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3 juillet, 2008

sarko et l’Europe suite

Classé dans : politique Europe grippages — elis @ 13:17

 

A force de se comporter en politicien franchouillard, Sarko est en train de désagréger l’Europe et d’effacer les aspects positifs de ses premières initiatives européennes.

 

  1. le positif du début de son mandat

a -un effort très net et intelligent pour effacer le non français en s’appuyant sur le parlement français pour revenir à Lisbonne et imposer les majorités qualifiées en Europe

b-Un retour dans l’OTAN et un rapprochement sensible avec les Etats Unis,  seul moyen pour l’Europe de rester crédible sur le plan militaire alors qu’en dehors de la grande Bretagne et de la France, les budgets militaires des 27 n’existent  pratiquement plus.

 

2 le « poujadisme » de son début de présidence européenne

Conseillé sans doute par des gaullistes attardés et des économistes « socialo », voilà que notre « ludion » Sarko veut à la fois :

a-Sacrifier le commerce mondial au profit de la défense protectionniste de la PAC et des agriculteurs français….qui n’en demandent pas tant , alors que les profits de nos céréaliers, très largement non imposables, ont déjà augmenter de 50% en 2007 avec la flambée mondiale des prix agricoles.

 

b-Sacrifier la lutte légitime, et ô combien justifiée de la BCE contre l’inflation, au profit d’une demande réitérée de baisse des taux….comme si la monnaie n’avait aucune importance et que seule comptait les « fausses gentillesses » vis-à-vis des consommateurs et de l’économie. En apparence on donne mais on sait très bien que demain l’inflation reprendra tout. C’était la politique de la France depuis 40 ans. Les politiciens distribuaient. La monnaie s’effondrait. On dévaluait et tout le monde était content. Les salariés et les consommateurs qui n’y voyaient que du feu, mais encore plus les emprunteurs et les endettés, au premier chef l’Etat, qui remboursaient en monnaie de singe. Bien sûr les prêteurs, les épargnants et les investisseurs étaient lésés….et in fine les salariés tout autant, mais tout ceci étant incolore et inodore et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes politiques possibles. Manque de chance, les allemands se souvenaient, eux, qu’à partir d’un certain seuil, l’inflation peut provoquer des désastres irréparables et qu’elle devient alors un fléau social et économique de première grandeur. Et quand l’Euro est né, ils ont tenu a en garder le contrôle. Ô, ils ont été « cool » au début, ils ont bien voulu que la masse monétaire en circulation continue de s’inflater de près de 10% par an mais, aujourd’hui, ils ont peur- vu la hausse des matières premières- et la très grande majorité des pays européens les suit. Alors Sarko qui veut les ramener au bon vieux temps d’avant l’Euro, est complètement « à côté de ses pompes ». Sa présidence européenne s’annonce déjà comme un fiasco complet tout comme sa politique économique en France.

 

3-Une présidence pour rien ?

 

A ne pas vouloir s’attaquer aux vrais problèmes économiques qui se posent à la France : surendettement, prélèvements obligatoires mortifères, socialisation trop forte de la société française (services publics, administrations et collectivités locales obèses, coûteuses et insuffisamment efficaces )….sans parler d’absurdité hypocrites telles que l’ISF, les 35 heures officielles ou le maintien de nos 250 et quelques niches fiscales, il nous conduit tout droit vers le mur dès l’année prochaine.

Politique réactionnaire de droite avez-vous dit ? Non ! Tout juste la continuité socialiste ou chiraquienne et le même aveuglement devant les réformes qu’il faudrait faire et que l’on ne fait pas et que seuls l’Europe et l’écrasante majorité de nos partenaires européens continueront de nous rappeler.

25 mai, 2007

SARKO ET L’EUROPE par Pyrrhon.

Classé dans : politique Europe grippages — elis @ 9:13

 

Campagne électorale oblige, les candidats racontent n’importe quoi pour rallier le maximun de voix et gagner l’élection.

Sarko n’a pas failli à la règle . Tour à tour anti turc, protectionniste mais aussi positif sur l’idée de relancer l’Europe par un texte simplifié, il n’a pas failli à la règle et n’en a pas été à une contradiction près. Mais, qu’en est il aujourd’hui après 15 jours de pouvoir ?

C’est très intéressant car déjà des évolutions s’esquissent même si des ombres demeurent.

