14 novembre, 2011

un plan de rigueur pour rien

Classé dans : Economie,Europe — elis @ 18:10

5/ 11/ 2011

L’UMP n’a rien appris et risque de se faire blackbouler à la prochaine présidentielle.
Son nouveau plan de rigueur ressemble comme un frère au précédent , des
mesurettes dans tous les sens et surtout un accroissement de la fiscalité dont
la gauche ne retiendra que des mesures antisociales et un accroissement des injustices,
ce qui est largement faux, bien évidemment, mais au moins, elle , elle sait
bourrer le crâne de ses millions d’admirateurs bourgeois, inconditionnels de
ses grandes orgues et de ses oeuvres. Côté UMP  en tout cas toujours des mesurettes de circonstance,  encore une fois insuffisantes , dépourvues de
toute stratégie claire et d’un positionnement politique sans ambiguité. Or une
fois de plus il n’y  a rien que du petit bricolage de Bercy auquel on obéit aveuglément.
Il fallait 40 milliards d’économies, on en est à 18 !
Il n’était pas question d’augmenter les impôts et on en est à 80% d’impôts nouveaux sur
les I8 milliards des 2 plans de « rigueur »
Il fallait dégraisser les mamouths du public et on ne le fait pas !
Il fallait soulager les entreprises du fardeau insensé des prélèvements obligatoires les
plus lourds du monde occidental et on ne le fait pas !
Il fallait montrer l’exemple en abaissant tous les hauts salaires du gouvernement et de la
fonction publique et on ne le fait pas !
Incohérence, dissimulation  et pusillanimité sur toute
la ligne voilà ce que fait ce gouvernement dit de droite.
La gauche quant à elle n’a pas de scrupules. Elle dénonce les atteintes insupportables au
secteur public,  les cadeaux aux plusriches et l’endettement massif du à Sarkozy. Partiellement faux, démagogique et plus que facile. Mais la gauche ,elle, au moins , sait que « plus c’est
gros et plus ça passe ».
Quant à l’effet du nouveau rectificatif budgétaire de Fillon et de la droite ?
Totalement nul ! puisque à peine annoncé les marchés commencent à
torpiller la France. Le « spread » avec l’Allemagne se tend tous les
jours et la perte du AAA est perçue comme imminente par tous les observateurs,
notamment parce que les hypothèses de croissance retenues par le gouvernement
sont visiblement à côté de la plaque.
Non décidément les gens qui nous gouvernent ne savent pas et ne veulent pas dire
tout simplement la vérité. Ils ont tellement pris l’habitude de nous faire
prendre des vessies pour des lanternes et ils ont tellement la trouille de ne
pas se faire réélire qu’ils ne savent plus dire tout simplement la vérité, à
savoir que la France continue de vivre largement au dessus de ses moyens. Bon
courage aussi à la gauche, si elle veut gouverner en continuant de protéger et
de donner plus de moyens à nos merveilleux services publics tellement efficaces
et tellement peu coûteux, les taux augmenteront inéluctablement. Le réveil des
lendemains qui chantent, quand Hollande aura pris le pouvoir, risque en 2012
d’être douloureux.

14/11/2011                                   EXIT BERLUSCONI ! AVE MONTI !

Les marchés respirent. Grèce et Italie sont épargnées pour un temps. Deux gouvernements de
coalition en place et des techniciens pro européens aux manettes.
Pour la Grèce c’est maintenant clair. Elle ne remboursera jamais mais toutes ses dettes ont
été quasiment provisionnées, en France , en Allemagne et partout ailleurs.
C’était supportable et les banquiers ne vont pas en mourir.
Pour l’Italie, victime d’un fonds spéculatif américain et d’attaques efficaces
contre Berlusconi qu’on voulait voir partir, c’est aussi fait ! Monti aux
commandes et coalition en place. L’Italie, fragile comme toute l’Europe du sud,
mais objectivement pas tant que cela, va se faire oublier quelque temps des
marchés et nul doute que ses « spreads » vont baisser. Car l’Italie
n’est pas aussi malade que cela. Une dette stable qui n’a pas bougé depuis 10
ans ; la deuxième économie industrielle du continent derrière l’Allemagne ;
une balance commerciale quasi équilibrée et un déficit budgétaire primaire à 3%
du PIB donc aux normes. On ne voit pas pourquoi l’Italie serait plus malade que
la France. En fait, elle l’est moins et c’est bien la France qui inévitablement
va devenir la prochaine cible même si beaucoup vont faire le maximum pour
contrer les attaques des marchés.
La France a un déficit primaire de 4%. Sa croissance en 2012 ne sera pas de 2% mais de zéro
%. Sa dette passera à 100% en 2013. Au cours des 10 dernieres années, sa dette
a explosé et cela va continuer. Enfin, et surtout, on voit mal comment la
France pourrait constituer un gouvernement de coalition pour se décider enfin à
des mesures, notamment structurelles, sérieuses. Pas besoin d’être grand clerc  pour deviner que sous peu les attaques vont repartir et que nos chers députés UMP nous voterons bientôt un
nouveau plan de rigueur brocardé et vilipendé par l’opposition.

2 mai, 2011

incertitudes

Classé dans : Economie,International,politique France — pyrrhon @ 7:37

 

 

Beaucoup de sujets qui questionnent dans le suivi épisodique de l’actualité.

 

La crise est elle finie ? Surement pas !

 

Il y a, quoi qu’en disent les « officiels », une quasi impossibilité pour l’Amérique et pour de nombreux pays européens , de jamais pouvoir rembourser leurs gigantesques dettes. Trop long et trop d’économies à faire. Mais il y a plus grave : si jamais les taux d’intérêt remontaient, la charge pour de nombreux Etats, Amérique comprise, deviendrait insupportable. C’est le cas en France, 1% en plus cela doit être 6 à 8 milliards de plus sur la charge de la dette annuelle. Calcul à vérifier.

Conclusion : Obama est contraint de garder des taux zéros et la BCE doit aussi rester extrêmement prudente dans sa mission de lutte contre l’inflation.

La vérité toute simple, et la seule, c’est qu’un jour ou l’autre il faudra bien restructurer ces dettes et donc plomber les comptes de nombreux établissements financiers, banques et assurances.

La course aux nouveaux emprunts de solidarité et aux mécanismes d’assistance mis en place en Europe et aux USA ne fait que reculer, pour mieux sauter. C’est absurde et injouable à terme quoiqu’en disent les « autorités ». La réalité est là et il ne sert à rien de la nier.

 

Et les printemps arabes ? Autant d’interrogations et de germes d’incertitudes.

L’Afrique du Nord  se trouve déjà  dans des situations économiques troublées et régressives avec la perte du tourisme. Tunisie, Egypte et même Maroc sont en train de perdre 20% de leurs habituelles recettes annuelles. Les gouvernements vacillent et sont instables. On ne sait pas encore qui va reprendre le pouvoir, que ce soit au sein des hiérarchies militaires, Egypte ou Tunisie, ou dans la rue, Lybie et encore Egypte, avec le rôle mal discerné des grandes forces islamiques. Plus à l’Est, mêmes incertitudes ou interrogations, Syrie, Yemen, Barhein et même Jordanie. La rue demeure bruyante, agitée et réclame des réformes tous les jours au nom de la justice, de l’égalité et de la fin de la corruption et du népotisme. Toujours les mêmes slogans de gauche, propagés par l’internet et les médias, qui enflamment les cœurs mais qui ne veulent pas dire grand-chose. Et qu’y aura-t-il derrière ? Une vérité demeure inquiétante et c’est l’Europe qui l’a illustré. Quand les dictatures tombent, en Europe la fin du communisme, il y a deux cas de figure fort différents. Lorsque la chape de plomb des dictatures étouffe des Etats culturellement, ethniquement et socialement homogènes, il n’y a pas trop de casse à la sortie, cas des Polognes, Hongrie, Bulgarie, Roumanie. Fort différent des Etats totalitaires multiethniques et multi confessionnels, la Yougoslavie de Tito est là pour nous le rappeler. Dans ce cas c’est souvent l’explosion et les affrontements sanglants chacun revendiquant ses droits historiques dans la liberté retrouvée. Qu’en sera-t-il au Yemen, à Barhein, en Syrie, en Lybie, à Gaza, au Liban si partout les aspirations au modèle occidental continue à servir de référence ? Bien malin qui le saurait dans la lutte permanente et ancestrale que se livrent, à couteaux tirés, Schiites et Sunnites dans tout le monde arabe. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’avenir n’est pas écrit. Une quasi certitude tout de même. Les vraies dictatures, les dures, ne se laisseront pas faire. On peut compter sur Hassad pour mater ses opposants dans le sang et le régime militaire algérien fera sans doute la même chose. L’Egypte et le Tunisie étaient plus des autocraties que des dictatures pures et dures .C’est pour cela qu’elles ont basculé  si vite et sans problème. En Syrie, pour ne prendre qu’elle, ce sera une autre paire de manche. Mais, bien sûr, l’avenir demeure néanmoins incertain.

