12 avril, 2012

Classé dans : Non classé — elis @ 8:19

 

 

 

La France du déni

 

 

 

Le titre choc du Nouvel economist britannique a fait bondir nos politiciens hexagonaux et les medias avec eux. Et pourtant il n’est que juste.

 

On sait maintenant que personne ne proposera de programme sérieux et crédible pour cette présidentielle.

 

Les bons programmes , ceux du Medef ou de l’Ifrap passeront à l’as. Sarko veut s’en tenir à son absence de vraies réformes profondes, courageuses, et stucturelles. Il a multiplié en revanche les mesures électoralistes sectorielles. Pas nécessairement nulles mais insuffisantes. La pression fiscale accrue sur les riches et les entreprises moyennes et grandes lui permet toutefois d’annoncer un déficit budgétaire moins mauvais que prévu. Pas sûr que cela suffise à nous protéger des marchés d’ici quelques temps. On ne déflatera pas les dépenses publiques de façon visible et forte, sauf les 1 fonctionnaires sur 2, et on augmentera encore un peu les impôts sur les plus values, les entreprises, peut être la CSG mais en se gardant bien d’en parler maintenant. La France de droite du déni d’une politique de droite courageuse persiste. Ces multiples bricolages dissimulés qui se profilent suffiront ils ? Peut être ? Sarko dit que c’est pour éviter que les lobbies ne montent de suite aux créneaux. Peut être, mais cela veut dire aussi qu’il n’est pas question de commencer un langage de vérité auprès des français ni à contredire la vulgate marxiste dominante dans l’opinion et dans les medias. Et pourtant ce n’est que comme cela que la France , sur le plan idéologique, pourrait enfin entrer dans le XXI° siècle.IL ne serait que temps.

 

Et que dire des autres prétendants !

 

On pouvait espérer de Bayrou. Mais de ce côté , prometteur sur le plan des idées générales, rien de concret et précis n’est malheureusement sorti. . Il faut dégager 120 milliards d’économies…. Mais on compte sur la croissance et un 50/50 de dépenses/recettes peu clair. Exit donc le candidat Bayrou dont on aurait pu espérer mieux.

 

A gauche, rien de nouveau . Le PS s’en tient à son programme façon 1981, 60.000 emplois de plus à l’Education Nationale,100.000 emplois aidés et 25% de plus pour la prime de rentrée scolaire . Des dépenses attrape tout pour satisfaire son électorat.

 

Et la prime à Mélanchon qui décrète rien moins que la marche forcée vers un retour massif à l’économie administrée de type soviétique, la retraite à 60 ans, le Smic à 1700, la tituralisation de 800.000 précaires dans la fonction publique et la nationalisation, si besoin est, des entreprises du CAC 40. Le communisme en France reste bien le dernier bastion réactionnaire d’Europe. Gloire à nos enseignants , nos medias et nos politiciens qui ont si bien su faire croire aux français que le communisme n’était pas un désastre absolu.

 

On attendra donc cette présidentielle 2012 sans enthousiasme comme la plupart de nos concitoyens mais, pour nous, évidemment, pour des raisons ultra minoritaire : pas assez d’Europe et pas assez de réformes structurelles autour d’une adaptation progressive de l’Etat providence aux réalités incontournables de la mondialisation.

 

D’après les sondages, qui ne sauraient se tromper grossièrement, on est déjà assuré de voir, sans surprise,  Sarko contre Hollande au second tour. Ensuite, c’est plus incertain . Les dix points d’avance attribués à Hollande proviennent des électeurs encartés à gauche, 1/3 des sondés, l’autre tiers qui se prononce se disperse entre Le Pen , Bayrou et Sarko. Mais il reste un gros tiers qui ne se prononce pas et c’est évidemment avec eux, et les absentionnistes, que tout va se jouer.

 

En bons contrariens nous ne parierions donc pas nécessairement sur une victoire inéluctable de Hollande. Mieux, nous pensons que Sarko a encore toutes ses chances.

