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23 décembre, 2009

Emprunt Juppé Rocard

Classé dans : Economie — pyrrhon @ 22:45

 

Commission Juppé-Rocard

Enfin du travail sérieux en France dans une commission où, pour une fois, on a oublié les invectives habituelles que la gauche affectionne tant, pour tenter de réfléchir sérieusement au problème posé et sur la meilleure façon de le résoudre.

Ce n’est pas la première fois que Michel Rocard préconise de bonnes solutions pour le pays. Vu son âge il faut souhaiter que ce ne soit pas la dernière.

Quant à Alain Juppé son honnêteté et sa rigueur morale ne sont pas discutables, lui, qui par fidélité à Chirac, a pris tous les tords sur lui et a quasi brisé sa carrière dans l’affaire des HLM de la ville de Paris. On ne discutera pas non plus son intelligence. On n’est pas major de l’ENA sans quelque qualités de ce côté là. Mais encore une fois les qualités du cœur, sont plus importantes que celles du cerveau quand il s’agit de prendre les bonnes décisions pour la France et quand on sait que l’on n’a que des coups à prendre.

Donc, mandatés par Sarko, nos deux compères s’entourent des meilleurs experts et cogitent sur comment donner un contenu intelligent à l’idée farfelue du grand emprunt lancée par Guaino. Et ma foi nos deux ex, qui, on le pense depuis longtemps, valaient mieux que leurs maîtres, ne s’en sortent pas si mal.

D’abord ne pas en faire trop. Il faut rester dans les clous de l’acceptable pour les agences de notation et ne pas dégrader la note de la France. Pas question d’augmenter le coût de nos emprunts dans la situation où nous sommes. Ce sera donc 35 milliards, et en vérité 22, le solde correspondant au remboursement de banques. Et pour compenser les 22 on annonce même autant d’économies sur les dépenses de fonctionnement de l’Etat. Un vœu pieux sans doute mais sait on jamais ? Enfin emprunts sur les marchés internationaux. Pas question de donner 1% de plus pour solliciter l’épargne des français. Du coup le « referendum » politique de Guaino est enterré et l’on en revient à un problème strictement économique : comment faire des investissement judicieux…même si l’on peut penser que l’Etat n’est pas très doué pour cela.

Ensuite les secteurs retenus, enseignement supérieur, formation, recherche et développement, industrie et PME, développement durable et numérique dans les campagnes. Ce dernier choix est peut être discutable. Les opérateurs privés ne veulent pas le faire. Pas assez rentable. Par les temps qui courent, l’Etat doit aussi se préoccuper de ce qui n’est pas assez rentable.

Pour les autres secteurs, rien à dire, ce sont eux qui préparent l’avenir. Mais bien entendu c’est ensuite que tout va se jouer, au niveau des conditions d’application détaillées et du calcul réaliste et implacable des ROI, retours sur investissement, de chaque centime investi. Il y aura des déchets mais il ne faudrait pas qu’il y en ait de trop. Ce serait bien que la Commission Juppé Rocard continue à suivre cela de près avec les Price water house ou autres.

Dans cette affaire le trio Woerth, Juppé, Rocard a plutôt bien travaillé. On se prend à rêver que les trois mousquetaires continuent de conseiller utilement D’Artagnan Sarkozy. Il les a écouté une fois. Il pourrait peut être recommencer mais encore faudrait il que, eux aussi, se montrent particulièrement iconoclastes, par exemple, entre autres, sur le coût trop élevé de nos services publics au regard de leurs résultats, le fardeau des charges qui pèsent sur les entreprises, l’indispensable réforme des retraites et l’inévitable création de la TVA sociale, n’en déplaise à Laurent Fabius, pour financer les déficits sociaux. Ils pourraient aussi s’intéresser à la réforme de notre droit du travail pour le purger de ses rigidités excessives et aussi à l’exercice du droit de grève dans le secteur public (Voir le magnifique gâchis actuel sur les RER A et B) mais ne leur en demandons pas trop.

Tout ce qui mine la compétitivité française et bloque son entrée définitive, et l’exploitation de ses innombrables atouts, dans l’ère de la mondialisation et de l’économie numérique, devrait être systématiquement recherché dans des groupes de travail ou, pour une fois, on pourrait peut être faire l’impasse sur les combats politiques (simplistes, mensongers et manipulateurs) pour ne s’intéresser, entre experts reconnus, qu’au seul devenir français…et le tout béni par Juppé Rocard. Ceci nous fait penser que les travaux de la Commission Attali paraissent définitivement enterrés et que comme nombre de rapports d’experts peu contestables, les politiques les ont définitivement fait passer aux oubliettes. Alors ne rêvons pas trop !