D’abord, Sarko s’est précipité chez A.Merkel. C’était beau ! C’était grand ! et il a bien fait de le faire . La France et l’Allemagne au cœur du projet européen. Réalité incontournable. Et simultanément, on a su que même si des points d’accord pouvaient se dessiner, les réalités nationales n’épargneraient pas aux deux dirigeants, qui par ailleurs doivent s’apprécier, de forts points de désaccord.

Hier,25 mai 2007, Sarko s’est rendu à Bruxelles auprès de la Commission. Et cela aussi c’était bien, très bien, et hautement symbolique. Et tout comme avec Angela, les lignes de force ont été tracées et sont particulièrement intéressantes.

 

Pour un libéral , forcément européen, que sait on aujourd’hui ?

 

  • EADS : Sarko ne fera pas de la renationalisation rampante. Le problème d’EADS c’est son pacte d’actionnaires (dixit sarko). Il a totalement raison. Angela doit être d’acord même si elle sait qu’en matière d’actionnariat dans EADS, l’Allemane publique pèse peu par rapport à la France et, qu’au finish, elle doit pourtant rééquilibrer les pouvoirs entre les deux pays. A suivre. Mais, jusque là, on est plutôt dans le positif. Une très grande entreprise européenne, avec des atouts intacts, va se réorganiser. Elle sera privée et des vrais patrons viendront la diriger.
  • La relance du fonctionnement de l’Europe à 27 : Avec les règles actuelles- unanimité- l’Europe à 27 ne peut pas fonctionner. Chacun le sait et chacun est conscient qu’il faut en sortir. Sarko a proposé un texte simplifié qu’il pourrait faire ratifier par le Parlement. Mais la plupart de ceux qui ont ratifié la défunte « Constitution » tiennent à conserver son volet social et notamment l’Allemagne. D’autres se contenteraient bien de Lisbonne qui leur donne des pouvoirs considérables – Pologne – ou qui correspond parfaitement à leur philosophie d’une grande et bonne zone de  libre échange (Grande Bretagne). Autour de l’idée d’un nouveau texte, il n’y a pas néanmoins de blocages absolus, ce serait tuer l’Europe. Angela consulte. Sarko se propose de l’aider. La Commission est au travail pour tenter de dessiner de nouvelles majorité qualifiées. Gageons qu’on en sortira et que Sarko pourra peut être faire ratifier un nouveau texte par le Parlement réuni en Congrès, tout en expliquant urbi et orbi à ses concitoyens « qu’il ne remet nullement en cause leur vote souverain ».
  • La Turquie : les positions radicales de Sarko ont fait l’effet d’une douche froide en Europe et les Turcs, ils ont bien raison, ont commencé à boycotter les entreprises françaises. A Bruxelles, heureusement, le problème a été vite réglé. Sarko a répété qu’il ne voulait pas de la Turquie. Barroso a rappelé les accords antérieurs, y compris de la France, le calendrier des négociations, très progressif et très étalé ( On parlera de l’entrée de la Turquie dans 12 ans), et Barroso a  rappelé à Sarko, qu’ en Europe, personne n’avait envie de bouger sur ce dossier… et que si un Etat souverain- nous- voulait bloquer le processus contre tous les autres, il n’avait qu’à prendre ses responsabilités et exercer son droit de veto. Gageons que le dossier sera replié pour quelque temps.
  • Les autres avancées franchement réactionnaires de Sarko : Il faut renforcer les protections aux frontières. Il faut surtaxer les importations des pays pauvres qui ne respectent pas les droits sociaux européens ( ???). Il faut que l’OMC ne sacrifie pas l’Europe au profit des Etats-Unis ( ??? ). Il faut camper « l’arme au point » sur les limites que nous avons fixé à Bruxelles pour la protection de notre sacro sainte PAC et ne plus accepter la moindre évolution, défense des grands céréaliers et betteraviers oblige. Tout cela est, soit mal connu, soit franchement pas sérieux. Attendons de voir si ces postures intransigeantes et franchement politiciennes, pour ne pas dire poujadistes, se matérialiseront dans quelque chose de plus solide.

16 mars, 2007

Ou va l’Europe ?

