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10 février, 2010

Drapeau rouge pour l’Europe

Classé dans : Europe — pyrrhon @ 15:02

  

Sans être un fou d’Europe, il est clair que face aux nouveaux défis du monde et à la montée de l’Asie, ce continent qui fut au 19° siècle le moteur du monde, et qui, à la fin du 20° avait retrouvé une grande partie de sa force économique d’antan et de sa richesse, se dirige maintenant vers des épreuves qu’il va devoir relever s’il ne veut pas s’enfoncer dans un déclin sans fin. Vieillissement de la population, systèmes de protection sociale particulièrement coûteux sont les deux dangers qui menacent. Mais le refus de changer quoi que ce soit aux bonnes vieilles habitudes du chacun pour soi et du chacun seul maître chez soi dans son petit pré carré national est le véritable talon d’Achille du continent alors que des géants aux pouvoirs infiniment plus centralisés, et, par la taille, grands comme l’Europe, sont entrain de prendre les commandes du monde aux côtés des Etats-Unis.

Dans ce nouveau décor, alors que le monde change à grande allure, que l’ex tiers monde sort de sa pauvreté, que des changements technologiques et scientifiques majeurs- internet, biotechnologies, cellules souches, nanotechnologies – nous bouleversent déjà…..minée par ses nationalismes et la force égoïste des « grandes » nations, France en tête, l’Europe semble bien partie pour aller d’échecs en échecs.

 

 

L’espoir de Lisbonne tourne en une  vaste farce.

 

Sur ce sujet, les gouvernements ont vraiment fait très fort. Non content de mesurer au compte goutte les délégations de souveraineté qui pouvaient passer à l’Europe par les mécanismes des majorités qualifiées, ils les ont savamment reculé dans le temps. Les échéances sont lointaines alors que le monde n’attend pas. D’autant qu’avec la crise, il va encore plus vite et que l’urgence d’une Europe rassemblée se faisait encore plus grande.

Mais le plus beau fut à n’en pas douter la nomination du Président de l’Europe pour deux ans et de son représentant des affaires étrangères. Pas question que le conseil des ministres abandonne le moindre pan de sa souveraineté et la sacro sainte règle de l’unanimité pour donner quelques pouvoirs à ces nouvelles instances. Alors quoi de mieux que d’y nommer des personnages falots et inexistants incapables de représenter quoi que ce soit au regard du monde extérieur. Obama vient d’ailleurs de le faire savoir sèchement à Zapatero et on le comprend. Pourquoi d’ailleurs avoir garder les présidences tournantes semestrielles pour un temps ?.Il fallait évidemment les supprimer au moment de la nomination de Von Rompuy

 

L’Euro est sur le point d’imploser, comme il fallait s’y attendre, avec la crise latente des pays du « club med ».

 

Il y a des règles fort simples en économie. On ne peut éternellement dépenser plus qu’on ne gagne et il y a toujours un moment ou un juge de paix se présente et ou une correction devient nécessaire. Avant l’Euro, pour les pays du « club med » et pas mal d’autres, France en tête, pas de problème. Une bonne petite dévaluation pour corriger les dépenses supérieures aux recettes et, ni vu ni connu, on pouvait repartir en ayant fait le nécessaire. Coup de pouce pour les exportations, hausse des prix des produits importés et pour finir inflation qui permettait de reprendre au bon peuple, sans lui dire, ce qu’on lui avait accordé un peu trop généreusement auparavant. Mais maintenant, avec l’Euro, pouce ! plus question de jouer discret, voilà qu’il faut imposer au bon peuple des règles d’austérité, limiter les hausses de salaires et compter chichement les budgets sociaux. Drôle d’idée qu’ont eu les gouvernements européens de créer l’Euro sans se donner les moyens, ni de correctifs naturels, ni d’une discipline de groupe imposée par un pouvoir central « fort »et donc nécessairement démocratiquement élu. Les marchés, eux , ne s’y trompent pas. Ils veulent bien encore prêter de l’argent à tous les débiteurs impécunieux, fussent-ils des Etats, mais ça coutera plus cher. Et le correctif naturel vient tout naturellement de là. La liberté des mouvements de capitaux l’impose tout autant que le simple bon sens. Vous voulez encore emprunter alors que nous ne sommes pas sûrs que vous puissiez jamais rembourser…et bien cela vous coutera bien plus cher car je ne suis plus sûr du tout de retrouver ce que je vous prête; et il faut bien que je tente de me rembourser par avance. A notre humble avis si l’Europe du « nord », qui a peut être encore quelque sous, veut aider le « club med »,ce qu’elle s’apprête à faire, elle aussi devra payer plus cher.

Mais au fait qui prête aux Etats ? les grands capitalistes nous répondront, surs d’eux, les Besancenot et autres idiots de gauche. Et bien non ! Ne nous y trompons pas, ceux qui prêtent ce sont vous, nous, Monsieur tout le monde, quand il place son argent, chichement épargné, sur son livret d’assurance vie ou son plan d’épargne entreprise et qu’il croit naïvement que ce n’est pas lui qui prête aux Etats. Mais si c’est lui, c’est nous, c’est Mr tout le monde , c’est le bon peuple et c’est lui qui va sûrement finir par être le dindon de la farce, comme lorsque qu’il n’y avait pas l’Euro, et qu’on pouvait faire de bonnes dévaluations pour résoudre les problèmes de déficits excessifs. Comment cela finira t il ? Nous n’en savons trop rien mais il est sûr que si l’Euro n’éclate pas et que les pays du « club med », et d’autres comme nous, ne reprennent pas leurs billes, il faudra bien un jour que l’Euro soit globalement dévalué vis-à-vis du reste du monde….ce qui n’ira pas sans représailles de la part de celui-ci, soyons en sûrs.

 

 

Apparaissent ici deux paradoxes remarquables. Le premier c’est qu’en se préparant à aider la Grèce l’Europe va commencer à dévaluer puisque, vis-à-vis du reste du monde, sa monnaie va devenir un peu moins crédible puisque sa dette augmente. Mais, second paradoxe, en procédant ainsi, elle se donne, elle aussi, un premier moyen de correction pour lutter contre les dévaluations compétitives des autres grands. C’est au fond le monde à l’envers. Plus je m’endette, plus j’aggrave ma situation, et plus je deviens fort vis à vis des autres. Les marchés eux ne s’y sont pas trompé. Crise de solvabilité étouffée si l’Europe intervient. On va pouvoir souffler pendant un moment. L’euro surévalué va commencer à se dévaluer et c’est bien entendu, pour elle, comme pour les autres grands, le seul moyen de rétablir ses comptes…et au détriment bien sûr de Mr tout le monde, d’autant plus qu’au renchérissement des produits importés s’ajouteront inévitablement quelques mesures symboliques mais visibles « d’austérité ».

D’aucun pensent que la prochaine alerte portera sur le dollar. C’est possible car c’est bien lui qui pose le plus de problèmes et sa dévaluation est encore plus inévitable n’en déplaise aux chinois qui veulent conserver leur coffre fort en dollar. Le monde occidental, dangereusement endetté par les gouvernements, s’engage sur des voies incertaines.

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