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9 décembre, 2010

Cantona et les banques

Classé dans : Economie — pyrrhon @ 9:28

 Il semble que ce soit l’extrême gauche que rallye Cantona dans son appel à boycotter les banques.

Mais ce pourrait être aussi les tea-parties américains et même les libéraux, sens français du terme.

Car le vrai problème ce sont les milliards engloutis par les Etats dans les banques faisant que ces mêmes Etats se sont endettés ainsi inconsidérément et qu’ils ne pourront jamais rembourser.

On connaît les raisons pour lesquelles les Etats se sont ainsi précipiter : le risque systémique et la certitude, qu’après Leman Brothers, d’autres , y compris les plus grandes, allaient aussi y passer et faire faillite si les Etats n’intervenaient pas immédiatement, la chûte des actifs bancaires et les retraits des épargnants, contraignant les banques , vidées de leurs actifs et perclues de dettes, à fermer.

Mais est on sûr que les renflouements massifs des Etats étaient la seule solution, celle initialisée par Goldmann Sachs et ses hommes ?

Ce qui est certain c’est que le sauvetage massif et indistinct de toutes les banques n’allait pas conduire ces dernières à modifier leurs comportements aveuglément risqués et dangereux. Il aurait fallu des sanctions, non pas réglementaires, mais celles des vraies économies libres. Vous avez commis des erreurs. Vous vous êtes beaucoup trop endettées. Vous devez payer et supporter les conséquences de vos erreurs. Au lieu de cela, les gouvernements ont volé à leur secours, pour le meilleur parfois, mais aussi pour le pire, puisque elles sont toutes encore là, avec leurs montagnes de créances irrécouvrables. Et que la crise perdure et qu’elle n’est pas finie.

Et pour cause, sérieusement échaudées tout de même, les banques, notamment américaines, n’osent plus trop prêtées sans contrôle aux particuliers, aux petites et moyennes entreprises et encore moins se lancer sur les créances titririsées et obscures. Mais elles ont beaucoup d’argent parce que les gouvernements leur en ont donné beaucoup. Alors  elles font deux choses. Elles demandent d’abord à leurs traders de faire fructifier leurs liquidités sur les marchés financiers avec toutes les protections possibles : barrieres hautes et basses sur les ordres, usage maxi du momentum du jour etc..Mais ensuite on se retourne vers les obligations souveraines considérer comme les plus sures, Allemagne, pays bas et surtout dollar dont beaucoup pensent-à tord- qu’il est encore une excellente garantie.

Ce double mouvement des banques contribue encore à aggraver les problèmes. Les actions, alors que l’on est en dépression, sont surévaluées et les obligations sont surachetées alors qu’elles ne rapportent rien. Donc on continue à faire fausse route  et notamment avec les titres souverains ou c’est le parfait cercle vicieux. Les Etats sont ruinés et ne rembourseront jamais mais on continue à leur prêter et on augmente la taille des déficits publics.

Les économistes keynésiens sont ravis, l’argent « gratuit » continue à couler à flot et ils espèrent qu’à la longue cela finira par relancer la consommation. Avec leur « bon sens basique », A. Merkel et la Deutch bank le sont beaucoup moins. Va-t-on pouvoir vivre longtemps avec un système ou l’endettement public s’aggrave tous les jours ?

Alors Cantona est il irresponsable et mérite t il le mépris avec lequel certains de nos apprentis sorciers politiciens l’ont traité ? Bien sûr que non, et lorsque avec certains de ses partisans, il prône un retour à une stricte séparation entre les banques de dépôt et les banques d’affaires et d’investissement, nous ne sommes pas dans le domaine de la pure démagogie mais plutôt dans celui d’une vraie question qui mérite d’être posée. D’autres l’ont fait avant eux et pas des moindres. Les américains l’ont pratiqué jadis et même, plus récemment, Paul Volker y a songé. Sans rentrer dans les détails, et pour s’en tenir à l’essentiel, qu’y aurait il d’incongru à spécialiser les banques de dépôt sur les prêts de proximité aux particuliers et aux entreprises  et laisser les banques d’investissement, avec leurs fonds propres et ceux des « initiés », intervenir sur les marchés financiers, les fusions acquisitions et les obligations souveraines ?

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