14 novembre, 2011

un plan de rigueur pour rien

Classé dans : Economie,Europe — elis @ 18:10

5/ 11/ 2011

L’UMP n’a rien appris et risque de se faire blackbouler à la prochaine présidentielle.
Son nouveau plan de rigueur ressemble comme un frère au précédent , des
mesurettes dans tous les sens et surtout un accroissement de la fiscalité dont
la gauche ne retiendra que des mesures antisociales et un accroissement des injustices,
ce qui est largement faux, bien évidemment, mais au moins, elle , elle sait
bourrer le crâne de ses millions d’admirateurs bourgeois, inconditionnels de
ses grandes orgues et de ses oeuvres. Côté UMP  en tout cas toujours des mesurettes de circonstance,  encore une fois insuffisantes , dépourvues de
toute stratégie claire et d’un positionnement politique sans ambiguité. Or une
fois de plus il n’y  a rien que du petit bricolage de Bercy auquel on obéit aveuglément.
Il fallait 40 milliards d’économies, on en est à 18 !
Il n’était pas question d’augmenter les impôts et on en est à 80% d’impôts nouveaux sur
les I8 milliards des 2 plans de « rigueur »
Il fallait dégraisser les mamouths du public et on ne le fait pas !
Il fallait soulager les entreprises du fardeau insensé des prélèvements obligatoires les
plus lourds du monde occidental et on ne le fait pas !
Il fallait montrer l’exemple en abaissant tous les hauts salaires du gouvernement et de la
fonction publique et on ne le fait pas !
Incohérence, dissimulation  et pusillanimité sur toute
la ligne voilà ce que fait ce gouvernement dit de droite.
La gauche quant à elle n’a pas de scrupules. Elle dénonce les atteintes insupportables au
secteur public,  les cadeaux aux plusriches et l’endettement massif du à Sarkozy. Partiellement faux, démagogique et plus que facile. Mais la gauche ,elle, au moins , sait que « plus c’est
gros et plus ça passe ».
Quant à l’effet du nouveau rectificatif budgétaire de Fillon et de la droite ?
Totalement nul ! puisque à peine annoncé les marchés commencent à
torpiller la France. Le « spread » avec l’Allemagne se tend tous les
jours et la perte du AAA est perçue comme imminente par tous les observateurs,
notamment parce que les hypothèses de croissance retenues par le gouvernement
sont visiblement à côté de la plaque.
Non décidément les gens qui nous gouvernent ne savent pas et ne veulent pas dire
tout simplement la vérité. Ils ont tellement pris l’habitude de nous faire
prendre des vessies pour des lanternes et ils ont tellement la trouille de ne
pas se faire réélire qu’ils ne savent plus dire tout simplement la vérité, à
savoir que la France continue de vivre largement au dessus de ses moyens. Bon
courage aussi à la gauche, si elle veut gouverner en continuant de protéger et
de donner plus de moyens à nos merveilleux services publics tellement efficaces
et tellement peu coûteux, les taux augmenteront inéluctablement. Le réveil des
lendemains qui chantent, quand Hollande aura pris le pouvoir, risque en 2012
d’être douloureux.

14/11/2011                                   EXIT BERLUSCONI ! AVE MONTI !

Les marchés respirent. Grèce et Italie sont épargnées pour un temps. Deux gouvernements de
coalition en place et des techniciens pro européens aux manettes.
Pour la Grèce c’est maintenant clair. Elle ne remboursera jamais mais toutes ses dettes ont
été quasiment provisionnées, en France , en Allemagne et partout ailleurs.
C’était supportable et les banquiers ne vont pas en mourir.
Pour l’Italie, victime d’un fonds spéculatif américain et d’attaques efficaces
contre Berlusconi qu’on voulait voir partir, c’est aussi fait ! Monti aux
commandes et coalition en place. L’Italie, fragile comme toute l’Europe du sud,
mais objectivement pas tant que cela, va se faire oublier quelque temps des
marchés et nul doute que ses « spreads » vont baisser. Car l’Italie
n’est pas aussi malade que cela. Une dette stable qui n’a pas bougé depuis 10
ans ; la deuxième économie industrielle du continent derrière l’Allemagne ;
une balance commerciale quasi équilibrée et un déficit budgétaire primaire à 3%
du PIB donc aux normes. On ne voit pas pourquoi l’Italie serait plus malade que
la France. En fait, elle l’est moins et c’est bien la France qui inévitablement
va devenir la prochaine cible même si beaucoup vont faire le maximum pour
contrer les attaques des marchés.
La France a un déficit primaire de 4%. Sa croissance en 2012 ne sera pas de 2% mais de zéro
%. Sa dette passera à 100% en 2013. Au cours des 10 dernieres années, sa dette
a explosé et cela va continuer. Enfin, et surtout, on voit mal comment la
France pourrait constituer un gouvernement de coalition pour se décider enfin à
des mesures, notamment structurelles, sérieuses. Pas besoin d’être grand clerc  pour deviner que sous peu les attaques vont repartir et que nos chers députés UMP nous voterons bientôt un
nouveau plan de rigueur brocardé et vilipendé par l’opposition.

24 novembre, 2010

crise irlandaise, l’Euro menacé.

Classé dans : Europe — elis @ 11:04

 L’explication sur l’Irlande est simple. Un gigantesque boom immobilier. Des prêts presque gratuits à tout le monde sans compter (300 millions d’€ et un boom immobilier qui va avec) ; les banques irlandaises qui ont besoin de restructurer leurs bilans, empruntent à tour de bras en Europe :150 milliards d’€ par exemple aux banques allemandes et 80 peut être aux banques françaises. Si elles font faillites ce sont les banques de la zone euro qui trinquent. Risque systémique de nouveau. Alors l’Europe va de nouveau emprunter pour leur venir en aide. La dette de l’Europe va s’accroitre de nouveau, même si ces nouveaux emprunts, garantis par les Etats solides, se feront à des taux plus avantageux que ce que pourrait se procurer l’Irlande.

