1 avril, 2009

perpléxités,la France, la crise,le G20.

Classé dans : International — pyrrhon @ 22:19

 

Perplexités, France, crise et G20.

 

20 février 2009

 

Dans les deux domaines essentiels que nous délivre l’actualité- la crise mondiale et la politique de Nicolas Sarkozy- il faut bien reconnaître nos incertitudes et notre perplexité.

La crise tout d’abord : choc historique, déroute profonde de la mondialisation, crise comparable à 1929 ou simple correction inévitable et nécessaire après les excès de crédit des années Greenspan ?

La politique de Sarko : du bon et du mauvais, pas l’idéal bien sûr. Une communication faiblarde pour expliquer aux français quels sont les vrais enjeux de notre vieux pays. Des mesures disparates, brouillonnes et sans intérêt  commandées par le calendrier médiatique, et sans doute une erreur de ne pas revenir sur le bouclier fiscal, mais aussi quelques bonnes choses, modestes (statut de l’auto entrepreneur, réforme constitutionnelle) et une tentative de commencer à parler vrai sur les déficits et la nécessité de réformer, sans aller bien loin malheureusement.

Comme nous l’avons toujours dit les deux problèmes essentiels de la France demeurent des services publics étouffants, surdimensionnés, d’une insuffisante efficacité et un droit social obsolète et inadapté à la compétition mondiale. Seuls des mouvements dans ces deux domaines permettraient de commencer à faire reculer le chômage de masse mais aussi à contenir les déficits.

Le gouvernement jusqu’ici à garder le cap sur la suppression d’un emploi de fonctionnaire sur deux. C’est assez symbolique et cela ne saurait suffire mais c’est un petit pas dans la bonne direction. Mais il faudrait aussi expliquer qu’en commençant à baisser le poids des services publics, on peut aussi diminuer la charge des prélèvements obligatoires et donc redonner du tonus et des marges de manœuvre aux entreprises françaises, seule solution, avec une meilleure flexibilité du droit social, pour réduire le chômage structurel.

Quant aux autres réformes qui seraient nécessaires dans l’Education, la recherche, la santé, les retraites, l’organisation territoriale ou la fiscalité, la mentalité socialiste dominante de la majorité des français et le contexte de crise ne permettent, malheureusement pas, de faire grand-chose sans déclancher des blocages persistants ; mais un gouvernement sachant ou il va devrait  tout de même introduire discrètement des mécanismes de concurrence dans tous ces domaines, en cassant les monopoles existants et en laissant jouer les initiatives privées. Exemples : autoriser la création de facs privées financées par les grandes entreprises du CAC 40 en exonération d’impôts, autoriser les assurances à créer leur propres caisses de sécurité sociale et réseaux de soins etc….

 

Mais venons en à la crise mondiale.

 

Plusieurs faits ressortent clairement. D’abord l’écrasante responsabilité des Etats-Unis dans ce gâchis. Ce sont eux qui ont créé les subprimes, eux qui ont consommé exagérément, eux qui ont multiplié les instruments financiers douteux et opaques, eux qui ont des déficits gigantesques et eux qui pour finir font remonter le dollar en massacrant toutes les bourses de la planète et en se précipitant sur leurs bons du trésor à court terme. Et ce qu’ils nous préparent pour demain n’est guère plus brillant : la planche à billet pour racheter la dette du Trésor et des milliards investis dans des plans de relance dont la seule et plus probable origine sera de nouveau la planche à billets. Ce n’est pas sérieux et il n’y a que des économistes keynésiens pour penser que c’est le meilleur moyen de résoudre le problème. Personnellement nous ne le pensons pas. Un enfant de 10 ans le comprendrait. S’il veut des billes il faut qu’il les achète. S’il n’a pas d’argent il faut qu’il travaille pour en acheter ou bien qu’on lui en prête ou qu’on lui en donne mais s’il décide de fabriquer des billes en carton ou de payer avec des billets dessinés, il triche. C’est ce que fait la FED en ce moment et cela ne pourra que mal finir.

On comprend dès lors la réaction du banquier central chinois qui demande que l’on réfléchisse à la création d’une nouvelle monnaie de réserve mondiale.

