16 octobre, 2010

Retraites, grèves et chienlit ?

Classé dans : politique France — pyrrhon @ 11:41

Retraites, grèves et chienlit (2) ?

(1)Nous illustrerons les évènements de ce mois d’octobre par un billet d’humeur. Nous nous en excusons par avance.

(2) De Gaulle en 68.

***

On nous dit que les français ont compris la nécessité d’une réforme des retraites.

On nous dit que le PS est un parti de gouvernement responsable.

On nous dit que les syndicats veulent seulement vouloir discuter plus longtemps des conditions de la réforme et qu’on leur a posé un ultimatum avant toute négociation alors que celle-ci a  duré 5 années en Suède.

On nous dit que les français ne supportent ni les inégalités ni les injustices et que ce gouvernement ne fait que les multiplier en favorisant les riches et en ayant créé le bouclier fiscal.

On nous dit enfin que les jeunes sont dans la rue parce qu’ils ne supportent plus les injustices , ni ce gouvernement , ni la réforme des universités, ni les réformes des programmes scolaires.

Tout cela est bien beau mais c’est une vaste rigolade entretenue par des fanatiques de gauche, de l’anti-sarkozisme ou tout simplement de la non acceptation de la règle démocratique. Les opposants pourront toujours tout changer dans deux ans quand ils reprendront le pouvoir. Mais non cela ne leur suffit pas. Ils veulent gagner des partisans tout de suite et s’assurer encore plus de garanties de succès pour 2012.

Alors on jette les foules dans les rues et les gamins avec.

Et c’est proprement scandaleux car tout ces « on nous dit » sont faux, archifaux et la vérité est seulement sordide, le goût du pouvoir, le goût d’être les patrons et le fanatisme naturel de l’âme humaine qui se réveille en particulier quand on lui donne libre court et que rien ne s’y oppose. Aucune réflexion là dedans. Rien que l’envie d’en découdre pour se donner un peu d’excitation et l’envie de vivre un peu plus dans des grands emballements de foule.

Car qu’en est il en réalité dans tous ces « on nous dit » ?

 

D’abord que cette réforme des retraites est bien entendu indispensable. Comment peut on vivre dix années de plus en moyenne, avoir de moins en moins d’actifs cotisants, de plus en plus de retraités bénéficiaires, des déficits croissants, financés par l’emprunt et considérer qu’on peut en rester là ??? Ce gouvernement, que nous ne soutenons pas en général, a tout fait pour résoudre les problèmes les plus délicats : travaux pénibles, carrières irrégulières, femmes de 3 enfants,etc…Il a même fait plus. Il a fait une réforme modeste dont beaucoup nous disent, y compris le PS, ce qui est un comble, qu’elle est insuffisante, ce que nous pensons également. Il faudra sans doute très vite la muscler n’en doutons pas. Alors ou est le problème ?

N’aurait on pas assez négocié ? Mais voilà 10 ans au moins que les syndicats participent au travaux du COR, qu’ils en connaissent tous les modèles et qu’ils savent très bien qu’il faut faire quelque chose. Réforme Rocard, réforme Balladur, réforme Fillon se sont succédées avec les syndicats consultés, entendus et écoutés mais ça n’a pas suffi. Et c’était toujours très insuffisant. Et maintenant il y a la crise et il ne faudrait toujours rien faire ou renégocier pendant 5 ans sans rien toucher d’ici là ? C’est plus que de l’inconscience. C’est de l’aveuglement coupable.

Les injustices supposées ? Cette fois c’est une vraie rigolade. Faire payer le patrimoine ? La France a déjà les taux confiscatoires parmi les plus élevés du monde…..sans compter qu’on pourra toujours passer les impôts sur les dividendes et les plus values à 50%, faire disparaître les stock options et passer la tranche supérieure de l’IR à 60% ou plus….. cela restera toujours insuffisant pour combler les trous. Il n’y a pas vraiment d’injustice en France, ou tout du moins elles ne sont pas là ou on le dit, chez les actionnaires ou les dirigeants d’entreprise. Par rapport à nos voisins, ces catégories là sont souvent plus imposées qu’ailleurs et on aurait surtout besoin que des fonds de pensions français viennent renforcer le capital de nos multinationales en faisant appel à un actionnariat classes moyennes et supérieures français qui en a largement les moyens. Ce serait plus utile que les sommes massives investies dans l’assurance vie obligataire ou l’immobilier.

Et puis, enfin, il y a en France une infinité de mécanisme pour redistribuer massivement. Et le moins qu’on puisse dire c’est que les plus défavorisés ne souffrent pas d’une insuffisance des aides sociales et assistance en tous genres. Le PS et le PC nous racontent des sornettes quand ils désignent de fausses injustices et ils le savent parfaitement. L’erreur bien sûr c’est d’avoir créer le bouclier fiscal. C’est une grosse maladresse, symbolique, mais qui ne change rien au fond du problème.

 Mais que dire du plus extraordinaire, à savoir que la plus éclatante et la plus évidente des injustices réside dans les régimes de retraite eux même. D’un côté des fonctionnaires et des régimes spéciaux ultra généreux, avec pensions garanties à 75% du dernier traitement, départ à 50 ans parfois, et autres avantages multiples obscurs et parfaitement dissimulés….et de l’autre des retraites du privé assises sur les 25 meilleures années, des pensions de réversion conditionnelles et des points de retraite dont la valeur est constamment en baisse. Là est la véritable injustice, criante et parfaitement ignorée par tous, gouvernement, opposants, medias. Et pour cause, ceux qui manifestent et qui s’opposent ce sont précisément les plus favorisés. Parce qu’ils n’ont rien à perdre, que rien ne les menace, même pas, parfois, des pertes de salaire s’ils font grève, et que bien entendu ils en veulent encore plus, grâce au soutien inconditionnel des partis de gauche et des medias bien souvent.

On est vraiment dans un monde de fous, de « lavage de cerveau » et d’absurdité totale. Mais ou sont donc les penseurs responsables, les gens sérieux et compétents ? Certainement pas au PS quand on voit les hurlements et les comportements irresponsables de ses élus dans l’hémicycle. Quel exemple pour le peuple et pour les jeunes en particulier ? Comment s’étonner ensuite de voir les gamins de l’Université avoir des comportements de pousse aux crimes gueulards et excités ?

Et les syndicats ? Sont ils mieux ? Bien sûr que non. Il faut d’abord rappeler ce qu’ils sont. Des fonctionnaires du syndicalisme, permanents, qui n’ont jamais ou presque travaillé dans le monde marchand et qui ne représente que le monde du secteur public. Très peu de cotisants. Des ressources garanties par les grands monopoles publics qui les emploient mais rien à trouver par eux-mêmes. On comprend qu’ils n’aient pas trop de mal à organiser des manifs. Ils ont des ressources et ils n’ont rien d’autre à faire. Alors ils s’opposent à tous les politiques qui ont la prétention de remettre en cause les sacro saint avantages acquis de leurs mandants. Il est d’ailleurs normal qu’ils le fassent. On ne leur demande rien d’autre, là ou on les a mis.

Drôle de monde donc que celui de la France, de son économie et de ses représentants officiels du monde du travail. Il est impossible que ceux-ci puissent servir l’intérêt général. Mais qui le fera si ce sont eux les plus puissants et si les gouvernements, notamment de droite, sont de pauvres polichinelles qui ne savent pas trop comment les prendre et qui ne savent que leur passer de la pommade en espérant qu’ainsi ils ne grogneront pas trop. Mais bien sûr qu’ils grognent quand même. C’est leur rôle et leur seul rôle et ils sont là pour cela !