Classé dans : politique Europe grippages — pyrrhon @ 7:08

OU VA L’EUROPE ? Y a-t-il un avenir pour l’Europe ?Après la « panne » pourra t elle repartir ?  En vérité, chacun le dit, l’avenir est sombre pour les pro européens.  De fait, schématiquement, deux grands courants de pensée s’affrontent au sein de l’Europe : ·        D’un côté, les « libéraux » : Grande Bretagne, droites européennes (CDU allemande, PPE espagnol ou droite italienne…),et nouveaux entrants des pays de l’Est  ·        De l’autre, les sociaux démocrates : gauches européennes, France. Les premiers ont une vision simple de l’Europe : on vise le bon fonctionnement du grand marché, persuadé qu’il donnera de la force à une Europe vieillissante et qu’il enrichira tout le monde. La référence est claire et nette. C’est le traité de Rome dans ce qu’il a de plus fondamental : liberté de circulation dans toute l’Europe des hommes , des capitaux , des biens et des services. Peut être un vrai rôle économique, et plus seulement monétaire, pour la BCE à l’instar de la FED américaine ? Ceci pour les objectifs économiques. En matière de politique étrangère et de défense, pas d’états d’âmes non plus. L’Amérique est là pour nous défendre et nous protéger. C’est notre allié indéfectible et on le suit s’il a besoin de nous (cf : Irak). La  Grande Bretagne par tradition historique et les pays de l’Est parce qu’ils savent, d’instinct,  ce qu’ils doivent à l’oncle Sam et ce qu’ils lui devront peut être encore demain face à l’ogre soviétique. Côté sociaux démocrates et France, c’est plus complexe. Les gauches européennes et la France n’aiment pas le « grand marché ». En outre , on aime pas l’Amérique. Ce que l’on veut c’est d’abord l’Europe des nations (sur ce terrain les « libéraux » les suivent ; l’idée d’Europe fédérale est morte et enterrée depuis un certain temps. Seul compte le Conseil des ministres même si l’on dit aux électeurs que ce sont les clones de Bruxelles qui gouvernent) Et dans cette Europe des sociaux démocrates ce que l’on vend aux électeurs c’est avant tout l’Europe sociale, l’Europe qui écoute les citoyens,  l’Europe qui protège et non pas l’Europe qui oblige à se battre. Toute référence au libéralisme et à la concurrence est donc exclue. Pire on s’y oppose fermement. Voir les blocages et les discussions sans fin sur la libéralisation des services ou l’affaire franco française des « plombiers polonais ». Dans ce camp, ce que l’on privilégie ce sont les projets concrets et très étatiques entre « grands » ( les petits ou les nouveaux entrants étant plutôt regardés de haut ou avec dédain) : Europe de la défense, Europe de l’énergie, Europe des transports, Europe des grands entreprises  mais de préférence les siennes. Si l’on fait mine, de l’extérieur, de vouloir se marier avec l’un de nos géants on se cabre et l’on s’oppose, patriotisme économique oblige. Trouvera t on jamais des terrains d’entente ? On peut se poser la question. 

 La relance de l’Europe va poser de sérieux problèmes. Elle est indispensable si l’on veut que l’Europe à 27 fonctionne car la règle de l’unanimité bloque tout au conseil des ministres. Mais les tentatives de relance révèlent déjà que le succès n’est pas pour demain. Ainsi en va t il des 18 qui ont déjà approuvés la « Constitution » Giscard et qui se sont réunis le 25 janvier dernier à Madrid pour faire repartir le projet sous l’impulsion d’Angela Merkel, laquelle, grande coalition avec le SPD oblige, encourage le texte initial à peine amendé, parce qu’il fait une part plus belle au « social » que les textes existants. Et, sans surprise, d’où sont venus les objections des opposants  (déjà fortement  irrités fin décembre 2006  par la mutilation du texte sur la liberté d’implantation des services à l’initiative du parlement européen dominé par les sociaux démocrates) et qui veulent garder leur droit de veto? De Grande Bretagne, de la République Tchèque, de la Pologne ! Les pro libéraux bien sûr. Qu’en serait il, si tant est que la France ratifie un jour la Constitution « Giscard »,  s’il fallait un jour aller encore plus loin et construire une véritable Europe économique- complément indispensable d’une monnaie unique- en harmonisant politiques fiscales,  politiques sociales et même politiques de l’immigration?  Le bout du tunnel n’est pas pour demain ! 

