10 mai, 2012

fin de partie

Classé dans : politique France — elis @ 14:08

Ce blog s’était ouvert avec l’arrivée de Sarkozy au pouvoir en 2007.

Ce président dont nous avons suivi les méandres pendant 5 ans s’en va.

Nous fermerons donc provisoirement cette chronique des idées libérales, en attendant, dans quelque temps, de faire le point sur les échecs ou succès de la nouvelle majorité entrante.

Au cours des 5 années de la présidence Sarko les idées libérales ont au mieux stagnées au pire régressées.

Selon nous la responsabilité en revient non pas à la gauche (qui n’a jamais fait que garder ses vieilles lunes de 1981), mais à la droite, qui dans l’esprit et la forme, est demeuré en réalité très proche des socialistes, comme au bon vieux temps de Chirac. Respect absolu des syndicats, monarchie républicaine, étatisme et surtout soutien sans faille aux services publics sans jamais dénoncer ni leur poids excessif dans l’économie ni leur manque d’efficacité pourtant bien réel. Enfin sur le plan des valeurs, l’alliance plutôt objective avec le PS, dans la dénonciation sans faille du FN, a comblé le reste. Pour nous, libéraux, le FN d’aujourd’hui est un anachronisme. Résurgence du nationalisme, fermeture des frontières, refus de l’Europe et de la mondialisation, critique du patronat et soutien du monde ouvrier. On se croirait revenu aux sources du national-socialisme dans les années 1930. Mais sur le plan de l’immigration le FN a raison. Celle-ci est trop forte, trop massive et l’intégration ne se fait plus à cause du double échec de l’école et de la création d’entreprises dans les banlieues. Il fallait que la droite non seulement le voit mais surtout le dise.

En vérité cette droite n’a pas su cliver alors que la gauche le faisait si bien. La politique est un combat. Il fallait mettre en avant les deux France, celle des fonctionnaires et du secteur protégé, les nantis, doublement protégés par leur statut et l’extrême générosité de l’Etat providence français, et, l’autre France, celle du secteur concurrentiel, confrontée à la concurrence européenne et mondiale, exposée au chômage , surchargée d’impôts pour les entreprises et s’appauvrissant chaque jour un peu plus pour sauvegarder les services publics à la française.

C’est cela que la fausse droite n’a pas fait et c’est cela qu’elle va  devoir payer. Il n’est pas impossible que ses 340 députés soient réduits à 200 lors des prochaines législatives, la gauche empochant l’intégralité des pouvoirs à tous les étages de la République.

Pourquoi faire ? Ceci est une autre histoire. Composée, elle aussi, à sa tête, d’énarques et de hauts fonctionnaires , elle n’est pas sans connaître la vérité profonde de la situation française telle que nous la décrivions ci-dessus. Elle sait aussi que les marchés l’observent et attendent de voir comment elle va tenter de réduire la dette et d’imposer une certaine austérité sans le dire….même dans les services publics.

C’est la raison pour laquelle nous pronostiquons que Manuel Valls a toutes les chances de devenir premier ministre car il fut le premier socialiste a tiré la sonnette d’alarme sur les déficits et la nécessité inévitable de la rigueur. Sa nomination à Matignon serait le meilleur gage à donner aux marchés

Nous terminerons cet au revoir par la vision d’un autre libéral, beaucoup plus connu que vos modestes serviteurs, mais dont l’analyse est tellement proche de la nôtre que nous ne pouvons résister au plaisir de vous la livrer ci-dessous.

 

L’inconnu de l’ Elysée. Guy Sorman 7 mai 2012

Le 22 avril, un tiers des Français avaient réfuté toute approche rationnelle de la panne économique, voire intellectuelle, qui affecte nos démocraties. Le second tour a occulté la vague dite populiste du premier tour, mais de manière provisoire : les élections parlementaires la feront resurgir. Le nouveau Président confronté au chômage, au risque de faillite de l’Etat, à une Europe en désarroi, à la concurrence mondiale, ne pourra ignorer l’alliance objective des communistes, trotskistes, nationalistes et écologistes profonds . Tous ceux-la, chacun dans sa mythologie, exaltent des souvenirs de Révolution, d’Empire ou de degré zéro de la civilisation.

Si bien que ce qui opposait Sarkozy à Hollande était en définitive moins important que ce qui distingue d’un côté Sarkozy + Hollande, tous deux réalistes, et de l’autre, le camp des refuzniks de la réalité. Certes, Hollande a emporté le référendum anti Sarkozy, ce que fut le second tour, bien plus qu’un choix entre deux programmes ou deux idéologies.

Le socialisme de Hollande est avant tout un esprit de clan qui le conduira à gouverner avec son cercle + Bayrou en supplétif, , à recourir aux codes de ce clan, mais en quoi mènera-t-il le pays différemment de ce que Sarkozy l’aurait fait ? Entre le socialisme affecté de Hollande et le libéralisme de façade de Nicolas Sarkozy, il n’y avait pas l’épaisseur d’un papier à cigarette : l’un et l’autre chevauchaient sur une voie française, qui glorifie l’Etat, tolère l’esprit d’entreprise mais se méfie du marché libre et abhorre la concurrence.

Voici donc Blanc bonnet, à moins que ce ne soit Bonnet blanc, Président et peu préparé à affronter le Troisième tour, la notation que les marchés financiers vont infliger à la France. La France confrontée à trois défis esquivés pendant la campagne : l’excès de la dépense publique rendra impossible, d’ici un an au mieux, le financement de la dette publique ; le vieillissement de la population conduira notre système de solidarité à la faillite ; les coûts de production sont les plus élevés en Europe.

François Hollande, s’il reste rationnel, devra donc accepter une intégration financière de l’Europe avec création d’un Ministère des finances européen , réduire la dimension de l’Etat (coupant dans la Défense et l’Education), tempérer la solidarité par plus de responsabilité individuelle, et contenir les revendications salariales.

Sarkozy, contre la rue, n’y serait jamais parvenu ; Hollande, parce que de « gauche », le pourrait. De Gaulle avait bien liquidé l’Empire, Mitterrand anéanti ses alliés communistes : Hollande, en père- la -rigueur, démontrerait que les hommes d’Etat ne sont grands qu’à contre emploi.

 

 

17 septembre, 2011

primaires

Classé dans : politique France — elis @ 8:22

Les primaires sont un formidable progrès démocratique.
Jusqu’alors pratiqué essentiellement aux Etats-Unis et en Italie , elles
permettent aux citoyens lambda de s’immiscer dans les appareils politiques et
de sélectionner leurs élus sur leur personnalité et leurs idées. Evidemment les
appareils n’aiment pas cela. Bravo donc aux socialistes français, et en
particulier à A.Montebourg de les avoir proposées. Au début beaucoup étaient
contre. « Ils vont s’étriper, ça va être impossible à organiser », l’Ump
prétextant même que c’était anticonstitutionnel. Mais finalement ça marche….et
c’est plutôt bien ! Au premier débat TV du 15 09 on aura vu des
socialistes courtois, respectueux des temps de parole et plutôt très clairs
dans leurs intentions et leurs programmes. Et là, fameuse surprise, ils sont
parfaitement conscient que la crise est sérieuse et qu’on ne pourra pas faire
n’importe quoi. Ils ont même été profil bas dans les effets démagogiques. Tous
acharnés à se payer les banques et la finance, affichant une belle unanimité
sur le « détestable » Sarkozy, leurs autres propositions n’avaient vraiment
rien de révolutionnaire. Finis les grands soirs et la dictature du prolétariat.
Bien au contraire,tous estimaient qu’il fallait voler aux secours des PME et
ils avaient parfaitement raison. Les dirigeants socialistes français semblent
avoir compris que ce sont les entreprises qui créent la richesse et les emplois
et pas les emplois qui naissent dans les administrations.

Quant à la crise qui est là et bien là, on aura même vu
Manuel Valls expliquer que c’était le premier problème à affronter, qu’il y
faudrait du sang et des larmes pour tous et que, seulement après, on pourrait
se moderniser dans les sciences ,l’éducation, la recherche, pour affronter les
géants du XXI siècle. Dommage que les droites n’aient pas su nous expliquer
aussi clairement les choses et que si on ne faisait pas cela les prêteurs
internationaux feraient monter très vite la pression sur nos dettes et que la
montée inexorable des taux ne nous laisserait que les larmes pour pleurer. Dommage
que la droite française soit si peu de droite dans le bon sens du terme.

En définitive comment réagiront les électeurs
socialistes ? C’est un peu le mystère. Jusqu’alors on ne les a pas traités
à cette aune là ! Si l’on parie qu’ils sont conscients et intelligents ils
voteront sans doute Aubry ou Hollande mais n’espérons pas tout de même qu’ils
aillent jusquà Valls .

En tout cas, si nous étions à l’UMP, nous nous ferions du
souci. Car outre le sérieux des propos il y a surtout la formidable exposition
médiatique du PS pendant trois mois qui ne manquera pas d’offrir une prime de
départ incontestable à l’opposition en Avril !

Quant aux solutions à la crise, il n’y en a pas trente
six.

En bons « libéraux », qui ne se renient jamais,
nous ne pouvons que les répéter ci dessous.

Tout commence avec la faillite de l’Etat providence. Les
Etats du monde occidental, sont en faillite et, par les temps qui courent, il
était affligeant, jusqu’alors, de voir et d’entendre le brouet que nous
servaient politiques et journalistes. Affaire Clearstream, affaire DSK, affaire
des valises, affaire Prévost desprez…on en passe et des meilleures. Jusqu’à ces
primaires PS,  c’était régulièrement
notre plat quotidien alors que le seul sujet qui vaille est le cyclone
financier qui s’annonce et comment sortir de cette énorme crise.

Tout le monde sait
maintenant ce qu’il en est. Il y a des mesures à prendre et on ne va pas
pouvoir les éviter. Les français s’en rendent parfaitement compte. Mais que font
nos hommes politiques et la planète médiatique ? Rien comme d’habitude.
Ils glosent et ne s’intéressent qu’à la préparation de la présidentielle 2012
et aux multiples coups bas ou anecdotes qui l’accompagne, chacun bien campé
dans son camp et chacun dans sa tranchée.

Or les vrais problèmes, indiscutables, connus de tous, sont là et, volens
nolens, il va falloir les résoudre  :

  1. La
    France n’a pas encore commencé sa cure d’austérité mais il faudra bien
    qu’elle y vienne, comme ses voisins du sud, faute de quoi la dette et le
    coût de la dette nous coûteront de plus en plus cher et il ne sera de
    toute façon plus question de continuer à emprunter.
  2. En
    ce sens, l’adoption de la règle d’or serait un signal positif adressé aux
    préteurs. La France se donnerait ainsi, dans sa Constitution, une
    discipline garante d’un retour à un peu plus de sérieux. Les socialistes
    l’ont parfaitement compris mais ils demandent quelque chose en échange à
    l’UMP pour, une fois de plus, dénoncer les fausses solutions de Sarkozy et
    lui faire manger son chapeau, en particulier les heures sup.
  3. Le
    pays dispose encore du triple A des agences de notation mais il ne faut
    pas se faire d’illusion. Ne pouvant dégrader tous les défaillants, les
    agences s’attaquent d’abord aux moins gros et la France est la deuxième
    économie du continent donc elle est en sursis mais sûrement pas pour
    longtemps. Avec une balance de ses comptes courants de plus en plus
    déficitaire, une dette qui ne va pas tarder à atteindre 95% de son PIB et
    des mesures d’assainissement, 10 milliards, des plus modestes alors qu’il
    en faudrait quarante pour commencer, il n’y a pas trop d’illusion à se
    faire sur ce qui nous attend.