 

Heureusement il y a au moins une certitude, la France sera toujours la France dans la prochaine législature. Droite ou gauche, notre cher et vieux pays demeurera toujours un Etat fort étatique, managé par l’ENA, polytechnique, le petit monde politique des  grands partis dit « de gouvernement », et nos chers grands syndicats. On demeurera donc toujours dans le bricolage des petites mesures techniques et le plus souvent obscures et mouvantes destinées à répondre ponctuellement aux « aspirations » des français révélées quotidiennement par les sondages, et sans qu’aucune et véritable adaptation à l’économie mondialisée soit mise, une bonne fois pour toute, dans la tête des français. Tant que nous pourrons emprunter à 1% ou 2% cela ira, jusqu’au  jour ou les marchés sonneront la fin de la partie, La France devra alors se réveiller et elle est sans doute tout à fait capable de le faire en dépit des pesanteurs sociologiques, du poids énorme de la fonction publique et de schémas idéologiques hérité de 1945. Place alors au renforcement de l’économie de marché et rigueur et austérité dans l’immense secteur public et parapublic. On ne pourra pas faire autrement ni continuer à laisser une dette faramineuse à payer à nos enfants. Heureusement, d’ailleurs, les restructurations de dettes seront déjà passées par là !

 

Incertitudes comptables

 

Conscient qu’il faut faire un effort pour les marchés si l’on veut sauver l’Europe et l’Euro, le gouvernement dit et redit que les grands pays européens doivent ramener déficits et dettes à des niveaux raisonnables. Il vient de présenter au Parlement son programme de « retour à l’équilibre » (dit de stabilité) pour Bruxelles

Mais ce programme ne semble pas parfaitement clair, et une fois encore, on peut se demander si avec 10 à 12 milliards d’économies réelles par an, on pourra encore longtemps leurrer les marchés.

L’objectif officiel pour 2013 (et avant) est magnifique ! Pas d’inquiétude, le déficit budgétaire en 2013 sera bien de 3% du PIB après un passage par 4,6% en 2012 et 6% en 2011. Faisable puisque on est déjà à 7% en 2010 alors qu’on avait annoncé 8,5% il y a 18 mois.

Le problème avec ces merveilleux objectifs c’est qu’il y a pas mal d’astuces pour en arriver là.

D’abord les 7% de 2010 sont formidables parce que n’y figurent pas, comme en 2009, les 25 milliards empruntés pour le plan de relance gouvernemental de l’an passé.

Ensuite les chiffres retenus pour la croissance sont, comme d’habitude, plutôt optimistes : 2% en 2011 ( contre 1,75% en 2010), 2,25% en 2012 et enfin 2,5% par la suite. Ainsi les recettes fiscales devraient s’annoncer prometteuses puisque la croissance sera en bonne voie. Malheureusement c’est plus de la méthode Coué qu’autre chose.

Enfin, nec plus ultra des astuces de l’habillage budgétaire, sont exclues de ce programme de « stabilité » les charges de la dette (les taux peuvent remonter, les conséquences ne sont pas prises en compte dans le programme) et idem aussi pour les traitements, et donc les pensions, des fonctionnaires dont on sait qu’au total cela doit représenter pas loin de 60 % du budget. Le gouvernement se garde t il ici, en accord avec le PS peut être, le moyen de gargariser cette clientèle essentielle pour les prochaines joutes électorales ? Mais nous sommes sans doute ici de très mauvaise foi.

Incertitudes sur la mort de Ben laden

On nous annonce qu’il est mort mais on n’a pas son corps. On nous dit que c’est lui mais comment l’a ton su ?

Et sur internet , les américains, nourris aux 24 heures chrono et autres « spy games », se déchaînent. Manipulation, intox, jeu subtil des services secrets pakistanais ? Chacun y va de sa petite explication, les intellectuels dans le genre sérieux et géostratégique, les internautes dans le genre complot et mise en scène pour tromper le bon peuple.

Une certitude peut être : mieux vaut considérer qu’on ne saura jamais. Et pas même si Ben Laden est bien mort.

1 mars, 2011

les ravages d’internet

Classé dans : Economie,International — pyrrhon @ 11:09

 

Ou la boîte de Pandore

 

Un bouleversement majeur

 

De même que la révolution du chemin de fer et du charbon  a bouleversé la vie de l’occident dans la 2eme partie du 19° siècle, et que la fée electricité et l’automobile à partir de 1920 en ont fait tout autant, l’internet avec sa force de destruction créative, est en train de bouleverser la géopolitique, l’économie mondiale, les mœurs et les cultures.

Schumpeter l’avait fort bien expliqué, il y a des inventions ou des procédés qui bouleversent le monde, comme la roue ou la charrue l’avaient fait il y a quelques millénaires en sortant l’humanité de la cueillette et de la chasse ou comme la bombarde l’avait fait en faisant tomber les murailles médiévales.

 

L’économie est bouleversée

 

L’internet change le monde. Les compagnies téléphoniques d’il y a 20 ans n’existent plus. Les fabricants d’appareils photos argentiques et les magasins qui les distribuaient non plus. Mais il y a bien pire. Les banquiers ne font plus le même métier et, dans pratiquement tous les autres secteurs de l’économie, ordinateurs, portables et smartphones ont changé la façon de travailler, de vendre et de vivre. Bien entendu tous les emplois en sont bouleversés…sauf dans l’administration qui grâce à la puissance de ses syndicats arrive encore à résister.

 

La destruction créatrice est mondiale

 

Mais il y a bien plus, ce ne sont plus seulement les pays occidentaux qui sont en train de changer mais bien le monde dans sa globalité. Des pays émergents qui se développent sur le modèle américain à grande vitesse et même un moyen orient et un monde musulman qui commence à se fractionner ou à exploser. En Tunisie, en Egypte, comme par hasard les populations les mieux éduquées et, peut être, les économies les mieux gérées et les plus développées, ce sont les portables, Facebook, et les réseaux mondiaux de TV numériques qui viennent de déclencher les révolutions. Ailleurs dans le Maghreb et le Moyen orient aussi. Intéressant de voir si un leader anachronique et forcené comme Kadhafi résistera longtemps.

 

Le monde entier, les pauvres comme les riches, regarde ce que font les autres, voit leurs niveaux de vie, leurs modes de vie ou leurs mœurs politiques et revendique auprès de leur dirigeants des modèles identiques et de meilleures conditions de vie. Et, en plus, tout ce monde communique et peut se rassembler à tout moment pour protester ou acclamer. Bonjour le casse tête pour les dirigeants pour contrôler tout cela et tenter de manipuler ou orienter.

Et quand une vive protestation éclate quelque part, ce sont les dirigeants du monde entier qui viennent donner leur grain de sel et la presse du monde entier, encore plus incontrôlable quand on la laisse entrer, qui s’invite. Mais entre le droit d’ingérence et les relations traditionnelles d’Etat à Etat que faut il faire ? Surtout lorsque l’on veut soutenir ses exportateurs.

 

Les mœurs aussi sont entrain de changer

 

Mais il y a plus, nos enfants regardent la toile. Ils s’en servent l’utilisent et réagissent beaucoup avec ce merveilleux instrument. Et tout comme la boite de Pandore, l’internet affole les têtes. Sexe, horreurs, déferlement des fantasmes des plus excités quand ils ne sont pas franchement névrosés. L’humanité c’est aussi cela et pas seulement les milliards de gens sympathiques, calmes et bosseurs. Il y a aussi des saints mais, malheureusement,  aussi des « dingues ».