L’Europe bureaucratique et ses conséquences par Guy Millière

Classé dans : politique Europe grippages — pyrrhon @ 7:04

L’Europe bureaucratique et ses conséquences

par Guy Millière

Tous les candidats à l´élection présidentielle d´avril-mai 2007 en France abordent la question de l´Europe, mais d´une manière profondément biaisée : souverainistes et  nationalistes insistent sur les « abandons de souveraineté » qu’implique toute avancée supplémentaire vers le fédéralisme, et accompagnent en général leur discours de propositions protectionnistes aux allures fort archaïques et fort ineptes économiquement. Les socialistes et marxistes divers disent, eux, sans définir un seul instant le « libéralisme » dont ils parlent, que l´Europe qui se construit est « libérale » et proposent une Europe plus « sociale ». D´autres encore, au centre-droit, affirment que seule l´Europe nous permettra de tenir notre rang dans le monde actuel.La réalité oblige à dire que l´Europe telle qu’on l’a construite en a bel et bien impliqué, des abandons de souveraineté : le Président de la République française a, de facto, moins de pouvoir en la plupart des domaines  qu´un gouverneur de l´un des cinquante états qui composent les Etats-Unis. Ne pas prendre la mesure de ce que signifient ces deux adjectifs équivaut à s´aveugler sur les enjeux politiques, économiques et culturels des années à venir. Cet aveuglement pourrait expliquer les biais des discours sur l´Europe, et des discours politiques tout court, tenus aujourd´hui.Une intervention récente de John Blundell, Directeur général de l´Institute of Economic Affairs, à la Heritage Foundation de Washington,  offre une excellente occasion de recadrer les choses.Comme le note Blundell, il s´agissait au départ, après la Seconde Guerre mondiale, de bâtir une Europe de la coopération, sur les décombres laissés par nationalismes et totalitarismes. Il s´agissait de dessiner la perspective d´un grand marché, d´un espace de liberté, d´échange, de partenariat et d´amitié. Il s´agissait donc d´un projet d´essence libérale.Pourtant, le ver bureaucratique était dans le fruit, dès les années 1950, sous la forme d´une Commission non élue et d´une Politique agricole commune, « le système d´aide à l´agriculture le plus inefficace et le plus inhumain jamais conçu ». Le constructivisme était là aussi, en ce qu´il s´agissait d´un projet qui entendait reconstruire une entité politique destinée à conjurer le passé récent tout en faisant table rase de ce que ce passé comportait de liens à une histoire plus profonde.Nous sommes maintenant dans une période  où il apparaît que le ver a presque entièrement mangé le fruit.  La bureaucratie a suscité des réglementations multiples et proliférantes. Le déficit démocratique n´a cessé de s´accentuer, confisquant les pouvoirs locaux et nationaux.
Le constructivisme a tenté de bâtir une identité européenne qui, faute de pouvoir se définir en énonçant ses propres valeurs, se définit par opposition et par différenciation d´avec ce dont elle entend se démarquer.
Et, dimension lourde de sens et de conséquence, cette opposition et cette différenciation se font par rapport à la société qui est restée dans l´ensemble fidèle  aux valeurs libérales : les Etats-Unis, alors que l´Europe leur tournait  progressivement le dos.Au début, dit Blundell, les Etats-Unis ont considéré avec bienveillance le processus de construction européenne,  y voyant surtout la dimension libérale. Ils se retrouvent aujourd´hui face à une réalité européenne très éloignée du projet initial. « Nous en sommes arrivés au point », précise Blundell, « où l’association avec les Etats-Unis a laissé place à une hostilité montrant que l´Europe entend, au mieux, être une rivale, et en aucun cas une partenaire ».Les Etats-Unis ont, ajoute Blundell, une part de responsabilité dans ce qui s´est passé. L´assistance militaire qu´ils ont fourni à l´Europe a permis aux Européens de vivre sous le parapluie d´une défense qu´ils n´avaient pas à financer, ce qui leur a permis de consacrer davantage d´argent à des réglementations diverses, à des constructions multiples, et de vivre en assistés déresponsabilisés.Avant l´effondrement du mur de Berlin, le 9 novembre 1991, demeurait une gratitude latente vis-à-vis des Etats-Unis, même si l´éloignement de l´Europe vis-à-vis des valeurs libérales était devenu patent : tandis que les Etats-Unis défendaient le monde  avec la doctrine Reagan, et que la défense de la liberté y restait une valeur essentielle, on parlait d´apaisement en Europe et on y défilait au rythme de slogans pacifistes du genre « plutôt rouges que morts ». La croissance en Europe s´essoufflait sous le poids des charges redistributives, mais on continuait à voir fondamentalement les Etats-Unis comme un partenaire essentiel. L´ouverture des frontières de 1992 n´avait pas encore eu lieu, et on n´avait pas envisagé encore en Europe de passer à l´étape véritablement et pleinement « politique » du projet, celle qui prendra forme à partir du traité de Maastricht.