Dans un tel contexte tout le monde voit bien ce qu’il
faudrait faire : préparer un avenir sérieux et redresser les comptes sur
le moyen et long terme. C’est sans doute le moment de ressortir le plan
quinquennal auquel les français sont tellement attachés mais pas pour investir,
d’abord pour économiser, mais pas trop brutalement, progressivement, avec
constance et sans fléchir.

Les objectifs sont clairs .

  • Les déficits budgétaires
    doivent être progressivement ramenés à zéro, voilà pour les dettes
  • et si la France doit garder sa
    place dans le monde de demain elle doit tout aussi progressivement rétablir sa
    compétitivité qui s’est fortement dégradée depuis 10 ans.

Quelles sont les mesures à prendre pour atteindre ces
objectifs ? Là encore c’est très simple :

D’abord dire que le temps d’une plus grande rigueur pour
tous est venu et que bien entendu les plus riches contribueront le plus et les
plus pauvres le moins possible. Ensuite dire pourquoi et expliquer très
simplement le cyclone financier qui est à nos portes. Ensuite les principales
dispositions à prendre doivent être clairement annoncées, y compris celles qui
feront le plus hurler la gauche et l’extrême gauche mais qui sont
indispensables

1.
augmenter les impôts  et réduire les dépenses simultanément en
essayant de ne pas trop massacrer la croissance. Evidemment pas simple.

2.
réduire le coût de nos services
publics sans dégrader le pouvoir d’achat des plus pauvres. Nos services
publics, nos vaches sacrées à nous, ne sont pas catastrophiques, ils sont
moyens mais en revanche ils nous coutent cher, très cher ! Avec, ramenés
au citoyen géré, des coûts et des moyens souvent 20 à 30% plus chers que ceux
de nos voisins, que ce soit dans la police ,l’éducation, la santé,
l’administration d’Etat ou les collectivités locales . Il y a d’urgence de
grands progrès à faire.

3.
Diminuer les charges qui pèsent
sur les entreprises en passant de 45% de prélèvements obligatoires à 35% comme
chez la moyenne de nos voisins et libéraliser le droit du travail qui entrave
la liberté d’embauche.

4.
Inciter les français à venir investir dans
leurs entreprises plutôt que dans l’immobilier ou l’assurance vie.

5.
revoir le système fiscal pour
tenter de convaincre que l’effort est équitablement réparti et que les riches,
la classe moyenne bien sûr, contribueront le plus .Mais c’est complexe. La
démagogie jouera à plein et ce ne sera pas « cotton ».

6.
Il y a enfin une dernière
exigence. Construire l’Europe au plus vite si l’on veut que le continent
retrouve sa place, sa culture et son influence dans le monde des géants du XXI
° siècle. Ce qui veut dire de vrais pouvoirs économiques à Bruxelles et une
harmonisation progressive des législations fiscales et sociales européennes.

Tout cela peut se faire et ce n’est pas tellement sorcier à
condition que les dirigeants soient à la hauteur et qu’en particulier, chez
nous, droite et gauche dites de gouvernement, devant l’ampleur du sujet,
sachent enfin sortir de leur effarante médiocrité actuelle. Une campagne
présidentielle, la belle affaire ! Il faut dire aux français la vérité,
montrer les enjeux et pour la droite, proposer l’union sacrée comme en 14, pas pour
en découdre mais pour redresser avec sagesse et inflexibilité. On ne peut pas
rêver que la gauche, beaucoup trop sectaire et irresponsable, fasse cela.
L’élection passée ce n’est pas d’un homme seul à l’Elysée et de ses quelques
conseillers dont on aura besoin. Ce dont on aurait besoin c’est d’un  consensus national implicite, quelque soient
les vainqueurs, pour faire l’essentiel décrit ci-dessus. Et, pour y parvenir,
les objectifs étant fixés, demander  à un
large panel d’économistes, de juristes et de fiscalistes de tous bords de faire
des propositions techniques. Des gens sérieux, de droite et de gauche ne
s’appuyant que sur des faits et recherchant justice et efficacité notamment par
la fiscalité. Il suffirait d’ailleurs de ressortir les multiples rapports
d’experts , type Camdessus ou Attali, pour avoir sans doute déjà une bonne
partie des mesures à prendre.

S’il devait y avoir un consensus droite gauche, même
implicite, dont on peut toujours rêver, avec qui pourrait il se
faire ?

A gauche il est clair qu’il faudrait regarder du côté
Hollande, Royal, Valls. A droite Coppé, Novelli, Chatel, Lemaire et tous les
centristes bien sûr. Mais quel président ? Sarko ou Hollande ? Peu
importe. Là n’est pas l’essentiel. L’essentiel c’est l’accord préalable
implicite sur les objectifs ci-dessus:

  • ramener
    les déficits publics à zéro
  • et
    rétablir la compétitivité française en musclant nos entreprises
    .

LE RESTE N’EST QUE BILLEVESEES !

2 août, 2011

perspectives électorales et crise de l’Euro

Classé dans : politique France — pyrrhon @ 14:21

Sarkozy reprend des couleurs

Avec une stature plus discrète et plus sobre (vive les
communicants) et l’affichage de valeurs que partage la majorité des français
(réindustrialisation, Etat fort, régulation et encadrement des puissances
financières, forte présence internationale), il arrête de s’effondrer dans les
sondages et on le donne même à égalité au premier tour avec les Hollande
/Aubry.Il semble donc de plus en plus certain qu’il  se représentera. Dans son camp les Juppé,
Coppé, Fillon s’effacent et vantent les mérites du chef. Son épine reste Borloo
mais celui-ci a été relativement clair. Si Le Pen a des chances de passer, il
se ralliera au dernier moment contre postes et programme de gouvernement cela
va sans dire. Ce qui voudra dire rigueur peut être mais surtout pas mal de
social. Aïe les finances !

A droite le deuxième prétendant sérieux est Mme Le Pen. Elle
pourrait bien faire les 23% qu’on lui a prédit il y a déjà un moment. Pour un
état musclé, des mesures sociales renforcées et la réindustrialisation de la
France , elle compte bien se renforcer dans les classes populaires sans compter
que son discours anti immigrés sous jacent est toujours là pour séduire dans
les anciennes banlieues ouvrières. Va donc pour Le Pen et ses 20 % au premier
tour.

A gauche nos chers socialistes commencent leur primaire. Que
de médiocrité ! C’en est affligeant. Entre un Hollande qui joue les
présidents « ordinaires », encore un coup des communicants, et une
Aubry qui n’en finit plus de jouer les imprécateurs contre
Sarkozy… « qui ne pense qu’aux riches, qui a détruit la France et qui
ne pense qu’à massacrer nos grands et beaux services publics » ??? il
y a vraiment peu de place pour des propos un tant soit peu sérieux et responsables.
Et pourtant  ces personnages tristounets risquent de gagner car leurs discours affligeants sont plutôt en phase avec l’opinion majoritaire des français.

On a souvent dit pourquoi sur ce blog.

La faute originelle en revient à la droite et à son impéritie
relative dans le domaine idéologique ainsi qu’à son insuffisance de pouvoir sur
la planète médiatique qui soutient et encourage la gauche dans la plupart des
cas.

Deux exemples de cette absence de la droite sur le terrain
idéologique

Exemple  N° 1. Les 35 heures. Dès l’origine, ce bouleversement mortel aurait du être attaqué
violemment. Enorme absurdité économique que la France, seule dans le monde,
avait osé instaurer. Péché d’orgueil incommensurable de Mme Aubry et de la
gauche mais aussi incompréhension totale du monde de l’économie. On ne régule
pas l’économie à coup de lois et de décisions centrales bouleversantes. Tous
les pays communistes l’ont tenté et on a vu ce que cela a donné !

Exemple N° 2. Les français ont leurs vaches sacrées, leurs
services publics et leurs collectivités territoriales pléthoriques. Et, encore
aujourd’hui cette croyance est profondément ancrée dans l’inconscient
psychologique et sociologique de la nation. La droite elle même n’est pas loin,
non plus, de la partager. Et le porte drapeau de cette religion, là encore,
c’est la gauche. Pendant les 4 années de son règne, jamais Sarko et ses troupes
n’ont osé parlé clair sur ce sujet et ils vont en payer le prix.

Non pas que les services publics à la française soient
particulièrement mauvais. Ils sont plutôt dans la moyenne comme partout
ailleurs. Mais le problème est qu’ils sont coûteux, trop coûteux, et que cela
mine la compétitivité française. Les 45% de prélèvements obligatoires, alors
qu’il en faudrait 35%, ce sont eux ! car il faut bien que quelqu’un paye
l’embonpoint et les privilèges des vaches sacrées. Et là ce sont l’économie
réelle et les entreprises qui payent.

Ceci dit, et comme le soulignait Alexandre Adler récemment
on va sans doute bientôt voir si tout ce joli monde ne va pas être obligé de
sortir du bois avec la crise de l’Euro qui s’avance à grand pas .

A droite Sarko sera-t-il dire : oui, il faut donner de
vrais pouvoirs fiscaux et budgétaires à l’Europe ?

Et à gauche les Aubry/ Hollande sauront ils renoncer à leur
300000 emplois jeunes de plus et à leurs dépenses démagogiques, en acceptant au
passage la règle d’or de l’équilibre budgétaire envisagée par Sarkozy ?

Nous ne le pensons pas. Ni à droite, ni a gauche on est
encore prêt pour les aggiornamentos indispensables.

L’Europe intégrée, la vraie, n’est pas pour demain.

On devra d’abord en finir avec l’Euro, cette création
technocratique malsaine qui a permis a toute l’Europe du « club med »,
et à la France, de s’endetter tant et plus, grâce à l’Allemagne, à des taux de
2 ou 3 % défiant toute concurrence ; et donc, à tous ces pays, de vivre
largement au dessus de leurs moyens sans que rien ne vienne pendant dix ans,
obliger à plus de décence et de sérieux.

Que l’Euro meure vite maintenant ou qu’il éclate en deux euros avec des taux
enfin réalistes. Le bloc de l’Allemagne et de l’Europe du Nord et le bloc de la
France et de l’Europe du sud avec un Euro spécifique, fortement dévalué, et
rendant compte enfin de la réalité  des économies du sud. Et que la Grèce en sorte et se déclare failli.

Elle a tout à y gagner, dussent les banquiers et assureurs faire une croix sur leurs créances
pourries. C’est le seul moyen de rappeler à ces irresponsables, intoxiqués par « l’aléa moral », que les Etats et les contribuables ne sont pas toujours là pour couvrir leur rapacité et leur
abandon de toute prudence. Revenons enfin au fonctionnement normal de
l’économie quand les gouvernements n’en faussent pas les règles les plus
élémentaires!