 

 

 

 

 

 

5 mars, 2012

Finie la crise

Classé dans : Non classé — elis @ 11:21

Grace aux bons soins de Mr Mario Draghi, ancien de Goldmann Sachs, la crise est quasiment finie.

Avec toute la finesse qui caractérise les maîtres du monde actuel, Mr Draghi, sitôt nommé , s’est empressé de mettre en œuvre les recettes de ses maîtres , appliquée avec tant de succès par Bernanke, la FED et même la Bojo.

Tout est bien qui finit bien. Mr Draghi a injecté 1000 milliards d’Euros, sortis de son chapeau, dans le système bancaire européen et tout va maintenant pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Jusqu’alors les Allemands , plutôt ronchons , n’étaient pas très chauds pour ces techniques de prestidigitateurs mais il apparait qu’ils s’y sont finalement rallier.
Donc Mr D. a dit aux banques venez à mon guichet. A 1% sur 3 ans je vous prête tout l’argent que vous voulez et si ça ne suffit pas je vous en redonnerai. Pourquoi se gêner dès lors pour nos braves banquiers pour aller souscrire de nouveaux emprunts italiens , espagnols ou français à 3 %, y gagner leur marge au passage, et faire de nouveau baisser les taux de nos chers emprunteurs publics par cette demande soudaine. Et, cerise sur le gâteau, s’ils ont des doutes sur les capacités de remboursement des dits Etats, la BCE est toute prête à prendre ces titres en pension en garantie de nouveaux prêts accordés à nos chers banquiers. La vie est belle et pourquoi se gêner.

Ah que le monde est joli quand Goldmann Sachs règne en maitre incontesté sur la finance mondiale.

Avec tout l’argent qu’ils récoltent ainsi gratuitement les banquiers vont même pouvoir réinvestir sur les marchés d’action européens quelque peu sous évalués par rapport au Dow qui a retrouvé toute sa splendeur sous l’effet des programmes automatiques qui interviennent, du bon pain pour Obama, dès qu’une tendance baissière risquerait de se manifester. Et puisque le monde est si parfait on se demande bien pourquoi il faudrait appliquer des plans de rigueur lesquels de toutes façons ne permettront jamais de rembourser les gigantesques dettes accumulées.

En France ou, si on n’a pas de pétrole on a néanmoins quelques idées, nos politiques l’ont d’ailleurs parfaitement compris. Guère de rigueur réelle, tout juste un peu plus d’impôts que dans les premiers temps de Sarko. Et bien entendu aucune réforme structurelle parfois demandées par le FMI et ces biens trop sérieux teutons. En France on n’est pas fou. Pas question d’exciter les français, de pousser les syndicats dans les rues et les grèves à répétition,ni de rogner notre « merveilleux » modèle social. Les droits acquis et les services publics, c’est sacré et on n’y touchera que pour la forme et très modestement. Et on a bien raison puisque grâce à super Mario tout est réglé. Le plus drôle c’est que ni les medias ni la plupart des candidats à notre grande élection d’avril, n’ont encore réalisé que le monde avait changé et que , désormais, en France et en Europe, comme aux USA, il n’y avait plus de crise, en tout cas financière, puisque l’argent coule à flot et que l’on va encore pour très longtemps pouvoir continuer à s’endetter sans jamais avoir à rembourser. En fait c’est la technique de la boule de neige. Pour rembourser, nouveaux emprunts, toujours aussi peu chers. 50 milliards tout de même d’intérêts annuels dans le budget de l’Etat. Mais avec les 1% de Draghi cela devrait s’améliorer.

Seule une inflation à15% et plus permettrait sans doute ,sur dix à 20 ans, de peut être régler le problème. Mais même ainsi, sans être polytechnicien, il est fort probable que cela ne suffirait pas.

