25 juin, 2009

la france etla crise, suite.

Classé dans : politique France — elis @ 21:16

 

I ) Une politique gouvernementale pas facile à décrypter

 

Avouons notre incapacité à comprendre ce qu’a bien pu faire ce gouvernement « de droite » dans les domaines « malades » du modèle français : système de santé (de plus en plus déficitaire), Education Nationale, Recherche et Enseignement supérieur(beaucoup d’argent mais des résultats médiocres et un « chaos » généralisé cette année dans le supérieur ), un équilibre des finances publiques (tragiquement compromis par la crise, voir ci dessous), RGPP( un peu remisée aux oubliettes semble t il (mais est ce bien sûr ? le discours existe encore), la modification de règles de représentation syndicale.(On a bien fait quelque chose mais cela reste assez obscur). Enfin quid de la politique de l’immigration choisie ? Elle semble avoir commencé à être mise en œuvre.

Au total, le gouvernement revendique 60 chantiers de réformes. C’est sans doute vrai mais des réformes pour quoi faire et avec quels résultats ? Mystère pour le commun des mortels. Il y a pourtant, pour nous pauvres quidams, quelques aperçus

On sait au moins ce qui n’a pas été fait et qui aurait du l’être :

  • la réforme du droit des licenciements,
  • la suppression de l’ISF,
  • la fin des 35 heures.

On distingue aussi une erreur grossière : le droit au logement de Christine Boutin

Mais il y a aussi ce  qui a été fait est et que nous nous devons de saluer :

  • le RSA, s’il relance effectivement le retour au travail et permet de donner plus à ceux qui travaillent qu’à ceux qui ne travaillent pas
  • l’aide accrue aux chômeurs touchés par la crise et faisant l’objet d’un licenciement économique
  • la réforme des institutions et les nouveaux pouvoirs donnés au Parlement. Excellent!
  • Excellentégalement, le statut de l’auto entrepreneur, même s’il doit encore subir quelques retouches
  • Idem pour la remise en cause de la loi Royer qui semble devoir être remplacée par de nouvelles règles d’implantation des grandes surfaces, mais qu’en sera-t-il exactement?

Au total donc un bilan mitigé pour ce que nous croyons en avoir compris et une timidité bien politicienne sur l’impérative nécessité de rendre nos grands services publics plus efficaces, moins onéreux et plus performants.

Heureusement , il reste la politique de défense et la politique extérieures, qui n’intéressent pas les français et que le gouvernement a pu réorienter sans craindre les manifestations de rues :

  • le plan des armées pour modifier et réduire les côuts semble bien s’appliquer avec une programmation raisonnable sur 8 ans.
  • La remise sur les rails du traité de Lisbonne en France après le désastreux «non» du «peuple»français est une excellente chose (Bravo Sarko sur ce point)
  • Une politique étrangère plus proche des grandes démocraties occidentales et de l’Amérique que ne l’était celle de Chirac ou de Villepin. Il est vrai qu’avec l’arrivée de la gauche américaine au pouvoir, cela ne demandait pas grand effort à une «droite française» très sociale démocrate. Bien sûr, il reste la pomme de discorde de la Turquie puisque ici la politique politicienne- sondages obligent- a repris ses droits.

 

II) et un modèle social français « qui triomphe » !

 

Le plus drôle dans la situation actuelle, c’est que la France qui faisait figure de mauvais élève tant en Europe que dans le monde, pour un peu passerait presque pour un parangon de vertu.

Car que voit on autour de nous ? Des déficits budgétaires et des dettes qui explosent, tout spécialement aux USA et en GB, et des taux de chômage qui sont en train d’enfoncer les tristes records français. Regardons bien le tableau ci-dessous, il est édifiant.

 

  Deficit budget vs PIB Endettement vs PIB Chômage vs actifs
USA  12% 60% 12%
GB  12% 75% 11%
FR   8% ou 10% 80% 10%

 

La France n’est plus la championne des déficits et des records de chômage et d’endettement. L’Amérique démocrate et l’Angleterre travailliste font mieux.

Et l’on s’accorde maintenant sur tous les bancs de l’Assemblée à saluer les mérites des amortisseurs sociaux français et donc de la supériorité de notre modèle social. On n’entend plus l’Europe qui, il y a peu, voulait nous sanctionner pour déficit budgétaire excessif dépassant les 3%. Avec nos 8% ou 9% maintenant il n’y a vraiment plus rien à dire. C’est normal puisque c’est la crise et il y aura donc des déficits de crise isolés et sui généris non comptabilisés avec les déficits stucturels permanents. D’aucuns, parmi les économistes les plus éminents, s’en vont même clamant qu’on n’en fait pas assez. Le merveilleux président Obama n’est il pas là pour nous montrer la marche à suivre ? Il faudrait donc à les entendre augmenter encore massivement les déficits publics, nos enfants paieront, et, d’ici là, l’Euro ( comprendre l’Allemagne) nous protègera de toute dévaluation et de l’habituelle inflation qui l’accompagne, l’inflation étant largement considérée comme n’étant pas à l’ordre du jour.