Par ailleurs, on veut bien prêter mais c’est à condition que l’Irlande fasse ce que lui demande la sociale démocratie européenne. Taxer vos entreprises à 30% comme nous. Ainsi vous ne nous concurrencerez plus. Nous on est de bons socialistes. Ce sont les entreprises qui doivent payer. Faîtes comme nous. Evidemment c’est absurde car qui crée la richesse majoritairement ? Les entreprises et non les services publics ou les administrations. Ce n’est pas ce qui se dit mais c’est pourtant la réalité. Les entreprises doivent être rentables ou mourir….quand l’Etat ne leur vient pas en aide. Les services publics et les administrations n’ont pas besoin de l’être et de toutes façons on ne mesure pas ce qu’elles coûtent ni ce qu’elles rapportent. Immatériel mais pas marchand. La seule réalité c’est que ce sont les contribuables et les entreprises qui doivent les financer. Indéfiniment car elles sont gourmandes et plus elles dépensent en fonctionnement et plus le chômage recule pense t on ! Avec un inconvénient : 1 emploi créé dans l’administration, c’est  1,4 emploi de moins dans le privé !

Mais revenons à nos moutons irlandais. Naturellement on demande aussi aux irlandais de faire de grosses économies. Plan d’austérité oblige mais cela ne suffira pas. D’un côté 90 milliards à trouver pour les banques de l’autre 10 milliards d’économies plus 5 milliards de taxes sur 4 ans pour ramener le déficit budgétaire à 3%. C’est bien. Mais cela ne suffira pas car ce n’est pas là qu’est le problème. Le problème, une fois de plus, ce sont les banques. La seule solution évidente c’est la sortie de l’Euro et la restructuration de la dette. Alors l’Irlande, comme la Grèce, pourraient dévaluer lourdement et tout rentrerait dans l’ordre dans ces deux pays. Bien sûr les créanciers irlandais y perdront eux aussi lourdement mais c’est la sanction normale de leur imprévoyance et de leur impéritie. Il faut des règles et les mauvais gestionnaires, ici les banques européennes et les gérants de fonds qui ont prêté à l’Irlande,  doivent être sanctionnés.

Risque systémique bien sûr et risque d’éclatement de l’Euro aussi. Mais n’était ce pas dans ses gènes dès l’origine ? Et n’est ce pas la seule solution logique aujourd’hui ? Tous les Etats bancals, Grèce, Irlande, Portugal, Espagne, et demain sans doute France et Italie, doivent pouvoir dévaluer pour rétablir la vérité de leur situation économique par rapport à l’euro (mais disons plutôt par rapport au Deutchmark) et commencer sérieusement à résoudre leurs problèmes. Une Europe non gouvernée qui continue à s’endetter pour venir au secours des canards boiteux n’est pas viable. A terme c’est l’éclatement s’il n’y a pas un pouvoir politique européen au dessus de cette monnaie incertaine. Et sans ce vrai pouvoir politique européen, il n’y aura jamais d’Europe ni d’Euro. Et, manifestement, les gouvernements européens, et encore moins leurs peuples, ne sont prêts pour cette phase ultime.

20 juin, 2010

Le monde, l’Europe, la France en juin 2010

Classé dans : Europe,International,politique France — elis @ 21:50

 

 

« Football et économie mondiale en attente de vrais changements »

 

Le monde

En ce mois de juin, un peu de saturation autour du football mais aussi, pour commencer, quelques réflexions sur ce sport. Formidable instrument de rapprochement et de vivre ensemble de toutes les nations du monde, il illustre aussi la vague déferlante de la mondialisation. Tous ces joueurs « nationaux » sont, de fait, presque tous pour les meilleurs, des mercenaires apatrides, tous salariés d’énormes multinationales du football. La planète football est un parfait univers mondialisé. Avec ses qualités- concurrence, compétition, jeunesse, courage- mais aussi ses formidables défauts, en particulier, pourrie par l’argent, le refus d’utiliser la vidéo pour relayer ou valider parfois les décisions de l’arbitre. Des millions de téléspectateurs peuvent voir ce qui s’est passé mais seul l’arbitre qui n’a rien vu, ou qui a mal vu ou qui est partial ou qui a été acheté, décide. C’est de la derniers absurdité et une fantastique dérive de ce à quoi conduit la religion de l’argent roi et du souci de manipulation que veulent encore se garder les autorités du football, Platini en tête. Il y aurait pourtant une règle simple à instaurer et espérons qu’on y viendra : les trois arbitres sur le terrain, sur des pénaltys ou des cartons rouges, ont le droit de se réserver de faire appel à la vidéo, si l’un d’eux à un doute. Difficile de « circonvenir » trois arbitres en même temps, mais aussi concurrence plus solidarité entre eux dans l’épreuve !

Et pendant cet intermède footballistique, le monde , déboussolé depuis 2007 par les subprimes, continue de « galérer » en se demandant bien ce qu’il doit faire, sans qu’aucune mesure un tant soit peu « révolutionnaire » ou sérieusement réformatrice n’ait été prise depuis 3 ans. Les traders « tradent ». Les banques se refont une santé en spéculant. Les américains croient toujours en leur roi dollar malgré les défaillances manifestes de leur économie , et l’Europe ne sait comment sortir l’Euro de la crise. Quant aux chinois ils campent sur leur contrôle impérial de leur taux de change et ne veulent pas entendre parle de marchés leur dictant le vrai cours réaliste du yuan. On peut donc dire que dans cette grande planète terre économique mondialisée, le statut quo, est, pour le moment, le maitre mot qui s’impose. Sauf que les cours de l’or, hauts mais pas encore « stratosphériques », montrent bien qu’au niveau, non pas des décideurs, mais des investisseurs et des épargnants ordinaires, leur bon sens inévitable commence à leur dicter une politique de prudence. Le grand désordre des taux de change mondiaux ne pourra pas durer éternellement. Les manipulations des cours et les politiques keynesiennes et démiurgiennes des grandes nations occidentales ne pourront pas durer éternellement non plus. Tout comme les forces de la nature, les forces de l’économie n’obéissent pas encore à la volonté des hommes.