 

Un article d’une américaine dans le New york Time du 25/02 intitulé « derrière l’anonymat le fiel » résumait plutôt bien la situation et il nous parait difficile de ne pas la citer :

« L’anonymat en ligne, dit elle, a créé une culture du sadisme quand des gens cherchent à attirer sur eux plus de lecteurs. Twitter, explique un auteur qu’elle a interwievé, crée une fausse intimité et peut faire ressortir le pire chez les gens. Quand  on cherche à être lu on n’est pas là pour réfléchir. On choisit d’être drôle, superficiel, cynique, grossier, affabulateur, bien plus que dans la presse, parce qu’on est anonyme, et qu’il n’y a pas un comité de rédaction pour vous contrôler. Constamment interrompue avec les buzzs, la pensée devient souvent méchante les sociologues l’ont remarqué. Ce sont les égouts qui se déversent sur les sites si l’on n’y prend garde ».

Voilà les témoignages que notre journaliste, Maureen Dowd , a recueilli et ce n’est pas très rassurant.

 

Une boîte de Pandore incontestablement

 

Alors,  de ces millions d’échanges qui explosent sur le net , l’humanité en sortira telle meilleure ? Rien de moins sûr. De la boite de Pandore, punition de Zeus contre les hommes et Prométhée qui avait dérobé le feu des dieux, sont sortis tous les maux de l’humanité.  Nous n’en sommes heureusement pas là avec le web. Il recèle aussi de merveilleux outils de progrès mais tout comme avec la langue d’Esope , cela semble pouvoir être la meilleure ou la pire des choses. Il peut en sortir du bon et du mauvais.

Le bon on le connaît : explosion des échanges et d’une culture universelle sur l’ensemble de la planète, régression et affolement des dictatures, multiplications des échanges scientifiques, extraordinaires gains de productivité pour l’organisation du travail, rapprochement des seniors avec leurs petits enfants quand ils dialoguent avec eux ou les aident dans leur éducation sur le net, et, aussi, de merveilleux instruments comme Wikipedia ou des milliers de bénévoles construisent pour l’humanité entière une formidable encyclopédie mise à jour en continu et bien plus riche et spontanée que celles que les élites avaient conçues jusqu’alors.

Mais le « mauvais » est là aussi. Fausses rumeurs, intox, manipulations et matraquages publicitaires. Facebook , par exemple, déchaine le narcissisme imbécile et les envies de paraître, de se montrer, de mentir en se faisant plus beau qu’on est et en tentant de prouver qu’on est meilleur que les autres parce qu’on a des dizaines d’amis. Curieux critère. Et il y a déjà 500 millions de Facebookers dans le monde, proies toutes trouvées pour les publicitaires, et déjà quelques 2 milliards d’internautes. Au secours ! La marée nous envahit, bouleverse les pouvoirs qui ne savent plus comment nous contrôler mais déchainent aussi les publicitaires et les désaxés qui, eux, nous arrivent tout autant par la boite de Pandore.

 

Que nous réserve l’avenir ?

Ou cela finira t il ? Quand et comment ? Personne n’en sait rien. Mais une chose est sûre. Personne ne maîtrise et personne ne peut contrôler, tout du moins dans les pays démocratiques. On peut même se demander si les grands Etats totalitaires, Chine, URSS, Iran etc… y arriveront, bien qu’ils se débrouillent pas trop mal en ce moment semble t il. Dernier en date la Lybie. Plus d’internet, plus de mobiles (?), réseaux téléphoniques muets et frontières fermées pendant un temps Aucun journaliste pour venir voir. La répression sanglante au début. Si Kadhafi, ce « dingue », réussit à se maintenir encore un temps, on peut légitimement s’interroger sur les dictatures plus « sérieuses ». Sauront elles résister à l’Internet ? Avec le contrôle des médias en plus et une bonne police secrète, en dépit d’Internet, les grandes et sérieuses dictatures ont peut être encore de beaux jours devant elles. Mais cela personne ne le sait et l’avenir ne nous écrit pas!

 

 

 

9 décembre, 2010

Cantona et les banques

Classé dans : Economie — pyrrhon @ 9:28

 Il semble que ce soit l’extrême gauche que rallye Cantona dans son appel à boycotter les banques.

Mais ce pourrait être aussi les tea-parties américains et même les libéraux, sens français du terme.

Car le vrai problème ce sont les milliards engloutis par les Etats dans les banques faisant que ces mêmes Etats se sont endettés ainsi inconsidérément et qu’ils ne pourront jamais rembourser.

On connaît les raisons pour lesquelles les Etats se sont ainsi précipiter : le risque systémique et la certitude, qu’après Leman Brothers, d’autres , y compris les plus grandes, allaient aussi y passer et faire faillite si les Etats n’intervenaient pas immédiatement, la chûte des actifs bancaires et les retraits des épargnants, contraignant les banques , vidées de leurs actifs et perclues de dettes, à fermer.

Mais est on sûr que les renflouements massifs des Etats étaient la seule solution, celle initialisée par Goldmann Sachs et ses hommes ?

Ce qui est certain c’est que le sauvetage massif et indistinct de toutes les banques n’allait pas conduire ces dernières à modifier leurs comportements aveuglément risqués et dangereux. Il aurait fallu des sanctions, non pas réglementaires, mais celles des vraies économies libres. Vous avez commis des erreurs. Vous vous êtes beaucoup trop endettées. Vous devez payer et supporter les conséquences de vos erreurs. Au lieu de cela, les gouvernements ont volé à leur secours, pour le meilleur parfois, mais aussi pour le pire, puisque elles sont toutes encore là, avec leurs montagnes de créances irrécouvrables. Et que la crise perdure et qu’elle n’est pas finie.

Et pour cause, sérieusement échaudées tout de même, les banques, notamment américaines, n’osent plus trop prêtées sans contrôle aux particuliers, aux petites et moyennes entreprises et encore moins se lancer sur les créances titririsées et obscures. Mais elles ont beaucoup d’argent parce que les gouvernements leur en ont donné beaucoup. Alors  elles font deux choses. Elles demandent d’abord à leurs traders de faire fructifier leurs liquidités sur les marchés financiers avec toutes les protections possibles : barrieres hautes et basses sur les ordres, usage maxi du momentum du jour etc..Mais ensuite on se retourne vers les obligations souveraines considérer comme les plus sures, Allemagne, pays bas et surtout dollar dont beaucoup pensent-à tord- qu’il est encore une excellente garantie.

Ce double mouvement des banques contribue encore à aggraver les problèmes. Les actions, alors que l’on est en dépression, sont surévaluées et les obligations sont surachetées alors qu’elles ne rapportent rien. Donc on continue à faire fausse route  et notamment avec les titres souverains ou c’est le parfait cercle vicieux. Les Etats sont ruinés et ne rembourseront jamais mais on continue à leur prêter et on augmente la taille des déficits publics.

Les économistes keynésiens sont ravis, l’argent « gratuit » continue à couler à flot et ils espèrent qu’à la longue cela finira par relancer la consommation. Avec leur « bon sens basique », A. Merkel et la Deutch bank le sont beaucoup moins. Va-t-on pouvoir vivre longtemps avec un système ou l’endettement public s’aggrave tous les jours ?

Alors Cantona est il irresponsable et mérite t il le mépris avec lequel certains de nos apprentis sorciers politiciens l’ont traité ? Bien sûr que non, et lorsque avec certains de ses partisans, il prône un retour à une stricte séparation entre les banques de dépôt et les banques d’affaires et d’investissement, nous ne sommes pas dans le domaine de la pure démagogie mais plutôt dans celui d’une vraie question qui mérite d’être posée. D’autres l’ont fait avant eux et pas des moindres. Les américains l’ont pratiqué jadis et même, plus récemment, Paul Volker y a songé. Sans rentrer dans les détails, et pour s’en tenir à l’essentiel, qu’y aurait il d’incongru à spécialiser les banques de dépôt sur les prêts de proximité aux particuliers et aux entreprises  et laisser les banques d’investissement, avec leurs fonds propres et ceux des « initiés », intervenir sur les marchés financiers, les fusions acquisitions et les obligations souveraines ?

14 août, 2010

Dette US

Classé dans : Economie,International — elis @ 15:09

  

DETTE US : Equilibre de la terreur et déclin occidental

 

 

Au commencement était le merveilleux système qui permettait à la Chine d’exporter et d’assurer son développement selon le modèle Japonais, à l’Amérique de dépenser sans compter , et, à ses politiciens, d’offrir aux pauvres des crédits illimités leur permettant d’acheter maisons et produits du monde entier, sans compter, comme les riches, et d’accéder ainsi, sans contraintes, à la merveilleuse société de consommation.

