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10 novembre, 2008

Obama super star, S 1, ép 1

Classé dans : International — elis @ 10:43

 

Obama super star, Saison 1, épisode1

 

La crise financière, à un mois des élections US, ayant joué un peu le même rôle que l’attentat de Madrid 4 jours avant les élections espagnoles il y a 5 ans – traumatisme aigu dans l’esprit des électeurs, qui balaie tout sur son passage – il n’était pas difficile de prévoir que le camp sortant serait viré avec pertes et fracas. Les républicains sont morts, vive les démocrates. Avec la majorité au Congrès et leur candidat élu brillamment, que vont-ils faire maintenant ?

Une chose est sure, Barack Obama, nouvelle idole des foules dans le monde entier, a beaucoup d’atouts dans son jeu. Par sa seule présence il délivre une nouvelle image de l’Amérique, le seul état du monde ou tout peut arriver et ou, en 47 ans, un gosse noir de Chicago, hier encore parfait inconnu, peut devenir président de la première puissance mondiale. Ainsi la méchante puissance capitaliste et impérialiste devient elle du jour au lendemain la terre de tous les espoirs et de tous les possibles. La plupart des américains, grands enfants s’il en fut, pourront donc de nouveau se faire aimer de par le monde, eux qui par la faute de Bush, pensaient ils, étaient détestés du monde entier.

Obama a deux autres atouts considérables : d’abord il est noir, et dans l’Amérique esclavagiste du Ku Klux Klan, il est le héros qui a vaincu les méchants blancs aux yeux du monde entier et en particulier des français. Il devient ainsi une formidable icône marketing à laquelle on pardonnera beaucoup, quelle que soit la politique qu’il conduise. Mais son second atout est encore plus important : tout comme Tony Blair, pour lequel Margaret Thatcher avait fait auparavant le sale boulot, Bush a fait le sale boulot en Irak. Cela lui a valu une impopularité record mais le résultat est là : Avec les bases US au moyen orient , 50 % des ressources pétrolières mondiales (RAU,émirats, Irak) sont sécurisées, ce qui ne serait évidemment pas le cas avec Sadham soutenu par la Russie et avec la RAU et les émirats déstabilisés par le fanatisme islamique… alors que ce dernier se retrouve aujourd’hui endigué et bien contenu par la présence US aux côtés des monarchies pétrolières.

Mais revenons à l’élection d’Obama et à la venue des démocrates au pouvoir. Passée la vague d’enthousiasme qui a saisie une partie des populations du monde, est ce qu’il y aura vraiment demain, grâce à leur arrivée, un meilleur avenir possible ? Force est de constater que l’on peut en douter sérieusement car tout ce que peuvent faire les démocrates au pouvoir, s’ils sont fidèles à leur doctrine et à leurs promesses électorales, ce ne sera pas d’améliorer le sort du monde mais plus sérieusement de l’aggraver.

Comment et pourquoi ? C’est ce que nous allons tenter de voir en examinant leurs orientations économiques, puis leurs choix de politique étrangère.

A noter, cependant, que ce n’est pas tant d’Obama lui-même que pourraient venir les changements. Belle prestance, belle gueule et voix de bronze, Obama est un excellent politicien qui sait surfer sur les sondages, mettre les médias dans sa poche et récolter avec maestria des sommes colossales pour une campagne électorale, mais  il est parfaitement impossible de dire aujourd’hui s’il a des opinions personnelles qu’il tentera de faire valoir.

Mais revenons aux démocrates.  Le parti de l’âne a un corps doctrinal dont il n’a jamais dévié et le puissant retour au pouvoir dont il bénéficie va l’amener, surtout en période de crise, à pousser les valeurs dont il est porteur et cela ne sera pas nécessairement bon pour la planète tant sur le plan économique que dans le domaine de la politique étrangère.

 

 

  1. Programme économique

 

En politique économique , on connaît la tendance. Ce qu’ont fait Greenspan et Bernanke c’est très largement ce que toute la gauche américaine souhaitait : toujours plus de crédit pour les masses populaires, pour l’achat des maisons et pour la consommation avec les cartes de crédit, crédits que les dites masses se révèlent bien incapables de rembourser avec le retournement des marchés, la chute de l’immobilier et le fort ralentissement économique qui s’annonce. Pas très sorcier de prévoir ce que vont faire les démocrates à leur arrivée aux affaires et avec leur majorité absolue au Capitole. Ils vont sans doute effacer en partie les dettes des plus pauvres (rappelons qu’il y a eu 500000 $ en moyenne de prêts « subprime » prêtés à 3 millions de ménages pauvres américains, ce qui fait déjà 1500 milliards de dollars qu’il faudra bien que quelqu’un prenne en charge même si tout n’est pas effacé). Le gouvernement US va prendre aussi à son compte, sans trop d’exigences, les produits toxiques des banques couverts par le plan Paulson. Encore au minimum 1000 à 1500 milliards de $ de dépenses disent certains experts. Cela commence à faire beaucoup. Il y a en outre un secteur ou les démocrates interviendront sans doute avec plus de vigueur que ce qui s’est fait jusqu’ici : c’est la politique des grands travaux , Keynésianisme et référence à 1929 oblige. En théorie c’est une bonne chose. Les « utilities », les réseaux de distribution d’eau et d’électricité, beaucoup d’infrastructures sont délabrées. Mais qui paiera ? Les taxes ? impossibles. Les 20% d’américains les plus riches qui supportent à eux seuls 80% des impôts, laminés en partie par la crise et souvent proches du pouvoir démocrate, s’en défendront âprement. Restent les emprunts de l’Etat fédéral et des collectivités locales dont on connaît l’état d’exubérance extrême et de folie excessive en terme d’endettement. On peut douter que japonais et chinois continuent à soutenir éternellement cette fuite en avant de la dette américaine même s’ils n’ont pas intérêt à voir le dollar s’effondrer, leurs créances prenant ainsi le même chemin.

