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27 septembre, 2008

Crise financière et géopolitique

Classé dans : Economie — elis @ 17:31

 

Crise financière et géopolitique mondiale

Dans nos bulletins de juillet, nous évoquions les inquiétudes que suscitaient les moeurs financières américaines et le déclin probable et inéluctable de la première économie mondiale face aux grands pays émergents, à leur soif de croissance et à leurs atouts démographiques.

Et bien nous y sommes. L’histoire s’accélère et le déclin longtemps masqué, se manifeste aujourd’hui sous les traits d’une crise financière majeure. Mais que s’est il donc passé et pourquoi cette crise ?

Sans être devin on pouvait déjà voir les maux qui minaient l’économie US.

Un finance hypertrophiée croulant sous les liquidités trop généreusement distribuées par A. Greenspan puis B. Bernanke, et un décalage grandissant entre l’économie réelle et l’économie de casino poussée  par la finance. Argent liquide à emprunter super abondant, et gratuit en termes réels, usage massif de l’effet de levier par tous les acteurs financiers et croyance quasi généralisée par tous les acteurs du nouveau jeu, en général des quadra ou quinqua qui n’avaient jamais connu autre chose, que la croissance ne pouvait être qu’éternelle et qu’il suffisait de donner des masses de crédit aux consommateurs américains pour que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, avec un PIB  imperturbablement croissant de 5% par an.

Et bien non ! Ce n’est pas seulement comme cela que cela marche ! La vraie croissance c’est aussi et surtout du travail, de l’épargne et de l’investissement judicieux, toutes choses qu’on avait manifestement oublié dans l’Amérique hyper consommatrice.

Ajoutons à cela quelques super gadgets pour financiers, banquiers et boursiers déboussolés par les gains trop faciles :

 

  • Produits dérivés, hedge funds : on ne sait pas trop ce qu’il y a dedans mais leur valeur, constamment gonflée par le jeu des crédits faciles, pouvait représenter jusqu’à 10 ou 20 fois leur valeur réelle.
  • Produit risqués hors bilan: encore mieux , les ratios de solvabilité bancaires pouvaient d’autant mieux apparaître reluisants que la comptabilité ignorait les engagements hors bilan.
  • Agences de notation complaisantes et recours massif à l’emprunt et à l’effet de levier qui permet de maximiser les profits pour des mises minimes ….quand ça monte. Et quand les marchés s’effondrent, on a encore une parade, la vente à découvert sans aucune mise de fonds. Et là encore à condition d’être rapide, on continue à gagner beaucoup d’argent

 

Tout aurait pu continuer ainsi éternellement si deux grains de sable conséquents n’étaient venus gripper soudainement le mécanisme :

  • D’abord une méfiance généralisée au sein du système bancaire sur la qualité réelle des actifs détenus par chaque établissement. D’ou un blocage dramatique des prêts interbancaires et une incapacité pour beaucoup à se procurer les liquidités indispensables à la vie de leur établissement mais aussi indispensables à l’économie en général. Tout le monde s’est mis à suspecter tout le monde d’être porteur, sans le dire, de produits toxiques. Dès lors qu’on ne prêtait plus, qu’on ne s’épaulait plus, tout le système financier s’est mis à vaciller.
  • Le deuxiéme grain de sable est fondamental: les autorités monétaires américaines avaient décidé fin 2007(?) que désormais les engagements hors bilan devraient être réintégrés dans les comptes officiels et que ceux-ci seraient évalués à leur valeur de marché. Ce souci de transparence et de vérité est la véritable cause de la crise. Il a précipité les banques d’affaires et les grands assureurs dans la faillite dès lors que leurs actifs s’effondraient (parce que le marché les dépréciait massivement) et qu’ils étaient automatiquement conduits à la faillite par insuffisance de fonds propres et emprunts massifs sans contreparties à l’actif.

 

 

C’est alors qu’intervient le gouvernement Bush : sauvetages et nationalisations en chaîne (Freddy Mac et Fanny Mae, AIG, WAMu etc…) au programme et pour finir recapitalisation de la FED par le trésor et un grand plan de rachat-à quel prix ?- de tous les produits toxiques des acteurs financiers qui pourraient coûter quelques 1000 milliards au budget américain et enfoncer théoriquement un peu plus le dollar.

Il parait assez clair  que démocrates et républicains au congrès, approuveront ce gigantesque plan de « défaisance » dès lundi prochain. Ils ne peuvent faire autrement, sauf à déclancher une panique généralisée dans toute l’économie mondiales. Mais la vraie question est : qu’y aura-t-il dans ce plan de défaisance ? A quel prix l’Etat rachètera t il les actifs toxiques ? Et banquiers et spéculateurs seront-ils suffisamment sanctionnés ?