On aura reconnu ici ce que fut le modèle de développement du monde pendant une trentaine d’années, de 1982 à 2007 en gros. La Chine et le Japon prêtaient massivement aux Américains et,eux, dépensaient sans compter ce qui permettaient aux deux grandes nations asiatiques d’engranger des excédents commerciaux considérables dont 80 % étaient placés en bons du Trésor américains. Profits d’un côté et hyper consommation de l’autre.

Aujourd’hui le modèle s’est grippé. Il fallait bien que cela arrive un jour, tant il était artificiel et reposait sur du sable. Par la grâce des politiciens, il perdure encore. A partir de 2007, ils ont tout fait pour le préserver. Crédits massifs aux banques pour les sauver de leurs gigantesques créances douteuses en particulier. Mais, du coup, endettement massif des Etats occidentaux venant après celui du secteur privé, et de nombreux Etats américains et consommateurs pauvres US. Beaucoup de ces créances massives ne pourront jamais être remboursées. Alors pourquoi Chine et Japon soutiennent ils encore les émissions de « trésories » US ? La meilleure réponse semble être aussi la plus évidente. Tout simplement parce qu’ils craignent un effondrement de leurs créances, quelques 5 ou 6 trillions de dollars, si jamais ils ne souscrivent plus aux émissions du Trésor US qui, pourtant, se font à des taux réels négatifs. Du coup les marchés obligataires mondiaux sont totalement faussés. Ils ne reflètent pas le coup réel de l’argent. Mais ils marquent aussi clairement que le monde occidental a peur d’investir et que les énormes crédits distribués par les gouvernements sont toujours là mais que les acteurs économiques, banques en tête, ont peur d’investir et se réfugient vers les bons d’Etat américains considérés comme surs puisque ceux de la première puissance économique et de 25% du PIB mondial. On craint beaucoup plus la déflation qu’une reprise de la croissance des économies occidentales.

En résumé un équilibre de la terreur entre Chine et US. Je te tiens par mes créances. Je te tiens par mes dettes . L’un et l’autre ne peuvent donc se permettre de déclencher la panique en changeant brusquement les règles du jeu.

Et, de l’autre, des gouvernements occidentaux qui, depuis 2007, ont largement aggravé le cancer du crédit en refusant de laisser l’économie se réguler toute seule par une crise économique normale qui aurait du éliminer d’office les canards boiteux, les banques insoucieuses et les entreprises trop endettées. Aujourd’hui, en Occident, rien n’est réglé. Mais, au contraire, tout a empirer, et les dettes, impossibles à rembourser, sont plus élevées que jamais.

Il est donc de plus en plus probable que l’on s’achemine en occident vers une langueur à la Japonaise pour les dix à vingt ans qui viennent. Rien de tel pour que les grands émergents de l’ex tiers monde rattrapent rapidement les économies occidentales et pour que les occidentaux accélèrent leur déclin relatif au cours du XXI° siècle.

3 mai, 2010

Crise de l’Euro

Classé dans : Economie,Europe — pyrrhon @ 13:49

 

Ou la revanche de l’économie

 

Au risque d’apparaître comme désespérément pessimistes nous avouons avoir les plus grands doutes  sur la pérennité de l’Euro.

Pas de gouvernement central. Pas de politique économique commune et une monnaie minée, comme les USA d’ailleurs, par des déficits publics impressionnants et des emprunts qui ne pourront jamais être remboursés.

Pour le moment c’est la fuite en avant ou la simple application du principe de la boule de neige qu’on laisse rouler dans la pente. On emprunte toujours un peu plus pour boucher les trous..et la boule de neige de la dette, et des frais qui lui sont associés, grossit toujours un peu plus. Et un jour viendra ou les taux, si faibles aujourd’hui, vont remonter et le problème ne pourra que s’aggraver.

La cause de la faiblesse actuelle des taux semble bien être l’afflux de liquidités qui s’accumulent autour des titres souverains, d’Etat, supposés plus sûrs que les actions ou les obligations d’entreprise, qu’il s’agisse des monnaie allemande ou américaine, encore considérées comme des refuges pour des temps troublés, mais aussi monnaies des grands émergents qui commencent à s’imposer. Le problème c’est qu’il y a 2 à 3 fois plus de liquidités que de bien réels et qu’inévitablement cela se traduira un jour par un retour de l’inflation. Cela a déjà repris sur les actions et les valeurs mobilières en général. Il n’y a jamais eu d’exception à cette règle. Les banquiers centraux ont beau avoir des outils d’intervention sans limite, ils n’échapperont pas à ce retour des règles naturelles et au retour de l’inflation engendrée par l’excès de monnaie sur les biens disponibles. Et ce d’autant moins qu’ils savent aussi, naturellement, que le seul moyen de résorber les gigantesques déficits publics réside aussi dans le retour de l’inflation. Et un jour ils finiront bien par ouvrir la bonde. Ce sont les Etats-Unis qui commenceront, notamment sous la pression de l’inflation des produits importés des grands émergents et des producteurs de matières premières. Puis l’Europe suivra.

La situation des zones défaillantes est parfaitement claire. Un grand nombre d’Etats américains, l’Etat fédéral lui même et l’Europe du « club med », France et Angleterre en plus. Jamais aucun de ces Etats ne pourra rembourser ses 10 à 20% de PIB de dettes en augmentant ses impôts ou en réduisant drastiquement ses dépenses publiques. D’autant plus impossible à faire que lorsque les taux longs ne seront plus à 4% mais à 6% ou 8%, les dettes vont exploser et se retrouver très vite avec des charges d’emprunts qui absorberont une grande partie des rentrées fiscales. Il faut donc qu’avec l’inflation, les rentrées fiscales augmentent alors que les charges d’emprunts restent stables. Exactement ce qui s’est passé en France dans les années 70/90 pour les emprunteurs immobiliers frais fixes. Bien sûr avec l’inflation, les préteurs et les consommateurs sont perdants car il faut un moment pour que leurs revenus s’ajustent. Commence alors un jeu de dupes ou les mieux armés pour la négociation s’en sortent, en France, les salariés du secteur public naturellement.

Aujourd’hui, on nous dit que lorsque la croissance reviendra, ce qui ne saurait tarder suggèrent experts et gouvernements, puisque il y a déjà des frémissements, tout ira pour le mieux et l’afflux des rentrées fiscales permettra de rembourser les dettes. Nous ne croyons pas du tout à ce scénario, notamment en France, plombée par ses prélèvements obligatoires, ses trop généreux régimes sociaux, le vieillissement de sa population et l’absence de culture entrepreneuriale dans la plus grande partie de la population trop largement fonctionnarisée. Une croissance poussive, de 1% à 1,5% par an, semble ce qu’on peut espérer de mieux dans les 4 ou 5 prochaines années. La dette va donc demeurer et nous aurons un mal fou à la rembourser.

Quant à la Grèce, il est clair que la bonne solution était la sortie de l’Euro et le rétablissement du Drachme. On lit, ici ou là, que ceux qui avancent cette idée sont de parfaits irresponsables….sans doute à cause de son effet d’entraînement et des craintes légitimes pour les suivants, France comprise. Et pourtant, avec une bonne dévaluation de 20 à 30% pour commencer, les grecs allaient booster leurs exportations, et donc leur croissance, et aussi faire des économies sans qu’ils s’en aperçoivent vraiment et sans qu’on leur demande leur avis. Imaginer ou laisser entendre que de telles diminutions de dépenses publiques, de l’ordre de 30 milliards en trois ans, apprend t on aujourd’hui, relève certainement du domaine de l’impossible. Les 4,8 milliards d’économie annoncés pour 2010 ne seraient qu’un maigre prologue. Mais déjà que la pilule est amère !

Par ailleurs, on apprend, que l’Europe va prêter 80 milliards d’€ à la Grèce et le FMI 30 milliards sur 3 ans (ses besoins sont chiffré à 180 milliards) pour lui permettre de faire face à ses prochaines échéances. Et si dans le même temps, le gouvernement grec espère faire 30 milliards d’économies, sur la même période, avec son nouveau plan d’austérité. 5 à 6 milliards d’économies aujourd’hui et 25 milliards dans les deux ans qui suivent on voit bien que les ordres de grandeur  ne sont pas du même ordre. Sommes nous vraiment dans le domaine du crédible et du possible ? On peut en douter.

