16 août, 2008

georgie, nouveau rideau de fer

Classé dans : International — pyrrhon @ 8:14

 15 août 2008

Ne nous y trompons pas. La « petite guerre de Georgie » n’est pas un évènement exotique lointain qui ne nous concerne guère plus qu’une émeute à Haïti ou le soubresauts des provinces rebelles de la Bolivie. Cette fois le monde a bel et bien changé et les américains, dont on ne sait si Saakachvili a agi sans les consulter, ne s’y sont certainement pas trompé. Voir ci après les propos de Mac Cain.

 

John Mac Cain : « les historiens verront le 8 août 2008 comme un tournant tout aussi significatif que la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989. L’attaque Russe contre le territoire souverain de la Georgie marque le retour officiel de l’histoire, et d’un style de compétition, presque XIX° siècle, de grandes puissances, assortie de nationalismes virulents, de batailles pour les ressources, de luttes de sphères d’influence et de territoires et même de l’utilisation du pouvoir militaire pour atteindre des objectifs géopolitiques »

 

Cette fois le voile s’est déchiré sur la véritable nature du régime Russe : une dictature, une vraie. Longtemps les doutes avaient pu subsister. D’abord l’arrivée de Poutine au pouvoir. Un parfait inconnu brusquement intronisé candidat président, puis un attentat «Tchétchène » ( ?) providentiel qui permet de renforcer les mesures sécuritaires et de désigner l’ennemi  à combattre, tout comme l’incendie du Reichtag, en d’autres temps. Poutine président,déjà, sans trop d’opposition réelle. Pourquoi ? Puis la longue suite de reprises en main  : des plus dangereux rivaux politiques d’abord (Lebed qui disparaît dans un accident d’avion providentiel et bien d’autres qui s’exilent avant de connaître le même sort), des grands trusts énergitiques ensuite (Chodokorsky jugé, destitué, emprisonné), apparition du géant Gazprom, indirectement ou directement l’Etat russe dirige tout. Enfin ce sont les médias. Les dernières TV indépendantes disparaissent. Les journalistes les plus gênants sont même assassinés, toujours par des fous irresponsables bien sûr.

En dépit de ce très sombre tableau des doutes pouvaient encore subsister sur la nature exacte du régime. Une reprise en main autoritaire n’était elle pas indispensable après l’anarchie qui avait accompagnée la fin du communisme ?

Mais après la Georgie difficile de ne pas y voir plus clair.

 Ce régime est une dictature, une vraie. Il est sûr de sa force. Il  contrôle maintenant parfaitement 130 millions de citoyens, dispose du plus vaste territoire du monde et de ressources énergitiques considérables. Il sait que la seule chose qui compte pour arriver à ses fins ce sont les rapports de force. Et comme il sait aussi que le Caucase est une menace potentielle pour l’empire et qu’il a déjà réglé le problème Tchétchène avec le brio que l’on sait (capitale rasée et 40000 tchétchènes rayés du monde), il ne voit pas pourquoi il ne commencerait pas à faire savoir aux marches de l’empire qu’il compte bien plus pour les habitants de ces régions que les lointaines démocraties occidentales et leurs faiblesses congénitales. Avec lui au moins pas de discordes politiques sans fin, une aide assurée et une grande stabilité. Le discours a déjà convaincu une minorité georgienne et pas seulement les Ossètes et les Abkazes. Alors allons y. Faisons savoir clairement que la Georgie devrait faire partie de l’empire et démontrons que ce misérable Saakachvily n’est qu’une marionnette car ni l’Europe bien sûr, ni peut être les américains n’ont les moyens ou la volonté de le soutenir. Alors allons y. Et non seulement « les force d’interposition » russes en Ossétie et Abkazie prennent ouvertement le contrôle des deux régions, mais pendant qu’elles y sont, elles s’apprêtent aussi sans doute à atteindre Tbilissi et à aider une faction pro russe à y exercer un gouvernement provisoire en attendant les prochaines « élections démocratiques à la mode russe ». Mais on entre maintenant dans une période d’hésitation car l’Amérique vient de bouger…plutôt habilement d’ailleurs. Elle envoit immédiatement des humanitaires et Condie Rice en Georgie. Difficile d’envoyer les chars quand Condie s’y trouve. Mais malgré tout les chars sont déjà à Gori et sur la mer noire. Les Américains  les observent à la loupe avec les satellites. Que vont devenir ces zones déjà occupées par les troupes russes ? Il sera difficile de les en déloger. Par la force c’est exclu. Bush aura-t-il d’autres moyens de pression plus convaincants ? Il vient déjà de donner son accord à l’installation du réseau antimissile en Pologne. En termes de rapports de force c’est déjà une première réponse convaincante. Nouvelle escalade des occidentaux aujourd’hui. A.Merkel vient de faire savoir aux russes que l’adhésion de la Georgie et de l’Ukraine à l’OTAN restait « toujours d’actualité ». C’est aussi une réplique convaincante….et une dernière carte offert aux russes pour qu’ils se retirent. Le feront ils ?

