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16 octobre, 2010

Retraites, grèves et chienlit ?

Classé dans : politique France — pyrrhon @ 11:41

Retraites, grèves et chienlit (2) ?

(1)Nous illustrerons les évènements de ce mois d’octobre par un billet d’humeur. Nous nous en excusons par avance.

(2) De Gaulle en 68.

***

On nous dit que les français ont compris la nécessité d’une réforme des retraites.

On nous dit que le PS est un parti de gouvernement responsable.

On nous dit que les syndicats veulent seulement vouloir discuter plus longtemps des conditions de la réforme et qu’on leur a posé un ultimatum avant toute négociation alors que celle-ci a  duré 5 années en Suède.

On nous dit que les français ne supportent ni les inégalités ni les injustices et que ce gouvernement ne fait que les multiplier en favorisant les riches et en ayant créé le bouclier fiscal.

On nous dit enfin que les jeunes sont dans la rue parce qu’ils ne supportent plus les injustices , ni ce gouvernement , ni la réforme des universités, ni les réformes des programmes scolaires.

Tout cela est bien beau mais c’est une vaste rigolade entretenue par des fanatiques de gauche, de l’anti-sarkozisme ou tout simplement de la non acceptation de la règle démocratique. Les opposants pourront toujours tout changer dans deux ans quand ils reprendront le pouvoir. Mais non cela ne leur suffit pas. Ils veulent gagner des partisans tout de suite et s’assurer encore plus de garanties de succès pour 2012.

Alors on jette les foules dans les rues et les gamins avec.

Et c’est proprement scandaleux car tout ces « on nous dit » sont faux, archifaux et la vérité est seulement sordide, le goût du pouvoir, le goût d’être les patrons et le fanatisme naturel de l’âme humaine qui se réveille en particulier quand on lui donne libre court et que rien ne s’y oppose. Aucune réflexion là dedans. Rien que l’envie d’en découdre pour se donner un peu d’excitation et l’envie de vivre un peu plus dans des grands emballements de foule.

Car qu’en est il en réalité dans tous ces « on nous dit » ?

 

D’abord que cette réforme des retraites est bien entendu indispensable. Comment peut on vivre dix années de plus en moyenne, avoir de moins en moins d’actifs cotisants, de plus en plus de retraités bénéficiaires, des déficits croissants, financés par l’emprunt et considérer qu’on peut en rester là ??? Ce gouvernement, que nous ne soutenons pas en général, a tout fait pour résoudre les problèmes les plus délicats : travaux pénibles, carrières irrégulières, femmes de 3 enfants,etc…Il a même fait plus. Il a fait une réforme modeste dont beaucoup nous disent, y compris le PS, ce qui est un comble, qu’elle est insuffisante, ce que nous pensons également. Il faudra sans doute très vite la muscler n’en doutons pas. Alors ou est le problème ?

N’aurait on pas assez négocié ? Mais voilà 10 ans au moins que les syndicats participent au travaux du COR, qu’ils en connaissent tous les modèles et qu’ils savent très bien qu’il faut faire quelque chose. Réforme Rocard, réforme Balladur, réforme Fillon se sont succédées avec les syndicats consultés, entendus et écoutés mais ça n’a pas suffi. Et c’était toujours très insuffisant. Et maintenant il y a la crise et il ne faudrait toujours rien faire ou renégocier pendant 5 ans sans rien toucher d’ici là ? C’est plus que de l’inconscience. C’est de l’aveuglement coupable.

Les injustices supposées ? Cette fois c’est une vraie rigolade. Faire payer le patrimoine ? La France a déjà les taux confiscatoires parmi les plus élevés du monde…..sans compter qu’on pourra toujours passer les impôts sur les dividendes et les plus values à 50%, faire disparaître les stock options et passer la tranche supérieure de l’IR à 60% ou plus….. cela restera toujours insuffisant pour combler les trous. Il n’y a pas vraiment d’injustice en France, ou tout du moins elles ne sont pas là ou on le dit, chez les actionnaires ou les dirigeants d’entreprise. Par rapport à nos voisins, ces catégories là sont souvent plus imposées qu’ailleurs et on aurait surtout besoin que des fonds de pensions français viennent renforcer le capital de nos multinationales en faisant appel à un actionnariat classes moyennes et supérieures français qui en a largement les moyens. Ce serait plus utile que les sommes massives investies dans l’assurance vie obligataire ou l’immobilier.

Et puis, enfin, il y a en France une infinité de mécanisme pour redistribuer massivement. Et le moins qu’on puisse dire c’est que les plus défavorisés ne souffrent pas d’une insuffisance des aides sociales et assistance en tous genres. Le PS et le PC nous racontent des sornettes quand ils désignent de fausses injustices et ils le savent parfaitement. L’erreur bien sûr c’est d’avoir créer le bouclier fiscal. C’est une grosse maladresse, symbolique, mais qui ne change rien au fond du problème.

