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2 février, 2012

presidentielle incertaine

Classé dans : politique France Présidentielle — elis @ 19:21

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2 février 2012

Présidentielle incertaine

La présidentielle est dans moins de trois mois mais la classe politique française a du mal à changer ses habitudes alors que la crise mondiale et la situation périlleuse de l’économie française appelle maintenant des changements radicaux et l’adaptation à un nouveau monde.

Les réformes nécessaires on les connaît. Le modèle est quasi universel

  • Il faut baisser les dépenses publiques, surtout quand elles représentent 56% du PIB, le record de l’OCDE
  • Libérer les entreprises, et notamment les PME, des charges qui les entravent, impôts trop lourds, droit du travail anachronique
  • renforcer la fiscalité qui touche les classes moyennes et supérieures : CSG ou TVA ciblée et bien sûr protéger les plus pauvres.
  • S’attaquer aux monopoles et faire jouer la concurrence
  • Et en France supprimer immédiatement les folies socialistes de l’ère Jospin, retour progressivement aux 39 h, fin de l’ISF mais aussi des niches fiscales, sauf celles qui créent fortement des emplois
  • Et enfin ramener la dette en 5 ans à 65 % du PIB et le déficit public à 3% et, pour que tout cela soit crédible, il faut dire clairement comment on va faire et s’y tenir

Le problème c’est qui pour le faire et comment le faire?

Le comment est presque le plus facile. Il faut s’arrimer à l’Europe le plus rapidement possible, copier la plupart de nos voisins, et surtout l’Allemagne, déjà très en avance sur nous sur la voie des réformes nécessaires.

Le vrai problème c’est qui ? Heureusement, aujourd’hui, on constate de légers frémissements vers ce qu’il faudrait faire dans notre chère classe politique. Mais évidemment pas partout. Eliminons d’emblée les extrèmes qui refusent l’Europe..Mais impossible de s’arrêter là. Le PS, lui, en est encore à 1981 ou presque : renforcement des services publics, multiplication des impôts et mariage gay. Une petite lueur du côté des PME mais, horreur, maintien mordicus des 35h, de la retraite à 60 ans pour certains, enfin et surtout, remise en question des accords européens et refus de la règle d’or. Ce n’est pas du côté Hollande que viendront les solutions crédibles. Exit aussi les verts qui avec les 4% promis à Mme joly ne compte plus dans le paysage.

Reste deux lueurs d’espoir, l’une du côté de Sarkozy qui, à 100 jours de son départ, commence timidement à sembler vouloir faire ce qu’il aurait du faire depuis longtemps. Lui non plus ne touche pas trop à nos vaches sacrées du service public mais il ose parler TVA sociale, accords européens avec Merkel, libération du marché du logement et surtout accords de compétitivité qui pourraient devenir obligatoires par accord majoritaire des salariés de chaque  entreprise, hors petites. Sarko promet aussi le rétablissement des comptes dès 2016. Tout cela est pas mal et cela fait de Sarko un candidat presque crédible…à condition qu’il tienne car le gaillard change un peu trop souvent de direction.

Beaucoup  de nos voisins se sont retournés vers  des accords implicites droite gauche et parfois des techniciens (Monti) au lieu des politiques pour s’attaquer aux problèmes en renonçant à  l’électoralisme et au clientèlisme habituels.
Mais rien de tel en France et c’est bien dommage

Reste Bayrou. Qui vient de présenter son programme et ,surprise , lui aussi, ce n’est pas trop mal. C’est même mieux que sarko sur les grands équilibres . Il annonce la couleur. 100 milliards à trouver, 50 %par réduction des dépenses publiques ( Il ose) et 50 % par les impôts, mais surtout rabot sur les niches fiscales .C’est équilibré et c’est ce que tous les gens sérieux proposent de faire. Et , bien entendu, il garde tous les accords avec l’Europe et accepte aussi la règle d’or.

On peut donc supposer que si Bayrou , au 1° tour arrive en deuxième position il n’aura plus qu’à négocier. Avec qui ? Si le N° 1 est hollande, ce qui est le plus probable il doit rallier à lui  l’UMP. Le fera t il ? Il sera peut être plus tenté de se tourner vers le PS. Dans une situation aussi inédite , difficile de dire ce qui adviendrait.

De toutes façons face à Le Pen, au moins 20%, et Sarko, au moins 23%, on voit très mal Bayrou au second tour. Par contre , vu son programme, si Sarko est encore là face à Hollande, c’est à lui qu’i devrait dédier ses voix. Et si c’est Le Pen, on connaît la réponse. Elle aura contre elle70% des votants.

En résumé des lueurs d’espoir du côté de deux candidats au moins mais une situation qui demeure fort confuse.

 

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4 octobre, 2011

Juppé

Classé dans : politique France Présidentielle — elis @ 7:32

1 L’homme

  • Unebelle prestance
  • A fond pour une Europe plus forte
  • Une connaissance approfondie des ministères et de l’Etat
  • Une bonne connaissance des réflexes et habitudes de ses concitoyens
  • A payer pour les «turpitudes» de Chirac sans faiblir et sans « balancer ». L’homme est
    honnête et courageux.
  • A priori anti FN de conviction et proche des centristes

MAIS

  • Enarque jusqu’aux bout de ongles
  • Vraiment rien d’un républicain américain, l’Etat
    n’est pas le problème pour lui et sur les questions de société il ne pense pas
    grand-chose. Son domaine d’aisance et d’épanouissement c’est l’Etat .mais il
    est prêt à en lacher quelques morceaux pour faire un début d’europe fédérale.
  • Pas un très bon politicien non plus.

2 Ses convictions sur l’Euro

Pas très convaincant sur l’Euro lors d’un récent débat avec Eric Zemmour qui l’abordait avec  des questions précises et parfaitement
pertinentes (cf ci-dessous) :

  • L’Euro nous a mis à la merci des exportations des pays du nord qui ont des charges
    sociales et fiscales plus faibles que les nôtres et alors qu’on ne peut plus
    répliquer depuis 10 ans par des dévaluations. D’où les déficits croissants de
    notre balance commerciale.
  • L’Euro nous a enfoncé dans notre péché mignon, à savoir emprunter à tout crin, même
    pour couvrir nos dépenses de fonctionnement, puisque nous pouvions profiter des
    taux hyper bas consenti au mark allemand par tous les prêteurs mondiaux. Ce qui
    nous amène aujourd’hui à une dette très proche de notre PIB, 95% en 2012, qu’on
    ne pourra jamais rembourser et, bien sûr, encore moins si nous sortons de l’€. D’où le cercle
    vicieux.
  • Enfin la plupart des peuples européens se sont déjà prononcés plutôt négativement
    contre une Europe plus fédérale ce qui rend bien difficile d’aller dans cette
    seule et unique direction qui serait pourtant la seule bonne pour s’en sortir

A tous ces arguments, de poids, Juppé n’a su répondre que par des incantations et sa
croyance en L’Europe. Bravo mais tout de même un peu léger même si l’on peut
penser, et c’est sans doute ce qu’il pense, que même si on y va à tous petits
pas, on finira bien par y arriver…à condition évidemment qu’on ne lâche pas
maintenant et donc que l’on sauve la Grèce et tous les autres ….en empruntant
toujours plus ce qui finira bien par faire sauter l’Euro. C’est en fait une course
de vitesse entre les bonnes mesures à prendre (renforcer très vite les pouvoirs
centraux de l’Europe) et les mauvaises, continuer d’emprunter en espérant que
tout finira par s’arranger avec la croissance revenue. A ce petit jeu nous
parierions plutôt sur l’échec . Mais Dieu veuille que nous ayons tort. Nous le
voudrions bien.

