16 juin, 2008

Ou va l’Amérique ?

Classé dans : Economie — elis @ 16:07

 Ralentissement économique, endettement colossal, épargne nulle, hyperconsommation comme seul modèle de développement, déficit commercial abyssal….l’Amérique des pionniers, dure à la tâche, inventive, épargnante, entreprenante et créative n’est plus. Mais plus grave, le camp démocrate, majoritaire dans les grands états, tourne de plus en plus au socialisme mou et démagogique européen : protection sociale pour tous, pacifisme bêlant, protectionnisme pour toutes les professions menacées. Cette Amérique là aura du mal à s’en remettre. Pur produit marketing, belle prestance et belle voix, Obama, le roi du changement, « faut que çà change , pour que çà change » , sa couleur de peau pour principal argument électoral, a convaincu facilement 60% des électeurs démocrates. C’est dire si le niveau de conscience politique américain est médiocre. On se croirait en France avec Ségolène. Je suis une femme donc vous devez m’élire. Je suis noir donc tout va changer.

Face à ce déclin de l’oncle Sam, au sud, d’autres grandes nations prennent le relai, s’appuyant à leur tour sur les vertus originelles du capitalisme : travail, enrichissement personnel, compétition et libre entreprise. Asie, Brésil, Chili, pétromonarchies….de grandes entreprises mondiales apparaissent, une classe moyenne importante aussi.

Jusqu’alors le dollar, maître du monde et étalon universel est encore là. Mais pour combien de temps ? Si l’on est convaincu que les qualités mentales sont la base de la puissance économique, le dollar devrait bientôt s’effacer devant un « panier » de monnaies plus convaincantes.

Nous sommes ici au cœur du problème que ce modeste billet souhaitait évoquer. L’industrie et l’ingéniérie financières américaine sont, de loin encore, les toutes premières au monde. Les fonds souverains ont beau crouler sous les liquidités, ils ne savent trop qu’en faire sauf à s’investir pour le long terme dans des projets quelque peu délirants et, surtout, majoritairement, à prêter au Trésor américain… moyennant une rémunération négative en termes réels et un risque permanent d’érosion de leur créance avec la chûte du dollar. Ils sont donc contraints, eux aussi, de défendre le dollar. Pour le moment , on peut considérer qu’ils sont les dindons de la farce. Mais ce qui va changer c’est que les besoins en infrastructures des grands pays du sud et de la Russie sont énormes et que peu à peu les fonds prêtés à l’Amérique vont s’assécher. L’avenir monétaire du monde est donc clair. Un dollar qui ne remontera pas et, progressivement, une réévaluation des autres grandes devises du monde. Bien sûr les prêteurs de l’Amérique verront ainsi leur créance s’éroder mais c’est aussi pour eux le seul moyen de faire baisser les prix des importations de pétrole et des autres matières premières. L’inflation gronde et devient une redoutable menace politique pour les dirigeants des grandes nations du tiers monde. Il devient vital pour eux de faire baisser les prix de l’énergie et autres matières premières importées et donc de réévaluer peu à peu leur monnaie.

Mais revenons à l’Amérique. Ici aussi l’inflation, officiellement 5,5%, est à l’œuvre et les monétaristes fanatiques type Greenspan et Bernanke commencent à déchanter. Non, il ne suffit pas de jeter des tombereaux de monnaie dans l’économie pour relancer la consommation. Il faut aussi produire et se méfier des orgies d’achats inutiles ou somptuaires, type énergie, car aujourd’hui, ils ne sont plus les seuls à consommer, les grands pays du tiers monde, à leur tour, ont les moyens de le faire et pour eux ce n’est pas un gadget, c’est vital.

La Fed va peut être commencer à réviser sa politique monétaire bien qu’il lui en coûte. Les taux fédéraux US devraient augmenter le plus doucement possible. D’ici un an ils seront probablement à 3%. L’effort de relance de l’économie US s’en ressentira et le dollar stoppera sa descente aux enfers. Mais, parallèlement, les grandes devises mondiales (euro excepté qui est déjà à son juste prix), seront progressivement réévaluées par les politiques, pour faire baisser les coûts des matières premières et lutter contre l’inflation, dont on pense qu’elle est déjà proche de 15% dans les 4 BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). En définitive un dollar, comparativement plus faible et une Amérique face à la concurrence de grandes nations industrielles. Le déclin du roi dollar, à l’image de l’Amérique, en termes comparatifs, a bel et bien commencé.

 

 

 

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