Parlons enfin des injustices. Il y en a partout et il y en aura toujours parce que cela fait partie de la vie . Ce ne sont pas toujours les plus méritants qui gagnent et ce ne sont pas toujours les plus courageux et les plus intelligents qui sont les mieux payés. La vie est pleine d’injustice de ce genre partout. Mais ce n’est pas la faute des partis politiques et surtout pas des dirigeants d’entreprise. C’est la faute des hommes eux-mêmes, des lâches, de suiveurs, des flatteurs qui seront toujours mieux vus que les autres et qui en général seront les premiers à s’en sortir mieux. Et ce sera toujours comme cela et il n’y a rien à y faire. C’est particulièrement vrai dans les régimes totalitaires. Tant qu’il n’y a pas de contre pouvoir efficaces, les plus forts se laissent aller. L’équilibre et la modération commence quand on sait que si l’on continue, on va avoir des problèmes. La crainte est la mère de la sagesse.

Et oui, il y aura toujours, à la naissance, des plus beaux , des plus intelligents et des plus riches. Les pouvoirs peuvent toujours tenter de prendre aux derniers pour en donner plus aux autres qui ne sont pas riches. En général, c’est bien vu. Mais il faut tout de même savoir c’est que, pour que cela marche, inutile de taper sur les très riches. En économie ouverte, ceux là commencent toujours par aller ailleurs. Voir Johnny, Zidane ou Thierry Henry et tous les autres très riches en général. C’est pour cela que Liliane Bettencourt a été plutôt « sympa » de rester en France pour payer ses impôts. On peut douter que Bannier en ait fait autant avec le milliard qu’elle lui aurait transmis. Il faut donc descendre plus bas, et nettement plus bas- les statistiques dont disposent les économistes sont formelles- pour prendre aux riches et donner aux pauvres. Interroger les socialistes ou Martine Aubry sur les cibles de « riches » qu’ils visent pour faire de la redistribution, efficace et pas seulement symbolique, vers les pauvres. Ils ne vous répondront pas. D’autant moins que, bien évidemment, tous les parlementaires et tous les « représentants du peuple » seraient à coup sûr pris dans la nasse.

Toute cette logomachie sur les injustices n’est donc que pure démagogie et propos irresponsables et pousse au crime. Malheureusement la jeunesse y croit comme elle y a toujours cru !

8 septembre, 2010

L’UMP et la presidentielle 2012

Classé dans : politique France Présidentielle — pyrrhon @ 15:44

 

Il parait de plus en plus clair que l’UMP n’est pas en ordre de bataille pour gagner les présidentielles.

Sarko est répudié par la vox populi et le verrouillage de l’UMP, par son cercle dirigeant, en dépit des efforts de J.F. Copé pour s’en affranchir, en fait de plus en plus un parti de godillots représenté, dans le cercle dirigeant, par des personnages médiocres et plutôt antipathiques. Xavier Bertrand est une horreur. Il pue la suffisance et le côté retord. Il n’y a strictement aucune noblesse, courage, ou empathie en lui. Comment un parti peut il être représenté par un personnage aussi peu sympathique ? L. Wauquiez c’est au moins aussi triste. Petit marquis qui rend compte du message du jour et qui excelle dans le politiquement correct. Pas la moindre lueur de noblesse, de courage ou d’élégance là non plus. Luc Chatel fait des efforts. Il est plutôt gentil. Mais franchement pour l’Education nationale , il ne fait pas le poids.

La marquise est toujours la marquise. Elle est toujours politiquement correct et ne dit rien d’autre que les platitudes qu’on attend d’elle. Rien à dire des autres ministres de rang 1. Ils font leur boulot sans plus. Quant à Eric Woerth , en dépit de ses éminentes qualités, on sait ce qu’il en advint. Lui aussi, comme bien d’autres, a été détruit par le Canard, qui fait toujours la loi en France, et par Mediapart

Deux second couteaux sont moins inexistants : P. Lelouch dont on sent qu’il a quelques difficultés à se rallier aux platitudes ou manoeuvres élyséennes et maintenant Baroin qui vient de réviser officiellement le taux de croissance de 2,5% pour 2011. Il était temps. Le même, avec Copé, est pour une certaine ouverture de la parole dans l’UMP et, suivons leur cible, un « virage » en bonne et due forme de Bertrand ce qui ne serait pas plus mal.

Mais tout celà ne remettra en selle ni Sarko ni l’UMP. Tant que ce parti demeurera un ectoplasme de politiciens falots et froussards, la gauche, ses outrances et ses condamnations de tout et de rien, continueront de faire la loi dans l’esprit des foules et dans les medias.
On attend toujours de nouveaux leaders à l’UMP, généreux, sympathiques, courageux et qui ne cachent pas leurs convictions vis-à-vis de la gauche et des syndicats. Un peu d’honneur et de panache ! Vous en manquez par trop messieurs. Et qu’importe ce qu’on en pensera au château. Vous n’êtes pas là pour faire carrière mais pour penser aux intérêts de la France. On attend maintenant des leaders de la trempe de Dany le rouge mais cette fois à Droite et qui osent dire que l’ISF est une absurdité, que le droit du travail doit être instamment révisé, que seul le secteur marchand crée de la richesse et que les services publics français , à l’aune de leurs homologues européens, sont trop coûteux et trop peu efficaces, ce qui pèse lourdement sur la collectivité nationale. Dire aussi que le clientélisme outrancier de la gauche dans les collectivités territoriales et les 650000 emplois de fonctionnaires qui y ont été créés en 10 ans sont le meilleur moyen de ruiner la France et de nous conduire à un endettement insupportable.

Ce qui nous ramène au postulat de base. Pour que la majorité sorte de la nasse et que de nouveaux leaders apparaissent, il faut impérativement autoriser les différents courants de pensée à s’organiser et laisser leurs leaders s’exprimer. La démocratie ne peut fonctionner que comme cela. Il est normal et même nécessaire, que quel que soit le sujet, des opinions différentes s’expriment dans un monde ou beaucoup de variables échappent aux politiques et ou la complexité et les changements sont extrêmes. Les économistes ont largement montré leurs limites. Les sociologues et les prévisionnistes aussi. Alors, de grâce, sortons des soit disant consensus et laissons les leaders politiques évacuer la langue de bois et ne pas cacher leurs convictions intimes et profondes.

Mais il y a plus, pour que l’UMP sorte définitivement de la nasse, il faudrait une véritable bombe médiatique et il y en une qui vient immédiatement à l’esprit. A l’issue de sa présidence du G20, il faudrait que Sarko annonce qu’il ne se représentera pas en 2012. Ce sera un véritable déchainement dans les medias et tout ce qui adviendra à l’UMP sera immédiatement plus important que les multiples bruissements du PS. Sarko ne sera pas nécessairement perdant s’il annonce qu’il veut donner sa chance au débat interne, à la jeunesse et à la démocratie dans le parti, ce qui lui permettrait même d’acquérir un profil de « vieux sage » qui lui fait tellement défaut , à lui « l’exciter », et lui permettrait, peut être, de se représenter en 2017.

La deuxième conséquence d’un tel tremblement de terre, ce sera aussi que les deux grands partis de gouvernement se retrouveront ainsi sur un strict plan d’égalité pour les débat internes et la course à la présidentielle. Aux PS les primaires déjà annoncées et à l’UMP, comme chez le voisin, également des « primaires ». Pour départager les candidats, il faudra s’inscrire et cotiser. A 30 € minimum cela commencerait au moins à décourager les fantaisistes sans compter que des refus d’adhésion pourraient être ordonnés.

Et alors que la fête commence. Bien sûr on verra Villepin, Alliot Marie, Borloo et quelques autres. Mais on peut aussi rêver de candidats aussi fringants que David Cameron ou Nick Clegg, qui ne dissimuleront pas les difficultés, mais qui seront aussi promouvoir les vraies valeurs de la liberté, de l’initiative individuelle et du refus de toutes les solutions d’assistance généralisée. Les français doivent reprendre le pouvoir dans tout ce qui les concerne et qui est du domaine local. Les grandes machines administratives et centralisées doivent commencer à être sérieusement dépoussiérées et dégraissées. Aux solutions socialistes il faut substituer des solutions d’initiatives , de liberté et de responsabilités individuelles. Les hommes naissent libres et égaux en droit mais ils le sont encore plus quand ils ne sont pas étouffés par l’Etat. Et ce sont ces valeurs là qu’un vrai parti « de droite » devrait promouvoir.