.

Quinze ans plus tard, tout a changé. La disparition de la menace soviétique a permis aux Européens de s’imaginer qu´ils étaient entrés dans une phase de paix perpétuelle, où tous les problèmes pourraient se résoudre par la diplomatie, et où l´Europe pourrait s´affirmer « supérieure », puisque faible militairement mais certaine de son raffinement intellectuel.
La monnaie unique a été instaurée sans que l´Europe ne soit devenue un espace politique, social et fiscal. Le réglementarisme européen a installé une sclérose croissante qui fait que l´Europe décroche de la mondialisation en cours.
Les Européens ne comprennent plus des Etats-Unis d´Amérique, moins sclérosés, en prise avec la mondialisation, plus jeunes, plus aptes à se défendre, pas du tout assurés de la moindre supériorité intellectuelle, mais intellectuellement connectés aux mutations planétaires.Ils se définissent, au contraire, essentiellement comme non Américains et, s´étant éloignés des valeurs libérales, ont aussi pris leurs distances vis-à-vis du pays qui continue, pour une bonne part, à les incarner.Cet écart, le 11 septembre 2001 a permis de le mesurer. Les Etats-Unis y ont vu une menace pour la liberté,  impliquant une attitude ferme et la nécessité d´agir. L´Europe a vu un trouble pour l´ordre social-bureaucratique paisible qu´elle rêve d´instaurer.Les Etats-Unis ont entrepris une guerre défensive contre le terrorisme et l´islam radical. Les dirigeants européens voient dans cette guerre une immense faute perturbatrice commise par les Etats-Unis, et ils voient dans les Etats-Unis la principale menace pour la paix d´un monde où, les dirigeants européens en sont sûrs, il devrait être possible de s´entendre diplomatiquement, bureaucratiquement, réglementairement, avec tout un chacun,  et où aucun danger majeur n´existe puisque l´histoire, constructivisme oblige, n´existe plus.Le divorce semble consommé. Des sondages montrent que les Européens souhaitent désormais en majorité,  et quel que soit le pays concerné  (à l´exception des Pays Bas), que les relations avec les Etats-Unis soient plus distantes sur tous les plans, y compris militaire. Des sondages réalisés aux Etats-Unis montrent symétriquement que les Américains pensent de moins en moins que l´Europe est un allié privilégié.

En Europe, la croissance économique est plus faible, la peur de la mondialisation et de l´innovation plus grande, la démographie plus asthénique. Un découplage est en cours
avec, d´un côté, des Etats-Unis plus dynamiques, plus jeunes, plus vigoureux, plus innovants, prêts à affronter les dangers du monde qui vient, et, de l´autre côté, une Europe sans dynamisme, sans jeunesse ni vigueur, déficitaire en termes d´innovations, prête à se courber devant les dangers qui montent, qu´il s´agisse de l´islam radical ou de la Chine.

Les racines du divorce, dit Blundell, tiennent « au caractère non démocratique de l´Europe », présent dès l´origine, et à la dérive vers la bureaucratie et le constructivisme, dont Blundell dit qu´elle était logique, au-delà même des effets de l´assistance militaire américaine :

« il n´existe pas d´espace public européen, pas de demos européen »,

pas de langue ou de culture commune.

- Elles tiennent à la dimension intrinsèquement stérilisatrice inhérente au constructivisme européen:

 « la réglementation a été le moyen par lequel on a créé  l´Europe et institué, puis renforcé,  des institutions supranationales ».