3 Ses chances si sarko renonce en 2012

Elles sont certainement plus grandes que celles de notre Président sortant.Il est reconnu
pour sa compétence. Il a une belle prestance. C’est un homme de l’Etat et tous
les français sont pour. Enfin les journalistes savent tous qu’il a payé pour
Chirac et que pour autant il n’a pas trahi ou changer de camp.

Seulement voilà, s’il apparaissait comme le nouvel homme fort de la droite française, il
y a fort à parier que la gauche, et toute la presse qui la suit,ne tarderait
pas une minute à rompre la belle aura paisible qui l’entoure actuellement. On
rappellerait très vite ses échecs antérieurs, sa rigidité et il y aurait même
sans doute des affaires ou des rumeurs qui ressortirait l’impliquant plus ou
moins directement.

Et le problème avec Juppé, comme avec toue la droite française, c’est qu’il n’est pas
sûr, que dans ces circonstances beaucoup moins bienveillantes, il saurait
réagir offensivement.

8 septembre, 2010

L’UMP et la presidentielle 2012

Classé dans : politique France Présidentielle — pyrrhon @ 15:44

 

Il parait de plus en plus clair que l’UMP n’est pas en ordre de bataille pour gagner les présidentielles.

Sarko est répudié par la vox populi et le verrouillage de l’UMP, par son cercle dirigeant, en dépit des efforts de J.F. Copé pour s’en affranchir, en fait de plus en plus un parti de godillots représenté, dans le cercle dirigeant, par des personnages médiocres et plutôt antipathiques. Xavier Bertrand est une horreur. Il pue la suffisance et le côté retord. Il n’y a strictement aucune noblesse, courage, ou empathie en lui. Comment un parti peut il être représenté par un personnage aussi peu sympathique ? L. Wauquiez c’est au moins aussi triste. Petit marquis qui rend compte du message du jour et qui excelle dans le politiquement correct. Pas la moindre lueur de noblesse, de courage ou d’élégance là non plus. Luc Chatel fait des efforts. Il est plutôt gentil. Mais franchement pour l’Education nationale , il ne fait pas le poids.

La marquise est toujours la marquise. Elle est toujours politiquement correct et ne dit rien d’autre que les platitudes qu’on attend d’elle. Rien à dire des autres ministres de rang 1. Ils font leur boulot sans plus. Quant à Eric Woerth , en dépit de ses éminentes qualités, on sait ce qu’il en advint. Lui aussi, comme bien d’autres, a été détruit par le Canard, qui fait toujours la loi en France, et par Mediapart

Deux second couteaux sont moins inexistants : P. Lelouch dont on sent qu’il a quelques difficultés à se rallier aux platitudes ou manoeuvres élyséennes et maintenant Baroin qui vient de réviser officiellement le taux de croissance de 2,5% pour 2011. Il était temps. Le même, avec Copé, est pour une certaine ouverture de la parole dans l’UMP et, suivons leur cible, un « virage » en bonne et due forme de Bertrand ce qui ne serait pas plus mal.

Mais tout celà ne remettra en selle ni Sarko ni l’UMP. Tant que ce parti demeurera un ectoplasme de politiciens falots et froussards, la gauche, ses outrances et ses condamnations de tout et de rien, continueront de faire la loi dans l’esprit des foules et dans les medias.
On attend toujours de nouveaux leaders à l’UMP, généreux, sympathiques, courageux et qui ne cachent pas leurs convictions vis-à-vis de la gauche et des syndicats. Un peu d’honneur et de panache ! Vous en manquez par trop messieurs. Et qu’importe ce qu’on en pensera au château. Vous n’êtes pas là pour faire carrière mais pour penser aux intérêts de la France. On attend maintenant des leaders de la trempe de Dany le rouge mais cette fois à Droite et qui osent dire que l’ISF est une absurdité, que le droit du travail doit être instamment révisé, que seul le secteur marchand crée de la richesse et que les services publics français , à l’aune de leurs homologues européens, sont trop coûteux et trop peu efficaces, ce qui pèse lourdement sur la collectivité nationale. Dire aussi que le clientélisme outrancier de la gauche dans les collectivités territoriales et les 650000 emplois de fonctionnaires qui y ont été créés en 10 ans sont le meilleur moyen de ruiner la France et de nous conduire à un endettement insupportable.

Ce qui nous ramène au postulat de base. Pour que la majorité sorte de la nasse et que de nouveaux leaders apparaissent, il faut impérativement autoriser les différents courants de pensée à s’organiser et laisser leurs leaders s’exprimer. La démocratie ne peut fonctionner que comme cela. Il est normal et même nécessaire, que quel que soit le sujet, des opinions différentes s’expriment dans un monde ou beaucoup de variables échappent aux politiques et ou la complexité et les changements sont extrêmes. Les économistes ont largement montré leurs limites. Les sociologues et les prévisionnistes aussi. Alors, de grâce, sortons des soit disant consensus et laissons les leaders politiques évacuer la langue de bois et ne pas cacher leurs convictions intimes et profondes.

Mais il y a plus, pour que l’UMP sorte définitivement de la nasse, il faudrait une véritable bombe médiatique et il y en une qui vient immédiatement à l’esprit. A l’issue de sa présidence du G20, il faudrait que Sarko annonce qu’il ne se représentera pas en 2012. Ce sera un véritable déchainement dans les medias et tout ce qui adviendra à l’UMP sera immédiatement plus important que les multiples bruissements du PS. Sarko ne sera pas nécessairement perdant s’il annonce qu’il veut donner sa chance au débat interne, à la jeunesse et à la démocratie dans le parti, ce qui lui permettrait même d’acquérir un profil de « vieux sage » qui lui fait tellement défaut , à lui « l’exciter », et lui permettrait, peut être, de se représenter en 2017.