 

NB : le scénario d’un Sarko ne se représentant pas est évidemment totalement irréaliste aujourd’hui. Sarko joue de la sécurité comme d’une arme de reconquête, il semble vouloir ne pas lâcher sur les retraites, et, le budget 2011, selon les rumeurs, s’annonce sérieux puisque l’on passerait de 150 milliards de déficit à 100 milliards seulement en 2012. Tout cela, en principe, devrait être de nature à rassurer le peuple de droite sur la politique de son président et à redonner à Sarko les voix qui lui manquent aujourd’hui. Peut être mais rien n’est moins sûr. Seul l’avenir le dira, tant sur le retour à une vraie politique de sérieux et de rigueur de la part du gouvernement que sur la question de savoir si une telle politique serait de nature à réconcilier totalement Sarko avec l’opinion centriste qui lui échappe et, surtout, avec la droite populaire qui l’avait rallié en 2007. En principe les gouvernements courageux sont rarement récompensé par les électeurs. Il faudra donc suivre les sondages de popularité de Sarko dans 10 mois mais si rien ne change le scénario du départ de Sarko en 2012 apparaitra peut être beaucoup moins fantaisiste qu’aujourd’hui.

                                                     

14 août, 2010

Dette US

Classé dans : Economie,International — elis @ 15:09

  

DETTE US : Equilibre de la terreur et déclin occidental

 

 

Au commencement était le merveilleux système qui permettait à la Chine d’exporter et d’assurer son développement selon le modèle Japonais, à l’Amérique de dépenser sans compter , et, à ses politiciens, d’offrir aux pauvres des crédits illimités leur permettant d’acheter maisons et produits du monde entier, sans compter, comme les riches, et d’accéder ainsi, sans contraintes, à la merveilleuse société de consommation.

On aura reconnu ici ce que fut le modèle de développement du monde pendant une trentaine d’années, de 1982 à 2007 en gros. La Chine et le Japon prêtaient massivement aux Américains et,eux, dépensaient sans compter ce qui permettaient aux deux grandes nations asiatiques d’engranger des excédents commerciaux considérables dont 80 % étaient placés en bons du Trésor américains. Profits d’un côté et hyper consommation de l’autre.

Aujourd’hui le modèle s’est grippé. Il fallait bien que cela arrive un jour, tant il était artificiel et reposait sur du sable. Par la grâce des politiciens, il perdure encore. A partir de 2007, ils ont tout fait pour le préserver. Crédits massifs aux banques pour les sauver de leurs gigantesques créances douteuses en particulier. Mais, du coup, endettement massif des Etats occidentaux venant après celui du secteur privé, et de nombreux Etats américains et consommateurs pauvres US. Beaucoup de ces créances massives ne pourront jamais être remboursées. Alors pourquoi Chine et Japon soutiennent ils encore les émissions de « trésories » US ? La meilleure réponse semble être aussi la plus évidente. Tout simplement parce qu’ils craignent un effondrement de leurs créances, quelques 5 ou 6 trillions de dollars, si jamais ils ne souscrivent plus aux émissions du Trésor US qui, pourtant, se font à des taux réels négatifs. Du coup les marchés obligataires mondiaux sont totalement faussés. Ils ne reflètent pas le coup réel de l’argent. Mais ils marquent aussi clairement que le monde occidental a peur d’investir et que les énormes crédits distribués par les gouvernements sont toujours là mais que les acteurs économiques, banques en tête, ont peur d’investir et se réfugient vers les bons d’Etat américains considérés comme surs puisque ceux de la première puissance économique et de 25% du PIB mondial. On craint beaucoup plus la déflation qu’une reprise de la croissance des économies occidentales.

En résumé un équilibre de la terreur entre Chine et US. Je te tiens par mes créances. Je te tiens par mes dettes . L’un et l’autre ne peuvent donc se permettre de déclencher la panique en changeant brusquement les règles du jeu.

Et, de l’autre, des gouvernements occidentaux qui, depuis 2007, ont largement aggravé le cancer du crédit en refusant de laisser l’économie se réguler toute seule par une crise économique normale qui aurait du éliminer d’office les canards boiteux, les banques insoucieuses et les entreprises trop endettées. Aujourd’hui, en Occident, rien n’est réglé. Mais, au contraire, tout a empirer, et les dettes, impossibles à rembourser, sont plus élevées que jamais.

Il est donc de plus en plus probable que l’on s’achemine en occident vers une langueur à la Japonaise pour les dix à vingt ans qui viennent. Rien de tel pour que les grands émergents de l’ex tiers monde rattrapent rapidement les économies occidentales et pour que les occidentaux accélèrent leur déclin relatif au cours du XXI° siècle.

24 juillet, 2010

vrai ou faux

Classé dans : politique France — pyrrhon @ 18:02

 « Toute vérité a deux visages. Ce qui est vrai à la lampe n’est pas toujours vrai au soleil »

 

Sur les actualités du mois, avant le grand vide journalistique des vacances, ou était la vérité ? Secrets, mensonges parfois, approximations journalistiques, difficile d’y voir clair, quelque soit le sujet abordé. On en a retenu quatre exemples. Il aurait pu y en avoir bien d’autres

  • affaire Woerth-Bettencourt
  •  dossier des retraites
  •  les français pauvres
  • la dette et le cri d’alarme de J.Attali

 

BETTENCOURT

 

L’affaire Woerth frise le ridicule quand on voit le niveau de reproches venimeux fait au ministre. Qu’André Bettencourt, avec son immense fortune, ait régulièrement aidé de multiples personnages de la République et sans doute aussi pas mal d’amis et d’associations, quoi de plus normal ? Que les partis politiques, PS compris, en aient profité avant la loi refusant ces facilités, sans doute aussi. Que les hommes de pouvoir ou d’influence soient constamment sollicité ou qu’ils en usent pour recommander amis et pourquoi pas leurs femmes ? Quoi de plus banal, de plus répandu et de parfaitement normal. Je t’ai rendu ici un service, pourrais tu m’en rendre un ? Mais je puis aussi t’aider si tu es dans la difficulté. C’est pour la bonne cause et tout le monde fait cela tous les jours. Alors quand c’est de André Bettencourt qu’il s’agit, comment un tel homme, avec de telles responsabilités et une telle fortune avec sa femme n’aurait il pas des contacts au plus haut niveau avec des responsables politiques, quels qu’ils soient, car ce sont aussi des décideurs au premier chef et il importe de les informer à tout le moins.

En France les partis en place ont décidé que seuls les contribuables les financeraient « au nom de la démocratie », la gauche étant supposée ne pas bénéficier des subsides des riches. Ce faisant nos compères politiciens ont ainsi réussi à imposer un duopole de fait pour les grands partis puisque eux seuls bénéficient à vie de l’essentiel de la manne publique calculée en fonction des résultats précédents. Difficile de voir là un progrès. A tel point qu’Obama a préféré se passer des subsides publics, leur préférant, et de loin, les immenses subsides que lui procurait pour sa campagne, les « capitalistes » américains . Comme quoi, n’importe qui pouvant financer n’importe quel parti, est, peut être, fusse t on de gauche , une meilleure solution pour la démocratie que notre carcan électoral qui ne fait que consacrer le corporatisme des politiques ayant pignon sur rue en écartant tous les autres.

Le dernier avatar de la famille Woerth, la vente à une société de course, à un prix très bas d’un terrain de 50 Ha qu’elle louait pour 12 ans, prouve en tout cas, s’il en était besoin, que des forces « obscures mais puissantes » voulaient absolument faire tomber Woerth et avec lui Sarkozy et la réforme des retraites. Intéressant tout de même car cette fois on était loin des joutes ordinaires. Coup bas, délations, révélations quotidiennes qui se suivaient comme au grand guignol. Les attaques ont vraiment été impressionnantes. Mais, encore plus intéressant, les toutes dernières révélations sur France galop ont été très vite étouffées. Qui, comment , pourquoi ? Allez savoir. La vérité est une notion de plus en plus relative et la justice aussi. Confusion, obscurités, les révélations ou les soit disant informations que nous diffusent les médias ne sont que flammèches et chiffons de papiers qui jamais n’expliquent ou démontrent quoi que ce soit et ne rendent jamais compte non plus de la complexité des choses et des différents points de vue dont on peut les considérer.

