10 mai, 2012

fin de partie

Classé dans : politique France — elis @ 14:08

Ce blog s’était ouvert avec l’arrivée de Sarkozy au pouvoir en 2007.

Ce président dont nous avons suivi les méandres pendant 5 ans s’en va.

Nous fermerons donc provisoirement cette chronique des idées libérales, en attendant, dans quelque temps, de faire le point sur les échecs ou succès de la nouvelle majorité entrante.

Au cours des 5 années de la présidence Sarko les idées libérales ont au mieux stagnées au pire régressées.

Selon nous la responsabilité en revient non pas à la gauche (qui n’a jamais fait que garder ses vieilles lunes de 1981), mais à la droite, qui dans l’esprit et la forme, est demeuré en réalité très proche des socialistes, comme au bon vieux temps de Chirac. Respect absolu des syndicats, monarchie républicaine, étatisme et surtout soutien sans faille aux services publics sans jamais dénoncer ni leur poids excessif dans l’économie ni leur manque d’efficacité pourtant bien réel. Enfin sur le plan des valeurs, l’alliance plutôt objective avec le PS, dans la dénonciation sans faille du FN, a comblé le reste. Pour nous, libéraux, le FN d’aujourd’hui est un anachronisme. Résurgence du nationalisme, fermeture des frontières, refus de l’Europe et de la mondialisation, critique du patronat et soutien du monde ouvrier. On se croirait revenu aux sources du national-socialisme dans les années 1930. Mais sur le plan de l’immigration le FN a raison. Celle-ci est trop forte, trop massive et l’intégration ne se fait plus à cause du double échec de l’école et de la création d’entreprises dans les banlieues. Il fallait que la droite non seulement le voit mais surtout le dise.

En vérité cette droite n’a pas su cliver alors que la gauche le faisait si bien. La politique est un combat. Il fallait mettre en avant les deux France, celle des fonctionnaires et du secteur protégé, les nantis, doublement protégés par leur statut et l’extrême générosité de l’Etat providence français, et, l’autre France, celle du secteur concurrentiel, confrontée à la concurrence européenne et mondiale, exposée au chômage , surchargée d’impôts pour les entreprises et s’appauvrissant chaque jour un peu plus pour sauvegarder les services publics à la française.

C’est cela que la fausse droite n’a pas fait et c’est cela qu’elle va  devoir payer. Il n’est pas impossible que ses 340 députés soient réduits à 200 lors des prochaines législatives, la gauche empochant l’intégralité des pouvoirs à tous les étages de la République.

Pourquoi faire ? Ceci est une autre histoire. Composée, elle aussi, à sa tête, d’énarques et de hauts fonctionnaires , elle n’est pas sans connaître la vérité profonde de la situation française telle que nous la décrivions ci-dessus. Elle sait aussi que les marchés l’observent et attendent de voir comment elle va tenter de réduire la dette et d’imposer une certaine austérité sans le dire….même dans les services publics.

C’est la raison pour laquelle nous pronostiquons que Manuel Valls a toutes les chances de devenir premier ministre car il fut le premier socialiste a tiré la sonnette d’alarme sur les déficits et la nécessité inévitable de la rigueur. Sa nomination à Matignon serait le meilleur gage à donner aux marchés

Nous terminerons cet au revoir par la vision d’un autre libéral, beaucoup plus connu que vos modestes serviteurs, mais dont l’analyse est tellement proche de la nôtre que nous ne pouvons résister au plaisir de vous la livrer ci-dessous.

 

L’inconnu de l’ Elysée. Guy Sorman 7 mai 2012

Le 22 avril, un tiers des Français avaient réfuté toute approche rationnelle de la panne économique, voire intellectuelle, qui affecte nos démocraties. Le second tour a occulté la vague dite populiste du premier tour, mais de manière provisoire : les élections parlementaires la feront resurgir. Le nouveau Président confronté au chômage, au risque de faillite de l’Etat, à une Europe en désarroi, à la concurrence mondiale, ne pourra ignorer l’alliance objective des communistes, trotskistes, nationalistes et écologistes profonds . Tous ceux-la, chacun dans sa mythologie, exaltent des souvenirs de Révolution, d’Empire ou de degré zéro de la civilisation.

Si bien que ce qui opposait Sarkozy à Hollande était en définitive moins important que ce qui distingue d’un côté Sarkozy + Hollande, tous deux réalistes, et de l’autre, le camp des refuzniks de la réalité. Certes, Hollande a emporté le référendum anti Sarkozy, ce que fut le second tour, bien plus qu’un choix entre deux programmes ou deux idéologies.

Le socialisme de Hollande est avant tout un esprit de clan qui le conduira à gouverner avec son cercle + Bayrou en supplétif, , à recourir aux codes de ce clan, mais en quoi mènera-t-il le pays différemment de ce que Sarkozy l’aurait fait ? Entre le socialisme affecté de Hollande et le libéralisme de façade de Nicolas Sarkozy, il n’y avait pas l’épaisseur d’un papier à cigarette : l’un et l’autre chevauchaient sur une voie française, qui glorifie l’Etat, tolère l’esprit d’entreprise mais se méfie du marché libre et abhorre la concurrence.

Voici donc Blanc bonnet, à moins que ce ne soit Bonnet blanc, Président et peu préparé à affronter le Troisième tour, la notation que les marchés financiers vont infliger à la France. La France confrontée à trois défis esquivés pendant la campagne : l’excès de la dépense publique rendra impossible, d’ici un an au mieux, le financement de la dette publique ; le vieillissement de la population conduira notre système de solidarité à la faillite ; les coûts de production sont les plus élevés en Europe.

François Hollande, s’il reste rationnel, devra donc accepter une intégration financière de l’Europe avec création d’un Ministère des finances européen , réduire la dimension de l’Etat (coupant dans la Défense et l’Education), tempérer la solidarité par plus de responsabilité individuelle, et contenir les revendications salariales.

Sarkozy, contre la rue, n’y serait jamais parvenu ; Hollande, parce que de « gauche », le pourrait. De Gaulle avait bien liquidé l’Empire, Mitterrand anéanti ses alliés communistes : Hollande, en père- la -rigueur, démontrerait que les hommes d’Etat ne sont grands qu’à contre emploi.

 

 

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