Mais côté Obama, tout n’est pas sombre. Quand les démocrates préparent des règles beaucoup plus strictes pour réglementer les pratiques bancaires, ils ont raison. S’ils suppriment les Swaps, les CDS et les ventes à découvert sans aucune mise initiale, ils auront raison. S’ils définissent des règles pour décourager les paradis fiscaux, ils auront encore raison. Les riches doivent payer des impôts proportionnels à leur capacité contributive. Mais ce qui reste inquiétant, on le trouve une fois de plus du côté de la FED qui campe sur son idée qu’il faut inonder le monde de liquidités pour que tous les problèmes s’effacent. C’est une erreur. Des tombereaux de liquidités, c’est l’inflation assurée à terme plus ou moins lointain, donc l’appauvrissement des plus pauvres. Les masses monétaires doivent inciter à la consommation en précédant de peu les capacités productives. Elles ne doivent pas les submerger.

En résumé les plans de relance des gouvernements et spécialement ceux de l’Amérique, arrêteront ils la crise ? où ne feront ils que la ralentir, à moins qu’ils ne l’aggravent  avec les océans de dettes qu’ils génèrent, autant de questions auxquelles quiconque est bien incapable de répondre aujourd’hui. Il y a eu des excès, il y a des milliards d’ardoises impayées. D’une manière ou d’une autre il faudra que quelqu’un en supporte les conséquences. Sans les interventions des gouvernements- sauf celles indispensables pour maintenir les systèmes bancaires en fonctionnement- il est probable que les fautifs auraient du payer directement les pots cassés. Avec les interventions des gouvernements ce sera beaucoup moins net et les ardoises devront être sans doute payées par tout le monde, notamment les contribuables, ou les consommateurs avec l’inflation.

Reste l’indispensable remise en ordre dans le domaine des changes et la mise en place d’un nouveau Bretton Woods, contraignant pour tous, comme le fut jadis l’étalon or, si l’on veut que la mondialisation , le commerce et le nouvel ordre mondial se développe à l’avenir sur des bases saines et équilibrées. De ces nouvelles bases les équipes d’Obama ne veulent pas entendre parler. Il faudra bien pourtant y venir car le dollar, ne peut avoir la prétention, après les excès commis, de rester le Deus ex machina de l’économie mondiale. Aux chinois, aux russes, aux grands émergents et aux européens, d’exiger des réformes.  L’économie du monde le mérite bien.

 

La réunion du G20 du 2 avril à Londres va donner une première idée de ce qu’on peut en attendre.

Saluons déjà comme il convient cette extraordinaire réunion que les historiens du futur ne manqueront pas de saluer comme l’avènement d’un monde global, symbole du XXI ° siècle. Pour la première fois dans l’histoire du monde, on trouve, aux côtés des nations occidentales, de grandes puissances émergentes qui disent voyons ce que nous pouvons faire pour assurer un bon fonctionnement du capitalisme qui nous a déjà tellement apporter mais dont nous disons qu’il est nécéssaire maintenant de mieux le réguler et accessoirement de na pas laisser Washington seul maître du jeu. Et ils ont bien raison. Ce qui est attendu du G20, et il est possible que des avancées significatives interviennent dans ce domaine, ce sont des règles financières qui découragent la spéculation, des ratios et une transparence bancaire qui incitent les banques à une plus grande prudence et éventuellement un début de contraintes et de mesures contre les paradis fiscaux.

Ce qui devrait être considéré avec circonspection après les expériences non convaincantes des années 1930 et du Japon depuis 1980, ce sont les plans de relance. Les Européens ne convaincront pas Obama de mettre le holà dans ce domaine mais espérons que certains sauront rappeler que rien ne garanti le succès de plans de relance trop déstabilisants pour les grands équilibres.
Enfin la réforme de Bretton Woods. Russes et chinois ont raison de rappeler qu’il faudrait un nouvel ordre monétaire mondial mais malheureusement les européens ne les suivront pas et Obama encore moins, qui tient à protéger autant qu’il le pourra l’hégémonie absolue du dollar.

Nous rendrons compte dans ce blog, comme il se doit, des conclusions qu’il faudra tirer de cet évènement historique mais, aujourd’hui, nous parions plutôt sur quelques avancées qui pourraient à terme requinquer les marchés financiers « sinon demain mais après demain ».

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