 

L’Europe

Et après le monde, l’Europe, et son Euro qui bat de l’aile.

 Il est curieux de constater que le FESF, la trouvaille en catastrophe de nos politiques pour enrayer les attaques des marchés, n’est qu’une baudruche instable sans grande consistance. Comment régler le problème de l’Euro en empruntant de nouveau au niveau du FESF mais avec l’apport de pays européens , 110 milliards pour la France, qui sont déjà exagérément surendettés. A priori cela parait absurde et ne devrait avoir aucune chance de contenter les marchés. Plus sérieux apparaît la politique de rachat par la BCE des dettes souveraines qui arrivent à échéance et que les Etats du club med ne pourront rembourser autrement qu’en empruntant de nouveau mais à des taux records, probablement du 8% ou plus pour les Etats concernés, ce qui les ruinera encore un peu plus. La politique de rachat de la BCE repousse donc le problème. Mais il ne le résout pas. Pour racheter ces emprunts la BCE sort apparemment l’argent de nulle part. En fait elle fait sûrement tourner la planche à billet au niveau de l’Euro comme elle le faisait déjà avec les facilités de crédit sur la masse monétaire. C’est, tout comme aux Etats-Unis, la création de monnaie, à partir de rien, qu’on utilise. Beaucoup d’économistes socialo keynésiens trouvent que c’est très bien . Ne faut-il pas éviter la déflation et relancer la croissance par la consommation. Mais le bon sens le plus élémentaire ne dit pas cela. Il dit, lui, que pour dépenser il faut d’abord en avoir les moyens. D’abord, avoir des recettes, les Etats européens n’en n’ont plus assez, et ensuite dépenser, mais pas nécessairement n’importe comment mais plutôt de façon intelligente en investissant pour la consommation, certes, mais aussi pour l’avenir en créant de la richesse pour le futur qui servira aussi le progrès , les gains de productivité et l’amélioration du niveau de vie. Les libéraux soutiennent que seuls les entrepreneurs privés, guidés par le souci de leur intérêt particulier et de la réussite de leurs entreprises individuelles savent vraiment faire cela. Les Etats ne le peuvent car leurs dirigeants ne jouent pas avec leur argent mais avec des idées abstraites et des projets qu’ils ne peuvent ni maitriser, ni commander, le monde réel étant trop vaste et trop complexe. Sans compter que leurs motivations électoralistes ne rencontrent pas toujours l’intérêt général. Quant un entrepreneur privé échoue et fait faillite ce n’est pas grave. Quand ce sont les Etats c’est plus sérieux.

 

La France

Partis de la planète et passés ensuite à l’Europe, abordons maintenant aux rivages hexagonaux et à l’événement phare du mois, la réforme de nos régimes de retraite.

Que celle-ci soit indispensable, nul n’en disconvient plus. Le PS pensait toutefois qu’on pouvait tout de même attendre encore un peu et qu’il fallait d’abord relancer la croissance …en distribuant plus de pouvoir d’achat bien sûr ..mais sans augmenter l’endettement. Il aurait suffit de ponctionner les riches. Le problème c’est de savoir quels riches ? et pas besoin d’être au niveau de math sup pour penser que pour commencer à résoudre nos problèmes et trouver les riches en question, il faudrait sans doute aller les chercher au niveau des revenus individuels  de 2000 euros par mois et pas se contenter des super riches depuis longtemps éxilés à l’étranger. Autant dire que beaucoup, beaucoup de gens seraient concernés.

Alors notre gouvernement, plus sagement, à pensé, lui, qu’il était grand temps de s’y mettre et on ne peut que l’en féliciter.

Ce qui a été décidé est plus difficile à apprécier. 62 ans réalisé en quatre ans c’est sans doute bien, Les fonctionnaires passant progressivement à 10,55% de prélèvements individuels  comme le privé, cela parait aussi, ô combien, justifié mais une question demeure. Alors que les fonctionnaires d’Etat, les agents des collectivités locales et ceux des grands régimes spéciaux , représentent au moins 40% des salariés français, faut il que les « contribuables » continuent largement à financer leurs retraites au motif essentiel qu’il ne fallait pas toucher à la règle de la retraite calculée sur les 6 derniers mois contre la moyenne des 25 meilleures années dans le privé . Tout le monde sait que les carrières des fonctionnaires, au contraire de celles du privé, s’améliorent régulièrement avec le temps et qu’elles atteignent leur maximum en fin de carrière. Couplée à la pratique du « coup de château », leurs départs en retraite s’effectue donc le plus souvent à des niveaux très favorables et sans doute excessifs au regard de leurs capacités contributives. En va-t-il de même dans le privé ? Bien peu probable et ce n’est pas l’Insee ni les travaux du CORE qui nous donneront un avis non biaisé. Pas assez indépendants. L’impression générale demeure donc plutôt celle d’une réforme en demi teinte d’autant plus que le refus d’ouvrir le dossier des retraites par capitalisation est non seulement absurde, la plupart de nos voisins l’ont fait, mais relève aussi d’un manque de courage notoire ou d’une volonté de bien respecter les acquits sanctuarisés des grandes avancées socialo communistes de 1945, même quand on est théoriquement un parti de droite.

