, nul doute qu’au nom de le vox populi le groupe Total eut été pendu…

Le problème c’est qu’il y a un droit dans le transport maritime et que ce droit s’applique à toutes les flottes du monde en vertu d’accords internationaux reconnus par tous. Et que dit ce droit ?

Qu’en matière maritime il y a l’affréteur, ici Total, le propriétaire du navire, ici un armateur grec, le contrôleur du navire, ici la Rina et enfin le commandant de bord. Tous sont responsables du domaine qui les concerne, la conformité déclarée du produit transporté pour Total, le droit à faire naviguer leur bateau pour les propriétaires et l’accord donné par la Rina suite à ses inspections réglementaires. Jusque là rien à dire et chacun des acteurs  a parfaitement respecté le droit maritime et obtenu toutes les autorisations nécessaires. Un doute subsiste toutefois sur deux autres acteurs : le commandant du navire qui n’a peut être pas respecté le « rail maritime » assigné par gros temps, et les instructions de sauvetage données par les garde côte qui ont peut être été malheureuses. Mais rassurons nous, grace à la justice française, ces deux parties , qui n’ont pas d’argent, sont relaxées et ne seront pas poursuivies. Et c’est alors que la justice française se met à délirer :  Comment le droit ne permet pas que je poursuive les trois premiers ? et bien créons un nouveau droit : et d’abord créons un nouveau délit de « dommages causés à l’environnement ». Ensuite désignons les coupables : l’affréteur( c’est une première mondiale), le propriétaire, le contrôleur. Certes ils ne sont pas coupables dans le droit maritime actuel mais qu’importe, moi tribunal parisien, je juge qu’ils n’ont pas fait leur travail comme ils auraient du le faire. Les trois juges, qui n’ont jamais navigué sur un pétrolier de leur vie, considèrent que le propriétaires aurait du faire plus de travaux, que la Rina n’a pas inspecté assez alors que l’état du navire était préoccupant ( ???), et qu’enfin Total aurait du prendre un navire beaucoup plus récent et, puisque je suis un tribunal révolutionnaire et que je crée le droit de toutes pièces,du haut de ma nullité totale sur les questions techniques du transport en mer, je les déclare coupables. Enfin les bénéficiaires de ce nouveau « droit », créé ex-nihilo, seront naturellement les associations écologistes qui pourront se porter parties civiles et recueillir de juteuses indemnités. Nicolas Hulot a le vent en poupe ne l’oublions pas !

Mais qui ose remarquer qu’en principe le nouveau droit ne peut être créé que par le législateur pour ce qui concerne le droit national et par des accords entre états souverains quand il s’agit de droit international. Pas les médias apparemment. Mais encore moins les juges français qui, tout comme pour le secret de l’instruction qu’ils ne préservent jamais, s’empressent de transgresser les règles existantes chaque fois que cela les arrange et qu’ils peuvent sacrifier allègrement au dieu vox populi. Rina et les propriétaires feront appel assurément, ( peut être pas Total qui doit peser sa décision à l’aune de ce que l’Elysée lui demandera de faire), et l’appel annulera vraisemblablement ce premier jugement.

Ceci dit qu’attend donc la France pour créer dans son espace maritime un droit aussi sévère que celui des Etats-Unis qui depuis près de 20 ans exigent la double coque par exemple dans leurs eaux territoriales. Et qu’attend donc l’Europe pour en faire autant ?

La recherche frénétique des économies sur le transport maritime, dont les consommateurs des pays riches ont largement bénéficié jusqu’alors, peut peut-être, maintenant que le trafic est si important et les bénéfices plus élevés, s’offrir un surcoût « sécurité renforcée », qui serait aussi une nouvelle amélioration pour le commerce mondial et pour la protection des côtes contre la pollution. Pour ce faire la balle est dans le camp de l’OMI (organisation maritime internationale) et dans les gouvernements des grands pays qui font déjà pression sur elle. Souhaitons que ce dossier progresse.