La deuxième conséquence d’un tel tremblement de terre, ce sera aussi que les deux grands partis de gouvernement se retrouveront ainsi sur un strict plan d’égalité pour les débat internes et la course à la présidentielle. Aux PS les primaires déjà annoncées et à l’UMP, comme chez le voisin, également des « primaires ». Pour départager les candidats, il faudra s’inscrire et cotiser. A 30 € minimum cela commencerait au moins à décourager les fantaisistes sans compter que des refus d’adhésion pourraient être ordonnés.

Et alors que la fête commence. Bien sûr on verra Villepin, Alliot Marie, Borloo et quelques autres. Mais on peut aussi rêver de candidats aussi fringants que David Cameron ou Nick Clegg, qui ne dissimuleront pas les difficultés, mais qui seront aussi promouvoir les vraies valeurs de la liberté, de l’initiative individuelle et du refus de toutes les solutions d’assistance généralisée. Les français doivent reprendre le pouvoir dans tout ce qui les concerne et qui est du domaine local. Les grandes machines administratives et centralisées doivent commencer à être sérieusement dépoussiérées et dégraissées. Aux solutions socialistes il faut substituer des solutions d’initiatives , de liberté et de responsabilités individuelles. Les hommes naissent libres et égaux en droit mais ils le sont encore plus quand ils ne sont pas étouffés par l’Etat. Et ce sont ces valeurs là qu’un vrai parti « de droite » devrait promouvoir.

 

NB : le scénario d’un Sarko ne se représentant pas est évidemment totalement irréaliste aujourd’hui. Sarko joue de la sécurité comme d’une arme de reconquête, il semble vouloir ne pas lâcher sur les retraites, et, le budget 2011, selon les rumeurs, s’annonce sérieux puisque l’on passerait de 150 milliards de déficit à 100 milliards seulement en 2012. Tout cela, en principe, devrait être de nature à rassurer le peuple de droite sur la politique de son président et à redonner à Sarko les voix qui lui manquent aujourd’hui. Peut être mais rien n’est moins sûr. Seul l’avenir le dira, tant sur le retour à une vraie politique de sérieux et de rigueur de la part du gouvernement que sur la question de savoir si une telle politique serait de nature à réconcilier totalement Sarko avec l’opinion centriste qui lui échappe et, surtout, avec la droite populaire qui l’avait rallié en 2007. En principe les gouvernements courageux sont rarement récompensé par les électeurs. Il faudra donc suivre les sondages de popularité de Sarko dans 10 mois mais si rien ne change le scénario du départ de Sarko en 2012 apparaitra peut être beaucoup moins fantaisiste qu’aujourd’hui.

                                                     

16 mai, 2007

Revolution conservatrice française par N.Lecaussin

Classé dans : politique France Présidentielle — timon @ 7:19

En plus des bonnes nouvelles, comme la mort du Parti communiste français et les scores ridicules des gauches antilibérales, antiaméricaines et antimondialisation, nous avons pu assister durant ces élections au réveil d’une droite désinhibée et probablement à l’apparition pour la première fois en France d’un courant conservateur. Peu de spécialistes insistent sur le fait que la victoire de Sarkozy est aussi un pied de nez au « chiraquisme », cette fausse droite antilibérale, sans âme ni corps, complètement coupée des réalités économiques et de la vie des gens, incapable de comprendre la marche du monde et les bouleversements de la société, gavée à l’étatisme et à l’interventionnisme. Attirer six millions d’électeurs de plus que Chirac en 2002 c’est plus important que le million d’électeurs perdus par Le Pen qui est, on le sait très bien, plus une boîte de communication qu’une alternative politique crédible.

La France a eu enfin un candidat « conservateur » dans le sens anglo-américain du terme. C’est-à-dire un politique dont les valeurs sont le patriotisme mais aussi le libéralisme, la tolérance et la compassion, la réussite de l’individu et de l’entreprise privée, le culte des droits et des devoirs. A cela s’ajoute le rejet de la langue de bois et du discours vide de sens auxquels nous avait habitués l’ancienne génération de politiques issus de l’ENA (Ecole nationale d’administration), là où l’on apprend la forme sans le fond. Pour la première fois donc, le conservatisme politique en France n’est plus synonyme d’immobilisme et le conservateur n’est plus celui « qui tend à maintenir l’ordre social existant » (Petit Robert).

Mais Sarkozy va-t-il réussir à faire la révolution conservatrice française ? Pourra-t-il faire ce qu’ont fait un Reagan aux Etats-Unis ou une Thatcher en Grande-Bretagne, imités par Aznar en Espagne, Howard en Australie ou Koizumi au Japon ? Pourra-t-il arriver à la création d’une vraie droite conservatrice française qui s’imposera pendant des années dans le paysage politique ? Difficile de répondre à ces questions d’autant plus que l’histoire politique française ne plaide pas en faveur de ce conservatisme réformateur. Sur le plan intellectuel, nous avons eu d’un côté, Maistre, Bonald et Maurras, et de l’autre, Tocqueville, Constant, Aron et Jouvenel. Souveraineté, légitimisme, nationalisme chez les premiers, libertés, droits de l’individu et modernisme chez les seconds. Incapables de s’entendre, ces courants intellectuels ont été étouffés au XXe siècle par ceux de la gauche étatiste. Sur le plan politique, sous la Ve République, nous avons connu l’autoritarisme du général de Gaulle, le centrisme de Giscard d’Estaing et la droite gauchisante de Chirac. Le libéralisme a été absent des grandes rencontres électorales, sauf pour être condamné, tandis que la « pensée réactionnaire » maurrassienne s’est éteinte avec le temps. Mouvement de contestation, mélange de nationalisme, de protectionnisme et de quelques idées libérales, le lepénisme et l’extrême droite n’étant qu’une réaction au système et un rejet des appareils.

Ainsi, l’absence de conservatisme politique est une autre exception française. Mais les grandes révolutions conservatrices et libérales ont été faites par des politiques au-delà des traditions et des courants intellectuels. Le conservatisme américain de Reagan a réussi grâce aux actions des conservateurs de terrain comme Richard A. Viguerie et Bill Buckley, grâce aux associations de la société civile et au travail des « think tanks », ces laboratoires d’idées et d’action dont l’influence a été décisive. Les théories économiques de Friedman ou de Hayek n’auraient jamais suffi pour gagner la bataille. Elles n’ont fait qu’alimenter le débat, surtout après la victoire politique, et c’est ce que semble avoir compris Sarkozy qui s’est interdit toute allusion à un quelconque courant économique. Pareil en Grande-Bretagne et dans d’autres pays où, paradoxalement, la révolution conservatrice est partie de la base et non pas d’en haut. Attirer les classes populaires, sortir en tête dans les régions touchées par la désindustrialisation et pas seulement par les problèmes d’insécurité, sont des caractéristiques d’un vrai candidat conservateur. Reagan, Thatcher, Bush ont été élus (et réélus) par les classes populaires. En 2004, c’est « l’Amérique profonde » qui a voté pour le candidat George W. Bush pendant que l’Amérique bobo des villes de la Côte Est votait pour Kerry.