Et pour finir un mot tout de même sur le football français et son psychodrame après la défaite; Un entraîneur pas brillant et qui semble vouloir faire plaisir à tout le monde et notamment aux joueurs pour préserver l’esprit d’équipe. Des joueurs pas d’accord avec les choix de l’entraineur. Des gens qui « caftent » au journal l’Equipe ce qui s’entend dans les vestiaires ce qui révolte les joueurs. Le journal l’Equipe qui se fait un gros tirage en colportant les ragots et un minidrame national qui va occuper les conversations des français pendant une bonne dizaine de jours. Pas bien grave, mais en même temps une certaine indignation compréhensive pour ceux qui pensent que lorsque l’on représente la France, que l’on est des super professionnels hyperpayés, on doit afficher plus de discipline. Mais les premiers coupables sont sans doute les dirigeants de la Fédération du foot qui auraient du comprendre que lorsque  on gagne en trichant, avec la main de Thierry Henry, on doit avoir la classe et l’élégance, en dépit de toutes les pertes financières possibles, de proposer à son adversaire de rejouer le match. Elegance, fair play mais aussi belle image donnée aux gosses et au peuple du football d’une France qui comme à Fontenoy aurait pu dire non pas  : « messieurs les anglais , tirez les premiers » mais messieurs les Irlandais rejoins ce match fair play et que le meilleur gagne. Cela aurait tout de même eu du panache et de la grandeur et n’aurait pas entrainée cette malheureuse équipe de France sur un terrain miné aux yeux du monde entier.

 

 

 

3 mai, 2010

Crise de l’Euro

Classé dans : Economie,Europe — pyrrhon @ 13:49

 

Ou la revanche de l’économie

 

Au risque d’apparaître comme désespérément pessimistes nous avouons avoir les plus grands doutes  sur la pérennité de l’Euro.

Pas de gouvernement central. Pas de politique économique commune et une monnaie minée, comme les USA d’ailleurs, par des déficits publics impressionnants et des emprunts qui ne pourront jamais être remboursés.

Pour le moment c’est la fuite en avant ou la simple application du principe de la boule de neige qu’on laisse rouler dans la pente. On emprunte toujours un peu plus pour boucher les trous..et la boule de neige de la dette, et des frais qui lui sont associés, grossit toujours un peu plus. Et un jour viendra ou les taux, si faibles aujourd’hui, vont remonter et le problème ne pourra que s’aggraver.

La cause de la faiblesse actuelle des taux semble bien être l’afflux de liquidités qui s’accumulent autour des titres souverains, d’Etat, supposés plus sûrs que les actions ou les obligations d’entreprise, qu’il s’agisse des monnaie allemande ou américaine, encore considérées comme des refuges pour des temps troublés, mais aussi monnaies des grands émergents qui commencent à s’imposer. Le problème c’est qu’il y a 2 à 3 fois plus de liquidités que de bien réels et qu’inévitablement cela se traduira un jour par un retour de l’inflation. Cela a déjà repris sur les actions et les valeurs mobilières en général. Il n’y a jamais eu d’exception à cette règle. Les banquiers centraux ont beau avoir des outils d’intervention sans limite, ils n’échapperont pas à ce retour des règles naturelles et au retour de l’inflation engendrée par l’excès de monnaie sur les biens disponibles. Et ce d’autant moins qu’ils savent aussi, naturellement, que le seul moyen de résorber les gigantesques déficits publics réside aussi dans le retour de l’inflation. Et un jour ils finiront bien par ouvrir la bonde. Ce sont les Etats-Unis qui commenceront, notamment sous la pression de l’inflation des produits importés des grands émergents et des producteurs de matières premières. Puis l’Europe suivra.

La situation des zones défaillantes est parfaitement claire. Un grand nombre d’Etats américains, l’Etat fédéral lui même et l’Europe du « club med », France et Angleterre en plus. Jamais aucun de ces Etats ne pourra rembourser ses 10 à 20% de PIB de dettes en augmentant ses impôts ou en réduisant drastiquement ses dépenses publiques. D’autant plus impossible à faire que lorsque les taux longs ne seront plus à 4% mais à 6% ou 8%, les dettes vont exploser et se retrouver très vite avec des charges d’emprunts qui absorberont une grande partie des rentrées fiscales. Il faut donc qu’avec l’inflation, les rentrées fiscales augmentent alors que les charges d’emprunts restent stables. Exactement ce qui s’est passé en France dans les années 70/90 pour les emprunteurs immobiliers frais fixes. Bien sûr avec l’inflation, les préteurs et les consommateurs sont perdants car il faut un moment pour que leurs revenus s’ajustent. Commence alors un jeu de dupes ou les mieux armés pour la négociation s’en sortent, en France, les salariés du secteur public naturellement.

Aujourd’hui, on nous dit que lorsque la croissance reviendra, ce qui ne saurait tarder suggèrent experts et gouvernements, puisque il y a déjà des frémissements, tout ira pour le mieux et l’afflux des rentrées fiscales permettra de rembourser les dettes. Nous ne croyons pas du tout à ce scénario, notamment en France, plombée par ses prélèvements obligatoires, ses trop généreux régimes sociaux, le vieillissement de sa population et l’absence de culture entrepreneuriale dans la plus grande partie de la population trop largement fonctionnarisée. Une croissance poussive, de 1% à 1,5% par an, semble ce qu’on peut espérer de mieux dans les 4 ou 5 prochaines années. La dette va donc demeurer et nous aurons un mal fou à la rembourser.

Quant à la Grèce, il est clair que la bonne solution était la sortie de l’Euro et le rétablissement du Drachme. On lit, ici ou là, que ceux qui avancent cette idée sont de parfaits irresponsables….sans doute à cause de son effet d’entraînement et des craintes légitimes pour les suivants, France comprise. Et pourtant, avec une bonne dévaluation de 20 à 30% pour commencer, les grecs allaient booster leurs exportations, et donc leur croissance, et aussi faire des économies sans qu’ils s’en aperçoivent vraiment et sans qu’on leur demande leur avis. Imaginer ou laisser entendre que de telles diminutions de dépenses publiques, de l’ordre de 30 milliards en trois ans, apprend t on aujourd’hui, relève certainement du domaine de l’impossible. Les 4,8 milliards d’économie annoncés pour 2010 ne seraient qu’un maigre prologue. Mais déjà que la pilule est amère !