 

19 janvier 2008

 

DEMOCRATIE AMERICAINE

 

 

Etonnantes ces primaires US. Par leur suspense, mais aussi par ce qu’elles révèlent du fonctionnement de ce pays qui s’approche dans ces âpres batilles de ce qui est le plus proche de la démocratie idéale dans le monde.

Car pour être élu il ne suffit pas d’être riche, on peut même être relativement pauvre, être parti de rien et pouvoir même réussir.

Il ne suffit pas non plus d’être dans les instances dirigeantes d’un des partis dominants et donc d’y avoir été introduit à un niveau convenable assez jeune et ensuite d’y avoir fait carrière pendant longtemps, ce qui est le cas de la plupart des démocraties occidentales. Qui peut postuler à la présidence ou au poste de Premier ministre, sinon, en France, un membre dirigeant du PS ou de l’UMP ; sinon, en Allemagne, un membre dirigeant de la CDU ou du SPD ; sinon, en Grande bretagne, un membre dirigeant du Parti travailliste ou des Conservateurs ?

Mais en Amérique, ce n’est pas le cas. Il suffit d’abord de partir d’un petit état, l’Iowa par exemple, d’y investir massivement de son temps et si possible d’y avoir trouvé des sponsors et grâce à l’éclairage médiatique qui vous illumine brusquement vous aller pouvoir, cas d’Obama par exemple, ou de Carter il y a 30 ans, devenir un candidat qui fait irruption dans la campagne sans que l’appareil du parti, ni ne vous ai adoubé, ni même ne vous ai vu venir 6 mois auparavant. Extraordinaire tout de même !!Que l’on compare avec la bataille des chefs au sein du PS ou de l’UMP. Toujours les mêmes et annoncés depuis 10 ans. Une exception peut être avec Ségolène qui grâce aux medias et aux nouveaux adhérents a bien failli réussir son hold up. Mais la comparaison s’arrête là car une fois désignée par le parti elle devenait automatiquement la seule candidate de la gauche. Rien de tel aux Etats-Unis. Dans le camp des deux grands partis 8 à 10 candidats s’affrontent , et cette fois c’est le peuple qui entre en scène et les médias ne font en général que suivent et compter les coups.

Le cas de l’Iowa une fois de plus est profondément instructif. Voilà un tout petit Etat, 2 millions d’américains sur 300 millions. Mais 400.000 habitants de l’iowa vont participer aux caucus, réunions publiques à heures fixes et décomptes à main levées, où, aux primaires, bureaux de vote et votes à bulletins secrets. Dans les caucus les militants de chaque grand parti s’affrontent pour désigner leurs favoris. Rappelons  qu’au départ, dans chaque parti, il peut y avoir 10 candidats ou plus.  Chaque citoyen dont le candidat n’a pas été éliminé, plus de 15% des voix, tente de rallier les autres à venir dans son propre camp. Discussions , mouvements de groupes, déplacements et au final décomptes par groupes. Apres les caucus locaux, il y aura les caucus de comtés pour enfin désigner le nombre de sièges de représentants pour chaque grand parti au niveau des Etats. D’un Etat à l’autre d’un comté à l’autre les règles varient. Mais ce qui compte au final, c’est qu’un très grand nombre de citoyens auront débattu sur les candidats possibles pour le parti et que le processus va s’étaler sur plusieurs mois. Redoutable épreuve pour les candidats mais chances quasi égales pour tous à cause de l’extrême variété des arènes, des rebondissements incessants, du long processus de désignation et du très grand nombre de citoyens impliqués. Enfin, last but not least, les représentants au congrès sont maintenant liés par un mandat impératif. Au niveau final, les débauchages ne sont plus possibles.

