• Accueil
  • > Archives pour juillet 2009

25 juillet, 2009

cassandre 2009

Classé dans : Economie — elis @ 8:09

 

 

Au risque de passer pour de pauvres rabats joie ou de  tristes Cassandres, nous  croyons de moins en moins à une sortie de crise boursière et économique avant longtemps,  tant que le système financier ne sera pas réformé en profondeur et, malheureusement, nous craignons qu’il ne soit pas prêt de l’être, les grands de ce monde ne s’attaquant pas aux vraies causes de la crise, l’Amérique, notamment, rechignant fortement à changer ses détestables habitudes des 30 années passées.

Les causes de la  crise sont maintenant assez clairement identifiées . On pourrait  les rassembler en trois chapitres :

  • Excès de crédit, notamment subprimes, cartes de crédit et emprunts massifs pour rechercher l’effet de levier,
  • Mondialisation et instantanéité des marchés via Internet, qui exagère et amplifie démesurément tout mouvement de panique ou tout excès d’optimisme,
  • Et surtout règles financières autorisant les inventions les plus débridées.

 

Et c’est surtout là que le bât blesse. Au lieu que les vraies valeurs soient appréciées et mesurées à leur valeur réelle, de gigantesques écrans de fumée virtuels s’interposent, les dérivés de crédit, sur les quels ont été plaqués des valeurs sorties de chapeaux de mathématiciens probabilistes et qui elles peuvent valoir 10 ou 100 fois plus que les valeurs réelles des biens éclatés sur lesquelles elles reposent, mais que plus personne ne peut mesurer, tant les « découpages » titrisés ont été nombreux et démultipliés.

 

Et contre ces règles absurdes  de la titrisation rien ne vient…ou si peu ! Trop compliqué pour les politiques et tellement appréciées encore par les banquiers.

 

D’autres pratiques financières initiées par Wall Street mériteraient aussi des révisions spectaculaires. Les ventes à découvert sans apporter le moindre apport, par exemple, ou encore les doutes persistants sur le travail des agences de notation. Ou encore pourquoi autoriser les banques à détenir des valeurs hors bilan ? C’est absurde, tout devrait être clair et transparent, ou du moins présenté comme tel, comme dans les bilans de toutes les autres entreprises. Quant aux valorisations  au prix du marché,  « market to market » , elles aussi posent problème dès lors que la spéculation règne en maître et que les valeurs attribuées par les bourses n’ont rien à voir avec les valeurs réelles. Mais comment adoucir ou remplacer le « market to market » par des valeurs universelles et qui, elles aussi, ne soient pas trop complaisantes ou trop sévères ou parfaitement arbitraires ? Question et toujours questions ? Mais les meilleurs experts comptables mondiaux et les pouvoirs publics ne pourraient ils au moins tenter d’y répondre ? Bien sûr que si ! et notamment dans le cadre du G20 car il est clair qu’il ne faudra pas compter sur Wall Street ni sur les américains pour le faire.

Que dire aussi des Goldmann Sachs et consorts sauvés par des fonds publics , qui se « remplument » très vite par leurs activités de marchés – entendre traders et spéculations effrénées mais habiles, et surtout pas soutien à l’économie réelle –  et qui pour conclure prévoient de verser 11 milliards de bonus à leurs petits génies qui s’engouffrent dans toutes les failles du système  tout comme avant la crise. C’est la démonstration évidente que les responsables politiques devraient bouger plus qu’ils ne le font. Mais si personne ne le fait et si les réformes nécessaires semblent écartées,  c’est sans doute que chez les décideurs beaucoup pensent encore qu’ils vaut mieux s’en remettre à l’Amérique qui a toujours su  s’imposer en matière financière.

 

Et que penser, enfin,des taux de change qui n’obéissent plus à aucune logique, même s’ils demeurent encore, in fine, commandés par les balances des mouvements de capitaux, en ce moment le « fly to quality » vers les bons du trésor US. Mais que valent ces mouvements quand on ne tient plus compte des balances commerciales et encore moins des politiques monétaires aventureuses de tous les gouvernements du monde. Les seuls critères de la vraie valeur des monnaies devraient être : balances commerciales et comptes publics équilibrés, endettements maîtrisés, et pouvoirs d’achat internes comparatifs. Les valeurs télécommandées et purement politiques, ou dérivant des mouvements spéculatifs mondiaux, des grandes monnaies du monde, dollar , yen ou yuan et même euro, ne sont certainement pas satisfaisantes pour assurer le futur développement économique de la planète. La recherche éperdue de l’expansion par l’export en dévalorisant les monnaies (modèle asiatique) non plus qu’un dollar manifestement surévalué, à l’aune de l’endettement des Etats-Unis, des déficits de leurs échanges commerciaux et de leur « créativité monétaire non conventionnelle », ne sont pas des éléments valables pour déterminer des taux de change stables , sérieux et pouvant constituer un socle solide pour l’expansion économique mondiale. Les chinois, les Bric et plus timidement,l’Europe, ont raison de le dire. Ils devraient faire front commun pour en remontrer aux américains, lesquels, malgré leur dynamisme passé et leur encore prédominance actuelle, se sont vraiment trop déconsidérés sous l’influence néfaste de Greenspan , de Bernanke et de leurs banquiers .

 Exit le dollar comme seul étalon monétaire et vive la future monnaie de référence mondiale à inventer.

Journal d'1 République... |
sarkosy un espoir pour la f... |
Sylvie Trautmann |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Union Pour le Développement...
| Vu de Corbeil-Essonnes
| ARCHITECTURE D'UN CONGO NOU...