Vive donc le monde de Goldmann Sachs, de Bernanke et de super Mario. Mieux que les magiciens du moyen âge, ils ont trouvé le secret de la pierre philosophale : une « planche à billets » et à crédits illimités gigantesque qui permet au moins de repousser à plus tard les questions ou les problèmes que d’autres seront peut être obligés de régler.

A leur décharge reconnaissons leur toutefois un mérite. Sans ces politiques que nous qualifions ici d’hasardeuses, il est fort probable qu’on aurait rééditer en2008 le scénario de la crise de 1929, faillites en chaines et bataillons de chômeurs dans les rues, l’erreur de 29 ayant été de resserrer dramatiquement les crédits lorsqu’on a vu que les endettements débridés des années 20/30 conduisaient à de premiers défauts. Instruit par ce retentissant exemple historique, on a cette fois fait le contraire. Est ce à dire pour autant qu’on ne va pas cette fois vers un nouveau mur ? C’est toute la question, l’économie, qui mérite bien son nom de politique, n’ayant assurément rien d’une science exacte. On tâtonne , on expérimente, on bricole mais on ne sait rien de ce qui peut arriver.

Car la vraie question demeure. Comment cela va  t il finir ? ou plutôt, cela peut il durer indéfiniment ? En principe, les spécialistes avancent deux hypothèses pour effacer un tel endettement : une hyperinflation provoquée par l’excès de fausse monnaie, une croissance forte et dynamique à 5% minimum qui sur une très longue durée permettrait à chacun de régler ses dettes.

Ni à l’une ni à l’autre nous ne croyons vraiment. Pas d’hyperinflation car il y a abondance de biens et les émergents nous inondent de produits pas chers. Et encore moins de croissance fulgurante car les pays occidentaux sont riches, suréquipés et les nouveaux investissements, à coup sûr rentables, ne sont pas faciles à trouver .La dynamique vertueuse des grands investissement de croissance rentables dans tous les secteurs ou la demande peut être immédiate, n’est donc pas dans le paysage tel qu’il se présente aujourd’hui àl’exception de la high tech mais qui relève totalement du superflu. Il n’y a plus impérieuse nécessité de  reconstruire ni donc de nouveaux emplois à offrir. Le Japon est l’exemple. 25 ans qu’il se traîne. Croissance nulle et immobilisme. C’est ce qui nous attend avec des taux de chômage grandissants au même rythme ou presque que celui des endettements.

L’avenir est sûrement dans les énergies vertes. Ici indiscutablement il faudra investir. Encore faudrait il que les pouvoirs publics ne s’en mêlent pas trop et qu’ils ne fassent pas comme dans la finance. Il faut laisser les vrais entrepreneurs choisir les projets rentables et ne pas demander aux politiques de jouer avec l’argent des autres. En général ça n’incite pas à la sagesse ni à l’application de règles de bon sens : « un sou est un sou et je n’emprunte pas plus que ce que je sais pouvoir rembourser ».Enfantin certes et par trop primaire mais en général ça marche !

 

 

9 janvier, 2012

nouveaux paradigmes

Classé dans : Non classé — elis @ 17:52

Sous l’effet de la crise et de la mondialisation qui marque clairement la naissance d’une nouvelle époque et d’un nouveau monde, de grands et vrais affrontements politiques s’annoncent un peu partout dans le monde. Voyons les.

  • France : la TVA sociale.

 

