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1 février, 2009

La crise, acte II

Classé dans : Economie — elis @ 11:52

 

La Crise, acte II.

 

Il est clair que personne ne sait rien et que personne ne sait ce qui va se passer. Les capitaux se réfugient sur les bons du trésor court terme du gouvernement américain et refusent tout investissement en actions, ce qui précipite la déroute des actifs des banques et des assureurs et  n’arrange pas les choses. Etouffement et langueur des crédits en dépit des délirants plans de relance de tous les gouvernements qui suivent les bonnes lois de panurge. Si tout le monde se jette de la falaise, c’est bien qu’il y a quelque chose à y gagner. Ou encore, si toutes les mouches aiment la m…. , ces milliers de mouches ne peuvent pas se tromper.

Les banquiers ne prêtant plus, leurs bilans étant trop déséquilibrés, l’économie mondiale, gorgée aux crédits faciles pendant 30 ans, commence à vaciller. Des entreprises qui ne vivaient que de cela, et qui en profitaient même pour en acheter d’autres à crédit, avec effets de levier, chiffre d’affaires record en expansion constante par croissance externe, et donc plébiscitées par la bourse, se retrouvent, brusquement, dénudées. Leurs emprunts déments leur coûtent cher. Les entreprises achetées valent déjà beaucoup moins et les châteaux de sable qu’elles avaient érigés, vacillent.

Alors les Etats arrivent avec leurs gros souliers et dépensent l’argent des contribuables qu’ils n’ont jamais su gérer. On saupoudre, on écoute les plus criards. Tous les lobbys sont à la manœuvre. Parions déjà que dans la hâte et l’inexpérience des fonctionnaires d’Etat, ce ne sont pas les potentiels plus qui seront aidés, mais plutôt beaucoup qui n’en auraient pas eu besoin, et aussi, beaucoup qu’on va encore prolongés quelques temps, mais qu’il eut mieux valu laisser s’éteindre ou se reconvertir seuls, drastiquement. L’automobile US en est le plus bel exemple.

Rappelons aussi que ce que l’on fait en 2009 est le clône exact de ce qu’a fait Roosevelt en 1929….et que cela n’a strictement rien donné. La crise a duré jusqu’en 1939.

Garantir les dépôts bancaires ? oui, indispensables . Il faut de la monnaie fiable et des dépôts garantis pour les déposants si l’on ne veut pas déclancher l’affolement des foules. Là, les Etats ont bien faits.

Prêter aux banques pour reconstituer leurs fonds stables ? Encore oui, les ratios Cook doivent être assurés, faute de nouvelles paniques. Là encore, les Etats ont bien faits.

Le nouveau problème, on le voit déjà venir, va être celui des Etats. Ou trouver les sommes colossales mises en œuvre pour relancer les économies ? La planche à billets demain et pour commencer emprunts d’Etat. Pour le moment, cela marche merveilleusement bien, puisque les capitaux en mal de placement plus sûrs que les actions, s’y précipitent. Mais la démesure dans les sommes prêtées aux Etats, notamment aux US, trouvera bientôt ses limites et surtout, tout ce qui est pompé par les Etats et qui ne va plus, sinon par des circuits tortueux et bureaucratiques, dans l’économie rèelle, introduit des distorsions colossales dans l’allocation rationnelle des ressources aux besoins. C’est l’ordre naturel des marchés, au niveau de la micro économie, qui a raison. Contrairement à tout ce que disent les panurges socialisants d’aujourd’hui, le grand retour des Etats, disons plutôt  l’étalement et l’expansion des Etats, déjà plus que largement présents, ne pourra être qu’encore un peu plus catastrophique. Avis de tempête en cours. Pas par défaillance des marchés, mais par défaut du rôle, régalien, et indispensable, de régulation des Etats. On a laissé se créer produits dérivés, subprimes, swaps, ventes à découvert et autres plaisanteries plébiscitées par tous les acteurs des marchés puisqu’on les laissaient faire, et que gagner de gigantesques sommes d’argent sans rien faire, quel acteur aurait pu résister ?

Et après avoir laisser faire ces gigantesques bêtises, voilà que les Etats  se mêlent de réparer l’économie. Au secours le socialisme revient.

C’est surtout des Etats-Unis  que vient le danger. Les républicains n’ont pas régulé. Les démocrates vont étatiser. Tout ce qu’il ne fallait pas faire, ils le font, à tour de rôle, l’un après l’autre.

Une seule voie de salut pour le monde : « reréguler » le fonctionnement des marchés ; le G20, en Avril, s’y mettra peut être sérieusement, il faut ardemment le souhaiter.

Ensuite, espérer que Chine et Japon se montreront réticents à continuer à prêter à taux zéro aux US. Il faut que les taux commencent à remonter pour que les énormes masses qui se sont abritées sous le parapluie du trésor US commencent à refluer vers l’économie réelle. Il y a tellement de bonnes affaires à ramasser pour rien aujourd’hui, qu’il y aura sans doute très vite quelques indépendants lucides pour s’y risquer….mais ils seront d’autant plus nombreux si les obligations commencent à faire peur.

Quant au dollar, en bonne économie – dette énorme et comptes extérieurs béants – ….il vaudrait mieux qu’il s’effondre. Tous les actifs dollars remonteraient à leur juste valeur. Le commerce exterieur US commenceraient à se rééquilibrer et les capitaux abrités frileusement sur le dollar commenceraient enfin à aller voir ailleurs. Par la même occasion, les américains auraient moins à rembourser et leur gigantesque dette commencerait à diminuer. Rien que du bénéfique et du retour à de sains équilibres, quelque soit le côté vers lequel on se tourne, si « le roi dollar » commençait à décliner .

Ceux qui freineront, ce seront les grands émergents, les BRIC et le Japon, grands créanciers de l’Amérique,  qui ne souhaitent pas trop voir leurs créances diminuer.  Mais qui les empêchent de reconvertir leurs énormes réserves de change vers leurs marchés intérieurs ? Pas facile, lent, mais il faudra bien y venir un jour. Si les échanges mondiaux se rééquilibrent vers ceux qui en ont réellement besoin, tous les exportateurs des riches, à commencer par les géants US, y gagneront, et l’on retrouverait alors des conditions de fonctionnement des échanges internationaux beaucoup plus normales et satisfaisantes.

Ce que le monde attend aujourd’hui, tout laisse à penser que ce devrait être une remise en ordre et une normalisation réelle des taux de change, par la fin des interventionnismes débridés des chinois, japonais et autres sur leur taux de change et par le refus absolu de tous les protectionnismes et manipulations bureaucratiques des monnaies.

Il n’y aura pas de nouveau Bretton Woods sur les changes. Trop d’intérêts contradictoires de trop grandes nations s’y oppose. Tout ce qu’on peut espérer c’est plus de souplesses et des réajustements progressifs des taux vers des valeurs plus réalistes et correspondant au dynamisme respectif de chaque continent et de chaque nation dans une économie monde ouverte et libre. En ce moment c’est le monde économique à l’envers. Espérons seulement que demain il sera un peu plus rééquilibré. Un Yuan et un yen plus cher. Un dollar moins cher et un Euro au prix de ses échanges avec le reste du monde : cher si le Deutch mark commande, faible si les pays du « club med » imposent leur modèles sociaux et leurs économies déclinantes.

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