On arrive ici au cœur du problème. Pendant conbien de temps encore l’Amérique va-t-elle pouvoir continuer à s’endetter comme elle le fait ?

Les républicains ou plutôt les patrons successifs de la FED n’ont rien fait. Avec la crise, seule une certaine purge- pilotée et contrôlée pour ne pas qu’elle s’emballe – serait nécessaire. Les républicains ne l’aurait sans doute pas fait (Voir combien on leur a reproché l’abandon de Lehman). Mais on peut être encore plus certain que les démocrates ne le feront pas non plus. On sauvera tout ce qui peut l’être, banques , entreprises et particuliers (On va déjà commencer par l’industrie automobile) et on le fera en empruntant encore, tant qu’on pourra et que les taux des Fed funds ne monteront pas trop haut, et aussi, sans doute, en faisant tourner la planche à billets. On continuera à inonder les marchés de liquidités et ce qui a créé la crise continuera à être délibérément poursuivi. Les pyromanes, contraints et forcés, continueront à jeter de l’huile sur le feu pour l’éteindre.

Deuxième domaine d’inquiétude : Avec les entreprises une autre évolution est à craindre. Les démocrates vont certainement vouloir  sauvegarder les emplois en augmentant les protections douanières de l’Amérique. Et si les américains, champions théoriques du libre échange, le font, évidemment, tout le monde le fera, et plutôt deux fois qu’une. Cela sera préjudiciable pour le commerce mondial et le richesse collective de la planète. Doha a déjà plus que du plomb dans l’aile mais cette fois il sera, probablement, bel et bien mort et enterré.

 Or, contrairement à ce qu’on lit tous les jours dans la presse, ce n’est pas tant le laisser faire libéral et l’abandon sans parachute des canards boiteux qui a provoqué la grande crise de 1929, mais bien plutôt l’escalade et la compétition exacerbée dans les protections douanières et l’explosion du nationalisme et du protectionnisme économique. Du coup le commerce mondial s’est effondré et la récession mondiale s’est accélérée. Et c’est à nouveau la grande menace d’aujourd’hui.

 En conclusion, difficile de se montrer enthousiaste sur le plan économique avec l’arrivée des démocrates au pouvoir. Pour être honnête, pas sûr non plus qu’un Mac Cain aurait pu faire mieux tant les défis sont colossaux. De toute façons il y aura crise. Il faudra la subir, les américains en premier, et au bout du compte, les structures de l’économie mondiale, et le rôle de l’Amérique et du dollar, après la crise, auront certainement changés. Quand et comment ? Impossible de le dire. Mais certainement pas du jour au lendemain.Une lueur d’espoir avec le G20 mais que va-t-il en sortir ?

 

  1. orientations de politique extérieure

 

Avec la politique internationale ce que nous promettent les démocrates n’est pas non plus très réjouissant.

D’abord le repli sur soi bien sûr. L’isolationnisme a toujours été une valeur sûre aux Etats-Unis, en particulier dans l’électorat démocrate- mais elle le sera plus que jamais.

Et puis pour se faire aimer de toutes les forces de gauche de la planète, on se gardera bien de faire de la peine aux dictatures. Mieux on ira dialoguer avec elles pour bien les comprendre, ne pas les brusquer et se garder de toutes initiatives intempestives. Attentisme devrait être ainsi pour un temps le maître mot. Plus personne dans l’immédiat n’ira arrêter l’Iran – s’il ne le fait pas lui-même- dans la conduite à bonne fin de son programme nucléaire. Il n’est même pas sûr qu’en Irak on ne commette l’erreur de rapatrier les troupes trop tôt.

Enfin on se montrera souple avec la Russie et s’il lui prend l’idée de continuer à jouer des muscles vis-à-vis de l’Ukraine, des pays baltes ou de telle ou telle zone du Caucase, sans même parler de la Georgie, parions que Washington n’aura pas trop envie de la contrarier. L’Amérique sera bien trop affaiblie et bien trop occupée par sa propre crise pour cela.

 

En Conclusion

 

Telles sont les futurs probables pour les années à venir si l’histoire ne nous réserve pas l’une de ses surprises dont elle a parfois le secret. On pourrait par exemple imaginer  que l’inconnu Obama ne soit pas du tout le  toutou du parti démocrate mais un  personnage conservateur au fond, ardent défenseur de la prééminence américaine, plutôt centriste en politique intérieure et plutôt dur en politique extérieure . Il s’est déjà prononcé pour le maintien de la peine de mort et la vente libre des armes à feu. Pourquoi ne serait il pas le représentant d’une Amérique musclée , moins dispendieuse et apte à défendre les principes mêmes du capitalisme, la compétition et le libre échange dans les marchés mondiaux, s’il est persuadé que c’est l’intérêt de l’Amérique et de ses concitoyens ? Au fond nous n’en savons rien. Roosevelt élu en 1940 sur la promesse qu’il n’engagerait jamais l’Amérique dans la seconde guerre mondiale, l’a pourtant fait en 1941. Alors quien sabe ?

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