Par ailleurs, on apprend, que l’Europe va prêter 80 milliards d’€ à la Grèce et le FMI 30 milliards sur 3 ans (ses besoins sont chiffré à 180 milliards) pour lui permettre de faire face à ses prochaines échéances. Et si dans le même temps, le gouvernement grec espère faire 30 milliards d’économies, sur la même période, avec son nouveau plan d’austérité. 5 à 6 milliards d’économies aujourd’hui et 25 milliards dans les deux ans qui suivent on voit bien que les ordres de grandeur  ne sont pas du même ordre. Sommes nous vraiment dans le domaine du crédible et du possible ? On peut en douter.

Bien sûr, la sortie de la Grèce faisait clairement peser un risque d’éclatement de la zone Euro. Après la Grèce allait venir l’heure, du Portugal, de l’Espagne et des menaces sur la France. Evidemment les politiques ne pouvaient s’engager dans cette voie catastrophique pour les plus menacés. Seule l’Allemagne vertueuse avait osé en parler.

Mais ce qui vient  d’être décidé maintenant, ne va pas être mieux. On s’est refusé à la sortie de la Grèce de la zone Euro et à la dévaluation sévère qui aurait pu la sauver. On s’est aussi refusé à effacer une partie de la dette grecque, comme on le fait avec les états africains ou comme on l’a fait avec l’Argentine. N’oublions pas que les banques françaises, dans leurs comptes, ont déjà au moins 55 milliards d’emprunts grecs qu’il aurait immédiatement fallu déprécier. Bonjour les dégâts. On a donc décidé d’imposer à la Grèce de nouveaux pans d’économies qui ne résoudront probablement pas grand-chose et, surtout, on va lui apporter 110 milliards d’€, à 5% a-t-on dit ( ?) ce qui n’est pas rien, (il fallait bien satisfaire l’opinion publique allemande), pour qu’elle puisse faire face à ses prochaines échéances sur  3 ans. Tout ceci ne résoudra rien. On recule simplement les échéances tout en dégradant un peu plus la crédibilité de l’euro puisque l’on continue à accroitre la dette et que l’on peut déjà penser qu’il faudra encore changer d’échelle lorsque viendra le temps de l’aide aux prochains états européens menacés. Toujours la boule de neige de la dette publique qui grossit jusqu’au moment ou elle s’approchera de l’abime…et les taux qui augmenteront inexorablement, plus seulement pour les grecs mais aussi pour les autres.

Enfin ne nous trompons pas dans les fariboles que gouvernements et médias racontent au bon peuple. Ce ne sont pas les marchés et les méchants spéculateurs qui sont les incendiaires. Les incendiaires ce sont les gouvernements qui continuent de jeter de l’huile sur le feu en gonflant démesurément les dettes et les emprunts publics alors qu’ils savent pertinemment qu’ils ne pourront jamais être remboursés par des économies budgétaires réelles ou par des impôts en hausse. Les incendiaires ce sont plutôt eux et les juges de paix, ceux qui leur remettent les pieds sur terre et leur rappellent tous les jours les incontournables réalités de l’économie, ce sont les marchés et les soit disant spéculateurs : les gérants de sicav, des grands fonds de pensions , des assurances vie, des milliers de funds US ou de hedge funds. Ils savent très bien, eux, où sont les risques principalement, (accessoirement la Bundesbank et Angela Merkel le savent aussi et ont même  osé le dire à un moment). Les risques sont dans les gigantesques dettes publiques et dans les zones qui interdisent les dévaluations. En demandant une meilleure rémunération pour les risques encourus, cas des emprunts grecs, et demain des autres, les gérants professionnels ne font que leur travail. Il faudrait les en louer. Les lois de l’économie sont fort simples et un jour ou l’autre il faut payer pour ses folies- trop de dettes- ou ses dérives politiciennes, beaucoup trop de dépenses que de recettes pour les finances publiques. Et nous sommes en plein dedans quand il s’agit de l’Europe du sud ou des Etats Unis et cela ne pourra pas durer éternellement en dépit des « génies de la finance » et des banquiers centraux.

ll y a pourtant un aspect positif à cette crise : les gouvernements, socialistes compris, vont enfin être obligés de parler vrai. Extraordinaire à cet égard l’exhortation de Papandréou, socialiste, à son peuple, ce dimanche 2 mai 2010. « Nous venons de bénéficier d’une aide exceptionnelle sans précédent dans l’histoire. Il va falloir consentir de très grands sacrifices pour éviter la faillite du pays : augmentation des impôts indirects, suppression des avantages salariaux dans le secteur public, gel des retraites dans le public et le privé, diminution de la taille du secteur public en général, qui s’est accru de façon inconsidérée au cours des années précédente ».

On l’aura compris, la Grèce va tenter de s’engager dans une cure « libérale » que ne saurait désavouer aucun de ses autres partenaires européens, en particulier ceux des pays du Club Med. Ce qui vaut pour la Grèce vaut tout autant pour eux.

On semble enfin comprendre que les dépenses publiques et le secteur public sont par trop surdimensionnés et qu’il faut les réduire drastiquement si l’on veut retrouver un jour le chemin de la croissance et celui des grands équilibres budgétaires respectés.

Vive Papandréou, et Socrates (Portugal) et Zapatero (Espagne), tous socialistes, et qui ont déjà commencer à le dire. On attend plus que Sarko pour en faire autant…mais ne rêvons pas trop. Sur ce terrain, la droite française, qui n’a pas grand chose de « libérale » semble presque endosser parfois les postures de Martine Aubry : « plus socialiste que moi , tu meurs » ! Renforcer les grands projets d’Etat, sauver les industries nationales , sauvegarder toutes les protections sociales et assurer que nos stabilisateurs sociaux ne seront pas remis en cause, tel est le credo !
Dernier sujet de réflexion d’importance. Avec cette crise, les gouvernements européens sauront ils dépasser leurs intérêts électoraux immédiats pour se doter de véritables règles de gouvernance économique communes et commenceront ils une harmonisation de leurs régimes sociaux et fiscaux ? On en parle et on commence à l’évoquer tant il est clair que l’Europe ne peut pas continuer comme cela. Alors attendons. Mais, là encore, ne nous montrons pas d’un optimistes excessif. Angela Merkel qui vient de décider d’accorder 30 Milliards d’€ à la Grèce , contre son opinion publique, va sûrement le payer très cher lors des élections en Basse Saxe. Pareil pour Sarkozy, s’il se décidait à heurter l’opinion socialiste dominante des français et de leurs médias préférés. Dire qu’il faudrait renforcer l’Europe en acceptant que la France abandonne une partie de ses régimes sociaux trop protecteurs ne manquerait pas de susciter une nouvelle vague rose déferlant sur le parlement et amenant triomphalement, dès 2012, la gauche française la plus archaïque au pouvoir.