A en croire le magazine Marianne (du 28 avril) dont la Une portait le titre suggestif « Ce qu’il y a de Bush en lui », Sarkozy serait un clone du président américain, le lecteur devant comprendre que c’est explosif et très dangereux pour la France. Laissons la revue Marianne à ses peurs et ses frustrations et réjouissons-nous que de nombreux tabous soient tombés. Le chemin de la liberté est encore long mais le début est prometteur.

Nicolas Lecaussin,Ifrap

 

7 mai, 2007

Après l’élection de Nicolas Sarkozy

Classé dans : politique France Présidentielle — pyrrhon @ 21:50

 

06 mai 2007

MANDATS IMPÉRATIFS par Nicolas Baverez

    L’histoire retiendra que, le 6 mai 2007, les Français ont repris leur destin en main et engagé, après l’avoir différé depuis 1989, l’adaptation de la France à la nouvelle donne issue de la mondialisation et de l’après-Guerre froide. En élisant Nicolas Sarkozy, ils ont refermé le cycle de mensonge et de démagogie qui a réuni les présidences de François Mitterrand et Jacques Chirac, et donné deux mandats impératifs. Au nouveau chef de l’État, il revient de moderniser le pays. À ses opposants, il revient de réaliser l’aggiornamento de la gauche en assumant sa conversion à la social-démocratie.
    Avec 31,1 % puis 53, 3% des voix et un taux de participation record de 85% puis 86%, les Français ont donné à Nicolas Sarkozy une solide base politique pour conduire les réformes. Ils n’ont pas effectué un vote de rejet, mais d’adhésion. Aussi est-il hautement probable qu’ils confirmeront leur choix lors des élections législatives en donnant une majorité absolue au nouveau président. Les facteurs décisifs de sa victoire sont à chercher d’une part dans la cohérence et l’innovation de son projet, fruit de la rénovation de la doctrine de l’UMP, d’autre part dans sa crédibilité reconnue pour exercer la fonction présidentielle. Les cinq conditions requises pour moderniser le pays sont donc réunies : l’acceptation des réformes par l’opinion, un mandat clair des citoyens, un projet politique fondé sur la rupture, une forte capacité de leadership ; un gouvernement et une majorité stables.

    Nicolas Sarkozy se trouve ainsi face à une responsabilité majeure. Il a indiqué à juste titre qu’il voulait tout dire avant pour tout faire après. Il a promis qu’il ne trahirait ni ne décevrait ses électeurs. Il va devoir agir vite et fort. Et cela d’autant que son élection découle de la prise de conscience par les Français tant du déclin de leur pays que de leur paupérisation dans un monde qui s’enrichit. Et cela d’autant que son élection s’explique tout entière par sa compétence pour conduire le changement, qui a emporté les réticences sur sa personnalité. Pour devenir l’homme de la nation et de son temps, Nicolas Sarkozy n’a d’autre choix que de devenir le président de la modernisation française, à l’image de ce que fut le chancelier Schröder pour l’Allemagne. C’est par la réforme qu’il fera la démonstration que sa victoire n’est pas seulement celle de l’ambition mais celle de la France et que, contrairement à Jacques Chirac, il est apte à se hisser à la hauteur de la fonction présidentielle et de l’histoire.

    Le destin du quinquennat de Nicolas Sarkozy se jouera tout entier autour du redressement de la France. L’année 2007 sera déterminante, qui devra fixer les grandes orientations dans trois domaines. D’abord la réinvention d’un modèle français apte à générer une croissance forte et à renouer avec le plein-emploi, ce qui passe par la mise en place d’une stratégie de l’offre – fondée sur la libéralisation du marché du travail, le déblocage de la production par le démantèlement des réglementations malthusiennes, l’attraction des cerveaux et des talents via la normalisation des prélèvements fiscaux et sociaux, l’autonomie des universités et l’investissement dans la recherche – et par la réforme de l’État associant productivité des services publics et désendettement. Ensuite, le recouplage de l’autorité et de la responsabilité dans les institutions de la Ve République grâce au renforcement des pouvoirs du Parlement, à la transformation de la Justice en pouvoir à part entière, au contrôle des nominations, tous éléments indispensables pour rompre avec la corruption et le népotisme des années Mitterrand-Chirac. Enfin, la sortie de la crise européenne née du rejet du projet de constitution, la réintégration de la France dans le concert des démocraties, la refondation de la politique extérieure et de défense.

    Au sortir de l’élection, Nicolas Sarkozy dispose d’une légitimité incontestable. Il devra cependant trancher plusieurs dilemmes. Le premier touche à la clarification de la stratégie économique, qui devra opter en faveur de la ligne réformatrice et d’une insertion résolue dans la mondialisation et le grand marché, contre les tentations étatistes, protectionnistes ou corporatistes : il est ainsi vital d’exclure toute forme d’indexation des salaires sur les prix, aussi ravageuse pour la compétitivité que les 35 heures, et incompatible avec la monnaie unique. Le deuxième concerne la composition du gouvernement et les nominations dans la fonction publique, qui devront privilégier d’emblée le mérite et la compétence sur les allégeances ou la révérence. Le dernier porte sur la réconciliation du nouveau président avec la partie de la France qu’il inquiète et qui, à tort ou à raison, s’est mobilisée contre lui, notamment au sein de la jeunesse et dans les banlieues.

L’ouverture doit être politique, mais aussi sociale et civique. D’où l’importance de la méthode, qui doit concilier l’exigence de l’action et la culture du résultat avec le travail de conviction. D’où la nécessité d’un équilibre entre les domaines où le gouvernement devra agir seul et vite, et ceux où la négociation devra primer : avec les syndicats en matière de fonctionnement de la démocratie sociale, avec les collectivités territoriales pour endiguer l’envolée des dépenses locales, avec nos partenaires européens pour relancer l’intégration du continent.

    À gauche également, rien ne sera plus comme avant. Et ce d’autant que cette défaite nette vient conclure une élection a priori imperdable. Ségolène Royal, au fil d’une campagne percutante et innovante, a restauré l’honneur et la capacité de mobilisation de sa famille politique. Sans parvenir à surmonter son double déficit en termes de crédibilité du leadership et de cohérence d’un programme, plombé par l’archaïsme économique et social du projet socialiste. Elle a en tout cas créé les conditions de l’aggiornamento longtemps repoussé de la gauche, en faisant exploser les tabous sur l’impossibilité d’un positionnement social-démocrate et de l’union avec le centre.