En moyenne, poursuit Blundell,

« chaque année, une bureaucratie non élue et qui n´a de comptes à rendre à personne surajoute 2500 nouvelles règles »

- Elles tiennent à l´étouffement économique et démographique auquel se contraint l´Europe.« La population de l’Europe commence à chuter en termes absolus »,dit Blundell. En termes de PIB,« l´économie américaine croît au rythme d’un doublement tous les 25 ans, celle de la zone euro d’un doublement tous les 140 ans ».- Elles se sont renforcées avec la création de l´euro, « dont l´objectif était politique et non pas économique ».
« Les faits démontrent qu´il n´existe pas un taux d´intérêt qui puisse convenir à tous dans une économie morcelée où la mobilité du travail est faible, où il n´existe pas de langue commune, où il n´existe pas de transferts entre Etats du type de ceux qui existent aux Etats-Unis, ils montrent même qu´il est difficile en pratique de trouver un taux d´intérêt qui convienne à quiconque ».

En ne comprenant plus les valeurs libérales, l´Europe, dit Blundell, ne comprend plus les Etats-Unis, mais, surtout, elle ne se comprend plus elle-même et elle ne comprend plus
le fonctionnement du monde tel qu´il devient et tel qu´il se trouve pétri par les idées libérales.
Le problème auquel nous sommes confrontés dans ces conditions, dans les débats en cours en France concernant l´Europe en attendant les élections d´avril-mai 2007, ce n´est pas tant celui posé par les « abandons de souveraineté », même si ceux-ci sont bien réels. C´est celui de la bureaucratie qui continue à proliférer. C´est celui du constructivisme. C´est celui qui, plus loin que le découplage d´avec les Etats-Unis, signifie un découplage profond d´avec les valeurs libérales.La réponse ne peut tenir ni dans un retour vers la souveraineté et vers le nationalisme qui s’accompagnerait de protectionnisme : ce retour proposé ressemble à l´espoir d´un retour à l´ordre ancien, repose sur l´incompréhension du monde suscitée par les dysfonctionnements européens et, sous prétexte de protection, ne ferait que couper davantage encore ceux qui y céderaient du monde tel qu´il devient.La réponse ne peut se situer, bien sûr, du côté du socialisme : la survivance du discours socialiste en Europe peut, au contraire apparaître comme l´un des effets secondaires les plus délétères de la dérive bureaucratique
et constructiviste de l´Europe.
Le retour vers des valeurs libérales semble difficile, tant la dérive et ses multiples effets secondaires sont installés.L´idée soivant laquelle nous pourrions  tenir « notre rang » grâce à l´Europe relève de l´illusion. Bureaucratie et constructivisme empêchent de comprendre le fonctionnement du monde, disais-je plus haut.Les débats politiques qui ont lieu aujourd´hui en France se situent dans un contexte où une part cruciale des possibilités de décision est d´ores et déjà confisquée par la bureaucratie européenne, et où abondent les illusions propagées par le constructivisme.Les candidats à l´élection présidentielle n’abordent la question de l´Europe que d’une manière faussée.  Et ils continueront à le faire tant qu’on ne dira pas ce que Blundell souligne concernant la construction européenne, et qu’on ne placera pas l’ensemble au coeur des débats.Cela doit être fait ; mais ce ne sera pas facile.Comme le note Blundell,« la construction européenne s´est opérée à partir d’une volonté de gérer la vie économique et politique de façon à créer un consensus  et à exclure ou marginaliser  ceux dont on considère comme non conformes  la conduite ou les conceptions. Elle se caractérise aussi par une préférence pour les droits collectifs au détriment des droits individuels et par une détestation envers la concurrence non « administrée » dans les secteurs économique et politique ».

Ce sera d´autant moins facile que le projet de Constitution n´est pas définitivement écarté et que sa promulgation sous quelque forme que ce soit impliquerait

« une extension du vote à la majorité qualifiée au Conseil Européen, qui mettrait quasiment fin à toute possibilité de veto national ».

Ce n´en est pas moins nécessaire si l´on veut espérer éviter le pire. John Blundell encore :

« L´Union Européenne s’enfonce dans une impasse qu´elle a elle-même construite, sans apporter le moindre avantage à ses membres ».

Et de citer Lady Thatcher, et je reprendrai cette citation pour conclure :

« Qu´on ait édifié un super-Etat aussi inutile, malfaisant et irrationnel apparaîtra sans doute, dans les années futures, comme la plus grande folie qu´aient connus les temps modernes ».

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