2 juillet, 2011

promenade dans l’actualité

Classé dans : International,politique France — pyrrhon @ 14:20

Bataille au FMI

On comprend trop bien pourquoi l’ensemble des pays européens
voulaient absolument placer l’un des leurs à la tête du FMI ; La situation
du bloc est au bord du gouffre et il faut impérativement qu’une partie
importante des ressources du fond se dirigent aux meilleures conditions
possibles vers le continent pour continuer à maintenir l’illusion que l’Euro va
s’en sortir. Pour le moment il s’enfonce. Le FSE emprunte, la BCE rachète des
créances pourries mais jamais ces prêts ou ces avances ne seront remboursés.
Alors, si le FMI vient aussi donner un coup de main conséquent, on peut
toujours espérer qu’on s’en sortira. La solution keynésienne attendue c’est que
dans toute l’Europe la croissance repartira de telles sorte que les recettes
fiscales finiront peu à peu par effacer les énormes déficits. C’est une
illusion manifeste quand on regarde les chiffres d’un peu près. Mais qui aura
le courage de le dire ? De toutes façons, comme le chantait Béart, celui
qui dit la vérité mieux vaut l’assassiner. En 14 la guerre allait tout régler. Et
jaures s’est fait assassiner. En 2011 on aura l’Euro jusqu’à la lie. Mais un
jour pourtant il finira par craquer. La Grèce sortira la première au prix de
grands sacrifices inévitables (1). Puis ce sera sans doute, un par un, les pays
du club med. Et quand l’Allemagne retrouvera son Deutch mark c’en sera fini.
Quand ? Probablement pas avant 2017. Le FMI, qui va être gouverné par
Lagarde, avec la bénédiction complice des américains, dans la même situation,
sinon pire, que les européens, retardera l’échéance. Il ne l’évitera
probablement pas à moins que des changements politiques majeurs n’interviennent
sur les deux continents. Vraie Europe politique avec pouvoirs économiques réels
tel par exemple de doter la BCE de pouvoirs de contrôle sur les budgets des
Etats (idée lancée par Trichet) ou encore arrivée d’un républicain pur et dur à
la présidence des USA, tranchant dans les dépenses publiques, renoncant à
l’emprunt et augmentant les taux

Obama, dont la priorité est au Pacifique et plus en Europe,
a conduit l’Amérique dans une impasse. Il n’a plus un sou. Il est endetté
jusqu’au cou et il fabrique de la monnaie papier qui pour l’instant ne règle
rien. Là aussi la croissance est trop molle pour avoir une chance de ramener de
l’argent dans les caisses du Trésor ou de la FED. Tous les pays occidentaux
sont dans la même galère. Riches mais finançant leurs programmes sociaux et
leurs investissement massifs (Japon et USA) exclusivement par l’emprunt depuis
plus de 10 ans, ils ne pourront pas continuer longtemps. La crise de la dette
souveraine est là qui va les étrangler avant longtemps
Mieux vaudrait s’y préparer et commencer à réduire la
voilure sérieusement tout en commençant à accepter que leurs créanciers, tous
émergents, commencent à diriger aussi les affaires financières du monde. Un
turc, un indien ou un mexicain à la tête du FMI ? Pour bientôt sans doute.
Lagarde leur a longuement parlé avant de se faire élire avec d’ailleurs
l’accord de la Chine. Il y a fort à parier que le rendez vous est déjà pris
pour le prochain tour. A ce moment les occidentaux passeront la main. Les
émergents ont du commencé à nous dire « il est temps de vous serrer la
ceinture. Montrez l’exemple, vous les riches et on vous aidera. Il y va aussi
de la qualité de nos créances sur vous et ainsi tout le monde y gagnera »
Mashreb
L’Afrique du nord aux européens. Le leadership américain
s’efface

France et GB font la guerre en Lybie et ont décidé de
renverser Khadafi. L’ONU se tait, bien que la résolution autorisant la
protection des populations n’ait jamais parlé de virer Khadafi et encore moins
de livrer des armes aux insurgés.Chine et Russie renaclent de plus en plus et
les décisions du Conseil de sécurité sont tournées en ridicule. Est-ce que
vraiment les membres permanents sont tous d’accord sur cette inflexion de la
politique des grands vis-à-vis de la Lybie ? Peut être mais contre
quoi ? Les navires de combat livrés par la France à la Russie ? et
quoi pour la Chine ? les secrets des airbus et du nucléaire
civil ? En tout état de cause France et Russie semblent s’entendre de
mieux en mieux . Rien de nouveau donc dans le tropisme latent de ces deux
puissances toujours tournées l’une vers l’autre

Reste que pour la lybie les problèmes demeurent entier
Trouver un point de chûte pour Khadafi, faire cohabiter insurgés et fidèles du
leader. Ca ne va pas être facile. La solution, improbable, est au cœur des
expectatives. Comme en Tunisie et en Egypte d’ailleurs, mais avec encore plus
d’acuité et de difficulté à maitriser, apaiser et déboucher sur une gouvernance
stable.

L’Europe qui a décidé, la France surtout, de reprendre en
main la situation en Mediterranée, mare nostrum, retrouve son rêve de puissance
dominante pour le meilleur et pour le pire. Les révoltes arabes de facebook et
twitter le demandent mais qu’en sortira t il ? Mystère.

Faut il attendre que les dictateurs arabes tombent
d’eux-mêmes ou encourager le mouvement comme l’occident semble vouloir le
faire, même si les hésitations sont palpables avec la Syrie?

Le problème c’est que derrière les apparences il y a la
géostratégie et de ce point de vue les enjeux sont clairs :

  1. stopper le fanatisme islamique et contenir l’Iran des mollhas, le Hamas et le
    hezbollah avant d’attendre leur chûte par jeunesse arabe interposée. Mais
    on en est pas là. Ici les religieux fanatiques sont encore les maîtres. Et
    il y a fort à parier que les premières élections libres, en Egypte surtout,
    mais aussi en Tunisie, montreront la force croissante des islamistes et la
    puissance de la force politique qu’ils représentent
  2. Protéger les sources pétrolieres les plus indispensables à l’essor du monde,
    émirats , R.A.U,Irak.Faisable à condition que les bases américaines au
    Moyen orient demeurent sur place et prêtes à intervenir à tout moment.
  3. protégerIsraël, meilleur atout du développement futur de tout le moyen orient et
    faire en sorte que les modérés du Fatha fassent avaler au Hamas un nouvel
    etat palestinien négocié en accord avec Israël. Ce ne sera pas facile et,
    la aussi, il ne faut pas s’attendre à des miracles dans un avenir proche

Parmi les grandes puissances régionales le jeu de la Turquie
devrait être particulièrement important. Puissance moderne, islamisme modéré,
développement accéléré, membre du G20, elle peut être la solution à tout accord
de paix régional impliquant Iran, Irak et Israël, beaucoup plus que les
américains, trop lointains et trop en déclin, ou l’Europe trop faible et trop divisée.
Justice US et DSK,suite
Et notre DSK national ? Après les turpitudes, le
procès. Et maintenant le non lieu
1.      Jusque là, le plus intéressant dans cette histoire , outre les prétentions des
socialistes français à être toujours du côté de la veuve et de l’orphelin qui,
logiquement, auraient du en prendre un coup, ce qui ne semble pourtant pas le
cas, dixit les premiers sondages, c’est bien la comparaison entre justice
américaine et justice française qui apparaissait  comme  un sujet passionnant. D’un côté l’accusatoire
( le ministère public américain) qui rassemble les preuves et les soumet à un premier
jury populaire pour savoir s’il y a lieu de mettre en accusation ou pas,
l’équivalent de la mise en examen française mais qui elle, (procedure
inquisitoire)  ne relève que d’un seul juge, fonctionnaire, qui mène l’enquête et prend sa décision le plus souvent pour aller dans le sens des médias ou parce qu’il a envie de se payer un homme
politique pour faire carrière, la légende étant que c’est le pouvoir en place
qui lui intime l’ordre de poursuivre ou pas. C’est du moins l’argument massue
de la gauche, jamais démenti mais évidemment purement politique et populiste

Ensuite aurait du venir le procès.
Aux Etats-Unis il met face à face deux pouvoirs théoriquement égaux,
l’accusation et la défense, face à un juge élu dont la réélection dépend de ses
électeurs et donc du poids massif de la vox populi. C’est un jury populaire qui
tranche, comme en France, mais il doit se prononcer à unanimité, énorme
avantage pour la défense. En France la défense n’a accès et ne peut réfuter que
les pièces produites par l’accusation. Aux Etats-Unis la défense enquête, lance
des limiers et produit en défense tous les éléments qu’elle a pu recueillir.
C’est un avantage aux riches qui peuvent se payer les meilleurs avocats et les
meilleurs flics privés. Et c’est un droit supplémentaire pour l’accusé qui
n’est pas obligé de s’en tenir à ce que raconte le ministère public.Mais dans
les grands procès médiatisés, comme on le voit avec DSK, c’est aussi une
tribune pour un procureur ambitieux ou des avocats qui vont chercher à gagner
du galon et de la gloire en se confrontant aux meilleurs payés par les
riches.Assez équilibré en définitive.

2.      Mais maintenant, avec le dernier rebondissement, la libération de DSK, on voit bien
d’ailleurs comment de puissance à puissance, accusation contre défense, le
procès peut se renverser ou être annulé quand, notamment sur des histoires de
viol, ce sera en définitive parole contre parole et honorabilité contre
honorabilité. Et là , le riche , DSK en l’occurrence s’il a de gros moyens peut
introduire des doutes raisonnables dans l’esprit des jurés. Le New york Time,
proche des démocrates et dans la ligne du Monde français vient dans un article
retentissant de le démontrer.

  • Déja la gentille femme de femme, courageuse et sans reproche,  n’est pas ce qu’on
    croyait.
    Elle est entrée aux US de maniere illégale sans doute.
  • Elle a apparemment téléphoné a un dealer après
    l’épisode DSK
  • Elle a reçu depuis deux ans 100000 $ sur son
    compte dont  la provenance est douteuse
  • enfin elle a omis de déclarer qu’elle avait
    nettoyé une autre suite après celle de DSK. Ca fait beaucoup

Du coup le procureur se dégonfle.
La victime n’est plus immaculée. Quelqu’un la couvre ou quelqu’un a réussi a
démontré que l’oie n’était pas si blanche que cela. Sa réputation est d’un seul
coup ternie et elle n’est plus défendable. Trop de doute. Le procès s’il a lieu
sera perdu par la victime. Donc le procureur Vance sera une nouvelle fois
perdant. Il préfère jeté l’éponge.
Quid dunucléaire ?
Fukushima a totalement changé la donne. L’Allemagne, 3°
puissance mondiale l’abandonne. L’Italie aussi. Le nucléaire est dangereux et
sa contamination est invisible. Comparé aux émanations de CO2, il n’y a pas
photo. D’un côté la mort, de l’autre un peu trop de gaz carbonique dans l’air.
On n’en meure pas. En appuyant sur un bouton, la centrale thermique s’arrête.
Avec le nucléaire la combustion continue. Combien de temps pour arrêter
définitivement une centrale nucléaire ? 30 ans ? et, d’ici là, le
risque continue. Sans parler des déchets dont les plus dangereux dureront
quelques centaines de milliers d’années ni des coûts réels toujours en
discussion quand il faut mesurer le coût des démantèlements définitifs et que
les estimations opposées varient selon les sources des industriels ou des
écologistes de 1 à 10.

