8 mai, 2009

Europe:appeler un chat un chat.

Classé dans : International — pyrrhon @ 20:35

 

EUROPE : APPELER UN CHAT UN CHAT

 

 

Si à l’heure de la mondialisation, la,plupart des dirigeants européens estiment que le vieux continent doit former maintenant un bloc plus fort et plus compact, les idées diffèrent profondément tant sur les plans politiques,économiques que diplomatiques sur les voies à privilégier pour l’avenir.

 

Politique d’abord : la France considère que le politique doit reprendre la main, entendez reprise en main par les grandes nations et si possible par la France. La Commission , « ces fonctionnaires », est un peu méprisée. Il en va de même pour le parlement dont on se plait à souligner les insuffisances. En ce sens Lisbonne sera un progrès. Un exécutif plus stable. Une représentation extérieure renforcée et surtout des prises de décision avec des majorités qualifiées et l’abandon de la règle de l’unanimité devenue totalement impraticable à 27.

Mais si Lisbonne est unanimement souhaité, au-delà, chacun s’interroge sérieusement sur les étapes ultérieures car les visions de l’avenir divergent profondément. L’Angleterre n’envisage pas du tout de rentrer dans un ensemble plus intégré, France et RFA non plus si ce n’est à leur profit, et les pays de l’Est encore moins pour lesquels l’Amérique reste la référence instinctive.

En résumé, l’Europe fédérale n’est pas pour demain et l’Europe des Etats est encore là pour longtemps. Lisbonne, si l’on y parvient, sera un statut pour le long terme.

 

Quid maintenant de l’économie ?

 

Les clivages ici sont au moins aussi profonds. Entre la vision française des alliances entre « grands » pour mener des politiques industrielles très étatiques et très dirigistes et les partisans du grand marché au fonctionnement parfaitement libéral, le clivage est sans ambiguïté. La France sur ce thème est d’ailleurs largement isolée. Il y aurait peut être eu des groupes socialistes européens pour la suivre mais au niveau des gouvernement européens actuels on ne voit pas très bien qui pourrait la suivre sur ce terrain. Quand à l’idée qu’il faudrait harmoniser les politiques fiscales, renforcer les impôts et faire encore plus pour le social, n’en parlons même pas. En dehors des périodes électorales, aucun des gouvernements européens actuels n’est prêt à nous suivre sur ce terrain.

 

En matière de politique de défense et de diplomatie,  mêmes clivages mais encore plus grand sans doute.

 RFA , GB et France , statut d’ex grandes puissances oblige, sont les seuls à avoir des budgets militaires conséquents, les autres ne veulent pas en entendre parler , arguant , non sans raison, que la priorité affichée par l’Europe au bénéfice du social exclut que l’on puisse faire en même temps un effort militaire important. Et de toutes façons scandinaves, pays de l’Est et même pays du sud considèrent que l’Amérique est toujours là pour nous protéger, que le parapluie nucléaire existe et que rien ne sert de le dédoubler cela ne pouvant servir que les seuls intérêts des complexes militaro industriel actuels et pas vraiment les développements prioritaires dans la science , la recherche ou la formation.

 

La politique extérieure de l’Union souffre des mêmes désaccords profonds et insurmontables. A l’Est la Russie fait toujours peur et tout ce qui consiste à lui faire des « risettes » apparaît comme autant d’erreurs graves et l’on attend  l’arrivée du bouclier antimissile « iraniens »dans les meilleurs délais possibles. La France, isolée là aussi, n’est pas du tout sur le même registre. Au quai d’Orsay on  a toujours respecté la Russie et l’on entend surtout la ménager et  ne pas lui donner prétexte à déclancher son hostilité. Outre qu’elle est notre premier fournisseur de gaz, on aime bien que ce soit de nouveau une grande puissance et dans beaucoup de milieux français on s’interroge encore pour savoir si autant que l’Amérique , elle ne serait pas à même, avec ses matières premières, de constituer un allié de choix pour le bloc européen. C’est dire aussi si l’entrée de la Turquie , premier allié des américains dans le monde musulman, est mal vue à Paris. Pour des raisons évidentes bien sûr. Avec Lisbonne, l’arrivée de 100 millions de turcs en Europe diluerait immédiatement les pouvoirs de la haute administration française et ferait entrer un redoutable cheval de Troyes de l’Amérique dans les institutions européennes. Mais là non plus,  très peu de nos partenaires nous suivent dans notre hostilité viscérale à la Turquie. Un pays jeune s’alliant à une Europe vieillissante lui apporterait incontestablement le dynamisme que sa natalité déclinante ne lui apportera plus, sans parler des débouchés économiques élargis, de la porte vers le Moyen Orient et de l’alliance pacifique des civilisations.

 

Sur ce chapitre de la diplomatie, l’évènement du mois nous aura été fourni par le « partenariat oriental ». Et là encore quel fossé entre la France et beaucoup d’autres .Rappelons que les représentants de 33 pays se sont réunis le 6 mai pour signer un accord destiné à resserrer les liens politiques et économiques de l’UE, 27 pays, avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine, l’Union européenne cherchant ainsi à développer des partenariats avec cette zone dans les domaines du commerce, de la sécurité et de la mobilité des personnes. Evidemment la Russie voit cela d’un très mauvais œil, tout autant que les manœuvres -assez timides- de l’OTAN en Georgie. La France aussi sans doute, mais pas du tout l’Allemagne -Angela Merkel était présente- et encore moins les anciens pays de l’Est qui ne mésestiment pas du tout les menaces d’intervention russes dans toute cette zone tampon pour eux.

On est bien loin ici du partenariat Europe /Mediterrannée voulu par la France et au demeurant contré par Angela Merkel.

 

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