    Au-delà des législatives, la gauche doit reconstruire une opposition crédible, ce qui passe par une révision de sa doctrine et de ses alliances, de ses équipes et de ses moeurs. Le choix de la social-démocratie doit être ouvertement assumé contre les tentations antilibérales. L’acte de décès de l’union de la gauche et de son avatar, la gauche plurielle, oblige à envisager un accord avec une partie du centre. Les comportements claniques doivent laisser la place à des pratiques et des choix transparents. Autant de changements qui s’effectueront au travers d’un affrontement féroce pour le leadership du Parti socialiste, voire une compétition avec François Bayrou pour la conduite de l’opposition face à Nicolas Sarkozy.

    Au nouveau président, comme à ses opposants, l’élection de 2007 impose une nouvelle éthique politique faite d’engagement, de responsabilité et de cohérence. Là est la rupture la plus profonde. Tout le mérite en revient aux Français.

Rédigé à 23:26 |

5 mai, 2007

Le choix par Alain Madelin

Classé dans : politique France Présidentielle — pyrrhon @ 21:13

 Le débat a eu lieu. Les termes du choix sont clairs.

Certes, les libéraux sont orphelins non seulement d’un candidat défendant franchement leurs couleurs, mais aussi, d’un débat qui aurait plus largement pris en compte les idées et les propositions qui sont les leurs depuis longtemps, et dont ils pensent qu’elles sont une exigence pour le pays.

Ils auront cependant observé avec satisfaction la disparition de l’extrême gauche antilibérale et l’évolution corollaire du parti socialiste, sous l’impulsion de Ségolène Royal vers des conceptions davantage social-démocrates, voire social-libérales. Mais il n’en reste pas moins que les propositions économiques et sociales de la candidate socialiste restent très largement marquées par un conservatisme étatique (« Touche pas aux interventions de l’État ! »), une relance keynésienne par la distribution artificielle de pouvoir d’achat, le partage du travail, des idées fiscales hostiles à la création de richesses et une conception de l’exercice du pouvoir très largement fondé sur la cogestion avec les syndicats.

En regard, Nicolas Sarkozy représente assurément une volonté d’action pour faire bouger la France, une volonté de la sortir de ses carcans, un appel à travailler et à entreprendre dans le cadre de réglementations fiscales et sociales plus légères. Le souhait encore de rendre les Français propriétaires, d’alléger le poids des fonctionnaires ou de faire bouger enfin l’éducation nationale l’université.

Les libéraux feront donc le choix de Nicolas Sarkozy.
Pour ceux qui sont engagés à l’UMP, ce choix va de soi. Ceux aussi qui se sentent de droite avant d’être libéraux -et ils sont nombreux- se reconnaîtront assurément dans un discours de droite franchement assumé et même fièrement revendiqué par le candidat de l’UMP. Les autres feront enfin tout simplement un choix de raison, par élimination.

Tout au long de cette campagne, nous avons cherché à repérer les propositions libérales, hélas trop rares dans les programmes des candidats. A souligner aussi les orientations heureusement plus nombreuses susceptibles de rallier les faveurs des libéraux. Nous avons voulu enfin souligner les erreurs ou les manques de cohérence que nous trouvions dans telle ou telle proposition.

Nous l’avons fait en toute honnêteté intellectuelle et en toute liberté partisane.
C’est en usant de cette liberté que nous avons notamment, dans notre analyse critique des discours des candidats, marqué notre inquiétude face à des propositions de Nicolas Sarkozy que nous jugions inadaptées, trop interventionnistes et même parfois franchement protectionnistes.

Nous l’avons fait dans un souci de continuité intellectuelle et de cohérence avec les analyses et les propositions développées depuis longtemps par les libéraux. Car ceux-ci croyons-nous ont davantage réfléchi aux contraintes du nouveau monde et de la nouvelle économie. Ils en ont davantage compris les mécanismes. À commencer par les ressorts de la liberté de choix et de la liberté d’entreprendre. C’est dire qu’ils croient davantage à un État qui libère qu’à un État qui Veut et qui Ordonne.

Nicolas Sarkozy veut assurément réussir, ramener la France sur le chemin du plein-emploi, apporter la prospérité économique, assurer un haut niveau de protection sociale à tous les Français.

Pour cela, face aux réalités, il ne pourra qu’empreinter les chemins de la liberté que les libéraux ont plus que jamais pour devoir de paver de leurs analyses et de leurs propositions.

Alain Madelin

 

 

20 avril, 2007

Ni Sego ni Sarko ne sont dans la roue de Blair par Sir H.Davies, directeur dela London school of economics

Classé dans : politique France Présidentielle — pyrrhon @ 21:45

   On se sent un peu nerveux et coupable en observant une farouche élection présidentielle dans un pays voisin. C’est le même sentiment coupable que l’on expérimente en écoutant une dispute familiale à la table d’à côté au restaurant. Comment résister à la tentation de prêter l’oreille, alors que le mari et la femme s’acharnent l’un contre l’autre, devant les enfants anxieux qui jouent avec leur fourchette ? Mais, en écoutant, vous vous rendez compte qu’il s’agit d’une affaire privée, d’un litige dont les raisons remontent loin dans le temps, dans une histoire qui vous échappe pour l’essentiel. Est-ce une dispute de fond sur l’avenir du ménage, qui aboutira au divorce et au tribunal, ou est-ce que le mari et la femme vont finalement faire la paix avant la tombée de la nuit ? Vous ne sauriez répondre à cette question.

Ainsi, au nord de la Manche, les Britanniques ont du mal à comprendre les enjeux réels de l’élection présidentielle française. Rhétorique à part, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy offrent-ils des visions profondément différentes de la France du futur ? Proposent-ils un plan crédible de remise en marche de l’économie française, ou bien se disputent-ils simplement sur la disposition des chaises longues sur le Titanic ? Et quid des propositions de François Bayrou ? Certains thèmes de cette campagne sont horriblement familiers aux Britanniques. L’immigration, avec le mirage d’un multiculturalisme pacifique, figure ici aussi dans toute élection nationale ou locale. Nous avons notre Front national, le British National Party, même si ses résultats électoraux ont été jusque-là beaucoup plus modestes. La criminalité est un autre thème familier. Bien que, statistiquement, le phénomène soit globalement en baisse au Royaume-Uni, certaines formes de criminalité violentes sont à la hausse, alors que la population des prisons explose, sans d’ailleurs qu’on puisse prouver que l’incarcération a un impact positif sur le phénomène criminel.

Perplexité britannique

En revanche, d’autres aspects de la campagne française laissent les Britanniques perplexes. Les quatre principaux candidats affichent des positions vis-à-vis de l’économie de marché qui les placeraient bien en dehors de la norme au Royaume-Uni. Aucun homme ou femme politique digne de ce nom, de droite ou de gauche, ne croira ici que la cause, ou la solution du chômage, puisse dépendre de la politique des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne, qu’elle soit basée à Londres ou à Francfort. Aucun politicien sérieux ne croira que la Banque centrale puisse organiser à elle seule une réduction efficace du taux de change, même si elle le souhaitait, ou que cela serait une bonne stratégie économique.