Fukushima a ouvert une nouvelle ère et nous pensons qu’à
horizon de 50 ans, si les technologies nucléaires actuelles  n’évoluent pas, sur le plan de la sécurité
notamment, le nucléaire est condamné.
Et notre chère politique hexagonale avec la préparation de la présidentielle 2012 qui bat déjà
son plein ?

Ici les choses se décantent.

Avec un Sarkozy sérieux et adhérent aux valeurs des français
dans sa politique internationale (réindustrialisation, Etat fort, régulation et
encadrement des puissances financières), il est de plus en plus certain qu’il
va tenter de se représenter pour gagner. Dans son camp les Juppé, Coppé, Fillon
s’effacent et vantent les mérites du chef. Son épine reste Borloo mais celui-ci
aussi est relativement clair. Si Le Pen a des chances de passer, il se ralliera
au dernier moment contre postes et programme de gouvernement cela va sans dire.
Ce qui voudra dire rigueur peut être mais surtout pas mal de social. Aïe les
finances.
Le deuxième prétendant sérieux est Le Pen. Elle pourrait
bien faire les 23% qu’on lui a prédit il y a déjà un moment. Pour un état
musclé, des mesures sociales renforcées et la réindustrialisation de la France
, elle compte bien se renforcer dans les classes populaires sans compter que
son discours anti immigrés sous jacent est toujours là pour séduire dans les
anciennes banlieues ouvrières. Va donc pour Le Pen et ses 23 à 25% au premier
tour.

Reste nos chers socialistes, déjà en pleine bagarre. Mais là
aussi le verdict devrait assez vite se confirmer. Aubry a le soutien de la
majorité du parti et elle a, plus que les autres , le soutien implicite de
Mélanchon et de l’extrême gauche. Elle est le socialisme orthodoxe et ultra
conservateur de toujours. N’a-t-elle pas promis de revenir sur la retraite à 60
ans, la confiscation des richesses des riches et le maintien pur et dur des 35
heures ? Hollande semblait, outre une présidence « normale et
apaisée », vise clairement l’électorat centriste de DSKet un
positionnement proche de celui des partis socio démocrates européens. Mais quid
si DSK revenait ou à tout le moins jouait la statue du commandeur. En tout cas
le conflit gauche orthodoxe ou gauche plus moderniste est intéressant Les
sondages de popularité, ou de score contre Sarkozy, selon que c’est Hollande ou
Aubry qui l’emportent, va être particulièrement intéressant à suivre,avant même
septembre et les primaires socialistes.

Quoi qu’il en soit le décor de la présidentielle française
est bel et bien planté. Que ce soit Aubry, Hollande , Sarko ou Le Pen,
tous sont pour un Etat fort, du social important, plus ou moins de retouches
dans les services publics ou les retraites selon que l’on est de gauche ou de
droite, et un positionnement européen hésitant, peut être plus fort à gauche
qu’à droite, mais ce n’est même pas sûr si le PS doit céder aux sirènes de
l’extrême gauche.

Naturellement, si Le Pen passe au 1° tour ce sera Aubry ou
Hollande et, si non, quien Sabe ?  Dans une France qui n’aime pas Sarkozy
et qui rejette massivement la mondialisation et même un peu l’Europe, même dans
les classes moyennes et l’électorat gaulliste, la gauche a des chances réelles.
Tout juste peut on espérer qu’il vaudrait mieux que ce soit Hollande qu’Aubry.

****

(1)   le plan français pour sauver la Grèce est génial. Pour la première fois il invite
les créanciers privés, et pas seulement les contribuables, à participer au
sauvetage, banques européennes et compagnies d’assurances vie essentiellement.

Mais pour ces nouveaux prêts de très longue durée , 30 ans, financés par le privé, on admet implicitement
qu’ils ne seront jamais remboursés puisque ils sont garantis par 20% de
placements obligataires de haute qualité et à zéro coupons qui viendront
compenser in fine les 20% prêtés aux grecs quant ils disparaitront. Les
nouveaux prêts seront sortis du bilan des banques et placés dans une structure
ad’hoc, ( cela rappelle le Crédit lyonnais, on adore les structures ad’hoc de
« défaisance » qui évitent de faire apparaître trop clairement les
vrais engagements),ainsi pas de risque, parait il, de dégradation par les
agences de notation.

En vérité, on a pas seulement noyer le poisson et cacher ces risques que l’on ne saurait voir. On a aussi
implicitement reconnu que jamais ce nouveau prêt financé par le privé, ne sera
remboursé. Il ne reste plus qu’à en faire autant pour les dettes
souveraines !

5 juin, 2011

quelques leçons de l’épisode DSK

Classé dans : International,politique France — pyrrhon @ 10:30

 

Premiere leçon :la vie privée des hommes politiques doit elle etre un tabou ?
DSK était apparemment un malade du sexe. Tout le monde le
savait et personne n’en parlait. Pour ses amis il était porté sur les femmes
mais, gaudriole oblige, plutôt drôle et rien d’une tare. Pour les autres, on
est en France, respect de la vie privée, rien d’une tare d’aimer les femmes. Au
contraire plutôt une qualité. Comme Henry IV, Felix Faure et bien
d’autres.

Le problème c’est qu’à ce niveau d’habitudes sexuelles, la
personnalité ne peut manquer d’en être affectée . Et pour quelqu’un qui, à 62
ans, ambitionnait de gouverner la France, cela pouvait avoir des conséquences
graves.

Avec cette affaire DSK, le cours des choses pourrait en être
changé, même en France.

Le silence sur la vie privée des dirigeants, sur leur passé
et leurs faiblesses, ne sera plus forcément de mise. Depuis Nixon les
américains ne se privaient plus de fouiller dans la vie privée de leurs
dirigeants. Il n’est pas impossible que la presse française commence à en faire
autant. Mais pas sûr !On va voir ce qu’il en sera avec l’alcoolisme
supposé de Mme Aubry.

Mais qui peut justifier qu’on s’intéresse à  la vie
privée des dirigeants ?

On serait tenté d’avancer l’idée suivante. Nos dirigeants
ont besoin d’une vie saine tant la tâche est énorme pour qui voudrait faire
correctement son job. Ils ne doivent pas être trop vieux. Ils doivent être en
bonne santé et s’ils ont des tares ont doit le savoir.
L’exemple DSK, dont les medias ont failli faire un
président, est assez éclairant. En 48 heures, subir le jet lag, se jeter sur la
première femme qui passe, être appeler 10 fois sur son portable pour des
affaires pressantes, et avoir la prétention de comprendre clairement des situations
complexes, et de convaincre des interlocuteurs exigeants dans une rencontre
internationale de premier plan, parait une gageure réservée aux héros de romans
mais pas aux responsables ordinaires
Deuxieme leçon : la justice américaine.

Quel punch dans la première démocratie du monde. Patron du
FMI ou pas. Futur président français ou pas. Les petites gens du Sofitel disent
qu’il y a eu tentative de viol sur l’une des leurs et en deux heures les forces
de police du quartier interviennent, font récupérer l’impétrant dans l’avion,
diligentent sur place, au Sofitel, les experts de la police scientifique et
traduisent  le quidam impliqué devant lejuge local des mises en détention 36 heures après.

Entre temps bien sûr, lestéléphones avaient du fonctionner et les pouvoirs américains et le FMI savaient
déjà que DSK était gardé au commissariat de police de Manhattan. Mais
impossible, même pour Obama, d’agir. On est en Amérique. On ne donne pas
d’instruction ni aux flics locaux, ni au juge local de première instance. Ceux
là font leur boulot, un point c’est tout, tant qu’ils ne sont pas dessaisis sur
des bases légales.

Dans 90 % des cas, dès la première comparution, les inculpés,
parce qu’ils n’ont pas les moyens de se payer des avocats de luxe, plaident coupables
et l’affaire est réglée, la peine prononcée et les indemités compensatoires versées
à la victime. Ici, DSK ne pouvait pas le faire, il risquait immédiatement 5 à
10 ans de tôle et de toute façons sa carrière était finie. Sans compter qu’il
a, lui ou sa femme, les moyens de se payer des avocats de luxe. Il a donc
plaidé non coupable et il est parti pour un long marathon juridique qu’il
gagnera probablement car il a beaucoup d’argent et sa victime n’en n’a pas . Il
s’est payé les meilleurs avocats d’Amérique et c’est peut être ce qui le
fera gagner bien qu’ici le procureur, sur une affaire aussi importante et donc  l’affaire de sa vie, ne va pas manquer de se défoncer au maximum.On retrouve ainsi les deux faces de la justice US.
Terriblement égalitaire pour tous dans la phase inculpation mais pouvant être inégalitaire
ensuite quand les moyens financiers entrent en jeu.

Troisième
leçon : le PS

Le parti socialiste français est non seulement nul sur le
plan idéologique- incapable de faire l’aggiornamento vers la sociale démocratie
que tous ses homologues européens ont fait depuis longtemps- mais il vient d’en
prendre un vieux coup sur sa propension à donner des leçons de morale à ses
adversaires politiques et à toujours se présenter comme un parangon de vertu,
défenseur exclusif des pauvres, de la veuve et de l’orphelin.

D’abord les dirigeants de gauche ne sont pas pauvres.
Souvent hauts fonctionnaires, ou issus des carrières confortables de la
mutualité ou des syndicats, ils sont plutôt bien payés et ne savent pas
franchement à quoi correspond la vie quand on est « rmiste », même
s’ils clament que bien sûr , s’il y a des « millions de pauvres » (toujours
des chiffres le plus énormes possibles,  indispensables à leur logomachie démagogique)
c’est de la faute de la droite.

Mais voilà, qu’en outre, non seulement ils ne sont pas
pauvres et sont mêmes parfois très riches, notamment quand ils sortent des
medias comme Mme Anne Sinclair,  mais voilà aussi qu’ils peuvent avoir des sacrés vices et qu’ils ne sont pas franchement moraux. Elle n’est plus franchement belle la gauche après une
histoire pareille.

Ordinairement, les médias de gauche étant largement majoritaire en France, c’est plutôt la droite qui
est montrée du doigt, amie des riches et bien entendu se désintéressant des
pauvres, de la veuve et de l’ orphelin .Cette fois c’est bien la gauche qui est
épinglée et de quelle manière ! Cela ouvrira peut être les yeux des
français. Il n’y a pas d’un côté les bons et de l’autre les mauvais. Il y a
l’humanité telle qu’elle est, parfois bonne, parfois mauvaise dans tous les
camps !