 

 

 

AINSI EN VA-T-IL DE LA REFORME DES RETRAITES.

 

 Chacun peut y voir le verre à moitié vide ou à moitié plein et chacun y peut voir chaussure à son pied. Mais qu’en est il de la réalité ? Le sujet est tellement complexe et tellement technique qu’on ne peut évidemment compter sur la presse pour se faire une opinion.
Que notre système de retraite par répartition puisse de moins en moins tenir la route avec de moins en moins de cotisants et de plus en plus de bénéficiaires, c’est une certitude. Que faut il faire pour le rééquilibrer ? Là, cela devient plus complexe car tout dépend des perspectives de croissance et d’évolutions démographiques que l’on retient et pas seulement des modèles mathématiques sophistiqués intégrant les multiples variantes sur lesquelles on peut jouer. Ce n’est évidemment pas un sujet à la portée du grand public sauf que celui-ci comprend bien qu’il va falloir cotiser plus et travailler plus longtemps. La gauche qui veut en rester à 60 ans fait de la démagogie simpliste. La droite qui pousse à 62 ans fait de la politique. Allonger un peu mais pas de trop pour ne pas mettre tous les salariés du secteur public dans la rue. Mais dans le détail des mesures décidées, qui peut se targuer de dire si c’est correct ou insuffisant ? En tout cas, pas nous.

 

 

 

ET LES PAUVRES EN FRANCE ?

 

En France c’est bien connu il y a d’innombrables pauvres et il suffit d’écouter média, artistes et hommes politiques pour en être certain et être absolument persuadé qu’il faut faire quelque chose pour eux. D’innombrables associations leur sont fanatiquement dévouées et font tout ce qu’il faut pour que l’on parle d’elles tous les jours, sans parler de toutes les forces « de progrès », entendre de gauche, qui font de même.

Il ne se passe guère de mois sans qu’on nous assène que 8 à 10% de la population française vit en dessous du seuil de pauvreté, environ 850 € par mois et par individu si l’on a bien compris. L’Insee nous calcule cela en considérant que sont concernés tous ceux qui perçoivent, en net, moins de 50% du salaire median des français. Savoir quels sont les revenus moyens de ces pauvres ne doit pas être simple et les recettes de cuisine pour sortir un chiffre sans doute innombrables . Mais l’essentiel c’est qu’on en parle.

Mais une telle approche, tellement consensuelle, reflète t elle la réalité ? On peut en douter car fondamentalement la France, si on a l’habitude de la traverser et de l’observer un peu partout et sous tous les angles, donne plutôt l’impression d’un pays riche, et même très riche. Regardons les provinces françaises. Partout de splendides propriétés, de magnifiques communes et villages entièrement restaurés, d’immenses et magnifiques surfaces agricoles. Des champs de blé ou maïs à l’infini. Des vignobles qui rapportent des fortunes. Des côtes et des villas sompteuses, une côte d’azur pour millionaires de Cassis à Menton.

Mais d’autres indicateurs vont dans le même sens. Une épargne très élevée. Des fonds d’assurance vie dans près de 70% des familles françaises, une énorme classe de fonctionnaires , agents des collectivités locales et grandes entreprises publiques avec emplois à vie, retraites avantageuses, fin de carrières aisées et fortement rémunératrices. Ceux-ci représente déjà près de 50% de la population française, votant tous socialiste ou presque, persuadés qu’on ne leur en donne pas assez et pourtant particulièrement heureux. Bien nourris, bien logés, travaillant relativement peu, voyageant beaucoup, aidant leurs enfants et pouvant encore faire des économies. La vraie France , c’est celle là , celle d’une vaste classe moyenne qui ne connaît pas la pauvreté et qui pourrait supporté cinq points de CSG/CRDS ou dr TVA en plus sans que cela change grand-chose à leur niveau de vie. Beaucoup d’artisans, de cadres et techniciens d’entreprise, de PME, s’en sortent également fort bien et, pour eux non plus, et c’est tant mieux, pas de pauvreté.

Mais ou sont les pauvres ?  Dans les banlieues pense t on, mais encore faudrait il noter que la plupart de ceux qui y vivent bénéficient de conditions d’assistance généreuses, de la santé gratuite et d’une école « républicaine » qui ne leur coûte pas trop cher. Ici non plus pas de problème pour se nourrir, ni pour se loger , l’électricité, le chauffage et l’eau courante avec salles de bains à tous les étages ou presque.

Certes il y a de vrais pauvres. Travailleurs immigrés, clandestins, SDF, inadaptés sociaux,…il suffit de prendre les RER parisiens à 7H du matin pour s’en rendre compte. Mais il y a fort à parier que c’est pratiquement la même chose à Londres ,New York, Madrid ou Berlin et que c’est bien le lot de toutes les grandes agglomérations du monde occidental. Travailleurs pauvres, immigrés, transplantés, peut être 4 à 5% de la population totale mais guère plus. Et sans doute impossible à résoudre.

Alors pourquoi fait on tant de cas de la pauvreté notamment dans les médias, là ou les salaires sont particulièrement élevés et les « fromages » particulièrement juteux ? Parce que c’est payant électoralement, que c’est bien vu, que cela permet de s’épancher en compassion bien grasse qui ne coûte rien et que cela permet de s’en prendre aux riches, tous de droite, lesquels bien entendu ne sont pas ceux dont on a parlé ci dessus. Pas question de dire que la plupart des fonctionnaires, les agents de la SNCF, d’EDF ou d’Air France sont des nantis.

 

Ce qui inquiète c’est l’avenir. Les français, comparés aux autres européens, sont exagérément pessimistes Outre la mondialisation, serait ce la dette, dont on parle beaucoup, qui leur ferait peur ? A ce propos suivons J.Attali.

 

QUE NOUS DIT J.ATTALI ?

DANS 10 ANS , TOUS RUINES

 

Le dernier livre , best seller, de J. Attali, est intéressant. Il est au cœur des questions essentielles que l’on peut se poser sur l’avenir de l’économie monde.

Que peut on en retenir ?

Que toutes les énormes dettes , depuis la nuit des temps, se terminent de la même façon. Elles ne sont jamais remboursées et c’est très probablement ce qui va se passer pour les pays de l’OCDE. Les issues sont de trois ordres.

 

  • Rééchelonnement  et moratoires
  • Défaut pur et simple
  • Inflation, la voie la plus simple et en apparence indolore.

 

Au temps anciens, on y allait pas par quatre chemins : guerre pour se payer en nature et rembourser ou pas. Embastillement ou pendaison du créancier. La loi du plus fort finissait toujours pas régler le problème. En règle générale , il ne faisait pas bon d’être créancier des puissants. Ceux-ci remboursaient rarement sauf s’ils avaient une nouvelle guerre à financer.
Mais qu’en sera-t-il demain avec l’Amérique ? On voit mal le FMI lui dicter sa conduite ni l’Etat fédéral être capable de rembourser. Jeu de dupes à coup sûr mais qui sera le dupé ? On voit mal la puissante Amérique imposé ses volontés à la toute aussi puissante Chine. Pour la première fois dans l’histoire des dettes, l’issue reste incertaine même si l’on sait que jamais l’Amérique ne pourra rembourser en dépit des économistes distingués qui nous racontent que lorsque la croissance reviendra il n’y aura pas de problème. Ce qui est certain , c’est que c’est d’abord l’Europe qui devra se serrer la ceinture et, en outre, si elle veut échapper au cataclysme, elle devra en passer par des réformes radicales : renforcement des pouvoirs économiques centraux de l’UE, budget européen bien plus conséquent et du coup possibilité d’emprunt au niveau de l’UE en  s’appuyant essentiellement sur la très forte épargne européenne et non sur des emprunts aux émergents ou au moyen orient.