 

11 mai 2010 – Suite

 

Avec leur nouveau plan de sauvetage de l’Euro de 750 milliards d’€ (???), les Etats auraient, parait il, marquer un grand coup contre les mauvais spéculateurs. Ils ont surtout garantis, aux frais des contribuables, et en ouvrant la boîte de Pandorre de la planche à billets pour la BCE, les innombrables créances pourries souveraines, Grèce ou autres, que les banques et compagnies d’assurances détenaient dans leurs portefeuilles. D’où la remontée spectaculaire du secteur sur le marchés boursiers hier 10 mai. Une fois de plus, les banques sont renflouées mais, pour combien de temps? En tout cas,  Obama est content, l’Europe a fait comme lui, la dette va encore grossir et l’Euro cesser de se déprécier contre le dollar ce qui ne pourra que relancer les exportations US vers l’europe et donc assuer peut être un 3% de croissance à l’économie américaine contre 1% à l’Europe. Il a aussi gagné un peu de temps en évitant que la crise des dettes souveraines ne gagne les Etats-Unis trop vite. A.Merkel a fini par se rallier à cette solution franco américaine et à cette politique sociale démocrate et keynesienne classique. Elle aurait mieux faire de s’en tenir à son premier reflexe de rigueur et de refuser ces mesures laxistes qui ne résoudront rien et ne font que reculer pour mieux sauter. Elle vient d’ailleurs d’y perdre au passage sa majorité au Parlemand allemand. Pauvre Europe et pauvre Euro.

On attend maintenant du vrai et du sérieux de la part de l’Europe. Des plans de rigueur qui ne pourront être remis en cause et s’étalant au moins sur 5 ans. Et un Conseil des ministres qui sortira les tricheurs ou les mauvais joueurs quand ils ne se  confirmeront pas à leurs engagements. On n’en est pas là et on peut douter qu’on n’y arrive jamais. Les grands Etats européens et les hommes politiques qui les gouvernent ne sont pas prêts à abandonner de tels pans de leur souveraineté. L’avenir demeure, à plus ou moins long terme, à l’éclatement de la zone Euro sauf miracle bien improbable.

  

19 mai 2010 -suite. Entre le marteau et l’enclume

 

L’Euro continue à dévisser face au dollar. JC Trichet nous dit que tout va bien puisque sa parité s’approche de son cours d’origine de 1,19 avec le dollar. Brusquement, pourtant, l’Europe va peut être basculer de sa plaisanterie de Lisbonne à quelque chose de plus sérieux en terme de création d’un pouvoir central économique européen. Car les choses vont vite et l’Europe est de plus en plus coincée entre le marteau et l’enclume.

Le marteau ce sont les marchés financiers qui s’inquiètent de ses dettes et de son incapacité à jamais pouvoir les rembourser. D’où une pression qui s’accentue sur les primes d’émission des emprunts européens. Emprunts plus chers, charges financières sur les budgets publics de plus en plus insupportables et capacités de remboursement encore plus improbables. Le cercle vicieux parfait.

Et, de l’autre côté , l’enclume de la récession. Pour sortir de l’impasse de la dette, il va falloir faire des économies et augmenter les impôts. D’où un risque de ralentissement sérieux dans toute la zone euro, qui n’était déjà pas brillante, que les bourses sanctionnent, les investisseurs préférant s’éloigner de cette zone de turbulences tant qu’on n’y voit pas plus clair.

L’Allemagne, le moteur de l’Europe a choisi. Elle veut du sérieux, des économies budgétaires, une diminution progressive, mais efficace, de l’endettement, et un vrai pouvoir économique européen qui contrôle le tout et a des pouvoirs de sanction ou d’exclusion sur ceux qui ne joueraient pas le jeu. Elle a raison. C’est seulement à ce prix que l’Euro a une chance de survie.

Evidemment, la France et la Belgique sociale démocrate s’y opposent fermement. Pas question d’abandonner ses pouvoirs budgétaires et ses combines pour dissimuler les déficits quant on est une vraie nation démocratique face aux apatrides de Bruxelle ou à l’Allemagne.
Parions que le débat n’est pas prêt d’être tranché …et qu’en définitive (nous sommes résolument pessimistes), la zone Euro finira bien par éclater, comme Paul Volcker, un référence à ne pas sous estimer, l’a plus ou moins pronostiqué !

 

10 février, 2010

Drapeau rouge pour l’Europe

Classé dans : Europe — pyrrhon @ 15:02

  

Sans être un fou d’Europe, il est clair que face aux nouveaux défis du monde et à la montée de l’Asie, ce continent qui fut au 19° siècle le moteur du monde, et qui, à la fin du 20° avait retrouvé une grande partie de sa force économique d’antan et de sa richesse, se dirige maintenant vers des épreuves qu’il va devoir relever s’il ne veut pas s’enfoncer dans un déclin sans fin. Vieillissement de la population, systèmes de protection sociale particulièrement coûteux sont les deux dangers qui menacent. Mais le refus de changer quoi que ce soit aux bonnes vieilles habitudes du chacun pour soi et du chacun seul maître chez soi dans son petit pré carré national est le véritable talon d’Achille du continent alors que des géants aux pouvoirs infiniment plus centralisés, et, par la taille, grands comme l’Europe, sont entrain de prendre les commandes du monde aux côtés des Etats-Unis.