Aux dernieres nouvelles, selon les sondeurs, les français
plébiscitent toujours autant le PS trois semaines après ?? Curieux tout de
même !

Quatriéme leçon: la
morale aujourd’hui

Elle n’a plus beaucoup droit de cité et elle est plutôt
reléguer dans les placards de l’histoire. Sexe en majesté dans les médias,
Apreté et avidité dans tous les feuilletons TV et la pub envahissante qui nous
vante tous les jours l’importance d’avoir la plus belle bagnole, la plus belle
gueule et le meilleur parfum pour pouvoir séduire tout ce qui passe à votre
portée. On est loin de Socrate, de Saint François d’Assise, ou du père de
Foucault. Les héros d’aujourd’hui ne sont pas des saints mais des super
champions de la consommation en tout genre.

Et pourtant, il y a toujours au cœur de beaucoup d’hommes,
et pas seulement des enfants, une aspiration latente à la justice, au
dévouement et au soutien matériel ou psychologique des plus
« paumés ». Avec deux particularités. Cette propension à la morale
est sans doute plus forte dans les milieux ordinaires que chez les dirigeants,
(ambition et griserie du pouvoir obligent ). Et du coup , mais les responsables
le savent , il y a toujours impérieuse nécessité, pour les dirigeants, de faire
comme s’ils étaient moraux ( mais c’est encore bien mieux s’ils le sont
réellement) et d’en appeler à une société morale et juste , à droite comme à
gauche .

A cet égard, et pour conclure, la droite serait bien inspirée
d’expliquer que pour être juste et aider les plus défavorisés, il faut d’abord,
créer de la richesse et que cette nécessité là est totalement incontournable.
Tout son programme politique devrait en découler.

2 mai, 2011

incertitudes

Classé dans : Economie,International,politique France — pyrrhon @ 7:37

 

 

Beaucoup de sujets qui questionnent dans le suivi épisodique de l’actualité.

 

La crise est elle finie ? Surement pas !

 

Il y a, quoi qu’en disent les « officiels », une quasi impossibilité pour l’Amérique et pour de nombreux pays européens , de jamais pouvoir rembourser leurs gigantesques dettes. Trop long et trop d’économies à faire. Mais il y a plus grave : si jamais les taux d’intérêt remontaient, la charge pour de nombreux Etats, Amérique comprise, deviendrait insupportable. C’est le cas en France, 1% en plus cela doit être 6 à 8 milliards de plus sur la charge de la dette annuelle. Calcul à vérifier.

Conclusion : Obama est contraint de garder des taux zéros et la BCE doit aussi rester extrêmement prudente dans sa mission de lutte contre l’inflation.

La vérité toute simple, et la seule, c’est qu’un jour ou l’autre il faudra bien restructurer ces dettes et donc plomber les comptes de nombreux établissements financiers, banques et assurances.

La course aux nouveaux emprunts de solidarité et aux mécanismes d’assistance mis en place en Europe et aux USA ne fait que reculer, pour mieux sauter. C’est absurde et injouable à terme quoiqu’en disent les « autorités ». La réalité est là et il ne sert à rien de la nier.

 

Et les printemps arabes ? Autant d’interrogations et de germes d’incertitudes.

L’Afrique du Nord  se trouve déjà  dans des situations économiques troublées et régressives avec la perte du tourisme. Tunisie, Egypte et même Maroc sont en train de perdre 20% de leurs habituelles recettes annuelles. Les gouvernements vacillent et sont instables. On ne sait pas encore qui va reprendre le pouvoir, que ce soit au sein des hiérarchies militaires, Egypte ou Tunisie, ou dans la rue, Lybie et encore Egypte, avec le rôle mal discerné des grandes forces islamiques. Plus à l’Est, mêmes incertitudes ou interrogations, Syrie, Yemen, Barhein et même Jordanie. La rue demeure bruyante, agitée et réclame des réformes tous les jours au nom de la justice, de l’égalité et de la fin de la corruption et du népotisme. Toujours les mêmes slogans de gauche, propagés par l’internet et les médias, qui enflamment les cœurs mais qui ne veulent pas dire grand-chose. Et qu’y aura-t-il derrière ? Une vérité demeure inquiétante et c’est l’Europe qui l’a illustré. Quand les dictatures tombent, en Europe la fin du communisme, il y a deux cas de figure fort différents. Lorsque la chape de plomb des dictatures étouffe des Etats culturellement, ethniquement et socialement homogènes, il n’y a pas trop de casse à la sortie, cas des Polognes, Hongrie, Bulgarie, Roumanie. Fort différent des Etats totalitaires multiethniques et multi confessionnels, la Yougoslavie de Tito est là pour nous le rappeler. Dans ce cas c’est souvent l’explosion et les affrontements sanglants chacun revendiquant ses droits historiques dans la liberté retrouvée. Qu’en sera-t-il au Yemen, à Barhein, en Syrie, en Lybie, à Gaza, au Liban si partout les aspirations au modèle occidental continue à servir de référence ? Bien malin qui le saurait dans la lutte permanente et ancestrale que se livrent, à couteaux tirés, Schiites et Sunnites dans tout le monde arabe. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’avenir n’est pas écrit. Une quasi certitude tout de même. Les vraies dictatures, les dures, ne se laisseront pas faire. On peut compter sur Hassad pour mater ses opposants dans le sang et le régime militaire algérien fera sans doute la même chose. L’Egypte et le Tunisie étaient plus des autocraties que des dictatures pures et dures .C’est pour cela qu’elles ont basculé  si vite et sans problème. En Syrie, pour ne prendre qu’elle, ce sera une autre paire de manche. Mais, bien sûr, l’avenir demeure néanmoins incertain.

 

Heureusement il y a au moins une certitude, la France sera toujours la France dans la prochaine législature. Droite ou gauche, notre cher et vieux pays demeurera toujours un Etat fort étatique, managé par l’ENA, polytechnique, le petit monde politique des  grands partis dit « de gouvernement », et nos chers grands syndicats. On demeurera donc toujours dans le bricolage des petites mesures techniques et le plus souvent obscures et mouvantes destinées à répondre ponctuellement aux « aspirations » des français révélées quotidiennement par les sondages, et sans qu’aucune et véritable adaptation à l’économie mondialisée soit mise, une bonne fois pour toute, dans la tête des français. Tant que nous pourrons emprunter à 1% ou 2% cela ira, jusqu’au  jour ou les marchés sonneront la fin de la partie, La France devra alors se réveiller et elle est sans doute tout à fait capable de le faire en dépit des pesanteurs sociologiques, du poids énorme de la fonction publique et de schémas idéologiques hérité de 1945. Place alors au renforcement de l’économie de marché et rigueur et austérité dans l’immense secteur public et parapublic. On ne pourra pas faire autrement ni continuer à laisser une dette faramineuse à payer à nos enfants. Heureusement, d’ailleurs, les restructurations de dettes seront déjà passées par là !

 

Incertitudes comptables

 

Conscient qu’il faut faire un effort pour les marchés si l’on veut sauver l’Europe et l’Euro, le gouvernement dit et redit que les grands pays européens doivent ramener déficits et dettes à des niveaux raisonnables. Il vient de présenter au Parlement son programme de « retour à l’équilibre » (dit de stabilité) pour Bruxelles

Mais ce programme ne semble pas parfaitement clair, et une fois encore, on peut se demander si avec 10 à 12 milliards d’économies réelles par an, on pourra encore longtemps leurrer les marchés.

L’objectif officiel pour 2013 (et avant) est magnifique ! Pas d’inquiétude, le déficit budgétaire en 2013 sera bien de 3% du PIB après un passage par 4,6% en 2012 et 6% en 2011. Faisable puisque on est déjà à 7% en 2010 alors qu’on avait annoncé 8,5% il y a 18 mois.

Le problème avec ces merveilleux objectifs c’est qu’il y a pas mal d’astuces pour en arriver là.

D’abord les 7% de 2010 sont formidables parce que n’y figurent pas, comme en 2009, les 25 milliards empruntés pour le plan de relance gouvernemental de l’an passé.

Ensuite les chiffres retenus pour la croissance sont, comme d’habitude, plutôt optimistes : 2% en 2011 ( contre 1,75% en 2010), 2,25% en 2012 et enfin 2,5% par la suite. Ainsi les recettes fiscales devraient s’annoncer prometteuses puisque la croissance sera en bonne voie. Malheureusement c’est plus de la méthode Coué qu’autre chose.

Enfin, nec plus ultra des astuces de l’habillage budgétaire, sont exclues de ce programme de « stabilité » les charges de la dette (les taux peuvent remonter, les conséquences ne sont pas prises en compte dans le programme) et idem aussi pour les traitements, et donc les pensions, des fonctionnaires dont on sait qu’au total cela doit représenter pas loin de 60 % du budget. Le gouvernement se garde t il ici, en accord avec le PS peut être, le moyen de gargariser cette clientèle essentielle pour les prochaines joutes électorales ? Mais nous sommes sans doute ici de très mauvaise foi.

Incertitudes sur la mort de Ben laden

On nous annonce qu’il est mort mais on n’a pas son corps. On nous dit que c’est lui mais comment l’a ton su ?

Et sur internet , les américains, nourris aux 24 heures chrono et autres « spy games », se déchaînent. Manipulation, intox, jeu subtil des services secrets pakistanais ? Chacun y va de sa petite explication, les intellectuels dans le genre sérieux et géostratégique, les internautes dans le genre complot et mise en scène pour tromper le bon peuple.

Une certitude peut être : mieux vaut considérer qu’on ne saura jamais. Et pas même si Ben Laden est bien mort.

2 avril, 2011

L’UMP en apesanteur

Classé dans : politique France — pyrrhon @ 13:28

 

L’UMP en apesanteur

 

Et bien voilà les jeux sont presque faits.

On commence à savoir comment vont voter les français en 2012 et ce n’est pas réjouissant !

A droite, c‘est même pratiquement fait et on comprend assez bien pourquoi.

