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1 janvier, 2009

cérémonie des voeux

Classé dans : politique France — pyrrhon @ 18:46

 Monsieur le président de la république,

 

Permettez nous tout d’abord de vous féliciter pour l’incroyable dynamisme que vous avez déployé tout au long de l’année passée qui vous a valu, au demeurant, d’être nominé troisième personnalité de l’année par le magazine Time, juste derrière Barack Obama et Henry Paulson, excusé du peu. Vous vous retrouvez ainsi au niveau de ces personnalités qui ont eu et qui auront demain  l’avenir du monde entre leur main, ce qui prouve que votre présidence européenne et votre style ont au moins fortement marqué l’élite américaine.

Vous comprendrez alors combien nous nous sentons intimidés, et saisis de beaucoup d’humilité, de devoir dans ce propos marquer nos louanges mais aussi nos réserves sur les innombrables actions que vous avez conduites avec la maestria que le monde entier salue.

 

Au chapitre de votre présidence européenne, convenons que vous avez arraché à l’Irlande un nouveau retour devant les urnes qui  permettra peut être de remettre les institutions européennes sur les rails d’un fonctionnement viable à vingt sept.

Vous avez du aussi, lors de la crise Georgienne, concéder l’Ossétie du sud et l’Abkhazie à l’ogre soviétique, ce qui, en dépit des coups de pattes donnés au grand principe Onusien du respect des intégrités territoriales, était sans doute assez réaliste. Poussé par Henry Guaino, votre insistance à traiter la Russie avec compréhension  et respect, pour ne pas donner au KGB régnant (pardon FSB) l’impression qu’on ne comptait pas seulement sur l’Amérique pour bâtir la grande Europe, mais aussi sur eux, à notre humble avis était en revanche une erreur. A ce stade des rapports est ouest il valait sans doute mieux garder l’impassibilité du sphinx et ne point dévoiler la moindre stratégie. Enfin vous avez su arracher un accord plein de concessions pour mettre l’Europe à la tête du combat climatique contre le réchauffement de la planète. Par ces temps plutôt frisquets, osons vous dire que sur ce type de dossiers, le doute s’insinue parfois dans nos esprits.

 

Mais revenons à plus sérieux et traitons enfin des multiples dossiers et réformes que vous avez initié dans l’Hexagone.

 

Parce que nous sommes d’horribles esprits chagrins nous oserons les résumer en trois parties :

 

  • Des bonnes choses
  • Beaucoup de bruit pour rien …ou presque
  • Les réformes essentielles qui attendent

 

LES BONNES CHOSES

 

Il y en a une, évidente : la réforme de la Constitution et les plus grands pouvoirs donnés au Parlement- choix de l’ordre du jour, droit d’amendement et suivi des recommandations parlementaires, moindre recours au 49-3 etc…C’est une grande et belle réforme qui renforce la vie démocratique dans notre pays. Mais comment la gauche a-t-elle osé refuser cette réforme ? « Plus sectaire et de mauvaise foi que la gauche, tu meurs », comme on dirait dans les banlieues.

Il y a aussi, nous semble t il, d’assez bonnes choses dans la loi de modernisation de l’économie : le statut de l’auto-entrepreneur, le renforcement de la concurrence et le réexamen des marges arrières dans la grande distribution, les délais de paiement plafonnés à 60 jours.

D’autres secteurs de votre activité protéiforme semblent aussi prometteurs : un meilleur contrôle européen de l’immigration clandestine et une politique de quotas d’immigration par secteurs économiques prioritaires, qui parait plus sérieuse que la politique traditionnelle d’assistanat de la gauche, à la recherche permanente d’électeurs encartés. Idem pour les efforts faits pour promouvoir la diversité culturelle et la jeunesse désoeuvrée des banlieues.

 

BEAUCOUP DE BRUIT POUR PAS GRAND-CHOSE.