Tel est l’avenir pour ce continent : discipline , sanctions pour les inconséquents , renforcement sans ambiguïté des pouvoirs de Bruxelles et donc effacement progressif des Etats « Leviathan » de la vieille Europe.

La France , dans ce processus, et avec ses 20% de PIB européen, est la clé du problème. Si cet Etat centralisateur à l’excès, socialisant de surcroit, est capable de mettre à sa tête des dirigeants profondément pro européens et conscients de la seule sortie possible, par le haut, pour le vieux continent, alors peut être que l’Europe pourra retrouver son rôle d’antan et préserver ses concitoyens de la décadence annoncée.

 

 

20 juin, 2010

Le monde, l’Europe, la France en juin 2010

Classé dans : Europe,International,politique France — elis @ 21:50

 

 

« Football et économie mondiale en attente de vrais changements »

 

Le monde

En ce mois de juin, un peu de saturation autour du football mais aussi, pour commencer, quelques réflexions sur ce sport. Formidable instrument de rapprochement et de vivre ensemble de toutes les nations du monde, il illustre aussi la vague déferlante de la mondialisation. Tous ces joueurs « nationaux » sont, de fait, presque tous pour les meilleurs, des mercenaires apatrides, tous salariés d’énormes multinationales du football. La planète football est un parfait univers mondialisé. Avec ses qualités- concurrence, compétition, jeunesse, courage- mais aussi ses formidables défauts, en particulier, pourrie par l’argent, le refus d’utiliser la vidéo pour relayer ou valider parfois les décisions de l’arbitre. Des millions de téléspectateurs peuvent voir ce qui s’est passé mais seul l’arbitre qui n’a rien vu, ou qui a mal vu ou qui est partial ou qui a été acheté, décide. C’est de la derniers absurdité et une fantastique dérive de ce à quoi conduit la religion de l’argent roi et du souci de manipulation que veulent encore se garder les autorités du football, Platini en tête. Il y aurait pourtant une règle simple à instaurer et espérons qu’on y viendra : les trois arbitres sur le terrain, sur des pénaltys ou des cartons rouges, ont le droit de se réserver de faire appel à la vidéo, si l’un d’eux à un doute. Difficile de « circonvenir » trois arbitres en même temps, mais aussi concurrence plus solidarité entre eux dans l’épreuve !

Et pendant cet intermède footballistique, le monde , déboussolé depuis 2007 par les subprimes, continue de « galérer » en se demandant bien ce qu’il doit faire, sans qu’aucune mesure un tant soit peu « révolutionnaire » ou sérieusement réformatrice n’ait été prise depuis 3 ans. Les traders « tradent ». Les banques se refont une santé en spéculant. Les américains croient toujours en leur roi dollar malgré les défaillances manifestes de leur économie , et l’Europe ne sait comment sortir l’Euro de la crise. Quant aux chinois ils campent sur leur contrôle impérial de leur taux de change et ne veulent pas entendre parle de marchés leur dictant le vrai cours réaliste du yuan. On peut donc dire que dans cette grande planète terre économique mondialisée, le statut quo, est, pour le moment, le maitre mot qui s’impose. Sauf que les cours de l’or, hauts mais pas encore « stratosphériques », montrent bien qu’au niveau, non pas des décideurs, mais des investisseurs et des épargnants ordinaires, leur bon sens inévitable commence à leur dicter une politique de prudence. Le grand désordre des taux de change mondiaux ne pourra pas durer éternellement. Les manipulations des cours et les politiques keynesiennes et démiurgiennes des grandes nations occidentales ne pourront pas durer éternellement non plus. Tout comme les forces de la nature, les forces de l’économie n’obéissent pas encore à la volonté des hommes.

 

L’Europe

Et après le monde, l’Europe, et son Euro qui bat de l’aile.

 Il est curieux de constater que le FESF, la trouvaille en catastrophe de nos politiques pour enrayer les attaques des marchés, n’est qu’une baudruche instable sans grande consistance. Comment régler le problème de l’Euro en empruntant de nouveau au niveau du FESF mais avec l’apport de pays européens , 110 milliards pour la France, qui sont déjà exagérément surendettés. A priori cela parait absurde et ne devrait avoir aucune chance de contenter les marchés. Plus sérieux apparaît la politique de rachat par la BCE des dettes souveraines qui arrivent à échéance et que les Etats du club med ne pourront rembourser autrement qu’en empruntant de nouveau mais à des taux records, probablement du 8% ou plus pour les Etats concernés, ce qui les ruinera encore un peu plus. La politique de rachat de la BCE repousse donc le problème. Mais il ne le résout pas. Pour racheter ces emprunts la BCE sort apparemment l’argent de nulle part. En fait elle fait sûrement tourner la planche à billet au niveau de l’Euro comme elle le faisait déjà avec les facilités de crédit sur la masse monétaire. C’est, tout comme aux Etats-Unis, la création de monnaie, à partir de rien, qu’on utilise. Beaucoup d’économistes socialo keynésiens trouvent que c’est très bien . Ne faut-il pas éviter la déflation et relancer la croissance par la consommation. Mais le bon sens le plus élémentaire ne dit pas cela. Il dit, lui, que pour dépenser il faut d’abord en avoir les moyens. D’abord, avoir des recettes, les Etats européens n’en n’ont plus assez, et ensuite dépenser, mais pas nécessairement n’importe comment mais plutôt de façon intelligente en investissant pour la consommation, certes, mais aussi pour l’avenir en créant de la richesse pour le futur qui servira aussi le progrès , les gains de productivité et l’amélioration du niveau de vie. Les libéraux soutiennent que seuls les entrepreneurs privés, guidés par le souci de leur intérêt particulier et de la réussite de leurs entreprises individuelles savent vraiment faire cela. Les Etats ne le peuvent car leurs dirigeants ne jouent pas avec leur argent mais avec des idées abstraites et des projets qu’ils ne peuvent ni maitriser, ni commander, le monde réel étant trop vaste et trop complexe. Sans compter que leurs motivations électoralistes ne rencontrent pas toujours l’intérêt général. Quant un entrepreneur privé échoue et fait faillite ce n’est pas grave. Quand ce sont les Etats c’est plus sérieux.

 

La France

Partis de la planète et passés ensuite à l’Europe, abordons maintenant aux rivages hexagonaux et à l’événement phare du mois, la réforme de nos régimes de retraite.

Que celle-ci soit indispensable, nul n’en disconvient plus. Le PS pensait toutefois qu’on pouvait tout de même attendre encore un peu et qu’il fallait d’abord relancer la croissance …en distribuant plus de pouvoir d’achat bien sûr ..mais sans augmenter l’endettement. Il aurait suffit de ponctionner les riches. Le problème c’est de savoir quels riches ? et pas besoin d’être au niveau de math sup pour penser que pour commencer à résoudre nos problèmes et trouver les riches en question, il faudrait sans doute aller les chercher au niveau des revenus individuels  de 2000 euros par mois et pas se contenter des super riches depuis longtemps éxilés à l’étranger. Autant dire que beaucoup, beaucoup de gens seraient concernés.

Alors notre gouvernement, plus sagement, à pensé, lui, qu’il était grand temps de s’y mettre et on ne peut que l’en féliciter.

Ce qui a été décidé est plus difficile à apprécier. 62 ans réalisé en quatre ans c’est sans doute bien, Les fonctionnaires passant progressivement à 10,55% de prélèvements individuels  comme le privé, cela parait aussi, ô combien, justifié mais une question demeure. Alors que les fonctionnaires d’Etat, les agents des collectivités locales et ceux des grands régimes spéciaux , représentent au moins 40% des salariés français, faut il que les « contribuables » continuent largement à financer leurs retraites au motif essentiel qu’il ne fallait pas toucher à la règle de la retraite calculée sur les 6 derniers mois contre la moyenne des 25 meilleures années dans le privé . Tout le monde sait que les carrières des fonctionnaires, au contraire de celles du privé, s’améliorent régulièrement avec le temps et qu’elles atteignent leur maximum en fin de carrière. Couplée à la pratique du « coup de château », leurs départs en retraite s’effectue donc le plus souvent à des niveaux très favorables et sans doute excessifs au regard de leurs capacités contributives. En va-t-il de même dans le privé ? Bien peu probable et ce n’est pas l’Insee ni les travaux du CORE qui nous donneront un avis non biaisé. Pas assez indépendants. L’impression générale demeure donc plutôt celle d’une réforme en demi teinte d’autant plus que le refus d’ouvrir le dossier des retraites par capitalisation est non seulement absurde, la plupart de nos voisins l’ont fait, mais relève aussi d’un manque de courage notoire ou d’une volonté de bien respecter les acquits sanctuarisés des grandes avancées socialo communistes de 1945, même quand on est théoriquement un parti de droite.