Il y a d’abord les 21/23% qui vont voter FN ( et comptons sur PS et medias pour qu’il en soit bien ainsi, c’est de bonne guerre) La raison de ce fort vote FN est assez simple. C’est le petit peuple, d’abord des campagnes lorsqu’on n’a pas beaucoup pour vivre, mais surtout des banlieues. Autour d’eux, leur monde de banlieusards s’est transformé. Les voisins ne sont plus les mêmes. Ils sont très souvent noirs ou maghrebins et ils n’ont pas les mêmes habitudes de vie qu’eux. En plus ils leur arrivent d’être fétichistes ou musulmans. Ils prient même dans les rues. Quel contraste avec nos pauvres français de souche, qui depuis longtemps n’allaient plus à l’église et qui, s’ils invoquaient une grand messe, c’était plutôt celle de la fête de l’huma et surtout celles des retrouvailles de leur jeunesse à la télé avec les dernières apparitions publiques de Johnny ou peut être encore d’Eddy Mitchel ou de Michel Delpech…. « qu’on était bien chez Laurette »..  mais maintenant dans nos banlieues on se sent un peu moins bien. Et oui ce peuple là est un peu perdu. On a beau lui dire tous les jours que le multiculturalisme c’est très bien, le français d’hier est un peu inquiet. Souvent même il déménage et cherche à retrouver ses habitudes et son milieu, en Bretagne dans la maison des grands parents ou ailleurs en Charente ou même en Languedoc Roussillon, encore abordable quand il est retraité. Mais s’il est resté en banlieue, il se dit, au moins avec le FN c’est clair. Ils veulent refouler les étrangers , interdire sérieusement les regroupement familiaux et faire marcher , tout aussi sérieusement, la préférence nationale, alors que l’on sent bien que les partis dits de gouvernement, essayent quand même de donner à tous ces nouveaux français des lieux de culte et de mieux les intégrer en les aidant au maximum, sans faire grand-chose pour arrêter la vague qui ne cesse de grossir. Donc les 23% ne sont pas très étonnant. Tous nos français d’hier ont un peu peur parce qu’ils voient bien, eux qui sont au contact, que le monde qu’ils connaissaient n’est déjà plus et que le nouveau est troublant et pas toujours très juste à leur égard . Alors qu’il l’est souvent plus pour les nouveaux arrivants ce qui est d’ailleurs normal car beaucoup de choses sont à régler pour eux.

 

Et puis il y a maintenant 7% de nos braves électeurs Sarko de 2007 qui sont prêts à voter Villepin, cet excité de Villepin. Ceux qui le suivent ne sont pas les mêmes que les précédents. Gaullistes d’hier, ils croient en un Etat français fort, à un certain nationalisme et à une bonne entente de toujours avec les milieux syndicalistes ou communistes. C’est l’Etat gaulliste de 1945, celui qui n’a jamais renoncé à une certaine compréhension de l’ex URSS et qui continue à détester l’Amérique ou plutôt qui ne l’a jamais bien comprise. Partisans d’une France qui devrait se réindustrialiser, prêts à défendre toutes les exceptions françaises, ils regrettent Chirac et ressortent plutôt aux milieux aisés ou moyennement aisés. Si Villepin se présente, et comptons sur les juges pour probablement le blanchir, ils voteront pour lui. Et 7% c’est beaucoup.

 

D’autant plus que ce n’est pas fini. Il y a encore les centristes, ralliés à l’UMP, mais qui sont aussi tentés de présenter un candidat malgré la crainte du FN à 23%, mais, ici, tout comme dans le camp Bayrou, on doit aussi commencer à penser à débarquer Sarko tout en se disant qu’au fond , avec DSK ou Hollande, on pourra peut être s’entendre. Alors, si un Borloo ou un autre se présente ce sera pour celui là sans doute 8 à 10 % d’assuré. Les électeurs de droite sont prévenus. Ils savent qu’un 2007 inversé est possible, avec Marine Le Pen au second tour contre la gauche. Cela les dissuadera t il, pour autant, d’aller voter pour le candidat centre droit de leur cœur ? Pas sûr, car ils n’aiment pas beaucoup Sarkozy et si c’est DSK au second tour, ils ont déjà dit dans les sondages qu’ils sont pour, alors pourquoi pas ?

Donc à droite, les comptes sont vite fait : MLP,23, Borloo,10, Villepin,7,sur 52 il reste combien pour Sarko ? 12 !!!Evidemment il n’a aucune chance. Et quoi qu’on en dise, ces sondages à 15 mois de l’échéance ne sont pas si farfelus que cela car ils correspondent à des réalités sociologiques profondes. Et les opinions politiques dans la tête du peuple, du petit comme du moyen, ne changent pas si souvent que cela et, en général, tous les spécialistes du découpage électoral le savent, elles sont même remarquablement stables.

Et à gauche alors comment cela se présente t il ?

Ici encore, plus qu’à droite, les opinions sont figées et ne varient  guère sauf chez les bobos écolos mais nous y reviendrons.

Les scores attendus et probables devraient tourner autour d’un 4% pour la LCR. Peut être un peu plus car leur nouvelle candidate est plutôt sympa et nettement plus sexy qu’Arlette. Melanchon, fameux tribun, comme au bon vieux temps des grands orateurs du 19° et du 20° qui nous ont mené ou l’on sait, ne manquera pas de recueillir, le PC l’ayant rallié, 8 à 10% des voix. C’est, avec la LCR, le poids invariant de l’extrême gauche française, sans doute la plus extrémiste et la plus archaïque d’Europe, ce qui est un problème majeur pour le PS qui a absolument besoin de ses voix. Et qui devra avant de prendre le pouvoir lui donner de quoi le satisfaire en promesses électorales. Heureusement qu’elles n’engagent que ceux qui les écoutent.

L’étiage du PS a toujours varié entre 20 et 30% selon les succès ou la présence forte ou non des écolos. Le PS aujourd’hui, c’est le parti de tous les fonctionnaires et largement des médias. Ce n’est donc pas le parti du peuple mais bien au contraire celui des nantis et des vrais privilégiés. Emplois à vie, carrières assurées, bons revenus toujours croissant à l’ancienneté et, en plus, le privilège du cœur et la certitude d’être dans leur bon droit quand ils luttent contre les inégalité sociales, la défense des immigrés et revendiquent encore et toujours des moyens supplémentaires, en s’offrant même le luxe, en parfaite contradiction schizophrénique, de dénoncer les déséquilibres budgétaires et le surendettement, évidemment provoqués par la droite selon eux.

Et cette fois nous sommes bien avec des classes moyennes et supérieures mais, malgré leur bon niveau intellectuel, ils ne doutent pas un seul instant de ce qui précède. Ils sont dans leur bon droit. La France est inégalitaire et affaiblie à cause de la droite mais évidemment pas à cause de leur propre statut de privilégiés et quand ils reviendront, sans doute très bientôt, ils n’auront de cesse de le renforcer ou de recommencer le type d’absurdités qu’Aubry avait parfaitement réussie : 35 heures, CMU et ISF comme symboles de leur brillante politique !

Reste les écolos et les bobos intellectuels, plutôt sympas, eux aussi de tous bords. Ils sont complexes et fluctuants. Il y a là des gens qui adorent la nature…. mais qui ne l’adore pas ? qui l’adorent sincèrement, qui s’inquiètent de l’avenir de la planète, qui mangent bio et qui soutiennent l’économie solidaire mais, et c’est là que ça se complique, ils ont perdu depuis longtemps leurs racines familiales terriennes et ils ne sauraient même probablement pas cultiver des radis. Comme leur héros, Nicolas Hulot, ils connaissent la terre par des reportages médiatiques, des vues du ciel mais certainement pas en allant cultiver leur jardin. Gens des villes avant tout, ils raisonnent sur des idées abstraites. Ce qui fait que parfois ils font 2% des électeurs mais d’autres fois 12% quand ils ont des leaders valables. Car ce sont des cerveaux écolos mais surtout politiques. Ils adorent la politique, le sauvetage des peuples et la lutte contre le capitalisme et l’économie de marché. Altermondialistes on les retrouve aux forums de Sao paulo ou d’ailleurs pour soutenir les peuples « opprimés » du tiers monde. Vive les écolos donc , tellement médiatisés, tellement urbains et si peu proches de la vraie nature sauf pour le jogging du dimanche matin et les vacances en safaris. Leur score aux élections pouvant varier de deux à quinze, tout dépend de leurs leaders. Avec Dany le rouge, ils feraient probablement 15, avec Eva Joly 6 ou 7, avec  Cecile Duflot peut être 10, Ce qui ne laisserait plus que 20 au PS.

Et si l’on refait les comptes, 48, moins 10 d’ecolos,13 à 15 de l’extreme gauche, 5 de Bayrou que j’allais oublié,cela ne ferait que 18/20  pour le PS. Il serait quand même la première force à gauche , ce qui est, quelque soient les scores des autres , une quasi certitude. C’est donc ce PS là qui se retrouverait face à Marine Le Pen avec à coup sur la victoire assurée, dans un fauteuil, tout comme Chirac en 2002.

Telle est la triste situation des perspectives électorales françaises car personne dans tout cela pour venir expliquer aux français, avec le langage de la vérité, la réalité du monde dans lequel ils sont maintenant plongés.

Grands pays émergents, fin du leadership américain, développement fulgurant de capitalismes d’Etat ou d’entreprises géantes, enrichissement rapide de la planète, richesses naturelles qui s’épuisent et incapacité totale des organismes multilatéraux de 1945 à assurer un minimum de stabilité politique, économique ou monétaire à ce monde en mouvement. Non seulement l’ONU doit être repensé mais aussi Bretton Woods, l’OMC ,la BIRD et le FMI. Le monde de 1945 a vécu et rien n’est prévu pour le monde qui nait sous nos yeux sauf le G20 mais encore bégayant. En tout cas la France , avec ses pensées et ses partis politiques actuels, est totalement coupée de ce que l’on commence à parfaitement comprendre partout ailleurs . Que le monde est en grand mouvement, heureusement plutôt en bien,  et qu’il faut s’adapter.

 

 Si, dans le pandemonium du petit monde politique français, devait apparaître un vrai leader pour demain, que devrait il dire ? Elémentaire mon cher Watson :

 