La morale et la logique voudraient que les auteurs de ce fiasco soient punis comme ils le méritent. Ils ont joué, ils ont perdu. Les actifs toxiques devraient être rachetés à leur prix réels pour moins que rien et les banques appelées à tomber devraient tomber, tout en redonnant aux plus sages la garantie du gouvernement pour redistribuer du crédit aux entreprises et à l’économie, mais pas de trop aux consommateurs imprudents. Mais faut il aussi soutenir les ménages trop endettés et prendre des mesures keynésiennes de relance comme le proposent aussi les démocrates au risque de plomber encore plus le déficit budgétaire et de menacer encore plus la valeur du dollar ?

 

Et ceci nous amène au cœur de la problématique sur l’économie américaine et mondiale.

On est tout de même dans un curieux système dont rien ne permet de penser qu’il n’ait pas été sciemment ou implicitement organisé entre Chine, Japon et Etats-Unis.

Les deux premiers n’ont pas de pétrole mais en ont impérativement besoin. Le Moyen Orient est le cœur du système et dispose de 50% des ressources pétrolières mondiales. L’Amérique, première puissance militaire mondiale, s’emploiera à les sécuriser, d’ou la guerre en Irak et l’éviction de Saddham, en échange de quoi, Japon et Chine fourniront toutes les liquidités nécessaires au Trésor américain. Et cela marche ! La RAU et les émirats ne sont plus menacés par Saddham, l’Irak (10% des réserves mondiales) reprend ses exportations de pétrole et confie à une société chinoise le premier permis d’exploitation étranger sur son sol ; le terrorisme fanatique islamique n’a plus aucune chance de s’installer sérieusement dans la régions et ne pourra plus se manifester que par des attentats sporadiques.

Quid de la suite ? Japon et Chine ne souhaitent certainement pas voir s’effondrer plus avant les énormes créances qu’ils détiennent sur le trésor américain. Ils doivent donc dire aujourd’hui, soyez « dur » sur le plan bancaire, et dur sur le plan économique. L’économie doit être purgée mais non noyée. On vous aidera encore à condition que vous ne vous effondriez pas et que vous colliez à nouveau à l’économie réelle. Purgez la finance. Laissez nous investir dans les grandes entreprises américaines, leurs cours remonteront et, de notre côté, nous commenceront à réévaluer modérément nos monnaies pour les amener progressivement à des niveaux de cours plus réalistes. Nos importations de pétrole nous coûteront moins cher et notre consommation interne, en Chine au moins, sinon au Japon, devrait relayer le léger affaiblissement de nos exportations.

En somme, on a bien voulu vous aider pour l’Irak – c’était notre intérêt bien compris – on veut bien vous aider encore aujourd’hui pour éviter l’effondrement de l’économie mondiale, et on souscrira, cette fois encore, aux émissions du trésor US, mais quand le dollar aura repris de la couleur aux environs de 1,30 €, il ne devrait plus compter que sur lui-même ce qui suppose que votre purge soit réelle : ralentissement de vos importations et redémarrage par les exportations, nos investissement dans vos grandes entreprises (devenant ainsi de plus en plus réellement mondiales et apatrides au niveau capitalistique), vous y aideront.

Ce schéma est il pur spéculation intellectuelle ou pourrait il réellement exister ? Il aurait le mérite en tous cas de répondre avec une certaine logique à des constats d’ « imbalances » ou déséquilibres gigantesques et durables qui, sans une explication de ce type, paraissent assez incompréhensibles pour les pauvres  citoyens ordinaires que nous sommes.

30 septembre 2008

 

Surprise ! le congrès US a rejeté hier le plan de sauvetage des banque de Paulson. 1/3 des démocrates et les 2/3 des républicains ayant voté contre. Les démocrates parce que pas assez d’aides aux classes défavorisées victimes des subprimes. Les républicains pour deux raisons essentielles : la crainte de leurs électeurs contribuables qui ne veulent pas payer pour les trop riches de Wall street et aussi les arguments de nombre d’économistes libéraux. Il faut laisser les marchés régler le problème plutôt que les hommes de l’Etat. Les banque les plus fautives seront avalées par celles qui ont été les plus prudentes. Le secteur bancaire sera profondément bouleversé mais il faut laissé les banquiers faire leur travail. Ils sont mieux à même que les hommes de l’Etat de savoir ce qu’ils doivent faire ou peuvent faire.

Pas sûr cependant que dans les prochains jours le congrès ne revienne pas sur son vote négatif. A suivre. En attendant les marchés boursiers, les yeux rivés sur le trésor US et sur la Fed bloqués par le Congrès dévissent brutalement. Deuxième « black Monday en quinze jours.

Dernière remarque : la démocratie US est bien au rendez vous et, démocrates à gauche, et républicains à droite, ont bien des corpus doctrinaux en matière économique totalement opposés.

 

 

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