 

Vous nous permettrez toutefois d’être plus dubitatifs devant un certain nombre de réformes, non essentielles à nos yeux, et pour lesquelles on aurait peut être pu se dispenser d’aller donner des verges pour se faire battre.

La réforme des lycées, un travail de Sisyphe et un succès inaccessible. Dans le monde enseignant, dominé par la gauche et avec des parents qui jettent allègrement leur gamins dans les rues : trop dangereux. La réforme de la carte scolaire était pourtant une bonne chose mais, à l’Education nationale, il vaut mieux se contenter platement de s’assurer que les écoles privées ont les moyens de fonctionner, et ce sera déjà pas mal. Vive la concurrence.

Les demélés avec d’autres bastilles étatiques et para publiques : justice, SNCF, enseignement supérieur, établissements de soins trop dispersés….pas très convaincant non plus. Certes quelque grignotages bien venus semblent acquis : carte judiciaire, régimes spéciaux , CHU….mais à quel prix ? Difficile de le savoir mais il semble toutefois qu’on ait fait beaucoup de concessions  pour isoler les fortes têtes et acheter les consciences de gauche.

Enfin les deux derniers en date :  la réforme de l’audiovisuel et le travail du Dimanche. Encore des réformettes qui n’apportent pas grand-chose aux grands problèmes que doit affronter la France.

Dans l’audiovisuel public, comme le plus souvent ailleurs, la gauche règne en maître. Elle y a multiplié les fromages pour ses affidés, rendus possibles par le double flux de recettes de la pub et de la redevance. Et disons le franchement, les télé publiques sont aussi racoleuses que les télé privées avec la coloration gauchisante en plus. Pas brillant. Il n’y aurait sans doute que deux voies pour résoudre le problème : mise en concurrence du public et du privé, mêmes règles et fin de la redevance, ou reconversion d’une chaîne publique, interdite de pub, et financée exclusivement par l’Etat avec un budget sérieusement contrôlé. Mais pour le moment le gouvernement avait mieux à faire que de se « colleter » avec la hargne furieuse de la gauche télévisuelle pour une réforme bien modeste.

Avec le travail du Dimanche, ramené in fine à sa plus simple expression, c’est encore pire. C’est un problème qu’il fallait laisser aux bons soins des élus locaux le cas échéant . Dans ce domaine pas de vérité toute faite, mais encouragements à des enquêtes d’opinion publiques et à une extension si les grandes surfaces, leurs salariés et les consommateurs le réclament fortement.

 

LES GRANDES REFORMES A PEINE ESQUISSEES

 

Evidemment la crise est passée par là, qui a changé la donne. La mode étant maintenant à la relance keynésienne on n’allait pas vous demander, Monsieur le Président, de faire comme Angela Merkel, et d’être réticent à toutes mesures qui creuserait encore plus le déficit budgétaire.

Heureusement, vous n’avez pas hésité une seconde et vous vous êtes engagé avec allégresse dans des plans de relance et de sauvetage tous azimuts. Cela donnait tout à coup un alibi en or à vos inclinations naturelles et à votre réticence à toute mesure d’économies qui déplaisent tellement à nos compatriotes. Maintenant, bien sur, le résultat est là : 70 milliards de déficit budgétaire annoncés ( 2 fois plus qu’en 2006) et au finish, probablement, 5% du PIB en 2009 et une dette publique qui explose.

Bien sûr, les meilleurs économistes français vous expliqueront que cela n’est rien comparé à l’Amérique, au Japon et à Berlusconi. Mais vous savez aussi que les deux premiers n’en souffriront pas dans le coût de leur dette- la premiere parce qu’elle dispose « du roi dollar », encore seule et unique monnaie refuge pour les capitaux du monde entier, le second parce qu’il a une balance commerciale largement excédentaire et un taux d’épargne domestique considérable. Seul le malheureux Berlusconi – et bientôt Gordon Brown- peuvent être comparés à nous et pour eux, comme pour nous, la note va être salée ; des taux d’emprunts d’Etat nettement supérieurs à la moyenne européenne et une charge annuelle  de la dette qui va représenter nettement plus que le produit de l’impôt sur le revenu.