Dans ce nouveau décor, alors que le monde change à grande allure, que l’ex tiers monde sort de sa pauvreté, que des changements technologiques et scientifiques majeurs- internet, biotechnologies, cellules souches, nanotechnologies – nous bouleversent déjà…..minée par ses nationalismes et la force égoïste des « grandes » nations, France en tête, l’Europe semble bien partie pour aller d’échecs en échecs.

 

 

L’espoir de Lisbonne tourne en une  vaste farce.

 

Sur ce sujet, les gouvernements ont vraiment fait très fort. Non content de mesurer au compte goutte les délégations de souveraineté qui pouvaient passer à l’Europe par les mécanismes des majorités qualifiées, ils les ont savamment reculé dans le temps. Les échéances sont lointaines alors que le monde n’attend pas. D’autant qu’avec la crise, il va encore plus vite et que l’urgence d’une Europe rassemblée se faisait encore plus grande.

Mais le plus beau fut à n’en pas douter la nomination du Président de l’Europe pour deux ans et de son représentant des affaires étrangères. Pas question que le conseil des ministres abandonne le moindre pan de sa souveraineté et la sacro sainte règle de l’unanimité pour donner quelques pouvoirs à ces nouvelles instances. Alors quoi de mieux que d’y nommer des personnages falots et inexistants incapables de représenter quoi que ce soit au regard du monde extérieur. Obama vient d’ailleurs de le faire savoir sèchement à Zapatero et on le comprend. Pourquoi d’ailleurs avoir garder les présidences tournantes semestrielles pour un temps ?.Il fallait évidemment les supprimer au moment de la nomination de Von Rompuy

 

L’Euro est sur le point d’imploser, comme il fallait s’y attendre, avec la crise latente des pays du « club med ».

 

Il y a des règles fort simples en économie. On ne peut éternellement dépenser plus qu’on ne gagne et il y a toujours un moment ou un juge de paix se présente et ou une correction devient nécessaire. Avant l’Euro, pour les pays du « club med » et pas mal d’autres, France en tête, pas de problème. Une bonne petite dévaluation pour corriger les dépenses supérieures aux recettes et, ni vu ni connu, on pouvait repartir en ayant fait le nécessaire. Coup de pouce pour les exportations, hausse des prix des produits importés et pour finir inflation qui permettait de reprendre au bon peuple, sans lui dire, ce qu’on lui avait accordé un peu trop généreusement auparavant. Mais maintenant, avec l’Euro, pouce ! plus question de jouer discret, voilà qu’il faut imposer au bon peuple des règles d’austérité, limiter les hausses de salaires et compter chichement les budgets sociaux. Drôle d’idée qu’ont eu les gouvernements européens de créer l’Euro sans se donner les moyens, ni de correctifs naturels, ni d’une discipline de groupe imposée par un pouvoir central « fort »et donc nécessairement démocratiquement élu. Les marchés, eux , ne s’y trompent pas. Ils veulent bien encore prêter de l’argent à tous les débiteurs impécunieux, fussent-ils des Etats, mais ça coutera plus cher. Et le correctif naturel vient tout naturellement de là. La liberté des mouvements de capitaux l’impose tout autant que le simple bon sens. Vous voulez encore emprunter alors que nous ne sommes pas sûrs que vous puissiez jamais rembourser…et bien cela vous coutera bien plus cher car je ne suis plus sûr du tout de retrouver ce que je vous prête; et il faut bien que je tente de me rembourser par avance. A notre humble avis si l’Europe du « nord », qui a peut être encore quelque sous, veut aider le « club med »,ce qu’elle s’apprête à faire, elle aussi devra payer plus cher.

Mais au fait qui prête aux Etats ? les grands capitalistes nous répondront, surs d’eux, les Besancenot et autres idiots de gauche. Et bien non ! Ne nous y trompons pas, ceux qui prêtent ce sont vous, nous, Monsieur tout le monde, quand il place son argent, chichement épargné, sur son livret d’assurance vie ou son plan d’épargne entreprise et qu’il croit naïvement que ce n’est pas lui qui prête aux Etats. Mais si c’est lui, c’est nous, c’est Mr tout le monde , c’est le bon peuple et c’est lui qui va sûrement finir par être le dindon de la farce, comme lorsque qu’il n’y avait pas l’Euro, et qu’on pouvait faire de bonnes dévaluations pour résoudre les problèmes de déficits excessifs. Comment cela finira t il ? Nous n’en savons trop rien mais il est sûr que si l’Euro n’éclate pas et que les pays du « club med », et d’autres comme nous, ne reprennent pas leurs billes, il faudra bien un jour que l’Euro soit globalement dévalué vis-à-vis du reste du monde….ce qui n’ira pas sans représailles de la part de celui-ci, soyons en sûrs.

 

 

Apparaissent ici deux paradoxes remarquables. Le premier c’est qu’en se préparant à aider la Grèce l’Europe va commencer à dévaluer puisque, vis-à-vis du reste du monde, sa monnaie va devenir un peu moins crédible puisque sa dette augmente. Mais, second paradoxe, en procédant ainsi, elle se donne, elle aussi, un premier moyen de correction pour lutter contre les dévaluations compétitives des autres grands. C’est au fond le monde à l’envers. Plus je m’endette, plus j’aggrave ma situation, et plus je deviens fort vis à vis des autres. Les marchés eux ne s’y sont pas trompé. Crise de solvabilité étouffée si l’Europe intervient. On va pouvoir souffler pendant un moment. L’euro surévalué va commencer à se dévaluer et c’est bien entendu, pour elle, comme pour les autres grands, le seul moyen de rétablir ses comptes…et au détriment bien sûr de Mr tout le monde, d’autant plus qu’au renchérissement des produits importés s’ajouteront inévitablement quelques mesures symboliques mais visibles « d’austérité ».

D’aucun pensent que la prochaine alerte portera sur le dollar. C’est possible car c’est bien lui qui pose le plus de problèmes et sa dévaluation est encore plus inévitable n’en déplaise aux chinois qui veulent conserver leur coffre fort en dollar. Le monde occidental, dangereusement endetté par les gouvernements, s’engage sur des voies incertaines.