 

 

10 décembre, 2009

Identités

Classé dans : politique France — elis @ 9:46

 

 

 

Le gouvernement- en prévision sans doute de régionales calamiteuses- vient de lancer son grand débat sur l’identité nationale avec pour objectif peu contestable de regrouper les français de droite et, si possible quelques rares électeurs du centre et de gauche, sur les grands slogans phares de la république : liberté , égalité , fraternité, marseillaise et drapeau tricolore le tout sous la bannière de la laïcité en majesté et en affirmant, bien sûr, que ces valeurs là devraient être respectées par tous.

Cela est normal dans la perspective d’une échéance électorale mais de toutes façons légitime de la part du pouvoir, et la gauche le fera aussi, puisque il s’agit de rassembler les citoyens autour de valeur communes que l’on veut promouvoir.

Mais cela donne aussi l’occasion de s’interroger sur ce qu’est devenue l’identité nationale française aujourd’hui, sans tabou et sans concession.

La France est un vieux pays, façonné très tôt et de main de fer par la force centralisatrice des Capétiens. De cela il reste encore une forte imprégnation étatique et centralisatrice aujourd’hui.

Auparavant, et comme toute l’Europe, la France avait bâti cette extraordinaire civilisation chrétienne constellée de cathédrales, d’abbayes de monastères et d’une myriade de splendides petites églises de villages qui demeurent encore aujourd’hui dans notre paysage. Que serait la France sans ses clochers ? En 1981 encore François Mitterand avec sa « Force tranquille » en fera l’usage que l’on sait pour accéder au pouvoir.

Mais l’histoire de la France, ce très vieux pays, ne s’arrête pas là. Les combats contre les maisons d’Angleterre, de Bourgogne et d’Autriche, les sanglantes guerres de religion couronnées par la victoire du catholicisme , conduisent aussi la monarchie française, après bien des chaos,  aux portes de son apogée. Le 17° siècle français est le phare de l’Europe et la France est la première puissance mondiale de l’époque. Des marins glorieux , des écrivains illustres, des architectes et des artistes qui inspirent et servent de modèles à tout le continent. Sans oublier des ministres presque intègres et de grands administrateurs.

A la fin du 18° siècle changement de décor, la philosophie des lumières et l’extrême raffinement de cours européennes, qui ont totalement oubliées que l’histoire est tragique, conduit au retour de la barbarie révolutionnaire mais aussi aux bouleversements sociétaux que les sciences et la philosophie des lumières ont diffusés dans l’air du temps. Avec sa poigne de fer, dans la longue tradition française de l’Etat fort, Napoléon  traduit ces bouleversements dans le marbre de l’Empire. Encore une fois, et pour un court instant violent, la France va dominer le monde avant de s’incliner devant la force impériale de l’Angleterre marchande et plus tard de la Prusse martiale. Mais tout au long du 19° siècle et du 20 ° siècle, c’est une autre France qui est apparue. La France républicaine, qui vénère sa révolution, qui entre en guerre contre les forces obscurantistes de la religion et qui veut, dans le discours, après 1870, la fin de la domination des riches et le bonheur des classes laborieuses. La république est née. Elle n’a rien perdue de la tradition d’un Etat fort, régulateur, centralisé et dominateur mais celui-ci s’est mis au service d’une nouvelle cause, laïque, souvent franc-maçonne et plutôt « égalisatrice » : dans les symboles au moins tous les citoyens sont égaux. Comme cet état républicain, et bardé de bonnes intentions, est fort, il ira aussi étendre « les lumières de la civilisation » vers le reste du monde en constituant un empire colonial, aussi belliqueux que ses voisins britanniques et germaniques, avant de nous précipiter dans l’enfer de la première guerre mondiale, il faut bien prendre notre revanche sur 1870.

C’est donc une histoire tragique, toujours en mouvement et toujours recommencée, (une quinzaine de Constitutions depuis 1789 ( ce doit être un record mondial), mais ce qui apparaît sans conteste au regard du sujet de l’identité c’est que celle-ci a toujours été imposée par la force et la contrainte, l’Etat étant avant tout soucieux d’unifier, pour éviter les troubles, en imposant avec vigueur sa philosophie du moment. Particulièrement vrai avec la III° république, ses instituteurs, moines soldats de la laïcité, et la franc maçonnerie en action dans toutes les administrations pour contrer le retour de la « réaction » catholique.