Bien sûr, la sortie de la Grèce faisait clairement peser un risque d’éclatement de la zone Euro. Après la Grèce allait venir l’heure, du Portugal, de l’Espagne et des menaces sur la France. Evidemment les politiques ne pouvaient s’engager dans cette voie catastrophique pour les plus menacés. Seule l’Allemagne vertueuse avait osé en parler.

Mais ce qui vient  d’être décidé maintenant, ne va pas être mieux. On s’est refusé à la sortie de la Grèce de la zone Euro et à la dévaluation sévère qui aurait pu la sauver. On s’est aussi refusé à effacer une partie de la dette grecque, comme on le fait avec les états africains ou comme on l’a fait avec l’Argentine. N’oublions pas que les banques françaises, dans leurs comptes, ont déjà au moins 55 milliards d’emprunts grecs qu’il aurait immédiatement fallu déprécier. Bonjour les dégâts. On a donc décidé d’imposer à la Grèce de nouveaux pans d’économies qui ne résoudront probablement pas grand-chose et, surtout, on va lui apporter 110 milliards d’€, à 5% a-t-on dit ( ?) ce qui n’est pas rien, (il fallait bien satisfaire l’opinion publique allemande), pour qu’elle puisse faire face à ses prochaines échéances sur  3 ans. Tout ceci ne résoudra rien. On recule simplement les échéances tout en dégradant un peu plus la crédibilité de l’euro puisque l’on continue à accroitre la dette et que l’on peut déjà penser qu’il faudra encore changer d’échelle lorsque viendra le temps de l’aide aux prochains états européens menacés. Toujours la boule de neige de la dette publique qui grossit jusqu’au moment ou elle s’approchera de l’abime…et les taux qui augmenteront inexorablement, plus seulement pour les grecs mais aussi pour les autres.

Enfin ne nous trompons pas dans les fariboles que gouvernements et médias racontent au bon peuple. Ce ne sont pas les marchés et les méchants spéculateurs qui sont les incendiaires. Les incendiaires ce sont les gouvernements qui continuent de jeter de l’huile sur le feu en gonflant démesurément les dettes et les emprunts publics alors qu’ils savent pertinemment qu’ils ne pourront jamais être remboursés par des économies budgétaires réelles ou par des impôts en hausse. Les incendiaires ce sont plutôt eux et les juges de paix, ceux qui leur remettent les pieds sur terre et leur rappellent tous les jours les incontournables réalités de l’économie, ce sont les marchés et les soit disant spéculateurs : les gérants de sicav, des grands fonds de pensions , des assurances vie, des milliers de funds US ou de hedge funds. Ils savent très bien, eux, où sont les risques principalement, (accessoirement la Bundesbank et Angela Merkel le savent aussi et ont même  osé le dire à un moment). Les risques sont dans les gigantesques dettes publiques et dans les zones qui interdisent les dévaluations. En demandant une meilleure rémunération pour les risques encourus, cas des emprunts grecs, et demain des autres, les gérants professionnels ne font que leur travail. Il faudrait les en louer. Les lois de l’économie sont fort simples et un jour ou l’autre il faut payer pour ses folies- trop de dettes- ou ses dérives politiciennes, beaucoup trop de dépenses que de recettes pour les finances publiques. Et nous sommes en plein dedans quand il s’agit de l’Europe du sud ou des Etats Unis et cela ne pourra pas durer éternellement en dépit des « génies de la finance » et des banquiers centraux.

ll y a pourtant un aspect positif à cette crise : les gouvernements, socialistes compris, vont enfin être obligés de parler vrai. Extraordinaire à cet égard l’exhortation de Papandréou, socialiste, à son peuple, ce dimanche 2 mai 2010. « Nous venons de bénéficier d’une aide exceptionnelle sans précédent dans l’histoire. Il va falloir consentir de très grands sacrifices pour éviter la faillite du pays : augmentation des impôts indirects, suppression des avantages salariaux dans le secteur public, gel des retraites dans le public et le privé, diminution de la taille du secteur public en général, qui s’est accru de façon inconsidérée au cours des années précédente ».

On l’aura compris, la Grèce va tenter de s’engager dans une cure « libérale » que ne saurait désavouer aucun de ses autres partenaires européens, en particulier ceux des pays du Club Med. Ce qui vaut pour la Grèce vaut tout autant pour eux.

On semble enfin comprendre que les dépenses publiques et le secteur public sont par trop surdimensionnés et qu’il faut les réduire drastiquement si l’on veut retrouver un jour le chemin de la croissance et celui des grands équilibres budgétaires respectés.

Vive Papandréou, et Socrates (Portugal) et Zapatero (Espagne), tous socialistes, et qui ont déjà commencer à le dire. On attend plus que Sarko pour en faire autant…mais ne rêvons pas trop. Sur ce terrain, la droite française, qui n’a pas grand chose de « libérale » semble presque endosser parfois les postures de Martine Aubry : « plus socialiste que moi , tu meurs » ! Renforcer les grands projets d’Etat, sauver les industries nationales , sauvegarder toutes les protections sociales et assurer que nos stabilisateurs sociaux ne seront pas remis en cause, tel est le credo !
Dernier sujet de réflexion d’importance. Avec cette crise, les gouvernements européens sauront ils dépasser leurs intérêts électoraux immédiats pour se doter de véritables règles de gouvernance économique communes et commenceront ils une harmonisation de leurs régimes sociaux et fiscaux ? On en parle et on commence à l’évoquer tant il est clair que l’Europe ne peut pas continuer comme cela. Alors attendons. Mais, là encore, ne nous montrons pas d’un optimistes excessif. Angela Merkel qui vient de décider d’accorder 30 Milliards d’€ à la Grèce , contre son opinion publique, va sûrement le payer très cher lors des élections en Basse Saxe. Pareil pour Sarkozy, s’il se décidait à heurter l’opinion socialiste dominante des français et de leurs médias préférés. Dire qu’il faudrait renforcer l’Europe en acceptant que la France abandonne une partie de ses régimes sociaux trop protecteurs ne manquerait pas de susciter une nouvelle vague rose déferlant sur le parlement et amenant triomphalement, dès 2012, la gauche française la plus archaïque au pouvoir.

 

11 mai 2010 – Suite

 

Avec leur nouveau plan de sauvetage de l’Euro de 750 milliards d’€ (???), les Etats auraient, parait il, marquer un grand coup contre les mauvais spéculateurs. Ils ont surtout garantis, aux frais des contribuables, et en ouvrant la boîte de Pandorre de la planche à billets pour la BCE, les innombrables créances pourries souveraines, Grèce ou autres, que les banques et compagnies d’assurances détenaient dans leurs portefeuilles. D’où la remontée spectaculaire du secteur sur le marchés boursiers hier 10 mai. Une fois de plus, les banques sont renflouées mais, pour combien de temps? En tout cas,  Obama est content, l’Europe a fait comme lui, la dette va encore grossir et l’Euro cesser de se déprécier contre le dollar ce qui ne pourra que relancer les exportations US vers l’europe et donc assuer peut être un 3% de croissance à l’économie américaine contre 1% à l’Europe. Il a aussi gagné un peu de temps en évitant que la crise des dettes souveraines ne gagne les Etats-Unis trop vite. A.Merkel a fini par se rallier à cette solution franco américaine et à cette politique sociale démocrate et keynesienne classique. Elle aurait mieux faire de s’en tenir à son premier reflexe de rigueur et de refuser ces mesures laxistes qui ne résoudront rien et ne font que reculer pour mieux sauter. Elle vient d’ailleurs d’y perdre au passage sa majorité au Parlemand allemand. Pauvre Europe et pauvre Euro.

On attend maintenant du vrai et du sérieux de la part de l’Europe. Des plans de rigueur qui ne pourront être remis en cause et s’étalant au moins sur 5 ans. Et un Conseil des ministres qui sortira les tricheurs ou les mauvais joueurs quand ils ne se  confirmeront pas à leurs engagements. On n’en est pas là et on peut douter qu’on n’y arrive jamais. Les grands Etats européens et les hommes politiques qui les gouvernent ne sont pas prêts à abandonner de tels pans de leur souveraineté. L’avenir demeure, à plus ou moins long terme, à l’éclatement de la zone Euro sauf miracle bien improbable.