14 novembre, 2009

Lisbonne et le monde

Classé dans : Europe — elis @ 17:15

 

 

Curieux le peu d’attention médiatique portée à l’avènement de l’Europe de Lisbonne.

Est-ce le mécontentement des « vrais démocrates » qui se gaussent du oui acheté aux irlandais ou encore le regret d’avoir vu Vaclav Klaus finalement céder. Toujours est il que c’est quasiment dans les entrefilets de dernière page que l’on apprit que, début décembre 2009, l’Europe de Lisbonne serait en place, que le président de l’Europe pour deux ans serait désigné et que son représentant pour la politique étrangère aussi.

Et pourtant l’évènement est considérable. Pour la première fois l’Europe va exister autrement que comme un grand marché et pour la première fois la règle de l’unanimité ne sera plus exigée sur nombre de sujets essentiels. C’est un progrès considérable à l’heure d’une Europe malmenée par la désinvolture américaine et ses profonds errements sur le dollar et c’est aussi une urgence face à la montée en puissance de l’Asie du sud est.

Certes l’Europe diplomatique n’est pas née, mais l’Europe inexistante et le bilatéralisme affiché jusqu’alors par les plus grandes nations européennes dans leurs relations avec les USA, la Russie ou le Moyen orient, devrait faire place peu à peu  à une position européenne commune sur nombre de grands dossiers mondiaux.

Si les chancelleries se décidaient à mettre à la tête de l’Europe un président de poids ce serait encore mieux. On peut craindre malheureusement qu’on s’entende plutôt pour y mettre un ectoplasme…l’Europe des états souverains n’est pas morte. Elle va  seulement perdue un peu de sa suprématie au profit d’une voix collective de l’Europe qui devrait commencer à exister.

Quelques signes encourageants semblent aussi apparaître.

Au plan économique, tout d’abord, ou en dépit du suivisme forcené de Gordon Brown à copier la politique américaine de déficits gigantesques, l’Europe continentale se montre plus circonspecte sur les politiques économiques qu’il convient de conduire face à la crise. Avec ses nouveaux alliés libéraux Angela Merkel vient, en tout cas, de se démarquer nettement . Des déficits qui s’aggravent, certes, mais à une échelle nettement plus prudente que celle des Etats Unis et surtout des baisses d’impôt importantes pour les entreprises qui devraient mieux les aider à traverser la crise. Moins d’Etat et encouragement à l’initiative privée. Une politique libérale qui s’assume en quelque sorte et qui ose s’afficher. Par les temps qui courent c’est plutôt rare mais, comme c’est l’Allemagne qui le fait, 3° puissance économique mondiale, ce n’est pas rien.

Une autre caractéristique européenne, avec Lisbonne, celle du rôle assigné à l’Euro, pourrait aussi mieux s’exprimer. Constamment poussé à la hausse par le dollar et le yuan qui le suit, l’euro tire vers le haut. Dans les stratégies de dévaluations compétitives qui s’esquissent à travers le monde, ce peut être un handicap… (bien que ce soit aussi une force quand on n’a pas de pétrole). Néanmoins mieux vaudrait qu’une coordination renforcée entre la Commission, la présidence européenne, les Etats et la BCE, définissent une stratégie ou au moins des tactiques communes face aux autres monnaies. Il y a des marges de manœuvre, face aux excès des autres, qui pourraient être exploitées. En tout cas l’Europe ne devrait pas trop brader ses réserves en or car, d’une manière ou d’une autre, celui-ci finira par entrer dans le panier de devises mondiales qui supplantera inévitablement le dollar. Une bulle de monnaie papier qui enfle indéfiniment, en ce moment le dollar, finit toujours par éclater. Il n’y a jamais eu d’exemples contraires dans l’histoire du monde.

Une dernière évolution semble intéressante à souligner dans la chrysalide  européenne de Lisbonne

Ce sont les péripéties et les signes autour de l’évolution du dossier d’adhésion de la Turquie. L’énorme contresens de Sarkozy et sa démagogie à usage interne pour s’opposer à l’entrée de la Turquie en Europe semble se fissurer sous l’effet de contre feux, peut être même allumés par Paris. Il faut dire que la Turquie, dixième puissance économique mondiale, a déjà fait comprendre aux industriels français que leurs investissements n’étaient pas forcément les bienvenus. Mais aussi cette insistance de la France à rejeter la Turquie, en dépit des évidences qu’il faut l’amarrer au continent, rencontre, fort heureusement, une très forte résistance en Europe. Gageons, qu’avec Lisbonne, la question de l’adhésion turque en 2015 ne sera plus indéfiniment reportée et qu’une ligne claire sera peu à peu acceptée. L’Europe aura aussi besoin de la Turquie et de son exemple laïque pour une meilleure intégration des populations islamiques des Balkans.

Enfin les rapports de l’Europe avec une autre grande nation, la Russie, pourraient également évoluer. Gorbatchev rappelait récemment qu’entre le formidable pôle de développement mondial de l’Asie du sud est et l’Europe, la Russie ne pourrait pas éternellement hésiter et qu’il faudrait bien qu’un jour elle s’amarre à l’un ou l’autre des deux continents. Les cérémonies du XX° anniversaire de la chute du mur ont montré à cet égard quelques signes d’hésitation de la part du pouvoir totalitaire moscovite. Medvedev est venu parler de la lutte contre le terrorisme, entendre islamique, dont Moscou a évidemment une peur bleue. Mais Moscou sait surtout que c’est l’Europe qui lui achète son gaz et que ses élites enrichies tournent plutôt leurs regards et leurs intérêts vers le continent avec lequel le passé et les références culturelles sont les plus proches. Espérons qu’un jour le MVD s’effacera au profit d’un fonctionnement un peu plus démocratique de la Russie et que le rapprochement Europe/ Russie, qui effraie encore, et à juste titre, l’Europe de l’est, mais plait tellement au quai d’Orsay, pourra se faire progressivement.

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