Le combat continue d’ailleurs au XX°. Les ligues et l’action française sont combattues et chassées du pouvoir avec une extrême vigueur afin de faire triompher les valeurs laïques et républicaines. Et malgré le soutien d’Hitler, Vichy (encore un retour au passé) ne résistera pas longtemps et devient discret avant même le débarquement des alliés.

Telle est la France qui s’impose et qui érige en dogmes ses valeurs républicaines en 1945. La nation française est laïque militante. Elle est la patrie des droits de l’homme et fait la leçon au monde entier. Elle se sent une vocation messianique mais elle continue aussi à repousser ses racines chrétiennes dans les limbes de l’histoire. Elle voue, surtout une admiration sans borne aux « forces de progrès » et aux masses populaires en mouvement dans le monde communiste. De gaulle, freine ce mouvement un moment, mais, c’est d’abord cette France qui croit aux luttes sociales pour promouvoir le progrès, avec un fort tropisme vers le socialisme, l’encadrement militant, et l’amour de la révolution, qui triomphe. Dans cette ouverture fraternelle et prête à aider vers tous les peuples qui souffrent, cette « internationale prolétarienne », qui dirige nombre de communes et départements,  accueille à bras ouverts tous les damnés de la terre, frères prolétariens, exilés politiques et bien entendu populations d’outre mer « exploitées par les forces colonialistes ».

La France du 19° siècle accueillait des populations chrétiennes. La France de la seconde moitié du siècle accueille en grand nombre des populations allogènes venues surtout d’Afrique, qui parlent français, qui commencent à prendre les tâches les plus dures que les français ne veulent plus faire et qui voient leurs familles les rejoindre avec le regroupement familial voulu par Giscard.

Tout irait pour le mieux si un premier grippage ne se glissait dans la mécanique. Avec la fin des 30 glorieuses, le chômage commence à s’étendre et nos immigrés et leurs familles, sauf dans les travaux pénibles, sont les premiers touchés. Leurs enfants, principalement, mal   encadrés par une Education Nationale défaillante, n’ont pas le niveau suffisant pour franchir le barrage des concours d’entrée dans la fonction publique, vers lesquels se précipitent les rejetons de la classe moyenne qui ont tous accédé à l’Université (bac pour tous oblige) mais ne savent trop quoi faire d’autre ensuite que de s’engouffrer dans la fonction publique. Les jeunes à capuche et désoeuvrés deviennent de plus en plus visibles dans la cité.

Le deuxième grippage est venu des télés et des antennes tournées vers le monde que les immigrés ont quitté et, dont, comme tous les déracinés, ils conservent une image sentimentale  idéalisée. C’est le souvenir nostalgique du pays, des parents ou des grands parents et dont on sait en écoutant ses mélopées qu’il fut le monde que les ancêtres ont aimé.

Sans les antennes, le souvenir se serait se serait sans doute estompé progressivement. Mais avec les antennes il demeure, toujours fortement idéalisé. Et avec l’islam, religion dynamique et en expansion, cet attachement au pays, à ses coutumes et à ses mœurs va encore s’accentuer.

La France laïque, républicaine et anticatholique ne correspond pas du tout à cette culture là mais elle la tolère et parfois même l’encourage au nom de toutes les injustices qu’une certaine France, qui n’est pas celle de la gauche (dixit Martine Aubry), leur a fait subir. Et c’est ainsi que même l’islam, pourtant si loin de la religion laïque militante, devient une religion respectable et respectée.

Nous sommes ainsi entrés dans une nouvelle phase de l’identité française où pour la première fois peut être, le pouvoir central ne cherche plus à imposer sa conception philosophico  politique du moment mais au contraire tolère et même encourage une grande diversité.  Il y a bien encore les « sectes », témoins de Jéhova ou Scientologues », qui sont « persécutées »  mais c’est anecdotique. De fait, laïcs militants,chrétiens, juifs, musulmans, noirs et blancs sont invités à se respecter et à vivre ensemble, les minorités « visibles » faisant même l’objet d’une promotion particulière et d’un début de discrimination positive.

Cela présage t il de l’arrivée en France d’une société monde, à l’américaine, avec sa multitude de cultures, d’ethnies et de religions ? Pour ce faire il faudrait qu’il y ait au moins une valeur commune : aux USA, le culte du citoyen libre et de la réussite individuelle par le capitalisme, est presque partagé par tous, ce qui n’est évidemment pas le cas en France.

Pour la première fois dans son histoire, la France n’affiche plus une identité unique. Il y a des religions et des cultures qui vont devoir cohabiter. Les quartiers sensibles sont là pour nous rappeler tous les jours que même l’homogénéité des villes n’existe plus. Il n’y a plus UNE mais DES identités françaises distinctes dans l’espace France d’aujourd’hui.

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