Un tel système qui donne une telle importance à la démocratie directe n’est peut être pas idéal. Il avantage les candidats les plus démagogiques ou les plus populistes et les victoires gagnées sur les bons sentiments et les idées simplistes, mais il est à l’inverse redoutablement efficace pour favoriser le renouvellement des équipes dirigeantes. Bien malin qui saurait aujourd’hui qui sera le successeur de Bush. Un républicain ou un démocrate, certes, mais lequel ? Le Nevada et la Caroline du sud nous apporterons  peut être ce samedi 19 janvier une réponse provisoire mais certainement pas définitive.

 

23 janvier 2008

 

BESANCENOT VS ATTALI

 

Olivier Besancenot est un garçon plutôt sympathique. Il est jeune, dynamique, il parle bien et le timbre est cordial. Les medias l’adorent, en particulier les medias publics et les journalistes.

Mais quelle ringardise et quelle ignorance du monde réel tel qu’il fut et tel qu’il est.

Ses solutions pour réformer la France tombent « sous le sens » : interdiction de licencier, comités ouvriers dans les entreprises, les administrations et les collectivités locales pour contre balancer les pouvoirs du patronat et du « grand capital ». Initiatives laissées en théorie à la base. C’est le grand retour des soviets sans doute pour refaire le grand soir et abattre le capitalisme mondial. En France, ce discours plait encore. Si la LCR est capable des supplanter les appareils du PC, de LO et d’une partie des verts, en jouant la base, elle pourrait regrouper 12 à 15% des électeurs. Et encore une fois, beaucoup de journalistes l’aideront. Inutile de dire que ce programme est absurde. Interdire les licenciements c’est stériliser l’embauche dans le secteur privé et la multiplier dans le secteur public, en ruinant un peu plus le pays. Des soviets partout c’est le refus du commandement unique et le gage partout de la pagaille et de l’impuissance. Sans parler des risques de dérapages violents.

Dans le même temps des cerveaux pertinents et éclairés de tous horizons se sont réunis autour d’Attali pour juger de l’Etat de la France et proposer toutes mesures susceptibles d’encourager la croissance et de nous faire entrer enfin dans le 21°Siècle. Et leur constat est sans appel : d’abord il y a urgence car la France a pris beaucoup de retard ; deuxio, la plupart des mesures envisagées sont largement d’inspiration libérales, la Commission faisant le terrible constat que « la France reste très largement une société de connivence et de privilèges » ou la rente est omniprésente et encouragée à tous les niveaux. Pour démanteler ces bastilles il faut introduire de la mise en concurrence.

Dommage que l’on n’ait pas invité Besancenot dans la Commision Attali. Peut être y aurait il compris autre chose que ce que lui ont mis dans la tête son père et son grand père, à savoir que quand on veut s’attaquer aux privilèges il vaut mieux s’attaquer au secteur public et aux aux innombrables professions réglementées plutôt qu’au marché et aux entreprises libres.  Elles seules créent de la richesse, seul moyen pour elles de survivre ou de se développer.

L’Etat n’en crée pas. Il en détruit quand il est mal géré.

La Commission Attali est sans doute la dernière perche tendue à Sarkozy pour qu’il fasse autre chose que de la communication pendant les 4 ans qui lui restent. On saura après les municipales si le rapport Attali reste au placard comme tous les autres  ou s’il a une chance d’être mis en œuvre. Le peu de résonance donné au rapport dans les médias, sinon à gauche pour le démolir, laisse cependant mal augurer de son avenir, sans parler de la reculade immédiate sur les départements. Les lobbies de l’électorat UMP sont déjà au travail. Et que dire de ceux de la gauche. On peut être inquiet pour la France.

Heureusement que DSK , de retour du FMI , tout comme le roi Richard revenu des croisades, sera peut être le dernier sauveur de la France, grâce à l’onction que lui aura donné Sarko !

 

 

19 janvier 2008

 

PANIQUE A LA SOCIETE GENERALE

 

 

Les explications « convenues » données pour expliquer les 7 milliards de pertes de la Sociéte générale, selon moi, ne tiennent pas la route qu’il s’agisse du « trader fou », de l’ampleur du déficit et de ses origines, et du rôle de la hiérarchie de la Société générale.