  

19 mai 2010 -suite. Entre le marteau et l’enclume

 

L’Euro continue à dévisser face au dollar. JC Trichet nous dit que tout va bien puisque sa parité s’approche de son cours d’origine de 1,19 avec le dollar. Brusquement, pourtant, l’Europe va peut être basculer de sa plaisanterie de Lisbonne à quelque chose de plus sérieux en terme de création d’un pouvoir central économique européen. Car les choses vont vite et l’Europe est de plus en plus coincée entre le marteau et l’enclume.

Le marteau ce sont les marchés financiers qui s’inquiètent de ses dettes et de son incapacité à jamais pouvoir les rembourser. D’où une pression qui s’accentue sur les primes d’émission des emprunts européens. Emprunts plus chers, charges financières sur les budgets publics de plus en plus insupportables et capacités de remboursement encore plus improbables. Le cercle vicieux parfait.

Et, de l’autre côté , l’enclume de la récession. Pour sortir de l’impasse de la dette, il va falloir faire des économies et augmenter les impôts. D’où un risque de ralentissement sérieux dans toute la zone euro, qui n’était déjà pas brillante, que les bourses sanctionnent, les investisseurs préférant s’éloigner de cette zone de turbulences tant qu’on n’y voit pas plus clair.

L’Allemagne, le moteur de l’Europe a choisi. Elle veut du sérieux, des économies budgétaires, une diminution progressive, mais efficace, de l’endettement, et un vrai pouvoir économique européen qui contrôle le tout et a des pouvoirs de sanction ou d’exclusion sur ceux qui ne joueraient pas le jeu. Elle a raison. C’est seulement à ce prix que l’Euro a une chance de survie.

Evidemment, la France et la Belgique sociale démocrate s’y opposent fermement. Pas question d’abandonner ses pouvoirs budgétaires et ses combines pour dissimuler les déficits quant on est une vraie nation démocratique face aux apatrides de Bruxelle ou à l’Allemagne.
Parions que le débat n’est pas prêt d’être tranché …et qu’en définitive (nous sommes résolument pessimistes), la zone Euro finira bien par éclater, comme Paul Volcker, un référence à ne pas sous estimer, l’a plus ou moins pronostiqué !

 

12 janvier, 2010

secteur public et croissance

Classé dans : Economie — pyrrhon @ 8:44

 En bons libéraux au sens européen ou économique du terme (et non au sens libéral américain : jet set ,bobos et medias de gauche d’une certaine élite américaine), nous ne résistons pas, ce mois ci, à reproduire, ci après, le texte d’un libertarien américain, Bill Bonner, résidant en France et patron d’une petite boite de communication financiere,www.la-chronique-agora.com, qui résume parfaitement et simplement les inconvénients majeurs du trop d’Etat.

Les dépenses gouvernementales, ennemies de la croissance
par Bill Bonner
Vendredi 08 Janvier 2010

▪ « Je crois que vous vous trompez sur une chose », nous écrit un lecteur américain. « Vous faites comme si les dépenses gouvernementales étaient toujours un crime, un péché ou au moins de l’argent gâché. En fait, les soldats travaillant pour le gouvernement américain protègent le pays. Grâce aux routes, vous pouvez aller de Bethesda à Baltimore (une chose que je ne vous envie pas). Même les ronds-de-cuir sont nécessaires ; il faut bien payer les factures. Les retraités ont besoin de leurs chèques. Les dépenses gouvernementales sont peut-être inefficaces, mais elles représentent tout de même une véritable contribution au PIB ».

Notre correspondant a raison. La main-d’oeuvre gouvernementale compte des milliers de gens honnêtes faisant un travail honnête — et en partie utile. Le problème, c’est que dans la mesure où ce travail n’est pas soumis aux lois du marché, on ne sait jamais à quel point il est utile. Quand une chose vaut-elle la peine d’être faite ? Lorsque les gens sont prêts à vous payer pour ça. Comment savoir quand il faut en faire plus ? Lorsque le profit ajusté au risque que vous engrangez dépasse le taux que vous pourriez obtenir en prêtant votre argent au gouvernement, sans risque. Pourquoi tant de gens veulent-ils prêter de l’argent au gouvernement US actuellement ? Parce que le rendement des autres investissements est si bas… et le risque si élevé.

Les marchés découvrent constamment jusqu’à quel point les choses sont utiles et désirables. Les prix changent sans arrêt. Une chose grimpe… une autre chute… dirigeant toujours les producteurs et les consommateurs vers une utilisation optimale de leur argent.

▪ Mais les autoroutes, les guerres et les bureaucraties ne sont pas valorisées par les marchés. On ne sait donc jamais ce qu’elles valent. Dans une vraie guerre, un pays pourrait être prêt à verser jusqu’à son dernier centime pour faire reculer l’ennemi. Mais qu’en est-il des « guerres de choix » comme celles d’Irak ou d’Afghanistan ? Combien valent-elles vraiment ? Personne ne le sait. Et personne ne s’en soucie vraiment. Elles deviennent simplement quelques programmes gouvernementaux de plus… ponctionnant éternellement des ressources qui devraient aller à l’économie réelle. Il y a des dizaines… des centaines… de programmes gouvernementaux mis en place durant la Grande dépression et qui sont encore en vie. Chacun a grandi année après année… et chacun emploie désormais des milliers de travailleurs bien payés. Chaque employé reçoit non seulement un salaire, mais également une couverture sociale et une retraite… et il a besoin d’un bureau où travailler et un endroit où garer sa voiture. Que fait-il ? Que se passerait-il s’il arrêtait de le faire ? Personne ne le sait.

Nous allons faire une supposition. 90% des employés fédéraux de Washington pourraient aller voir ailleurs… et la vie continuerait comme avant — voire mieux.

Sur 10 employés gouvernementaux, deux font probablement des choses utiles… des choses pour lesquelles nous paierions volontiers si elles n’étaient pas faites par le gouvernement — bien que nous les paierions certainement moins cher que ce qu’elles nous coûtent actuellement. Cinq autres font des choses qui ne valent pas la peine d’être faites — des choses qui sont du gâchis d’argent pur et simple. Et les trois derniers font des choses qui détruisent la richesse… des choses qui empirent en fait la situation. Ces trois-là sont des économistes. Ou des avocats. Ou qui sait quoi encore.

▪ Bien entendu, dans le secteur privé aussi les gens font n’importe quoi. Il suffit de voir ceux qui rédigent des prêts subprime. Ou ceux qui font du rap. Ou ceux qui vendent des télévisions. Mais après tout, ce n’est que notre avis ! Que le marché (le consommateur) décide ! Ce n’est pas de notre ressort. Dieu merci.

Dans l’ensemble, dans le secteur privé, les gens obtiennent ce qu’ils veulent… et ce qui les attend. Les gens qui gâchent de l’argent n’en ont bientôt plus à gâcher. Les gens qui font des mauvaises affaires ou prennent de mauvaises décisions d’investissement font faillite. Les erreurs se corrigent d’elles-mêmes… sauf si le gouvernement intervient !

Dans le secteur public, ce n’est pas le cas. Les erreurs se perpétuent d’elles-mêmes. La dernière chose que veut un bureaucrate, c’est voir sa mission disparaître. S’il lutte contre l’illettrisme, il y a fort à parier que moins d’enfants apprendront à lire. S’il lutte contre la pauvreté, il y a fort à parier que plus de gens seront pauvres. S’il lutte contre le terrorisme, c’est sur le terrorisme qu’il faut placer votre argent.

L’échec est récompensé par un accroissement du budget — tandis que le succès, c’est l’auto-extermination.

Si bien qu’à mesure que le pourcentage de l’économie dicté par le gouvernement augmente, il en va de même pour le gâchis, l’inefficacité et la contre-productivité. Comme l’a découvert l’Union soviétique, on peut augmenter le PIB par ordre du gouvernement… mais tout ce qu’on obtient, c’est un gros tas de rien. Nous avons voyagé en Russie à la fin de la période soviétique. A l’époque, les Russes avaient été réduits à une pauvreté inimaginable. Tout ce qu’ils avaient à vendre aux touristes, c’était de l’équipement pillé dans les stocks de l’armée. Nous avons acheté une paire de bottes en cuir pour un dollar. Le meilleur achat de notre vie. Nous les portons encore 20 ans après. Il y a deux semaines, elles nous ont évité de perdre une jambe, lorsque nous avons glissé pendant que nous coupions un arbre à la tronçonneuse. Elle a coupé dans la botte, mais n’a même pas égratigné notre jambe.