C’est la surprise du chef. Alors que notre chère majorité de droite n’avait pas fait grand chose depuis 4 ans pour modifier la France en profondeur et notamment résoudre le problème du chômage, la voilà qui se lance sur une vraie réforme structurelle à 3 mois des échéances électorales  et alors que le sujet rencontrera une opposition féroce de toute la gauche mais aussi des frontistes et de Bayrou. Bravo tout de même car il y fallait du courage. Si elle persiste et fait passer cette réforme de fond nul doute que la gauche ne reviendra pas dessus et que Sarkozy aura ôter une belle épine du pied à Hollande. Comme dans toute chose il faudra voir dans les détails pour savoir si c’est du sérieux ou du gadget. Mais sur le principe, l’idée est bonne et son intérêt indéniable. On baisse-significativement espérons- le cout du travail et la charge française, la plus lourde d’Europe, des prélèvements sociaux pesant sur les entreprises. On se rapproche de la fiscalité allemande. On donne un gage sérieux aux agences de notation sur notre volonté d’engager enfin des réformes de fond. On allège la concurrence des produits importés sur les productions nationales, et, si on tape assez fort, ce sont les caisses de l’Etat qui se remplissent significativement et dieu sait qu’elles en ont besoin. Voilà donc enfin , nécessité faisant loi, un véritable affrontement gauche droite qui va s’engager en France.

 

  • Etats-Unis : Obama et les Tea party.

 

La dérive démocrate et keynésienne des Etats-Unis n’a pas commencé avec Obama mais, avec lui, elle s’est nettement accélérée. Et voilà qu’au cœur de l’Amérique profonde on se rappelle soudain que les pères fondateurs n’avaient pas voulu cela. Terre de pionniers, profondément attachée à toutes les libertés individuelles et se méfiant viscéralement des empiètements de l’Etat sur les hommes libres , l’Amérique profonde semble vouloir retrouver ses racines et puiser aux sources de ses origines  chrétiennes et libertaires. Là  encore, c’est la crise et la mondialisation qui déclenchent ces mouvements de fond. Déjà, chez les républicains, le combat sera rude entre le candidat habituel du système (Mitt Romney) et les 6 autres, tous candidats hors système. Mais il le sera plus encore lorsque démocrates et républicains s’affronteront pour la « lutte finale » car rien n’est joué. Obama va faire feu de tout bois pour continuer dans sa folle politique de fabrication de monnaie à tout crin et, en face, l’idéologie libertarienne anti Etat, anti FED et anti système va jouer à fond. Un combat de géant qui se profile à l’horizon et peut être une réorientation radicale de la politique économique des Etats-Unis , seul moyen sans doute pour eux pour de résister au déclin qui s’annonce.

 

  • En Europe itou.

 

Ici l’affrontement idéologique de fond est également fort clair. D ‘un côté le keynésianisme classique de toutes les gauches et de toutes les droites traditionnelles. Pas question de remettre en cause les Etats providence. Eviter à tout prix la récession. Sauver les banques et tous les Etats impécunieux et donc fabriquer de la monnaie papier ou scripturale à pleins tonneaux. Et de l’autre une Allemagne et quelques vertueux du nord qui ne veulent pas payer pour les cigales, qui se souviennent, en RFA, de Weimar et ne prennent pas l’hyperinflation pour une menace de pacotille. L’école traditionnelle des économistes sérieux qui veulent la fin des déséquilibres incontrôlés et pour lesquels recettes et dépenses de fonctionnement doivent s’équilibrer tente aussi de se faire entendre. A la Bundesbank on s’y tient fermement et elle n’a pas encore définitivement perdu la partie. Le combat est donc engagé. Pour le moment les Keynesiens l’emportent mais rien ne dit qu’à cette aune, l’Euro pourra résister longtemps. D’autant plus que l’issue de type fédéral, avec pouvoir central européen fort, perd du terrain face au renforcement des nationalismes. Pour l’Europe, tout comme pour les USA l’avenir demeure incertain.

 

  • Même La Russie s’y met.

 

Alors que l’on pouvait croire le système Poutine,SVT, ploutocrates  dévoués au premier, parfaitement verrouillé, voilà que des trublions, issus d’internet, rassemblent plus de100000 contestataires d’une élection truquée, sur la place rouge, en plein hiver. Pas mal comme souffle de liberté dans un système autoritaire musclé ne rechignant pas aux assassinats politiques quand il le faut. Et alors que l’on pouvait croire le couple Poutine Medvedev assuré, par son chassé croisé d’être encore là pour 4 ans, il est possible que l’avenir réserve des surprises à la prochaine présidentielle

 

  • On pourrait encore multiplier les exemples.