Et pour finir un mot tout de même sur le football français et son psychodrame après la défaite; Un entraîneur pas brillant et qui semble vouloir faire plaisir à tout le monde et notamment aux joueurs pour préserver l’esprit d’équipe. Des joueurs pas d’accord avec les choix de l’entraineur. Des gens qui « caftent » au journal l’Equipe ce qui s’entend dans les vestiaires ce qui révolte les joueurs. Le journal l’Equipe qui se fait un gros tirage en colportant les ragots et un minidrame national qui va occuper les conversations des français pendant une bonne dizaine de jours. Pas bien grave, mais en même temps une certaine indignation compréhensive pour ceux qui pensent que lorsque l’on représente la France, que l’on est des super professionnels hyperpayés, on doit afficher plus de discipline. Mais les premiers coupables sont sans doute les dirigeants de la Fédération du foot qui auraient du comprendre que lorsque  on gagne en trichant, avec la main de Thierry Henry, on doit avoir la classe et l’élégance, en dépit de toutes les pertes financières possibles, de proposer à son adversaire de rejouer le match. Elegance, fair play mais aussi belle image donnée aux gosses et au peuple du football d’une France qui comme à Fontenoy aurait pu dire non pas  : « messieurs les anglais , tirez les premiers » mais messieurs les Irlandais rejoins ce match fair play et que le meilleur gagne. Cela aurait tout de même eu du panache et de la grandeur et n’aurait pas entrainée cette malheureuse équipe de France sur un terrain miné aux yeux du monde entier.

 

 

 

3 mai, 2010

Crise de l’Euro

Classé dans : Economie,Europe — pyrrhon @ 13:49

 

Ou la revanche de l’économie

 

Au risque d’apparaître comme désespérément pessimistes nous avouons avoir les plus grands doutes  sur la pérennité de l’Euro.

Pas de gouvernement central. Pas de politique économique commune et une monnaie minée, comme les USA d’ailleurs, par des déficits publics impressionnants et des emprunts qui ne pourront jamais être remboursés.

Pour le moment c’est la fuite en avant ou la simple application du principe de la boule de neige qu’on laisse rouler dans la pente. On emprunte toujours un peu plus pour boucher les trous..et la boule de neige de la dette, et des frais qui lui sont associés, grossit toujours un peu plus. Et un jour viendra ou les taux, si faibles aujourd’hui, vont remonter et le problème ne pourra que s’aggraver.

La cause de la faiblesse actuelle des taux semble bien être l’afflux de liquidités qui s’accumulent autour des titres souverains, d’Etat, supposés plus sûrs que les actions ou les obligations d’entreprise, qu’il s’agisse des monnaie allemande ou américaine, encore considérées comme des refuges pour des temps troublés, mais aussi monnaies des grands émergents qui commencent à s’imposer. Le problème c’est qu’il y a 2 à 3 fois plus de liquidités que de bien réels et qu’inévitablement cela se traduira un jour par un retour de l’inflation. Cela a déjà repris sur les actions et les valeurs mobilières en général. Il n’y a jamais eu d’exception à cette règle. Les banquiers centraux ont beau avoir des outils d’intervention sans limite, ils n’échapperont pas à ce retour des règles naturelles et au retour de l’inflation engendrée par l’excès de monnaie sur les biens disponibles. Et ce d’autant moins qu’ils savent aussi, naturellement, que le seul moyen de résorber les gigantesques déficits publics réside aussi dans le retour de l’inflation. Et un jour ils finiront bien par ouvrir la bonde. Ce sont les Etats-Unis qui commenceront, notamment sous la pression de l’inflation des produits importés des grands émergents et des producteurs de matières premières. Puis l’Europe suivra.

La situation des zones défaillantes est parfaitement claire. Un grand nombre d’Etats américains, l’Etat fédéral lui même et l’Europe du « club med », France et Angleterre en plus. Jamais aucun de ces Etats ne pourra rembourser ses 10 à 20% de PIB de dettes en augmentant ses impôts ou en réduisant drastiquement ses dépenses publiques. D’autant plus impossible à faire que lorsque les taux longs ne seront plus à 4% mais à 6% ou 8%, les dettes vont exploser et se retrouver très vite avec des charges d’emprunts qui absorberont une grande partie des rentrées fiscales. Il faut donc qu’avec l’inflation, les rentrées fiscales augmentent alors que les charges d’emprunts restent stables. Exactement ce qui s’est passé en France dans les années 70/90 pour les emprunteurs immobiliers frais fixes. Bien sûr avec l’inflation, les préteurs et les consommateurs sont perdants car il faut un moment pour que leurs revenus s’ajustent. Commence alors un jeu de dupes ou les mieux armés pour la négociation s’en sortent, en France, les salariés du secteur public naturellement.

Aujourd’hui, on nous dit que lorsque la croissance reviendra, ce qui ne saurait tarder suggèrent experts et gouvernements, puisque il y a déjà des frémissements, tout ira pour le mieux et l’afflux des rentrées fiscales permettra de rembourser les dettes. Nous ne croyons pas du tout à ce scénario, notamment en France, plombée par ses prélèvements obligatoires, ses trop généreux régimes sociaux, le vieillissement de sa population et l’absence de culture entrepreneuriale dans la plus grande partie de la population trop largement fonctionnarisée. Une croissance poussive, de 1% à 1,5% par an, semble ce qu’on peut espérer de mieux dans les 4 ou 5 prochaines années. La dette va donc demeurer et nous aurons un mal fou à la rembourser.

Quant à la Grèce, il est clair que la bonne solution était la sortie de l’Euro et le rétablissement du Drachme. On lit, ici ou là, que ceux qui avancent cette idée sont de parfaits irresponsables….sans doute à cause de son effet d’entraînement et des craintes légitimes pour les suivants, France comprise. Et pourtant, avec une bonne dévaluation de 20 à 30% pour commencer, les grecs allaient booster leurs exportations, et donc leur croissance, et aussi faire des économies sans qu’ils s’en aperçoivent vraiment et sans qu’on leur demande leur avis. Imaginer ou laisser entendre que de telles diminutions de dépenses publiques, de l’ordre de 30 milliards en trois ans, apprend t on aujourd’hui, relève certainement du domaine de l’impossible. Les 4,8 milliards d’économie annoncés pour 2010 ne seraient qu’un maigre prologue. Mais déjà que la pilule est amère !

Par ailleurs, on apprend, que l’Europe va prêter 80 milliards d’€ à la Grèce et le FMI 30 milliards sur 3 ans (ses besoins sont chiffré à 180 milliards) pour lui permettre de faire face à ses prochaines échéances. Et si dans le même temps, le gouvernement grec espère faire 30 milliards d’économies, sur la même période, avec son nouveau plan d’austérité. 5 à 6 milliards d’économies aujourd’hui et 25 milliards dans les deux ans qui suivent on voit bien que les ordres de grandeur  ne sont pas du même ordre. Sommes nous vraiment dans le domaine du crédible et du possible ? On peut en douter.

Bien sûr, la sortie de la Grèce faisait clairement peser un risque d’éclatement de la zone Euro. Après la Grèce allait venir l’heure, du Portugal, de l’Espagne et des menaces sur la France. Evidemment les politiques ne pouvaient s’engager dans cette voie catastrophique pour les plus menacés. Seule l’Allemagne vertueuse avait osé en parler.