Pourquoi cette petite discussion sur les dépenses gouvernementales est-elle importante ? Parce qu’il s’agit du « reste de l’histoire ». Les économistes encouragent les dépenses gouvernementales en tant que substitut aux dépenses privées… et les emplois gouvernementaux en remplacement d’emplois perdus dans le secteur privé. Près de cinq millions d’emplois ont été perdus en 2009 — quasiment tous dans le secteur privé.

Signé Bill Bonner

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Telle est la vérité sur l’ensemble du secteur public quels que soient les pays. Pas d’instrument de mesures pour en mesurer objectivement l’efficacité sinon dans quelques rares pays un moment gouvernés par des « conservateurs », et surtout une pression constante des intéressés eux-mêmes ou des « forces de progrès » de gauche pour en étendre la sphère au détriment de l’intérêt général. L’extension du secteur public se traduit ainsi ,inévitablement, par un accroissement constant et incompressible des prélèvements obligatoires, l’extension du chômage et l’appauvrissement général. Nous avons trop vécu nous-mêmes dans le secteur public pour ne pas savoir combien le système est incapable d’inventer des garde fous efficaces et combien, quelques soient les bonnes volontés, le secteur public  peut gonfler inconsidérément et protéger des structures totalement inutiles. Rien ne peut le contrôler ni le contraindre à se perfectionner (sinon des politiques fort démunis et éphémères face à lui) alors que le simple jeu de la concurrence, joue ce rôle efficacement hors du secteur public…lorsque la concurrence n’est pas entravée et que la liberté du commerce est respectée.

 

 

23 décembre, 2009

Emprunt Juppé Rocard

Classé dans : Economie — pyrrhon @ 22:45

 

Commission Juppé-Rocard

Enfin du travail sérieux en France dans une commission où, pour une fois, on a oublié les invectives habituelles que la gauche affectionne tant, pour tenter de réfléchir sérieusement au problème posé et sur la meilleure façon de le résoudre.

Ce n’est pas la première fois que Michel Rocard préconise de bonnes solutions pour le pays. Vu son âge il faut souhaiter que ce ne soit pas la dernière.

Quant à Alain Juppé son honnêteté et sa rigueur morale ne sont pas discutables, lui, qui par fidélité à Chirac, a pris tous les tords sur lui et a quasi brisé sa carrière dans l’affaire des HLM de la ville de Paris. On ne discutera pas non plus son intelligence. On n’est pas major de l’ENA sans quelque qualités de ce côté là. Mais encore une fois les qualités du cœur, sont plus importantes que celles du cerveau quand il s’agit de prendre les bonnes décisions pour la France et quand on sait que l’on n’a que des coups à prendre.

Donc, mandatés par Sarko, nos deux compères s’entourent des meilleurs experts et cogitent sur comment donner un contenu intelligent à l’idée farfelue du grand emprunt lancée par Guaino. Et ma foi nos deux ex, qui, on le pense depuis longtemps, valaient mieux que leurs maîtres, ne s’en sortent pas si mal.

D’abord ne pas en faire trop. Il faut rester dans les clous de l’acceptable pour les agences de notation et ne pas dégrader la note de la France. Pas question d’augmenter le coût de nos emprunts dans la situation où nous sommes. Ce sera donc 35 milliards, et en vérité 22, le solde correspondant au remboursement de banques. Et pour compenser les 22 on annonce même autant d’économies sur les dépenses de fonctionnement de l’Etat. Un vœu pieux sans doute mais sait on jamais ? Enfin emprunts sur les marchés internationaux. Pas question de donner 1% de plus pour solliciter l’épargne des français. Du coup le « referendum » politique de Guaino est enterré et l’on en revient à un problème strictement économique : comment faire des investissement judicieux…même si l’on peut penser que l’Etat n’est pas très doué pour cela.

Ensuite les secteurs retenus, enseignement supérieur, formation, recherche et développement, industrie et PME, développement durable et numérique dans les campagnes. Ce dernier choix est peut être discutable. Les opérateurs privés ne veulent pas le faire. Pas assez rentable. Par les temps qui courent, l’Etat doit aussi se préoccuper de ce qui n’est pas assez rentable.

Pour les autres secteurs, rien à dire, ce sont eux qui préparent l’avenir. Mais bien entendu c’est ensuite que tout va se jouer, au niveau des conditions d’application détaillées et du calcul réaliste et implacable des ROI, retours sur investissement, de chaque centime investi. Il y aura des déchets mais il ne faudrait pas qu’il y en ait de trop. Ce serait bien que la Commission Juppé Rocard continue à suivre cela de près avec les Price water house ou autres.

Dans cette affaire le trio Woerth, Juppé, Rocard a plutôt bien travaillé. On se prend à rêver que les trois mousquetaires continuent de conseiller utilement D’Artagnan Sarkozy. Il les a écouté une fois. Il pourrait peut être recommencer mais encore faudrait il que, eux aussi, se montrent particulièrement iconoclastes, par exemple, entre autres, sur le coût trop élevé de nos services publics au regard de leurs résultats, le fardeau des charges qui pèsent sur les entreprises, l’indispensable réforme des retraites et l’inévitable création de la TVA sociale, n’en déplaise à Laurent Fabius, pour financer les déficits sociaux. Ils pourraient aussi s’intéresser à la réforme de notre droit du travail pour le purger de ses rigidités excessives et aussi à l’exercice du droit de grève dans le secteur public (Voir le magnifique gâchis actuel sur les RER A et B) mais ne leur en demandons pas trop.

Tout ce qui mine la compétitivité française et bloque son entrée définitive, et l’exploitation de ses innombrables atouts, dans l’ère de la mondialisation et de l’économie numérique, devrait être systématiquement recherché dans des groupes de travail ou, pour une fois, on pourrait peut être faire l’impasse sur les combats politiques (simplistes, mensongers et manipulateurs) pour ne s’intéresser, entre experts reconnus, qu’au seul devenir français…et le tout béni par Juppé Rocard. Ceci nous fait penser que les travaux de la Commission Attali paraissent définitivement enterrés et que comme nombre de rapports d’experts peu contestables, les politiques les ont définitivement fait passer aux oubliettes. Alors ne rêvons pas trop !

 

 

25 juillet, 2009

cassandre 2009

Classé dans : Economie — elis @ 8:09

 

 

Au risque de passer pour de pauvres rabats joie ou de  tristes Cassandres, nous  croyons de moins en moins à une sortie de crise boursière et économique avant longtemps,  tant que le système financier ne sera pas réformé en profondeur et, malheureusement, nous craignons qu’il ne soit pas prêt de l’être, les grands de ce monde ne s’attaquant pas aux vraies causes de la crise, l’Amérique, notamment, rechignant fortement à changer ses détestables habitudes des 30 années passées.

Les causes de la  crise sont maintenant assez clairement identifiées . On pourrait  les rassembler en trois chapitres :

  • Excès de crédit, notamment subprimes, cartes de crédit et emprunts massifs pour rechercher l’effet de levier,
  • Mondialisation et instantanéité des marchés via Internet, qui exagère et amplifie démesurément tout mouvement de panique ou tout excès d’optimisme,
  • Et surtout règles financières autorisant les inventions les plus débridées.

 

Et c’est surtout là que le bât blesse. Au lieu que les vraies valeurs soient appréciées et mesurées à leur valeur réelle, de gigantesques écrans de fumée virtuels s’interposent, les dérivés de crédit, sur les quels ont été plaqués des valeurs sorties de chapeaux de mathématiciens probabilistes et qui elles peuvent valoir 10 ou 100 fois plus que les valeurs réelles des biens éclatés sur lesquelles elles reposent, mais que plus personne ne peut mesurer, tant les « découpages » titrisés ont été nombreux et démultipliés.

 

Et contre ces règles absurdes  de la titrisation rien ne vient…ou si peu ! Trop compliqué pour les politiques et tellement appréciées encore par les banquiers.