 Mais que dire du plus extraordinaire, à savoir que la plus éclatante et la plus évidente des injustices réside dans les régimes de retraite eux même. D’un côté des fonctionnaires et des régimes spéciaux ultra généreux, avec pensions garanties à 75% du dernier traitement, départ à 50 ans parfois, et autres avantages multiples obscurs et parfaitement dissimulés….et de l’autre des retraites du privé assises sur les 25 meilleures années, des pensions de réversion conditionnelles et des points de retraite dont la valeur est constamment en baisse. Là est la véritable injustice, criante et parfaitement ignorée par tous, gouvernement, opposants, medias. Et pour cause, ceux qui manifestent et qui s’opposent ce sont précisément les plus favorisés. Parce qu’ils n’ont rien à perdre, que rien ne les menace, même pas, parfois, des pertes de salaire s’ils font grève, et que bien entendu ils en veulent encore plus, grâce au soutien inconditionnel des partis de gauche et des medias bien souvent.

On est vraiment dans un monde de fous, de « lavage de cerveau » et d’absurdité totale. Mais ou sont donc les penseurs responsables, les gens sérieux et compétents ? Certainement pas au PS quand on voit les hurlements et les comportements irresponsables de ses élus dans l’hémicycle. Quel exemple pour le peuple et pour les jeunes en particulier ? Comment s’étonner ensuite de voir les gamins de l’Université avoir des comportements de pousse aux crimes gueulards et excités ?

Et les syndicats ? Sont ils mieux ? Bien sûr que non. Il faut d’abord rappeler ce qu’ils sont. Des fonctionnaires du syndicalisme, permanents, qui n’ont jamais ou presque travaillé dans le monde marchand et qui ne représente que le monde du secteur public. Très peu de cotisants. Des ressources garanties par les grands monopoles publics qui les emploient mais rien à trouver par eux-mêmes. On comprend qu’ils n’aient pas trop de mal à organiser des manifs. Ils ont des ressources et ils n’ont rien d’autre à faire. Alors ils s’opposent à tous les politiques qui ont la prétention de remettre en cause les sacro saint avantages acquis de leurs mandants. Il est d’ailleurs normal qu’ils le fassent. On ne leur demande rien d’autre, là ou on les a mis.

Drôle de monde donc que celui de la France, de son économie et de ses représentants officiels du monde du travail. Il est impossible que ceux-ci puissent servir l’intérêt général. Mais qui le fera si ce sont eux les plus puissants et si les gouvernements, notamment de droite, sont de pauvres polichinelles qui ne savent pas trop comment les prendre et qui ne savent que leur passer de la pommade en espérant qu’ainsi ils ne grogneront pas trop. Mais bien sûr qu’ils grognent quand même. C’est leur rôle et leur seul rôle et ils sont là pour cela !

Parlons enfin des injustices. Il y en a partout et il y en aura toujours parce que cela fait partie de la vie . Ce ne sont pas toujours les plus méritants qui gagnent et ce ne sont pas toujours les plus courageux et les plus intelligents qui sont les mieux payés. La vie est pleine d’injustice de ce genre partout. Mais ce n’est pas la faute des partis politiques et surtout pas des dirigeants d’entreprise. C’est la faute des hommes eux-mêmes, des lâches, de suiveurs, des flatteurs qui seront toujours mieux vus que les autres et qui en général seront les premiers à s’en sortir mieux. Et ce sera toujours comme cela et il n’y a rien à y faire. C’est particulièrement vrai dans les régimes totalitaires. Tant qu’il n’y a pas de contre pouvoir efficaces, les plus forts se laissent aller. L’équilibre et la modération commence quand on sait que si l’on continue, on va avoir des problèmes. La crainte est la mère de la sagesse.

Et oui, il y aura toujours, à la naissance, des plus beaux , des plus intelligents et des plus riches. Les pouvoirs peuvent toujours tenter de prendre aux derniers pour en donner plus aux autres qui ne sont pas riches. En général, c’est bien vu. Mais il faut tout de même savoir c’est que, pour que cela marche, inutile de taper sur les très riches. En économie ouverte, ceux là commencent toujours par aller ailleurs. Voir Johnny, Zidane ou Thierry Henry et tous les autres très riches en général. C’est pour cela que Liliane Bettencourt a été plutôt « sympa » de rester en France pour payer ses impôts. On peut douter que Bannier en ait fait autant avec le milliard qu’elle lui aurait transmis. Il faut donc descendre plus bas, et nettement plus bas- les statistiques dont disposent les économistes sont formelles- pour prendre aux riches et donner aux pauvres. Interroger les socialistes ou Martine Aubry sur les cibles de « riches » qu’ils visent pour faire de la redistribution, efficace et pas seulement symbolique, vers les pauvres. Ils ne vous répondront pas. D’autant moins que, bien évidemment, tous les parlementaires et tous les « représentants du peuple » seraient à coup sûr pris dans la nasse.

Toute cette logomachie sur les injustices n’est donc que pure démagogie et propos irresponsables et pousse au crime. Malheureusement la jeunesse y croit comme elle y a toujours cru !

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