Mais ce qui vient  d’être décidé maintenant, ne va pas être mieux. On s’est refusé à la sortie de la Grèce de la zone Euro et à la dévaluation sévère qui aurait pu la sauver. On s’est aussi refusé à effacer une partie de la dette grecque, comme on le fait avec les états africains ou comme on l’a fait avec l’Argentine. N’oublions pas que les banques françaises, dans leurs comptes, ont déjà au moins 55 milliards d’emprunts grecs qu’il aurait immédiatement fallu déprécier. Bonjour les dégâts. On a donc décidé d’imposer à la Grèce de nouveaux pans d’économies qui ne résoudront probablement pas grand-chose et, surtout, on va lui apporter 110 milliards d’€, à 5% a-t-on dit ( ?) ce qui n’est pas rien, (il fallait bien satisfaire l’opinion publique allemande), pour qu’elle puisse faire face à ses prochaines échéances sur  3 ans. Tout ceci ne résoudra rien. On recule simplement les échéances tout en dégradant un peu plus la crédibilité de l’euro puisque l’on continue à accroitre la dette et que l’on peut déjà penser qu’il faudra encore changer d’échelle lorsque viendra le temps de l’aide aux prochains états européens menacés. Toujours la boule de neige de la dette publique qui grossit jusqu’au moment ou elle s’approchera de l’abime…et les taux qui augmenteront inexorablement, plus seulement pour les grecs mais aussi pour les autres.

Enfin ne nous trompons pas dans les fariboles que gouvernements et médias racontent au bon peuple. Ce ne sont pas les marchés et les méchants spéculateurs qui sont les incendiaires. Les incendiaires ce sont les gouvernements qui continuent de jeter de l’huile sur le feu en gonflant démesurément les dettes et les emprunts publics alors qu’ils savent pertinemment qu’ils ne pourront jamais être remboursés par des économies budgétaires réelles ou par des impôts en hausse. Les incendiaires ce sont plutôt eux et les juges de paix, ceux qui leur remettent les pieds sur terre et leur rappellent tous les jours les incontournables réalités de l’économie, ce sont les marchés et les soit disant spéculateurs : les gérants de sicav, des grands fonds de pensions , des assurances vie, des milliers de funds US ou de hedge funds. Ils savent très bien, eux, où sont les risques principalement, (accessoirement la Bundesbank et Angela Merkel le savent aussi et ont même  osé le dire à un moment). Les risques sont dans les gigantesques dettes publiques et dans les zones qui interdisent les dévaluations. En demandant une meilleure rémunération pour les risques encourus, cas des emprunts grecs, et demain des autres, les gérants professionnels ne font que leur travail. Il faudrait les en louer. Les lois de l’économie sont fort simples et un jour ou l’autre il faut payer pour ses folies- trop de dettes- ou ses dérives politiciennes, beaucoup trop de dépenses que de recettes pour les finances publiques. Et nous sommes en plein dedans quand il s’agit de l’Europe du sud ou des Etats Unis et cela ne pourra pas durer éternellement en dépit des « génies de la finance » et des banquiers centraux.

ll y a pourtant un aspect positif à cette crise : les gouvernements, socialistes compris, vont enfin être obligés de parler vrai. Extraordinaire à cet égard l’exhortation de Papandréou, socialiste, à son peuple, ce dimanche 2 mai 2010. « Nous venons de bénéficier d’une aide exceptionnelle sans précédent dans l’histoire. Il va falloir consentir de très grands sacrifices pour éviter la faillite du pays : augmentation des impôts indirects, suppression des avantages salariaux dans le secteur public, gel des retraites dans le public et le privé, diminution de la taille du secteur public en général, qui s’est accru de façon inconsidérée au cours des années précédente ».

On l’aura compris, la Grèce va tenter de s’engager dans une cure « libérale » que ne saurait désavouer aucun de ses autres partenaires européens, en particulier ceux des pays du Club Med. Ce qui vaut pour la Grèce vaut tout autant pour eux.

On semble enfin comprendre que les dépenses publiques et le secteur public sont par trop surdimensionnés et qu’il faut les réduire drastiquement si l’on veut retrouver un jour le chemin de la croissance et celui des grands équilibres budgétaires respectés.

Vive Papandréou, et Socrates (Portugal) et Zapatero (Espagne), tous socialistes, et qui ont déjà commencer à le dire. On attend plus que Sarko pour en faire autant…mais ne rêvons pas trop. Sur ce terrain, la droite française, qui n’a pas grand chose de « libérale » semble presque endosser parfois les postures de Martine Aubry : « plus socialiste que moi , tu meurs » ! Renforcer les grands projets d’Etat, sauver les industries nationales , sauvegarder toutes les protections sociales et assurer que nos stabilisateurs sociaux ne seront pas remis en cause, tel est le credo !
Dernier sujet de réflexion d’importance. Avec cette crise, les gouvernements européens sauront ils dépasser leurs intérêts électoraux immédiats pour se doter de véritables règles de gouvernance économique communes et commenceront ils une harmonisation de leurs régimes sociaux et fiscaux ? On en parle et on commence à l’évoquer tant il est clair que l’Europe ne peut pas continuer comme cela. Alors attendons. Mais, là encore, ne nous montrons pas d’un optimistes excessif. Angela Merkel qui vient de décider d’accorder 30 Milliards d’€ à la Grèce , contre son opinion publique, va sûrement le payer très cher lors des élections en Basse Saxe. Pareil pour Sarkozy, s’il se décidait à heurter l’opinion socialiste dominante des français et de leurs médias préférés. Dire qu’il faudrait renforcer l’Europe en acceptant que la France abandonne une partie de ses régimes sociaux trop protecteurs ne manquerait pas de susciter une nouvelle vague rose déferlant sur le parlement et amenant triomphalement, dès 2012, la gauche française la plus archaïque au pouvoir.

 

11 mai 2010 – Suite

 

Avec leur nouveau plan de sauvetage de l’Euro de 750 milliards d’€ (???), les Etats auraient, parait il, marquer un grand coup contre les mauvais spéculateurs. Ils ont surtout garantis, aux frais des contribuables, et en ouvrant la boîte de Pandorre de la planche à billets pour la BCE, les innombrables créances pourries souveraines, Grèce ou autres, que les banques et compagnies d’assurances détenaient dans leurs portefeuilles. D’où la remontée spectaculaire du secteur sur le marchés boursiers hier 10 mai. Une fois de plus, les banques sont renflouées mais, pour combien de temps? En tout cas,  Obama est content, l’Europe a fait comme lui, la dette va encore grossir et l’Euro cesser de se déprécier contre le dollar ce qui ne pourra que relancer les exportations US vers l’europe et donc assuer peut être un 3% de croissance à l’économie américaine contre 1% à l’Europe. Il a aussi gagné un peu de temps en évitant que la crise des dettes souveraines ne gagne les Etats-Unis trop vite. A.Merkel a fini par se rallier à cette solution franco américaine et à cette politique sociale démocrate et keynesienne classique. Elle aurait mieux faire de s’en tenir à son premier reflexe de rigueur et de refuser ces mesures laxistes qui ne résoudront rien et ne font que reculer pour mieux sauter. Elle vient d’ailleurs d’y perdre au passage sa majorité au Parlemand allemand. Pauvre Europe et pauvre Euro.

On attend maintenant du vrai et du sérieux de la part de l’Europe. Des plans de rigueur qui ne pourront être remis en cause et s’étalant au moins sur 5 ans. Et un Conseil des ministres qui sortira les tricheurs ou les mauvais joueurs quand ils ne se  confirmeront pas à leurs engagements. On n’en est pas là et on peut douter qu’on n’y arrive jamais. Les grands Etats européens et les hommes politiques qui les gouvernent ne sont pas prêts à abandonner de tels pans de leur souveraineté. L’avenir demeure, à plus ou moins long terme, à l’éclatement de la zone Euro sauf miracle bien improbable.