Reconnaissons tout de même à nos dirigeants actuels qu’ils ont plutôt fait le bon choix en privilégiant la relance par l’investissement plutôt que par la consommation et, qu’en refusant d’alourdir les impôts, ils donnent une meilleure chance à l’économie de se redresser.

Il y a eu aussi un assez bon discours de Sarko à Versailles et une annonce plutôt claire des réformes qu’il voudrait réaliser sur la deuxième partie de son quinquennat/

  • Un grand emprunt pour investir dans des secteurs que toute la nation, après consultation , jugerait prioritaires
  • Un developpement plus vert et plus écolo
  • La réforme de l’organisation territoriale, celle de la taxe professionnelle et celle de la formation professionnelle et peut être celle des retraites , enfin, dès 2010 plutôt qu’en 2012.

Au total donc quelques projets assez sérieux et de bonnes réformes si elles sont vraiment menées à terme

Et un remaniement ministériel plutôt bon qui va avec :Hortefeux, Woerth, Borloo, Lellouch, F.Mitterand  »the right men in the right places ». Justice, Education Nationale, agriculture: des mouvements bienvenus si l’on veut calmer le jeu et renvoyer à plus tard des mesures plus sérieuses, ce que se prépare sans doute à faire le gouvernement, et qui serait alors une vraie clarification dans l’affichage des priorités qui a tant fait défaut jusqu’alors.

 

 

III) et des gouvernements qui font de la politique

 

 En quelques mois, les gouvernements se sont beaucoup agités, ils ont énormément dépensé et on attend maintenant les retombées. Combien d’effets positifs faut il en attendre et pour quand ? Personne ne se risque au moindre pronostic.

Notre avis à nous, incurables libéraux, est que les gouvernements en ont bien trop fait, sauf pour les aides aux  salariés licenciés par la crise et pour la garantie des dépôts bancaires. Et ils en ont bien trop fait pour une double raison. Il fallait d’abord laisser sombrer les banquiers fautifs. Il fallait aussi laisser se purger naturellement les excès du crédit et de l’endettement. L’effet de levier avait beaucoup trop rapporté à beaucoup trop de monde. Il était normal que les plus inconscients soient sanctionnés par un juste retour des choses.

Ensuite rien ne prouve que les gigantesques déficits qui s’accumulent ne soient pas en train de créer une nouvelle bulle des titres publics et n’annoncent, par ces nouveaux déséquilibres, de nouveaux grands désordres économiques à venir.

Enfin fallait il autant réagir alors que cette crise au démarrage était purement boursière et qu’il n’est pas très sur aujourd’hui, en dépit de toutes les statistiques des instituts de conjoncture, qu’elle ait vraiment détériorer profondément l’économie réelle (Moins 3% à moins 5% du PIB n’est tout de même pas un désastre absolu)

Or la bourse n’a rien à voir avec l’économie réelle. C’est un gigantesque casino ou l’essentiel consiste à gagner le plus d’argent possible quel que soit le sens du marché. Les professionnels gagnent presque autant d’argent dans les marchés baissiers que dans les marchés haussiers. L’essentiel est de bien suivre le mouvement et rien ne vaut alors les montagnes russes des cours. Dans un marché plat, les professionnels végètent. Dans un marché en mouvement ils peuvent gagner beaucoup.

 

Et puis il y a eu le G20 dont on pouvait tout de même attendre quelques mesures indispensables notamment pour un meilleur encadrement des marchés financiers.

  • Obama voulait une vaste relance mondiale, aussi «folle» que celle que son parti bénissait aux Etats Unis. Heureusement l’Europe n’a pas suivi.
  • L’ Europe et les BRIC voulaient une meilleure régulation. Obama ne les a pas suivi . les quelques mesures qui viennent d’être décidées aux Etats-Unis sont d’une insignifiance remarquable

Globalement, à ce jour, un bilan G20 qui semble devoir être bien pauvre.

 

L’avenir, aussi bien en France que partout dans le monde, reste donc imprévisible. Pour nous,  libéraux, les débauches de dépenses à crédit lancées par les gouvernements sont dangereuses. L’appétit du tiers monde pour un développement « à l’occidentale », s’appuyant sur les codes , les méthodes de gestion et les règles financières du capitalisme, saura t il faire un contre poids efficace pour donner un nouvel élan à l’économie mondiale ? C’est toute la question.

 

 

 

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