 

D’autres pratiques financières initiées par Wall Street mériteraient aussi des révisions spectaculaires. Les ventes à découvert sans apporter le moindre apport, par exemple, ou encore les doutes persistants sur le travail des agences de notation. Ou encore pourquoi autoriser les banques à détenir des valeurs hors bilan ? C’est absurde, tout devrait être clair et transparent, ou du moins présenté comme tel, comme dans les bilans de toutes les autres entreprises. Quant aux valorisations  au prix du marché,  « market to market » , elles aussi posent problème dès lors que la spéculation règne en maître et que les valeurs attribuées par les bourses n’ont rien à voir avec les valeurs réelles. Mais comment adoucir ou remplacer le « market to market » par des valeurs universelles et qui, elles aussi, ne soient pas trop complaisantes ou trop sévères ou parfaitement arbitraires ? Question et toujours questions ? Mais les meilleurs experts comptables mondiaux et les pouvoirs publics ne pourraient ils au moins tenter d’y répondre ? Bien sûr que si ! et notamment dans le cadre du G20 car il est clair qu’il ne faudra pas compter sur Wall Street ni sur les américains pour le faire.

Que dire aussi des Goldmann Sachs et consorts sauvés par des fonds publics , qui se « remplument » très vite par leurs activités de marchés – entendre traders et spéculations effrénées mais habiles, et surtout pas soutien à l’économie réelle –  et qui pour conclure prévoient de verser 11 milliards de bonus à leurs petits génies qui s’engouffrent dans toutes les failles du système  tout comme avant la crise. C’est la démonstration évidente que les responsables politiques devraient bouger plus qu’ils ne le font. Mais si personne ne le fait et si les réformes nécessaires semblent écartées,  c’est sans doute que chez les décideurs beaucoup pensent encore qu’ils vaut mieux s’en remettre à l’Amérique qui a toujours su  s’imposer en matière financière.

 

Et que penser, enfin,des taux de change qui n’obéissent plus à aucune logique, même s’ils demeurent encore, in fine, commandés par les balances des mouvements de capitaux, en ce moment le « fly to quality » vers les bons du trésor US. Mais que valent ces mouvements quand on ne tient plus compte des balances commerciales et encore moins des politiques monétaires aventureuses de tous les gouvernements du monde. Les seuls critères de la vraie valeur des monnaies devraient être : balances commerciales et comptes publics équilibrés, endettements maîtrisés, et pouvoirs d’achat internes comparatifs. Les valeurs télécommandées et purement politiques, ou dérivant des mouvements spéculatifs mondiaux, des grandes monnaies du monde, dollar , yen ou yuan et même euro, ne sont certainement pas satisfaisantes pour assurer le futur développement économique de la planète. La recherche éperdue de l’expansion par l’export en dévalorisant les monnaies (modèle asiatique) non plus qu’un dollar manifestement surévalué, à l’aune de l’endettement des Etats-Unis, des déficits de leurs échanges commerciaux et de leur « créativité monétaire non conventionnelle », ne sont pas des éléments valables pour déterminer des taux de change stables , sérieux et pouvant constituer un socle solide pour l’expansion économique mondiale. Les chinois, les Bric et plus timidement,l’Europe, ont raison de le dire. Ils devraient faire front commun pour en remontrer aux américains, lesquels, malgré leur dynamisme passé et leur encore prédominance actuelle, se sont vraiment trop déconsidérés sous l’influence néfaste de Greenspan , de Bernanke et de leurs banquiers .

 Exit le dollar comme seul étalon monétaire et vive la future monnaie de référence mondiale à inventer.

4 mars, 2009

La SEC a t elle précipité la crise ?

Classé dans : Economie — elis @ 11:54

 

Les régulateurs européens devraient lire cet article d’un financier US

Good Intentions, Unintended Consequences

By Frank Holmes
 

Not long ago, financial regulators told Congress that the year-old accounting rule known as FAS 157 had little to do with last year’s string of high-profile bank failures. This blanket exoneration, however, is not supported by the evidence.

While I don’t think FAS 157 is the only reason for the problems encountered by banks, brokerages and other financial firms, it seems that this rule and other regulatory actions may have played an unintended yet significant role by exaggerating the risks associated with the banks’ heavily leveraged balance sheets.

It’s important that these potential cause-and-effect relationships be explored because the Obama administration and Congress have made it clear that enacting more market regulations will be one of their top priorities. But this is a delicate time in our financial markets-the layering of complex new rules over complex old rules without fully understanding how they will fit together could cause more harm than good.

FAS 157 changed how companies establish the value of securities when there is little or no active trading in those securities. As a result of this rule change, many financial companies have written off untold billions of dollars worth of securities on their balance sheets, even if these securities continued to produce income.

 

Some charts tracks the relationship between quarterly operating EPS for the S&P 500 and the net EPS, which includes writedowns and other special one-time items. As it is seen, for most of the past 20 years, the two lines have moved together. But look at the last months -the operating profits were down, but net earnings were down far greater.

I believe a strong case could be made that the sharp falloff in net earnings is largely due to FAS 157-related writedowns by financial companies, which were the largest sector of the S&P 500.

We all want the financial sector to be healthy again, but as Forbes accurately pointed out this week, FAS 157 takes away the time these institutions need to heal. A lack of healing time in the 1930s, when rules similar to FAS 157 were in place, deepened and prolonged the Great Depression.

Concerning the current financial meltdown, Wall Street, Main Street and government agencies were all excessively leveraged, and a rule change for short-selling that eliminated the uptick rule set off a feeding frenzy by predatory short sellers. Banks and brokerages sought to raise capital to rebuild their balance sheets, but short-selling mercilessly drove down the value of their shares and impaired their ability to raise enough new money.

Lacking capital, the banks had to cut back on new loans, which hurt manufacturers and others that need access to short-term working capital to run their businesses. Products didn’t get made, workers didn’t get paid and before long the economy ground to a halt.

The banks also made margin calls against existing loans, including those to highly leveraged hedge funds. To get their hands on cash, the hedge funds sold liquid assets, among them natural resources and emerging markets equities that had been performing so well.

 

Others charts plots the performance of the S&P 500 Financial Index alongside the VIX (10), which measures market volatility, for 2007 and 2008. The general trends are clear to see: the financials declined more than 60 percent over the period, while market volatility dramatically increased.

Key events during the two years are :

Event 1-In July 2007, the SEC removed the uptick rule that required any short sale of a stock be done following an uptick in the price of that stock. The S&P financials essentially traded sideways prior to the removal of the uptick requirement, but they fell more than 12 percent in the first month after the rule change and at the same time the VIX nearly doubled.

Event 2-Volatility leaped in mid-November 2007, at the same time that FAS 157 was implemented. The S&P financials continued trending down. Citigroup CEO Charles Prince retired under pressure and Merrill Lynch CEO Stanley O’Neal was ousted around this time.

Event 3-In mid-March 2008, Bear Stearns collapsed under the weight of its exposure to mortgage-related derivatives, creating another volatility spike.

Event 4-In mid-July, the SEC restricted short sales of the 19 largest financial companies. This included shares of Fannie Mae and Freddie Mac, both of which had huge exposure to mortgage securities. The beleaguered S&P financials bounced up on the news, while volatility declined.

Event 5-In mid-September, just a few days after the collapse of Lehman Brothers, the SEC temporarily banned short selling of about 1,000 financial stocks. Many of these companies had reported many billions of dollars in FAS 157-related write-offs. Initially, the S&P financials popped up but the longer-term downward trend quickly resumed. Volatility shot up to record levels.

That these market events occurred in tandem with significant regulatory actions was likely not a coincidence.

I have no doubt that the elimination of the uptick rule and the implementation of FAS 157 were intended to benefit investors, just as Sarbanes-Oxley was when it was enacted several years ago. And under different circumstances, the impact of these rules may have been less onerous on the financial companies. But with so much balance-sheet leverage for these companies, it turned out to be a recipe for disaster.

It reminds me of 1986, when markets were hammered by the combination of the Reagan administration’s tax reforms, a rapid falloff in oil prices and the high degree of leverage being carried by savings-and-loans. Any one of these challenges would not have been a big problem-putting them all together led to the failure of hundreds of financial institutions and destabilization of the nation’s banking system.

Like in 1986, the fundamental problem in 2008 was dangerous levels of debt carried by Wall Street banks and brokerages (along with Fannie Mae and Freddie Mac) and Main Street homeowners.

There may have been a way to address the current overleveraging in an orderly fashion if the rules were different, but as the chart above supports, a case could be made that the convergence of FAS 157, highly leveraged balance sheets and the loss of the uptick rule were the trigger that set off the financial meltdown.


 

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