Inutile bien entendu de compter sur les palinodies européennes. On ne négocie pas avec les dictatures sans aucun moyen de pression sérieux et avec la seule arme des bons sentiments et de la courtoisie obséquieuse pour nos fournisseurs de gaz. L’OTAN et ses décisions sont les seules choses qui comptent avec les Russes. Et A. Merkel, tout comme les américains, est parfaitement consciente de l’enjeu mais pour autant n’hésite pas à durcir le ton en dépit de la menace gazière pour l’Allemagne. C’est une grande dirigeante. Ce n’est pas Chamberlain ! Et cela va peut être tirer la Georgie des griffes de l’armée russe. A suivre.

 

28 août 2008

 

Cette fois la messe est dîte. Abkazie et Ossétie du nord sont tombées dans l’escarcelle de Moscou qui les a reconnu et qui leur enverra ses « ambassades ». Moscou avec l’Abkazie s’est assuré une vaste bande côtière sur la mer noire, ce qui était sans doute le but de toute l’opération. La Georgie est dépecée. Il fallait s’y attendre après le silence de l’OTAN sur son éventuelle intégration dans l’Alliance. Car sur les 10 jours écoulés pas mal d’évènements se sont déroulés.

On a d’abord vu A. Merkel tenter la ligne dure. Après un passage en Russie puis à Tbilissi, elle a annoncé que la Georgie serait dans l’OTAN. Manifestement elle avait pris à ce moment le relai de Sarko qui n’avait pas été suffisamment « persuasif » vis-à-vis des russes .Il n’avait, semble t il, posé aucune condition sur le maintien de l’intégrité territoriale de la Georgie, faute grave . Il aurait même accepté une zone tampon jusqu’à Gori et Poti sur la mer noire avec les « forces de maintien de la paix » russes.

La reculade occidentale est intervenue deux jours après. L’OTAN s’est réuni et a étalé son désaccord aux yeux des russes. France, Espagne, Italie n’ont sans doute pas voulu entendre parler de Georgie dans l’OTAN et, comme l’ont signalé les russes, cyniquement, « la montagne OTAN a accouché d’une Russie ». Dès lors les jeux étaient faits. Les Russes, sûrs de leur coup, ont poursuivi méthodiquement ce qu’ils avaient projeté. Propagande massive et infantilisante à la soviétique, main mise définitive sur l’Abkazie et l’Ossétie du Nord. Retrait des forces russes des « zones tampon » toujours annoncé mais jamais vraiment réalisé. Avec Poti, ils ont un nouveau port sur la mer noire, les zones tampon coupent semble t il encore l’axe est ouest de la Georgie et les chars russes peuvent à tout moment exercer de nouvelles pressions sur Tbilissi. La Georgie, alliée revendiquée des occidentaux, ne pèse plus bien lourd et on peut parier que les russes ne bougeront plus de leurs positions actuelles puisque les zones tampon ou ils se trouvent sont des « zones de maintien de la paix ».  Sarko assure, qu’avec les zones tampon, les russes ne respectent pas l’accord qu’il a signé au nom de l’Europe. A voir. En tout cas cela doit tanguer dans les chancelleries

Si, ce qui reste de la Georgie, après la reconnaissance de l’Abkazie et de l’Ossetie nord par Moscou (et les incertitudes sur les zones tampon), ne rentre pas dans l’OTAN, rien ne sera jamais réglé et les choses ne vont pas aller en s’arrangeant pour la petite Georgie. Le pipe line du sud mériterait pourtant que l’Occident  y réfléchisse à deux fois.

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