De plus, les notions de «  champions nationaux  », ou de «  protectionnisme  », ont disparu depuis longtemps du lexique politique britannique. Les conservateurs ont choisi le libre-échange dans les années 1830, les travaillistes s’y sont finalement ralliés au début des années 1990 sous Tony Blair. En mai 2005, au milieu des élections législatives, Rover, le dernier constructeur d’automobiles britannique, a fait faillite, sans qu’aucun parti politique ne se prononce pour une intervention de l’État. C’est ce qui arrive dans une économie globale : on se rassemble, on reforme les salariés et on avance. Donc, nous regardons avec un certain scepticisme les tentatives étranges de Ségo et de Sarko de se réclamer du blairisme. La voiture Blair est certes à vendre – les Britanniques n’en veulent plus – mais je doute que Ségo ou Sarko aient passé le bon permis de conduire. Sinon, le débat français sur l’Europe est beaucoup plus profondément ancré dans la réalité que le nôtre. Chez nous, l’européanisme est comme une relation amoureuse indécente dont personne ne veut parler. Désormais, les Britanniques sont tous devenus eurosceptiques. Même Tony Blair a depuis longtemps oublié les tonalités euro-enthousiastes qui animaient naguère son discours politique. La Constitution giscardienne est morte, vive l’Europe intergouvernementale, aussi peu pratique que cela soit dans une communauté à vingt-sept. En France, au moins, il y a un vif débat sur la façon de simplifier le processus de décision et sur la manière de remettre l’Union européenne sur les rails.

La grande peur de Westminster

La grande peur non déclarée dans les couloirs de Westminster, le siège du Parlement, c’est que le (la) prochain(e) président(e) français(e) émerge avec un mandat et une autorité suffisamment importants pour s’imposer à nouveau à Bruxelles et proposer une nouvelle constitution ou un nouveau traité constitutionnel que tous les pays, excepté le Royaume-Uni, accepteraient. Si c’est Nicolas Sarkozy, peut-être son projet sera suffisamment anodin, si c’est Ségolène Royal, qui sait ? Si c’est François Bayrou, que le ciel nous vienne en aide. L’issue de la présidentielle française sera attendue nerveusement par Tony Blair et Gordon Brown. Mon sentiment est que l’un comme l’autre préféreraient voir une victoire de la droite par une marge très faible, même si en bons socialistes (un mot qu’ils évitent désormais), ni Tony ni Gordon n’en toucheront mot. Quant à moi, cette campagne, mystérieuse pour les raisons évoquées, m’a rajeuni. J’ai habité Marseille et Paris dans les années 70, un temps fabuleux, avec la joie de mes vingt ans. C’était quelque chose, à l’époque, de voir gaullistes et ultras trotskistes se disputer le vote populaire dans un affrontement politique musclé. Qu’elle était grise la vie politique britannique, en comparaison ! En ce sens-là, rien n’a changé. Arlette Laguiller est toujours en piste et tant qu’elle est là, je peux croire que j’ai encore vingt-cinq ans. Arlette est le Mick Jagger de la politique française. Nous, les quinquagénaires, devons l’implorer de se présenter en 2012, lorsque la prochaine campagne présidentielle française – je ne peux m’empêcher de le souligner – sera le lever de rideau pour les jeux Olympiques de Londres.

28 mars, 2007

candide et la présidentielle

Classé dans : politique France Présidentielle — timon @ 17:10

 Or donc, en l’an 2007, les habitants de France furent conviés à se prononcer sur les mesures à prendre pour rétablir les finances du pays en fort mauvais état, résoudre les problèmes des zones suburbaines et du chômage, améliorer le fonctionnement des grands services publics du royaume, combler les abîmes des régimes des pensions et résoudre quelques autres dossiers de moindre importance dont le moindre n’était pas celui d’institutions sclérosées. Pour se faire, les habitants de France se mirent donc consciencieusement à l’écoute des propositions des candidats qui pourraient être le mieux à même de réussir ces travaux d’Hercule.

Il en résulta force propositions dont presque toutes consistaient à promettre d’augmenter les revenus des plus faibles, gonfler de crédits les grands services publics du royaume, promettre aux mille souffrances- mal logés, mal éduqués, mal aidés –  de les adoucir et même d’assurer à tous les immigrants clandestins d’être fait immédiatement citoyens de France pour peu qu’ils s’acquittent convenablement du devoir de scolarisation  de leurs enfants en bas âge.

De tels programmes, louables et ambitieux, ne pouvaient manquer, pensait on, de convaincre de très nombreux électeurs qu il fallait impérativement choisir les candidats présentant les plus généreux et mirobolants projets.

Il advint cependant qu’un Alceste mal embouché, sorte d’étranger dans son propre pays, un « ultralibéral » pour tout dire, osa poser un jour une question incongrue  en faisant remarquer qu’il lui semblait étrange qu’aucun candidat ne propose un programme tout simple susceptible de multiplier les richesses et donc de servir un peu mieux les mille et une souffrances dont fort opportunément les moins nantis se plaignaient. Car, leur dit il, vos prélèvements sur les plus riches ne seront que poussières pour réaliser les vastes projets dont vous nous entretenez. Et dans un monde sans frontières vous ne ferez ainsi qu’appauvrir encore un peu plus le pays car les serstèces et les ducats se seront enfuis.

En réalité ce qu’il convient de faire, en tout premier lieu, c’est d’accroître la richesse collective de vôtre belle nation et d’appliquer pour se faire les prorammes économiques qui ont fait leur preuves dans tous les pays qui progressent rapidement.

Mais, lui dit on, vous-même, que l’on voit si savant que nous proposez vous qui ne serait fantasmes ? Et quels remèdes avanceriez vous ?