 

Le trader fou

 

D’abord le trader fou qui évidemment aurait été non seulement fou mais « génial ». Haute fantaisie selon moi. Parions plutôt sur quelqu’un qui connaît bien les systèmes dans leurs détails, et pour cause il ne fait que cela depuis neuf ans, et qui panique car il a gagné beaucoup depuis qu’il est trader, petit breton de 30 ans qui habite à Neuilly, et qui pour éviter de perdre ses primes annuelles, et même peut être de devoir rembourser ou de se faire virer, utilise sa connaissance des mécanismes internes de contrôle pour créer des contreparties sur ses pertes et masquer ses engagements par des mouvements inverses qui les annulent, les soldes seuls apparaissant et étant ramenés à zéro. Ni vu ni connu, les contrôles internes ne voient rien. Et là, manque de chance, il se trompe, tout « génie » qu’il soit, car il parie sur la hausse des marchés alors que ceux-ci entrent dans une phase descendante. Combien perd il ? C’est une autre histoire. Parions que la banque qui multiplie alors les erreurs pour parer le coup, a amplifié les perte plus que de raison, volontairement et involontairement. Déclanchant même probablement le lundi noir sur les marchés mondiaux et conduisant la FED, que la France n’a pas prévenu, a baissé ces taux de trois quart de points dès le lendemain. Joli travail dans le monde des apprentis sorciers de la finance.

 

La hiérarchie de la banque

 

La hierarchie maintenant. C’est sans doute là le plus intéressant. On peut dans une première explication plutôt gentille, les voire tels qu’ils sont en France. De formation traditionnelle, plutôt littéraire et certainement pas informaticiens, pris à longueur de journée par des réunions, des contacts clients ,des observations approfondies des marchés ou de leurs propres résultats, et ne connaissant pas dans le détail les mécanismes informatiques de la banque alors que ceux-ci ont été mis au point, non par eux, mais par des SSI qui ne sont plus là depuis longtemps ou qui ont été révisés et améliorés tant et tant, que personne ne sait plus depuis longtemps tout ce qui a été fait au niveau des détails des procédures.

Et l’on peut avoir là une explication indulgente de la défaillance de nos cadres. La crise a été  en fait rendue possible, non seulement par la complexité des produits dérivés mais aussi par la complexité des programmes informatiques, la formidable puissance et les extraordinaires possibilités du web, que plus personne maintenant, et surtout pas les cadres, ne peuvent maîtriser dans le détail. Par contre, celui qui est dans le système, et qui plus est des deux côtés, contrôle et exécution, lui le peut pour peu qu’il y travaille sept heures par jour Et pour peu qu’il soit « un peu dérangé », on voit ce qui arrive. Cette explication globalement très inquiétante sur la maîtrise du  monde numérique qui nous entoure, n’exonère pas la responsabilité de la ligne hiérarchique du trader « dérangé ». Elle l’explique mais ne l’absout pas.

Le jugement que porte la city de Londres est nettement plus meurtrier. La ligne hiérarchique qui contrôlait le trader, du plus bas jusqu’au PDG , est nulle. Comment peut on laisser un petit employé trader jouer sur des effets de levier avec emprunts gigantesques sans que seuls des responsables haut placés, avec codes secrets personnels, dûment sécurisés, puissent seuls les déclancher ou les autoriser ? Et cette question fait mal car elle tombe effectivement sous le sens. Et alors, même jusqu’à Bouton, tout le monde doit être viré et poursuivi par les actionnaires mondiaux,  (parions que les fonds de pension américains ne vont pas tarder à se manifester) et par l’AMF.

En tout cas la crédibilité des dirigeants français, encore une fois, en prend un certain coup. Pas sûr que l’ENA ou l’X forment vraiment les hauts dirigeants français ni au monde numérique, ni à,la gestion et au contrôle des grandes entreprises dont on leur confie la responsabilité, par droit de « naissance dans le saint des saints des formations à la française ».