  • Renforcer l’Europe au plus vite et abandonner une partie de notre souveraineté au profit d’une Europe déjà presque fédérale et disposant de vrais pouvoirs économiques. Sans cela l’Euro ne survivra pas . Et quoi d’autre qu’une Europe fortement rassemblée pour affronter les géants asiatiques et américains nord et sud qui gouverneront la planète dans 20 ans ?
  • Défaire rapidement tous les archaïsmes socialistes infiniment trop coûteux,35 heures, ISF,  et assouplissement impératif du droit du travail. Repasser en quatre ans à 39 heures partout.
  • Diminuer sans fléchir les prélèvements obligatoires et inscrire l’équilibre budgétaire , comme une règle d’or absolue de la Constitution
  • Ramener la charge des services publics à presque 35% comme dans tous les grands pays démocratiques, 1% de moins tous les ans affichée comme une règle absolue et instauration de benchmarks couts/efficacité en comparaisons européennes pour tous les grands services public. Avec une indispensable exposition médiatique sur ce type d’information, on aurait des surprises, les services publics français n’étant pas les meilleurs, loin de là.
  • Travailler plus et peut être gagner moins, c’est comme cela que l’on pourra redresser les comptes extérieurs. Devant nous rigueur et travail et priorité à l’investissement productif, au secteur privé et à l’Education. On devra toutefois faire plus pour les plus pauvres.
  •  L’Ecole doit redevenir simple et la sélection rétablie à tous les niveaux, seul moyen de remettre en route l’ascenseur social et de sélectionner les meilleurs, y compris ceux issus du peuple d’en bas.
  • Comme presque partout aux USA, pas plus de deux mandats pour les élus, à tous les niveaux, grandes villes, département, régions, parlement, présidence.
  • Enfin une immigration choisie et contrôlée comme dans les grands pays anglo saxons. Notre nation de vieux a besoin des immigrés jeunes venant d’ailleurs .Mais encore doit on s’assurer qu’ils auront du travail et qu’ils pourront s’intégrer dans les valeurs de la république et les traditions, chrétiennes ou révolutionnaires de 89, d’une terre de 2000 ans d’histoiree qu’il faudra bien apprendre à leurs enfants si l’on veut avoir une nation un tant soit peu intégrée. Mais cela ne suffira pas. Il faut impérativement pour eux trouver un ciment rassembleur. En Amérique la liberté et la conviction de pouvoir devenir riche même en partant de rien. Alors pourquoi pas la même chose en France ? mais alors fin des innombrables barrières à l’entrée dans le monde du travail et fin des innombrables privilèges de caste. On en n’est pas là et ce sera particulièrement coriace ! Et enfin l’Islam : pas de nikab, ni de minaret, ni de muezzin, ni d’iman s’exprimant autrement qu’en français ou en anglais (nouvel esperanto de l’économie) en France. Mesures fortes et symboliques, indispensables pour préserver le patrimoine touristique et historique français sans pour autant empêcher les fervents islamiques de prier dans de belles mosquées (mais qui doivent  rester discrètes, mêmes si très grandes) , dans les paysages de France.
  • Et enfin des zones franches dans les banlieues  ( peu d’impôts et un droit social très souple) et aussi  une laïcité intransigeante. Toute la loi de 1905 et rien que la loi de 1905 sans accommodement et sans exception. Les mosquées appartiennent à l’Etat. Les municipalités peuvent leur vendre des terrains et les fidèles ou les monarchies pétrolieres financent en apportant leur dons à l’Etat français. L’Etat comme pour les autres religions, est propriétaire des mosquées. Il entretient mais ne finance pas les constructions. Il serait bien que la gauche retrouve vis-à-vis de l’islam les intransigeances fanatiques qu’elle a eu hier vis-à-vis des catholiques. Il est douteux qu’elle n’ait jamais ce courage là !  Elle préfèrera toujours sur ces sujets difficiles, jouer la politique de l’Autruche. Ce n’est plus le cas de la droite qui doit impérativement définir sa position vis-à-vis de l’Islam et partant du FN.

 

 

Mais qui pourrait bien présenter un programme pareil ?

 

Aucun des partis actuels bien sûr.

 

Et quel homme pour le faire ? Sarkozy ne l’a jamais été. Excellent politicien et homme d’action, il a trop vite montré ses limites. Ce n’est pas un homme de conviction capable de défendre les choix indispensables. Pas sûr d’ailleurs qu’il les comprenne ni d’ailleurs qu’il se représente quand il constatera que les obstacles  demeurent insurmontables.

A droite, Juppé, Villepin, hommes du passé, sanglés dans leurs habitudes gaullistes, n’iront pas vers une Europe plus forte et ne seront pas prêts à s’engager dans le recul indispensable du poids des services publics. Le ventre mou de l’UMP, Fillon, Raffarin, et les centristes encore moins, même si leurs engagements européens iront plus loin que ceux des gaullistes

A gauche, au PS, c’est « kif kif bourricot » avec les centristes, mêmes programmes, mêmes convictions sauf qu’ici il s’agira avant tout de renforcer l’Etat donc de précipiter la France un peu plus vers le précipice. Même DSK devra s’y conformer.

Et dans tous ces camps, rien pour l’Islam et la laïcité. Mieux vaudra sur ces sujets ardus jouer la politique de l’autruche y compris pour les banlieues.

Une toute petite lueur d’espoir peut être du côté de Coppé. Celui là est original. Il brise les tabous et on peut le croire capable de parfaitement saisir les enjeux du monde de demain donc pourquoi pas du programme ci-dessus et de ce qu’il faudrait faire pour la France.

Trop habile pour s’engager sur l’ensemble dès maintenant, il pourrait tenter de marquer des jalons dès 2012, tant sur les banlieues et l’islam que sur la diminution impératjve du poids des services publics. Naturellement, il échouera et s’il envisageait de suppléer un Sarko démissionnaire en 2012, il serait sûrement balayé. Trop tôt par rapport à l’état de l’opinion française. Mais, avec son complice Sarko , ils pourraient toutefois représenter une opposition crédible et de poids pour 2017. Car à ce moment là, il ne sera plus question de différer encore les indispensables réformes ni de refuser de faire savoir aux français ce qui se joue et ce qu’il faut faire. Après 5 ans de gouvernement de gauche ce sera la panique et il y aura belle lurette que la France aura été dégradée par les agences de notation et que nos emprunts seront de plus en plus ruineux. Ailleurs, chez les anglo-saxons, les partis de droite se distinguent toujours des socio démocrates par la conviction qu’il faut moins d’Etat et plus de liberté et de pouvoir aux citoyens. Ce n’est pas le cas en France qui chérit toujours ses racines étatiques et qui ne se reconnaît que dans un Etat fort, centralisateur, auquel on demande toujours de tout faire et dont on attend tout, aussi bien à droite qu’à gauche. C’est pour cela qu’en France la démocratie, plus que jamais, se définit par « le gouvernement des fonctionnaires, par les fonctionnaires, pour les fonctionnaires » (célèbre pastiche du « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ») Il faudrait pourtant que cela change si l’on veut s’intégrer dans un ensemble européen plus fort et si l’on veut jouer la concurrence comme les autres acteurs mondiaux. Dans cette nouvelle donne, la France a de magnifiques cartes culturelles et historiques à exploiter. Encore faudrait il qu’elle accepte de se serrer un peu la ceinture, d’arrêter de pleurnicher  et de se retrousser les manches. Trop de welfare et de socialisme ont avachi cette nation qui a oublié le sens des vraies valeurs et du courage de ses ancêtres paysans. Elle n’a plus pour seul horizon que de faire du jogging et de se défoncer dans toutes sortes d’associations fantaisistes, plutôt que de se consacrer à la création de richesse, pour ses enfants demain, pour sa population vieillissante, pour la diminution de la dette et pour les millions d’immigrés,français de fraiche date, qu’elle doit maintenant intégrer. La charge est lourde et tous les français sont capables de comprendre que pour cela il faut faire des efforts. Travailler plus bien sûr mais pas seulement pour gagner plus. Tout autant sinon plus pour épargner (pour préparer l’avenir de nos enfants) et aider vieux( il y en aura de plusen plus et ils côutent cher), vrais pauvres (pas les fonctionnaires ni tous les assistés indus) et immigrés de fraiche date, l’immigration massive ayant été stoppée bien sûr.

1 février, 2011

Sarko, le G20,la presse

Classé dans : International,politique France — elis @ 14:56

 La conférence de presse de Sarko du 24 janvier sur sa présidence du G20 était doublement intéressante. Une communication parfaitement maitrisée. Des messages parfaitement clairs :

  • Secondaires et ciblés pour le public français,
  • Importants, et de grands succès pour le Quay d’Orsay, mais parfaitement ignorés par la presse et les médias français pourtant tous présents ce jour là.

 

Voyons cela plus en détail.

 

  1. A destination hexagonale : 3 messages

 

  • proposer de réactiver la taxe Tobin sur les transactions financières. Sur ce premier point, tout le monde informé sait que c’est un joli «marronnier» mais que beaucoup de monde va s’y opposer et, qu’en outre, c’est quasi impossible à appliquer. Très généreux dans les mots prononcés par Sarko. On pourra affecter le produit de cette taxe aux pauvres en prenant aux riches. Très bien pour l’opinion socialisante française. Sarko commence sa campagne 2012. Mais parfaitement inapplicable sans aucune chance de passer au G20. Sarko , fort prudent, n’a pas caché que ce serait fort difficile d’aboutir. Heureusement, car ça ne passera pas!

 

  • demander une meilleure stabilisation des marchés des matières premières. Là encore, Sarko s’adressait à son opinion interne en dénonçant les «méchants spéculateurs». Mais là encore, c’est ignorer l’essentiel. Si les matières premières s’envolent, c’est parce que le tiers monde de jadis s’envole à son tour, bat tous les records de croissance et voit des millions d’ex déshérités accéder rapidement au statut de la classe moyenne occidentale. Et ils seront très bientôt près d’un milliard dans ce cas. Evidemment ils consomment, comme nous, et cela fait déjà presque le double des riches consommateurs habituels. Plus d’énergie, plus de voitures, plus de chauffage mais aussi plus de viande, de blé, de riz et même de produits de luxe à produire. Les matières premières n’ont pas fini de flamber. Malgré tout, on devrait gêner et tenter de freiner les spéculations, achats et reventes à terme, sans livraisons et à découvert par exemple, mais on peut douter que les banquiers du monde entier, et leurs gouvernements avec, l’acceptent.

 

 

  • proposer un nouveau système monétaire international. Justifié et encore plus fort vu les désordres actuels et l’échelle de perroquet aux dévaluations compétitives…sauf pour l’Europe. Malheureusement personne n’en veut et notamment pas les américains, Sarko ne l’a d’ailleurs pas caché. Quant au grand public français qui ne connaît que le yuan sous évalué il s’en fout un peu. Mais Sarko a tout de même marqué un point auprès des gaullistes en se parant de la vulgate gaulliste notamment contre le dollar. Toujours la cible intérieure.

 

  1. Les vrais et très importants succès de la diplomatie française et de Sarko…évidemment très largement ignorés par les médias français. (Un rappel toujours utile : 80 % des journalistes français, selon les sondages, votent à gauche par conviction et ne sont pas suspects de flagornerie mais plutôt d’antisarkozisme)
  • Il faut déjà se rappeler que le G20 est une remarquable création qui regroupe les 20 premières économies du monde. Avant, entre l’ONU, rien qu’un «machin», rassemblement hétéroclites de toutes les nations du monde, mélange de quelques démocraties et de beaucoup de dictatures, et le G8, les grandes puissances occidentales, il n’y avait rien. Aujourd’hui, enfin, l’ex tiers monde qui se développe à grande allure est là et l’initiative en revient plutôt à la France et à Sarkozy ce qui mérite pour le moins d’être salué même si USA, Allemagne, japon et UK ont encouragés, volens nolens, et finalement soutenus.

 

  • Mais ce que vient d’obtenir le quai d’Orsay avec la création des trois groupes de travail permanents est également très important même si les médias français l’ont royalement ignoré.

 

  • o Groupe pour tenter d’élaborer un code de bonne conduite pour le système monétaire international, les taux de change et les flux de capitaux, sans remettre en cause le dollar ni le yuan chinois. On ne fera pas un nouveau Bretton woods. Mais tout de même qu’Angela Merkel ait accepté de coprésider, avec le Mexique, ce groupe permanent ou des experts vont se mettre au travail est d’excellente augure et il pourrait fort bien en sortir quelque chose, même si ce n’est pas sous la présidence Sarko ou mexicaine, mais cela pourrait être un début de remise en ordre compte tenu de la «guéguerre» des monnaies et des dérèglements actuels.

 

  • o Groupe matières premières, piloté par Medvedev avec au menu la régulation des marchés dérivés, et donc des règles sur les ventes à découvert entre autres, mais aussi réflexions sur les stocks, les livraisons et les produits d’assurance. Medvedev aura du travail mais, compte tenu des défis auxquels la Russie est confrontée sur ce chapitre, nul doute que son Président aura à cœur de tenter de dégager quelques règles de bonne conduite.