 

 Partout dans le monde de grands souffles de changements se lèvent sous l’impulsion de l’essor rapide du tiers monde et du conflit majeur, exacerbé par l’internet, entre une société traditionnelle et souvent religieuse, dont l’islamisme est le terreau, et une culture américaine qui, bien qu’ayant économiquement du plomb dans l’aile, se fait partout triomphante

  • .Que deviendront les printemps arabes ?
  • Que deviendra l’Iran avec ses passdaran et ses ayatolas ? Un Iran dont même Obama se demande s’il ne faut pas neutraliser son programme nucléaire.
  • Que deviendra la Chine qui hésite au sein du PC entre dictature classique et prudente perestoika à la gorbatchev
  • Que deviendra l’Irak ou après le départ des américains , chiites et sunnites recommencent à s’entretuer
  • Etc,etc….

 

  • Partout,

comme à chaque époque de grands changements économiques et technologiques, de grands débats et de grands affrontements commencent. Dieu veuille que les plus sages et les plus raisonnables l’emportent.

 

 

5 décembre, 2011

Pour sauver l’euro

Classé dans : Non classé — elis @ 19:13

Quelles réformes pour sauver l’Euro ?

 

Peu de chance que l’€ résiste si des solutions « restructurantes » ne sont
pas mises en place maintenant. Les bonnes intentions pour le futur et la
révision des traités sont nécessaires mais  pas suffisantes.

Les deux solutions évoquées jusqu’alors pour application immédiates, mutualisation des
dettes ou planche à billets. ne tiennent pas la route.

Dans lepremier cas c’est encore s’enfoncer un peu plus dans l’endettement et même les
riches vont être fortement menacés. On vient de le voir avec le
« floc » du dernier emprunt allemand.

Dans le second cas, c’est la BCE qui se retrouve avec des milliards de créances à
valeur 0 (elle en a déjà 190) et l’inflation qui finira bien par arriver. De
toutes façons,  c’est une illusion. Lorsque
les crédits ouverts à guichets ouverts arrivent dans l’économie réelle ils se
cristallisent. Personne ne veut trop prêter ni trop accroitre ses emprunts en
temps de crise.

Non, la seule et vraie solution c’est le maintien de l’Euro comme monnaie de réserve
internationale et le rétablissement des monnaies nationales. Chaque pays verra
la vraie valeur de sa monnaie immédiatement fixée par les marchés. Car Il
faudrait évidemment les laisser faire. Et à partir de là les ajustements se
feront d’eux même. Mais même si les banques centrales, réhabilitées pour gérer
à nouveau leurs propres monnaies, tentent d’intervenir, au final il faudrait
lisser les marchés trancher pour que les devises nationales retrouvent leurs
vraies valeurs économiques rendues impossible depuis 10 ans par la monnaie
unique.

Et une fois ce premier retour à la vérité accompli il faudra reconstruire l’Europe mais
avec un vrai pouvoir européen au centre et donc avec un vrai parlement élu et
un gvt qui en soit un avec les pouvoirs de décision et de coercition nécessaires. L’Europe fédérale est indispensable pour la prospérité et l’avenir du continent.

 

Pourquoi la planche à billets ne
marchera pas ?

Parce que, outre les risques sérieux d’inflation, mais pas avérés, rien ne sera vraiment
réglé. L’Amérique d’Obama est d’ailleurs en train de le démontrer. Les énormes
dettes subsisteront, celles des Etats et des banques en particulier. Avec la
planche à billets on les aura même de nouveau augmenter. Tous les canards
boiteux de l’économie du crédit , maintenus en vie, grâce à l’endettement
facile, seront encore là. Aucune purge n’aura été exercée alors que ce qu’exige
la fin de la crise pour pouvoir repartir sur des bases assainies, c’est
précisément la purge de 30 ans de dérives par des crédits trop faciles et des
taux ridiculement bas. Le vrai crédit se paye en fonction du risque. Il n’est
pas gratuit.