Alors envolée, la première des grandes réformes nécessaire, à savoir la baisse des prélèvements obligatoires et envolée, par voie de conséquence, car les deux sont intimement liés, toute chance de voir le chômage baisser. Bien sur la crise, et c’est une chance pour vous, en sera rendue responsable. Mais la vérité est toute autre .Il y a la crise bien sur mais il y a encore plus nous-mêmes et notre refus à nous serrer la ceinture sur des dépenses publiques excessives  et inefficaces.

Et le chômage s’accroissant rapidement, on voit mal comment les budgets sociaux ne vont pas continuer à se détériorer eux aussi : assurance chômage et assurance maladie en déconfiture, et, bien sûr, déséquilibre croissant des caisses de retraite sous le poids grandissant de notre vieillissement et du refus d’allonger fortement l’âge de la retraite.

 

Mais nous ne vous en tiendrons pas rigueur Mr le Président. Ce n’est pas à vous seul, cible privilégiée des attaques démagogiques et irresponsables de la gauche, que nous pouvons demander de porter le fardeau des vraies réformes. C’est toute la droite parlante et responsable qui devrait se réveiller et expliquer que nous ne résoudrons pas les problèmes des banlieues, ni celui du chômage, ni celui de nos déficits publics si nous n’avons pas des services publics plus performants, si nous ne travaillons pas plus longtemps et si nous n’expliquons pas tous les jours que l’ISF et les 35 heures sont  des absurdités économiques à remiser d’urgence au placard des illusions socialistes. Nos services publics devraient apprendre d’urgence à se serrer la ceinture faute de quoi nous finirons ruinés comme l’Argentine et d’autres il y a quelques années. Monnaie dévaluée, emprunts ruineux, fuites des capitaux et investissements insuffisants, voilà ce qui nous attend si nous ne révisons pas très vite nos modes de pensées socialistes dominants. On ne peut avoir les taux de prélèvements obligatoires les plus élevés du monde, sans leurs corollaires obligés : le chômage de masse et l’impossible intégration des banlieues par le travail.

 

Il y a encore une dernière chose Mr le Président sur laquelle nous aimerions que quelques portes paroles courageux et efficaces de la majorité se réveillent, c’est l’incroyable déni de démocratie dont souffre la vraie France. Il n’y a pour exprimer la moindre opinion sur le moindre évènement, qu’un seul son de cloche, celui des syndicats dits représentatifs, infime quarteron de fonctionnaires du syndicalisme, payés par les contribuables ou les usagers, et sans aucun contradicteur valable si ce n’est le malheureux porte parole du gouvernement, nécessairement engoncé lui aussi dans le politiquement correct. Mais quand cessera donc de n’entendre dans nos chers médias que ces seules voies, en position de monopole quasi absolu, pour nous dire tous les jours ce qu’il faut penser sur tout, dixit « la désespérance de nos hôpitaux publics, le manque de moyens de notre Education nationale, l’absence scandaleuse de logements pour les pauvres, sans parler des effectifs insuffisants dans les transports publics ».

 

Mais encore une fois, Monsieur le Président, ce n’est pas à vous que nous demanderons de tenir des propos dérangeants, qui ne pourraient qu’être outrageants pour  la majorité de nos concitoyens et qu’ils ne sont pas prêts à entendre. En revanche, rien ne vous interdit d’aider à la prise de parole des quelques audacieux qui seraient prêts à promouvoir quelques unes des vérités premières  énoncées ci-dessus. En y regardant de près, il se pourrait même qu’on en trouve…. parmi les journalistes du Monde et pas seulement à la rédaction des Echos ou de la Tribune.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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