A moins que la hiérarchie, très machiavélique, et qui s’était planté dans ses opérations de marché et sa prise de risque, n’ait cherché un lampiste pour lui faire porter le chapeau. On préfèrerait encore cette explication mais elle est très peu probable car le lampiste et ses avocats finiraient bien par parler et faire éclater le rôle exact du trader « dérangé » s’il ne devait pas être le seul coupable aux niveaux de pertes annonçés.

 

 

30 janvier 2008

 

La vérité se discerne de plus en plus et elle n’est pas brillante pour l’encadrement de la société générale. Un trader déboussolé, certes. Mais aussi des failles indiscutables à tous les niveaux de contrôle des salles de marché de la Banque sans compter, sans doute,  les erreurs tactiques commises aux niveaux supérieurs des autorités bancaires françaises dès le vendredi et jusqu ‘au mardi quand le drame a été connu.

 

La défaillance des contrôles :

 

Comment un gamin qui travaille sur des indices à terme sur le DAX 30 peut il engager 1,2 milliards, ce qu’il semble de plus en plus avoir fait, sans que cela se voit ? Les spécialistes soulignent qu’il aurait du passer 140000 contrats pour en arriver là et le tout sans que  personne ne s’en aperçoive. Incompréhensible, sauf si l’on considère qu’il dissimulait avec une grande habileté depuis 2 ans au moins. Et c’est sans doute ce qui s’est passé. D’autant plus que son frère, trader lui aussi, aurait fait l’objet de poursuites pour faits identiques. Les contrôles n’ont pas fonctionné, peut être parce que l’encadrement de premier niveau était trop copain/copain et que les alertes allemandes, de novembre notamment, n’ont pas été répercuté sur des cadres disponibles et formés aux techniques de chiens de chasse. Globalement , l’encadrement, à tous les niveaux, ne s’est pas posé les bonnes questions quant aux moyens de sécuriser efficacement les transactions informatiques et les produits dérivés. L’échec et la sanction sur les qualités du management français de haut niveau, dans ces techniques nouvelles, est patent.

 

Les erreurs des énarques à la tête du système bancaire français

 

Mais l’échec, à mon sens, ne s’arrête pas seulement au niveau de la Société Générale mais concerne également Christian Noyer et Michel Prada. Car avec Daniel Bouton ils ont eu à gérer la crise et, pour moi, ils l’ont probablement  mal gérée. Qu’ils n’aient pas prévenu les cabinets au niveau des politiques, très bien. De toutes façons les politiques n’avaient pas les compétences pour gérer ce genre de problèmes.

En revanche il me parait regrettable qu’ils n’aient pas saisi J.C. Trichet à la tête de la BCE (d’autant plus qu’il est français et qu’ils se connaissent parfaitement), ce dernier se chargeant lui-même de saisir la FED, car avec 50 milliards de contrats à dénouer dans l’urgence sur les marchés européens, il fallait au minimum que les banquiers centraux, prévenus, amortissent le coup en détendant légèrement les taux pour redonner du tonus aux marchés et en étalant les liquidations sur au moins 7 à 8 bourses, dans le plus grand secret, et en dosant les sorties en fonction de l’humeur des marchés. Comme ce n’est pas ce qui a été fait et qu’on a vendu dans l’urgence, sans prévenir personne, on a fait chuter le CAC 40 de 6% dès le lundi et forcé indirectement la FED à faire à son tour une grosse bêtise en abaissant de façon excessive son taux de base à 3,5% dès le mardi ce qui n’a pas manqué d’inquiéter encore plus sur la gravité de la crise et, du coup, fait perdre 5,2 milliards à la société générale alors qu’on en était qu’à 1,2 le lundi. On ne peut pas dire que les décisions prises dans l’urgence, la fatigue et dans le cadre franco français, aient été géniales même si beaucoup d’autres en auraient sans doute fait autant.

 

 

 

 

 

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