 

  • o Enfin, last but not least, coordonner le G20 avec le FMI pour un renforcement de la gouvernance économique mondiale en faisant pratiquement du FMI le secrétariat général du G20. Ce sont déjà presque les mêmes qui siègent au conseil d’administration du FMI. Certains vont s’y opposer mais David Cameron, premier ministre britannique, encore un poids lourd, va piloter ce dossier et rendra ses conclusions en novembre à la fin de la présidence Sarko du G20.

 

Bravo le Quay donc, pour une fois pas trop en dehors du monde réel de demain, et bravo aussi à Sarko pour avoir réussi à convaincre de très grands partenaires de piloter ces trois groupes de travail essentiels pour l’avenir d’un nouveau monde. Alea jacta est. Qui vivra verra !

On doit enfin considérer que comparés aux erreurs et aux désastres de 1929 avec l’édification accélérée des barrières douanières et les replis sur soi, les responsables politiques du XXI° siècle affrontent la première grande crise mondiale depuis 1929 avec un sens aigu des responsabilités et une analyse judicieuse de ce qu’il ne faut surtout pas faire. Ce monde qui devient un village réagit mieux que celui de 1929 et, avec le G20, il va tenter de progresser, n’en déplaise aux alter mondialistes et autres attardés du socialisme.

 

 

 

 

4 janvier, 2011

Manuel Valls et les 35 heures

Classé dans : politique France — elis @ 11:50

 

Chapeau Manuel Valls ! Un socialiste qui ose dire que les 35 h étaient une gigantesque connerie (veuillez nous excuser pour ce terme qui nous semble le seul approprié en l’occurrence) et qu’il faudrait en sortir au plus vite. On en tombe sur le « derrière ».Et Valls dit pourquoi, bien, qu’évidemment, personne ne l’ait répercuté: appauvrissement et désorganisation dans les grands services publics, Santé et Education Nationale notamment. Alourdissement considérable, 35 milliards, du déficit public, pour les aides compensatrices aux entreprises, dont seules les grandes ont bénéficié. Stress accru au travail pour les salariés et, au total, sans doute pas d’emploi supplémentaires créés (même si l’INSEE considère qu’il y en a peut être eu une centaine de mille). On  demeure, de toute façon,  à des années lumières du milliard annoncé. Il fallait le faire. Bravo Madame Aubry que la coterie journalistique et médiatique, avec sa clairvoyance habituelle, va sans doute tenter de porter à la Présidence en 2012.

Quand à Manuel Valls, on ne donnera pas cher de son avenir en politique. Haro sur celui qui dit la vérité. Il doit être « assassiné ». C’est bien entendu ce à quoi se livrent tous les commentateurs, de gauche comme de droite, depuis deux jours. A gauche, on retiendra surtout qu’on voit dans ses déclarations une manifestation évidente de son égo démesuré et du peu de place qu’il occupe dans la liste des candidats potentiels aux primaires. Quand à la droite, J.F. Coppé l’invite à s’inscrire à l’UMP.

On se demande bien pourquoi car, s’il y a un dossier qui aurait du être immédiatement traité à l’arrivée de Sarko au pouvoir, c’est bien celui là. Or il n’en a rien été et pour une raison toute simple : la « trouille » tout simplement. Allez dire aux français qu’ils  allaient devoir renoncer à leurs sacro-saintes 35 h, à leurs RTT, à leurs week end prolongés, non surtout pas. Le meilleur moyen de s’attirer leur ire et de ne pas être reconduit aux prochaines échéances électorales. Donc, on n’y touche pas et, surtout, on n’en parle pas. On nous dit aujourd’hui qu’en fait, si, on y a touché, et que l’on a progressivement « détricoté » l’écheveau. Mais on se demande bien comment ? Ce n’est pas en favorisant les heures supplémentaires que la facture a baissée. Il est même sûr qu’elle a fortement augmentée et qu’il faut, aux 35 milliards initiaux, en ajouter d’autres qui augmentent encore le fardeau de la charge publique. La France demeure le seul pays au monde a avoir décidé qu’on ne devait pas travailler plus de 35 heures. Un magnifique modèle social ! Mais que l’on ne s’étonne pas, alors, si le chômage augmente, si la dette va devenir  de plus en plus lourde à supporter et si les agences de notation en viennent à nous dégrader lorsque les taux d’intérêt repartiront à la hausse, ce qui ne va sans doute plus tarder.

20 novembre, 2010

Remaniement

Classé dans : politique France — pyrrhon @ 8:41

 

 

Bien sûr la gauche a trouvé son slogan : tout cela pour çà ! Il n’est pas mauvais et, bien sûr, 60% des français vont être d’accord avec elle dans les prochains sondages.

Et, bien sûr,  une autre impression s’est glissée dans l’esprit des anti sarko : l’etat RPR pur et dur est de retour. Ils n’ont pas tord. Face à la défaite qui se profile pour 2012 et, avant, pour la majorité au Sénat, l’ex RPR, devenu UMP, resserre les rangs et se prépare à un combat sérieux avec la gauche.

Finis les gadgets Sarkoziens. Plus d’ouverture à la gauche ou de bras tendus à la diversité. Cette fois on est sérieusement inquiet et on se regroupe. Le tout est de savoir pourquoi faire ?

Et l’impression dominante est plutôt que l’on va faire dans la continuité avec ses quelques bons côtés mais aussi ses insuffisances.

Ce qui est intéressant aussi, c’est que Sarko, « l’hyper-président » est entouré de Fillon, de Juppé et même de Coppé dont aucun n’a jamais caché que Sarko pouvait être un problème pour 2012. Sarko n’est donc plus vraiment le seul patron. Il va travailler en équipe. Une nouveauté dans la V° république. Mais peut être aussi un signe de force pour la droite si ce n’est plus un homme seul qui dirige mais une équipe de cerveaux aguerris et très expérimentés.

Si nous étions leur conseiller, voilà ce que nous leur dirions.

Arrêter de ménager la gauche ou les Bayrou ! Rentrez leur « dans le chou », courtoisement mais durement. Ne dissimulez plus l’état de la France et de nos finances et assumez clairement l’indispensable rigueur. D’un côté la gauche, pure démagogie et attaques simplistes et malveillantes comme toujours. Et vous qui devriez dire : nous les entendons mais nous ne sommes pas là pour répondre à une opposition démagogique et aussi peu sérieuse. Les français pourront toujours nous vider en 2012 mais, en attendant, on va faire notre boulot, sérieusement, et on va même tenter de l’expliquer sans cacher la vérité sur les problèmes à résoudre.

Mais disons aussi un mot sur le Centre. Nous avons toujours eu l’impression qu’il fallait un centre à la droite, capable de dire : « eux, c’est eux et nous, c’est nous ». Oui, nous sommes  pour la rigueur mais nous sommes aussi fortement européens, et nous pensons aussi qu’il faut supprimer les 35 h et les aides associées et qu’il faut aussi supprimer le bouclier fiscal et l’ISF. Nous revendiquons notre liberté d’opinion pour critiquer le gouvernement quand nous ne sommes pas d’accord et même si on est très écolo, on ne comprend pas cette inféodation d’Europe écologie à la gauche et à l’extreme gauche. Donc on va créer notre mouvement en sortant de l’UMP, fut ce en sacrifiant nos siè ges et nos investitures aux prochaines législatives n’en déplaise à F.Bayrou. On ne sera pas avec Bayrou et on va présenter un candidat à la présidentielle par compétition type primaire entre Borloo, Morin ou un autre. 0n est avec l’UMP pour redresser la France mais on est indépendant. Pour résumer, on remet en quelque sorte l’ex l’UDF en selle, on garde notre étiquette NC et on rallye les radicaux de droite avec nous.

Il y a, enfin, un tiers courant dont nous nous devons de dire un mot : le pauvre courant libéral. Définitivement sorti du gouvernement cette fois ci. Il est vrai qu’être

libéral, en France, c’est être ultra libéral, donc indécent, naufrageur de salariés, et cause de tous les maux actuels. Il est clair aussi que les actuels patrons de l’UMP ont trouvé ce courant de pensée tellement peu signifiant qu’ils n’ont pas jugé bon d’en garder la moindre trace dans leur équipe. C’est assez affligeant car cela prouve bien que la France de Louis XIV et de François Mitterand, tout dans l’Etat et le pouvoir central, n’est toujours pas contre balancée par de vrais pouvoirs citoyens  ni par la société civile. Et pourtant H.Novelli avait fait du bon travail. Peut être même l’une des meilleures réformes du quinquennat avec les autoentrepreneurs. On a  tout de même décidé de faire de lui un adjoint de Coppé à l’UMP. C’est une bonne chose et cela prouve au moins que Coppé est conscient qu’il faut garder la cinquantaine de responsables UMP libéraux auprès de lui. Cela permettra peut être aussi à l’UMP de se montrer plus sérieuse sur les questions économiques.

Car on sent bien que c’est ce qui continue à pécher le plus tant à l’Elysée qu’au sein du grand parti majoritaire. Les réformes annoncées demeurent secondaires, les mesures de fond contre le chômage ou pour libérer l’économie française ne sont toujours pas prises et si le dossier dépendance est sympathique, et répond à un vrai besoin, ce n’est pas lui qui va doper la croissance française.

 

Et le juge d’instruction ? (On est nien obligé d’en parler avec l’affaire de Karachi)

 

Exception française mais coriace. Le pouvoir politique voulait les supprimer. Ils se vengent et font feu de tous bois : affaire Bettencourt, Karachi, Woerth à Chantilly. Rien ne sera épargné aux malheureux politiques. D’autant moins que ces « petits juges » sont intouchables et que toute la gauche les soutient parce que eux, au moins, ne sont pas aux ordres du politique comme le parquet. On oublie que ces brillants personnages ont fait Béthune, La Vologne et plus récemment Outreau. Seuls ,tout puissants , se gaussant du secret de l’instruction et en cheville avec les journalistes quand ils veulent faire parler d’eux, ils se voient fort bien faire  de brillantes carrières politiques alors que ce n’est pas ce qu’on leur demande et ils finissent parfois par sortir des bouquins fort lus et fort vendus car ce sont des célébrités. Qui résisterait à cette tentation diabolique de devenir célèbre quand on est un obscur petit fonctionnaire au départ. Certains, pas tous heureusement, ne résistent pas longtemps. On a même Eva Joly qui ne brigue pas moins que la présidence de la République.

Alors oui le parquet ce n’est pas bon. Trop loin lui aussi de la vraie justice quand il s’agit de faire carrière ; Mais les juges d’instruction, belle exception française tyrannique, ce n’est pas mieux . N’y aurait il pas moyen de ramener tout ce beau monde dans une vraie justice équilibrée. Sans juges d’instruction et avec des juges du siège totalement indépendants ? Et l’accusation et la défense avec des droits et devoirs strictement équilibrés face à ces grands juges indépendants. Le modèle anglo-saxon ou assez proche de lui sans doute. Malgré ses défauts, il nous semble préférable au nôtre.

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