Je ne saurai prétendre à l’exhaustivité mais souffrez néanmoins que je vous en baille quelques uns  en empruntant le langage de votre contrée exotique :

 

  • Vous devez créer des emplois marchands en :
    • diminuant les charges qui pèsent sur les entreprises
    • assouplissant le droit du travail
    • remettre vos gens  au travail en supprimant les 35 heures et en revenant aux 39 h

 

 

  • Vous devez diminuer le poids excessif du secteur public comparé aux autres nations de vôtre continent européen et rendre ces grands mastodontes de votre royaume beaucoup plus productifs (seul moyen de dégager plus de ressources pour l’économie « marchande ») et vous devez:
    • Ne remplacer pendant toute la législature qu’ un fonctionnaire sur deux partant à la retraite
    • Supprimer le maximum de comités « théodules »
    • Supprimer les subventions inutiles ou clientèlistes

 

  • Vous devez ensuite favoriser l’investissement, la venue et la stabilisation du capital  au royaume de France en :
    • Supprimant l’ISF
    • Favorisant l’émergence de nombreux « Business angels » par mesures fiscales appropriées
    • généralisant les fonds de pensions pour  les retraites complémentaires sur la base du volontariat
    • Encourageant vivement l’actionnariat salarial

 

  • Vous devez encourager de nouvelles procédures de négociations collectives en laissant les partenaires sociaux négocier seuls, en abolissant le monopole des « représentatifs » au 1° tour et en rapprochant les négociations du niveau de l’entreprise pour négocier d’éventuelles exceptions aux accords de branche si la majorité des salariés les approuvent, la justice étant alors dessaisie.

 

  • Vous devez aussi jouer la carte de la concurrence et de la compétition en cassant les monopoles publics et en les mettant progressivement sur un pied d’égalité avec le secteur privé: hôpitaux(donner les budgets publics aux nombre d’actes nomenclaturés exécutés dans l’année), Sécurité sociale (laisser les mutuelles et les banques venir sur le marché pour voir si elles peuvent faire mieux que la sécu),Education (expérimenter  le chèque éducation, laisser les parents choisir l’école de leur choix, établir une sélection à l’entrée des universités et surtout leur donner plus d’autonomie

 

  • Il faudrait aussi engager une profonde réforme constitutionnelle pour sortir le royaume de France d’un système de monarchie absolue « républicain » qui confère à votre président de la république plus de pouvoir que Louis XIV lui-même n’en avait sans doute jamais eu : le plus sage pourrait être d’instaurer un véritable régime présidentiel en conférant à l’exécutif et au législatif des pouvoirs équivalents, en ramenant à deux mandats maximum la fonction présidentielle et dans la plupart des autres charges publiques et en abolissant enfin le cumul des mandats chez les parlementaires. Telles devraient être les réformes constitutionnelles à engager si vos vouliez réellement créer une démocratie ou les contre pouvoirs fonctionnent.

 

  • Vous devriez enfin jouer pleinement la carte de l’Europe en appliquant sans retard les directives européennes y compris dans les services et en vous rapprochant des solutions britanniques pour un meilleur fonctionnement et une meilleure efficacité économique du grand marché (moins de PAC et plus d’enseignement supérieur , de recherche et développement et d’encouragement aux industries du futur).

 

  • Vous pourriez aussi vous rapprocher plus nettement de vos  cousins d’Amérique et prendre vos distances avec les dictatures et autres régimes claniques , notamment en Afrique, pour jouer à fond les partenariats avec les états de droit et les grandes institutions internationales qui font le pari de la bonne gouvernance et de la chasse à la corruption.

Quel programme mes cousins! Les auditeurs en rient encore. Celui là venait bien d’un pays d’ailleurs. Il ne connaissait strictement rien aux moeurs de nos braves concitoyens et aux croyances fortement enracinées dans l’entendement de tous et chez nos politiciens. Candide en fut un peu surpris et conveint poliment que tous ces radicaux venus d’ailleurs, même quand ils n’ont pas tord, en aucun cas ne sauraient conseiller les futurs responsables du royaume de France.

16 mars, 2007

Good Bye Chirac par Nicolas Baverez

Classé dans : politique France Présidentielle — pyrrhon @ 14:47

Jacques Chirac a annoncé le 11 mars sa décision de ne pas se présenter à l’élection présidentielle de 2007, sans pour autant apporter son soutien à Nicolas Sarkozy. Son intervention poursuivait deux objectifs : défendre le bilan de douze années de présidence placées sous le signe du déclin de la France ; se projeter dans l’après-présidentielle et, partant, se mettre en position de peser sur le scrutin de 2007.

1. Jacques Chirac, à son corps défendant, n’avait d’autre choix que celui de renoncer à une nouvelle candidature, qui recueillait moins de 1% des vœux des électeurs. Et ceci pour trois raisons. D’abord, sa santé chancelante depuis son accident cérébral de septembre 2005. Ensuite, la perte du contrôle de son parti, l’UMP, dont le contrôle est passé à Nicolas Sarkozy, soutenu par ailleurs par la quasi-totalité des députés de l’actuelle majorité et des membres du gouvernement de Dominique de Villepin. Enfin et surtout, ses échecs en chaîne avec l’incapacité à juguler les extrémismes qu’il dénonce, le recul de la puissance économique du pays (croissance moyenne de 1,6%, richesse par habitant inférieure de 36% à celle des Etats-Unis, 20% à celle de l’Irlande, 12% à celle du Royaume-Uni), la persistance du chômage de masse (9,8% selon l’Insee), la faillite du modèle social et le déchirement de la nation acté par les émeutes urbaines de novembre 2005, la marginalisation de la France en Europe à la suite du rejet de la Constitution lors du référendum de mai 2005.

2. En réalité toute l’élection de 2007 se joue autour du changement et de la rupture avec les années Chirac. Les trois candidats des partis de gouvernement sont des quinquagénaires, ce qui clôt la génération du post-gaullisme. Quel que soit l’élu, la pratique et le style du prochain président se démarqueront de la démagogie, du nihilisme et du népotisme de Jacques Chirac.

Les Français, conscients des difficultés du pays et de la nécessité de réformes profondes, sont à la recherche du projet et du leadership fort qui permettront de traiter les questions clés laissées en jachère au cours des présidences de Jacques Chirac : le fonctionnement des institutions avec la remise en route des contre-pouvoirs, la modernisation de l’Etat, la réhabilitation du travail, la reconstitution d’une base productive compétitive, la réforme des Universités, la refondation de la nation, la relance de la construction européenne.

3. La feuille de route forcée que Jacques Chirac essaie d’imposer à son successeur n’a donc aucun sens. Son bilan est désastreux précisément dans le domaine des valeurs qu’il prétend défendre : la lutte contre l’extrémisme, la défense du modèle social, la construction européenne, le respect des valeurs fondatrices de la République, au premier rang desquelles la liberté. Les messages de Jacques Chirac appartiennent au passé. Et tout le problème consiste à imaginer un avenir pour la France dans le XXIe siècle.

4. Le refus de Jacques Chirac d’adouber Nicolas Sarkozy, numéro deux de son gouvernement depuis 2002 et chef du parti majoritaire, a naturellement été reçu comme un signe positif par François Bayrou et Ségolène Royal, qui n’ont dès lors pas manqué de saluer avec une chaleur paradoxale l’intervention de l’actuel chef de l’Etat. A terme, il devrait déboucher sur un soutien du bout des lèvres à Nicolas Sarkozy, comparable à celui dont il avait gratifié Valéry Giscard d’Estaing en 1981.