L’éclatement de l’Euro déclenchera t’
il  l’apocalypse ?

C’est ce que nous prédisent tous les jours les économistes officiels. Difficile pour eux de
dire autre chose. D’ailleurs ils n’en savent rien. Tout ce qu’on peut prévoir
c’est que ce ne sera pas du « gateau » !

Essayons tout de même d’imaginer ce qui pourrait se passer. La Grèce vient de sortir,
d’elle-même, ou poussée dehors par les européens sérieux. Les officiels
européens ont enfin réalisés que les parités faute d’avoir été réajustées
depuis 1999 , font craquer l’Euro de toutes parts et on commence enfin à
réaliser « qu’il faut réajuster les parités ».Il faut éclater pour
mieux recréer et repartir sur des bases saines. Comment ? en rétablissant
les monnaies nationales sur parités fixées par les gouvernements mais en
laissant des changes flottants dans toute l’Europe. Ainsi les marchés , in fine,
trancheront et montreront aussi à tous les citoyens les bêtises ou pas que font
leurs gouvernements . Si les taux de change montent , c’est que leur
gouvernement fait bien son travail…et inversement s’ils chutent.  Le meilleur moyen de savoir combien valent les monnaies c’est de laisser les marchés donnent leur vraie valeur à celles ci. Le
drachme : 0,10 €; la peseta : 0,4€ ; la lire : 0,6€ ;
la France :? Et ainsi de suite. Il suffit de regarder l’état du commerce
extérieur, la dette et les décisions prises par les gouvernements  pour en avoir une vague idée.

Les créanciers verront leurs créances souveraines s’effondrer d’autant. Mais
beaucoup s’en débarrassent déjà à qui mieux mieux , les banques bien sûr mais
beaucoup d’autres, à commencer par les fonds de pension US et les fonds d’assurances
vie. Ce qui restera en fin de compte c’est ce que les Etats européens et les
banques pourront peut être rembourser un jour, dans 10 ans ou plus, à condition
d’ici là qu’Etats et banques aient changé leur façon de faire, que les
déséquilibres criants entre recettes et dépenses de fonctionnement aient été
abolis et que le crédit ne soit plus gratuit. Entre temps beaucoup de faillites
sans doute et pas mal de dégâts sociaux à réparer. Mais les politiques sont là
pour ça et dans les pays européens il y a du « gras » et on peut
demander aux classes moyennes et aisées de se serrer un peu plus la ceinture. Elles
n’en mourront pas.

Et l’Europe nous direz vous ? Et bien il faut la reconstruire et le plus vite  possible et en consultant les peuples ce qui demandera pas mal de temps et de pédagogie.

La révision des traités que Merkel et Sarkozy vont proposer aux 27 dès le 9 décembre prochain
avec : majorité qualifiée à 85%, règle d’or pour les budgets annuels,
commissaire européen pour surveiller, et sanctions automatiques en cas de
dérapages serait déjà une bonne chose. Ces mesures sont bonnes, espérons que
beaucoup d’Etats s’y rallieront et, qu’en France notamment, elles pourront être
votées avant avril 2012 et sans blocage par la cour constitutionnelle, mais pas
sûr du tout.

Car s’il faut une révision de la Constitution il est sûr que, sur des arguments
fallacieux, comme d’habitude, les socialistes ne la voteront pas. Et si ces
textes doivent être votés après les élections d’avril 2012 idem. Et c’est bien
pourquoi la première chose à faire est bien de rétablir les monnaies nationales
( pas besoin d’une révision constitutionnelle sans doute) tout en maintenant
l’Euro en tant que monnaie de réserve du continent, et en continuant de le
faire gérer par la BCE dans le cadre des traités actuels.

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