1 mars, 2011

les ravages d’internet

Classé dans : Economie,International — pyrrhon @ 11:09

 

Ou la boîte de Pandore

 

Un bouleversement majeur

 

De même que la révolution du chemin de fer et du charbon  a bouleversé la vie de l’occident dans la 2eme partie du 19° siècle, et que la fée electricité et l’automobile à partir de 1920 en ont fait tout autant, l’internet avec sa force de destruction créative, est en train de bouleverser la géopolitique, l’économie mondiale, les mœurs et les cultures.

Schumpeter l’avait fort bien expliqué, il y a des inventions ou des procédés qui bouleversent le monde, comme la roue ou la charrue l’avaient fait il y a quelques millénaires en sortant l’humanité de la cueillette et de la chasse ou comme la bombarde l’avait fait en faisant tomber les murailles médiévales.

 

L’économie est bouleversée

 

L’internet change le monde. Les compagnies téléphoniques d’il y a 20 ans n’existent plus. Les fabricants d’appareils photos argentiques et les magasins qui les distribuaient non plus. Mais il y a bien pire. Les banquiers ne font plus le même métier et, dans pratiquement tous les autres secteurs de l’économie, ordinateurs, portables et smartphones ont changé la façon de travailler, de vendre et de vivre. Bien entendu tous les emplois en sont bouleversés…sauf dans l’administration qui grâce à la puissance de ses syndicats arrive encore à résister.

 

La destruction créatrice est mondiale

 

Mais il y a bien plus, ce ne sont plus seulement les pays occidentaux qui sont en train de changer mais bien le monde dans sa globalité. Des pays émergents qui se développent sur le modèle américain à grande vitesse et même un moyen orient et un monde musulman qui commence à se fractionner ou à exploser. En Tunisie, en Egypte, comme par hasard les populations les mieux éduquées et, peut être, les économies les mieux gérées et les plus développées, ce sont les portables, Facebook, et les réseaux mondiaux de TV numériques qui viennent de déclencher les révolutions. Ailleurs dans le Maghreb et le Moyen orient aussi. Intéressant de voir si un leader anachronique et forcené comme Kadhafi résistera longtemps.

 

Le monde entier, les pauvres comme les riches, regarde ce que font les autres, voit leurs niveaux de vie, leurs modes de vie ou leurs mœurs politiques et revendique auprès de leur dirigeants des modèles identiques et de meilleures conditions de vie. Et, en plus, tout ce monde communique et peut se rassembler à tout moment pour protester ou acclamer. Bonjour le casse tête pour les dirigeants pour contrôler tout cela et tenter de manipuler ou orienter.

Et quand une vive protestation éclate quelque part, ce sont les dirigeants du monde entier qui viennent donner leur grain de sel et la presse du monde entier, encore plus incontrôlable quand on la laisse entrer, qui s’invite. Mais entre le droit d’ingérence et les relations traditionnelles d’Etat à Etat que faut il faire ? Surtout lorsque l’on veut soutenir ses exportateurs.

 

Les mœurs aussi sont entrain de changer

 

Mais il y a plus, nos enfants regardent la toile. Ils s’en servent l’utilisent et réagissent beaucoup avec ce merveilleux instrument. Et tout comme la boite de Pandore, l’internet affole les têtes. Sexe, horreurs, déferlement des fantasmes des plus excités quand ils ne sont pas franchement névrosés. L’humanité c’est aussi cela et pas seulement les milliards de gens sympathiques, calmes et bosseurs. Il y a aussi des saints mais, malheureusement,  aussi des « dingues ».

 

Un article d’une américaine dans le New york Time du 25/02 intitulé « derrière l’anonymat le fiel » résumait plutôt bien la situation et il nous parait difficile de ne pas la citer :

« L’anonymat en ligne, dit elle, a créé une culture du sadisme quand des gens cherchent à attirer sur eux plus de lecteurs. Twitter, explique un auteur qu’elle a interwievé, crée une fausse intimité et peut faire ressortir le pire chez les gens. Quand  on cherche à être lu on n’est pas là pour réfléchir. On choisit d’être drôle, superficiel, cynique, grossier, affabulateur, bien plus que dans la presse, parce qu’on est anonyme, et qu’il n’y a pas un comité de rédaction pour vous contrôler. Constamment interrompue avec les buzzs, la pensée devient souvent méchante les sociologues l’ont remarqué. Ce sont les égouts qui se déversent sur les sites si l’on n’y prend garde ».

Voilà les témoignages que notre journaliste, Maureen Dowd , a recueilli et ce n’est pas très rassurant.

 

Une boîte de Pandore incontestablement

 

Alors,  de ces millions d’échanges qui explosent sur le net , l’humanité en sortira telle meilleure ? Rien de moins sûr. De la boite de Pandore, punition de Zeus contre les hommes et Prométhée qui avait dérobé le feu des dieux, sont sortis tous les maux de l’humanité.  Nous n’en sommes heureusement pas là avec le web. Il recèle aussi de merveilleux outils de progrès mais tout comme avec la langue d’Esope , cela semble pouvoir être la meilleure ou la pire des choses. Il peut en sortir du bon et du mauvais.

Le bon on le connaît : explosion des échanges et d’une culture universelle sur l’ensemble de la planète, régression et affolement des dictatures, multiplications des échanges scientifiques, extraordinaires gains de productivité pour l’organisation du travail, rapprochement des seniors avec leurs petits enfants quand ils dialoguent avec eux ou les aident dans leur éducation sur le net, et, aussi, de merveilleux instruments comme Wikipedia ou des milliers de bénévoles construisent pour l’humanité entière une formidable encyclopédie mise à jour en continu et bien plus riche et spontanée que celles que les élites avaient conçues jusqu’alors.

Mais le « mauvais » est là aussi. Fausses rumeurs, intox, manipulations et matraquages publicitaires. Facebook , par exemple, déchaine le narcissisme imbécile et les envies de paraître, de se montrer, de mentir en se faisant plus beau qu’on est et en tentant de prouver qu’on est meilleur que les autres parce qu’on a des dizaines d’amis. Curieux critère. Et il y a déjà 500 millions de Facebookers dans le monde, proies toutes trouvées pour les publicitaires, et déjà quelques 2 milliards d’internautes. Au secours ! La marée nous envahit, bouleverse les pouvoirs qui ne savent plus comment nous contrôler mais déchainent aussi les publicitaires et les désaxés qui, eux, nous arrivent tout autant par la boite de Pandore.

 

Que nous réserve l’avenir ?

Ou cela finira t il ? Quand et comment ? Personne n’en sait rien. Mais une chose est sûre. Personne ne maîtrise et personne ne peut contrôler, tout du moins dans les pays démocratiques. On peut même se demander si les grands Etats totalitaires, Chine, URSS, Iran etc… y arriveront, bien qu’ils se débrouillent pas trop mal en ce moment semble t il. Dernier en date la Lybie. Plus d’internet, plus de mobiles (?), réseaux téléphoniques muets et frontières fermées pendant un temps Aucun journaliste pour venir voir. La répression sanglante au début. Si Kadhafi, ce « dingue », réussit à se maintenir encore un temps, on peut légitimement s’interroger sur les dictatures plus « sérieuses ». Sauront elles résister à l’Internet ? Avec le contrôle des médias en plus et une bonne police secrète, en dépit d’Internet, les grandes et sérieuses dictatures ont peut être encore de beaux jours devant elles. Mais cela personne ne le sait et l’avenir ne nous écrit pas!

 

 

 

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