Cette position ne manquera pas d’agacer les partisans de Nicolas Sarkozy. Il n’est pas certain qu’elle le desserve. Rien n’aurait été pire pour le candidat de l’UMP que d’apparaître comme l’héritier et le fils spirituel de Jacques Chirac. Et la distance conservée par Jacques Chirac vis-à-vis de son ministre conforte à l’inverse la crédibilité de la rupture.

Une rupture indispensable compte tenu de l’état du pays. Une rupture qui, assumée comme thème de campagne par le candidat du parti majoritaire, a valeur de bilan pour le président sortant. Pour Jacques Chirac, la meilleure manière de servir la France consiste à sortir définitivement d’une histoire qui le dépasse et à la hauteur de laquelle il n’a jamais su se hisser.

15 mars, 2007

France,presidentielle, le point de vue de Guy Sorman

Classé dans : politique France Présidentielle — pyrrhon @ 11:05

  

La France en quête de monarque

Les candidats à la présidence française se placent sous le signe de la rupture, mais la vérité est ailleurs. La politique française est remarquablement semblable à elle-même : dans un monde qui change, les partis et leurs représentants sont immuables. Voyons cela de plus près, de gauche à droite, avant de nous attarder sur Nicolas Sarkozy.

À l’extrême gauche tout d’abord, la France est la seule démocratie au monde à compter deux partiskystes, un parti communiste et une foule de partis écologistes fondamentalistes. Tous ensemble, leurs candidats devraient réunir 10 à 15% des suffrages ; par conséquent, tout candidat de gauche est l’otage de ces extrémes révolutionnaires. Les Français souhaitent-ils pour autant une révolution, ou un régime communiste ? Pas vraiment, mais cette extrême gauche rassemble les ennemis de la mondialisation, de l’économie de marché et de la philosophie libérale. Sa popularité dans les milieux intellectuels relève aussi de la mode et de la coquetterie historique : trotskistes et communistes se posent en héritiers de la Révolution . C’est à 1789 qu’ils doivent leur légitimité dans l’opinion , pas à 1917. Le discours des communistes français puise son vocabulaire dans l’histoire jacobine , pas dans la mémoire bolchévique.

Ce poids électoral de l’extrême gauche, retenant en otage le parti socialiste, empêche celui-ci de se rénover à la manière britannique, scandinave ou allemande. Les socialistes français ne sont toujours pas socio-démocrates ; ils restent farouchement hostiles à l’économie libérale et à la mondialisation. Cet archaïsme est accentué par la base du Parti socialiste ; il est, pour l’essentiel, la représentation des fonctionnaires et, parmi eux, des enseignants.

Passons au centre où survit difficilement la tradition démocrate-chrétienne représentée par François Bayrou. Celui-ci, comme tous ses prédécesseurs centristes, est écartelé entre un discours qui penche à gauche et des électeurs qui penchent à droite. De tradition, les candidats démocrates-chrétiens esquivent le dilemme en ne proposant rien de manière à ne fâcher personne ; ils évitent même de s’en référer aux valeurs chrétiennes par crainte de perdre leur électorat laïc.

De l’autre côté du spectre politique, l’extrême droite reste puissante, autour de 15% des voix, grâce au charisme de son leader Jean-Marie Le Pen et à la simplicité de son programme : les immigrés, dehors !

Venons-en à Nicolas Sarkozy qui occupe l’espace restant entre le centre et l’extrême droite : un centre droit qui représente environ 25% des électeurs. Sarkozy apporte-t-il du nouveau dans la vie politique française ? On a pu le croire avant la campagne électorale, mais plus la campagne avance, plus Sarkozy se banalise. À ce jour, il fait irrésistiblement penser à Jacques Chirac il y a trente ans : l’énergie tient lieu de conviction et de programme. Le Sarkozy d’avant la campagne se réclamait de valeurs quelque peu nouvelles dans le paysage politique : l’ordre, le travail, le mérite, les valeurs chrétiennes, et même – scandale – il était pro-américain et franchement favorable à l’économie libérale. Au fil des jours, le discours sur l’ordre et la sécurité persiste mais le reste s’évapore.

Sarkozy a pris ses distances avec les Etats-Unis, il critique le patronat, il conteste l’Euro et la Banque européenne tout en se proclamant européen. Il est significatif que le rédacteur de ses discours soit le même que celui qui rédigeait ceux de Jacques Chirac en 1995 : plutôt nationaliste, anti-américain, antilibéral. De chrétien chez Sarkozy, il reste l’hostilité à l’entrée de la Turquie en Europe ; ceci lui vaut le soutien de l’ancien Président Valéry Giscard d’Estaing. Voici donc Sarkozy, héritier de Giscard d’Estaing et de Jacques Chirac. Une seule nuance, tout de même, en politique étrangère, Sarkozy estime que la France devrait protester contre les violations des droits de l’homme en Russie et en Chine. ça, c’est nouveau, mais on verra à l’épreuve.

Ce qui, en définitive, caractérise Sarkozy, mais aussi tous ses concurrents, c’est la foi en l’Etat, le culte de l’Etat. À toutes les questions qui lui sont posées au cours de la campagne, Sarkozy, à chaque fois, répond que l’Etat s’en occupera. Sans doute, cette passion de l’Etat répond-elle à la tradition française, à l’attente des électeurs ; ceux qui espéraient un discours plus fondé sur la responsabilité personnelle, sur la société civile ou sur les mécanismes du marché en sont déçus.

À aucun moment, Sarkozy n’a envisagé que l’Etat pouvait ne pas résoudre les problèmes mais qu’au contraire, l’Etat était le problème. Il ne s’interroge pas trop sur le déficit public, l’échec des interventions économiques de l’Etat (lui-même fut très interventionniste lorsqu’il était ministre des Finances) et la stagnation française. Sarkozy, ce n’est pas Reagan, ni Thatcher, ni même Blair. Mais comment le serait-il ? Homme politique depuis l’âge de vingt ans, n’ayant jamais vécu hors de l’Etat – comme Jacques Chirac – comment n’idéaliserait-il pas l’Etat qu’il souhaite conquérir et, comme tous ses prédécesseurs, servir et asservir ? On observera que Sarkozy n’envisage pas de réduire les pouvoirs du Président de la République qui sont déjà gigantesques, sans équivalent dans aucune démocratie ; bien au contraire, il souhaite diminuer le rôle du Premier ministre et concentrer plus de pouvoirs encore dans ses mains.

Si Sarkozy est élu, l’Etat français restera donc immuable ; mais la société française changera plus vite que l’Etat. Cette élection illustre une déconnexion croissante entre la France et ses politiciens ; il est significatif que les Français les plus jeunes sont aussi les plus hostiles à ce régime que le regretté François Revel appelait la « monarchie élective ».

Guy Sorman

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