  

19 mai 2010 -suite. Entre le marteau et l’enclume

 

L’Euro continue à dévisser face au dollar. JC Trichet nous dit que tout va bien puisque sa parité s’approche de son cours d’origine de 1,19 avec le dollar. Brusquement, pourtant, l’Europe va peut être basculer de sa plaisanterie de Lisbonne à quelque chose de plus sérieux en terme de création d’un pouvoir central économique européen. Car les choses vont vite et l’Europe est de plus en plus coincée entre le marteau et l’enclume.

Le marteau ce sont les marchés financiers qui s’inquiètent de ses dettes et de son incapacité à jamais pouvoir les rembourser. D’où une pression qui s’accentue sur les primes d’émission des emprunts européens. Emprunts plus chers, charges financières sur les budgets publics de plus en plus insupportables et capacités de remboursement encore plus improbables. Le cercle vicieux parfait.

Et, de l’autre côté , l’enclume de la récession. Pour sortir de l’impasse de la dette, il va falloir faire des économies et augmenter les impôts. D’où un risque de ralentissement sérieux dans toute la zone euro, qui n’était déjà pas brillante, que les bourses sanctionnent, les investisseurs préférant s’éloigner de cette zone de turbulences tant qu’on n’y voit pas plus clair.

L’Allemagne, le moteur de l’Europe a choisi. Elle veut du sérieux, des économies budgétaires, une diminution progressive, mais efficace, de l’endettement, et un vrai pouvoir économique européen qui contrôle le tout et a des pouvoirs de sanction ou d’exclusion sur ceux qui ne joueraient pas le jeu. Elle a raison. C’est seulement à ce prix que l’Euro a une chance de survie.

Evidemment, la France et la Belgique sociale démocrate s’y opposent fermement. Pas question d’abandonner ses pouvoirs budgétaires et ses combines pour dissimuler les déficits quant on est une vraie nation démocratique face aux apatrides de Bruxelle ou à l’Allemagne.
Parions que le débat n’est pas prêt d’être tranché …et qu’en définitive (nous sommes résolument pessimistes), la zone Euro finira bien par éclater, comme Paul Volcker, un référence à ne pas sous estimer, l’a plus ou moins pronostiqué !

 

7 avril, 2010

sarko est le probleme

Classé dans : politique France — pyrrhon @ 13:48

 26/03/2010

 

Avec 30% d’opinions favorables sur Sarkozy selon un dernier sondage, et une nouvelle dégradation de la côte de ce président dans l’opinion, il est de plus en plus clair, pour la droite, que la solution, en 2012, ne passe plus par Sarkozy. Sarkozy n’est plus la solution, il est le problème.

D’accord mais y a-t-il quelqu’un pour le remplacer ?

Clairement non pour le moment. Et, non seulement, il n’y a personne mais il est probable, en outre, que le système est totalement verrouillé, au sein de l’UMP, pour qu’il n’y ait qu’un seul prétendant en 2012 : Sarko !

L’ineffable Dominique De Villepin l’a tellement bien compris qu’il appuiera son inévitable candidature, si la justice le blanchit, dans un nouveau parti, hors de l’UMP.

Beaucoup de gens ont déjà compris que la défaite est quasi assurée en 2012 si Sarko est encore là.

On peut saluer, à cet égard, la déclaration d’Alain Juppé, disant qu’il serait candidat à des primaires si Sarko, « pour des raisons qui lui appartiennent » décidait de ne pas se représenter.

De grandes primaires, annoncées assez tôt au sein de la droite, et pas seulement au sein de l’UMP, permettrait sans doute d’offrir une nouvelle chance à l’éclosion d’une réflexion de « droite »sur l’avenir de la France et de ses problèmes dans l’Europe et dans le monde. Il ne manque certainement pas de candidats de courage, de volonté et de solidité intellectuelle  au sein de la droite, parmi les parlementaires ou en dehors d’eux. Nous entendions ce matin Luc Ferry et hier Bernard Debré, voilà des hommes de bon sens, non « excités », et capables d’une réflexion solide. Mais il y en a bien d’autres.

La « droite » a besoin de se retrouver dans le calme et la sérénité, de ne pas  ménager le vide intellectuel de la gauche et de l’attaquer sans complexe, mais encore plus d’évoluer dans un langage de vérité vers une refondation sur les vrais problèmes de la France : des services publics trop lourds qui engendrent le chômage, un droit social inadapté, une rigueur budgétaire qui s’impose étant donné l’ampleur des déficits, et une priorité absolue à la liberté d’entreprendre, la création d’entreprise, l’Education et la création de richesse.

Il faut encore et toujours expliquer la formidable révolution des pays émergents et le changement radical- en bien- de l’état du monde, qui se développe très vite  et sort des millions d’êtres humains de la pauvreté.

Parmi le fatras de mesures disparates et inégales lancées par Sarko, il y a quelques bonnes mesure à garder : la réforme parlementaire, les auto entrepreneurs, la nouvelle carte judiciaire, les tentatives de supprimer le juge d’instruction ou de rationaliser l’empilement des structures des collectivités locales, la RGPP qu’il faut relancer, etc, etc…

Mais il y a aussi les mesures discutables sur lesquelles il faut impérativement revenir : le bouclier fiscal ou, peut être, la trop grande générosité sur les droits de succession. Il faut donner le signal que les riches ne seront plus favorisés et annoncer une nécessaire augmentation des impôts sur ceux qui peuvent le supporter : vrais riches et classes moyennes supérieures mais aussi TVA sociale. Il faut impérativement transférer les taxes qui pèsent sur le travail, autres que les retraites et la sécu des salariés, vers les CRG, CRDS et le cas échéant TVA. Bien entendu il faut aussi annoncer l’aboutissement d’une vraie réforme des retraites, la fin des 35 heures et la suppression de l’ISF. Les riches et les étrangers doivent revenir investir en France. C’est vital. Tout comme avec la taxe carbone, on ne peut être les seuls en Europe ou dans le monde, en économie ouverte, à appliquer des lois que les autres n’appliquent pas. Et, enfin les banlieues ou la solution ne peut passer que par le retour de l’emploi et donc d’investisseurs de tous poils, attirés par une main d’œuvre jeune qui a tout à apprendre mais qui finira bien par s’y mettre si on sait l’attirer par un salaire décent et de la chaleur humaine. L’économie ouverte, le travail ,l’éducation, la liberté ,la concurrence, l’entreprise privée et l’investissement privés sont la solution. Il faut le dire.

Et pour finir, la politique étrangère. Notre vœu le plus cher : que nos futurs dirigeants de droite aient l’humilité de s’aligner totalement sur Angela Merkel. Elle seule sait ou elle va et, elle seule, à la tête suffisamment solide pour emmener les droites européennes, l’Allemagne et la France dans la bonne direction : Un vrai pouvoir européen plus fort, rigoureux, réduisant les déficits publics et méfiante vis-à-vis de l’Amérique démocrate et encore plus de « l’ogre » soviétique.

25 mars, 2010

pensée unique française

Classé dans : politique France — elis @ 11:44

 

«  En comparaison des débats américains, la France se distingue par une monoculture idéologique et des tabous ou clichés culturels sur la plupart des sujets importants qui devraient véritablement distinguer la droite de la gauche »

 

 

Pour tout dire la gauche est bien la gauche. archaîque à souhait, mais la droite n’est pas la droite au regard de ce qu’elle est dans la plupart des autres pays occidentaux.

Regardons l’Amérique. Pas de tabou, pas de cliché et une guerre sans merci entre droite et gauche dans le domaine des idées. Mais encore plus, un socle droitier idéologique du GOP qui fait terriblement défaut à la droite française. Rappelons nous les « bedrock principles » du parti républicain constamment mis en avant par Mac Cain lors de la derniere campagne présidentielle aux Etats-Unis : « I believe in the bedrock conservative principles of small government, low taxes and rights of the unborns ». Mais aussi l’attachement profond à la libre entreprise, la responsabilité individuelle et  la libre concurrence comme seuls moyens trouvés, malgré leurs  innombrables défauts, pour sortir les masses de la pauvreté (le socialisme et le communisme ont prouvé qu’ils étaient incapables de le faire) et assurer un mode de vie confortable de « pays riches » à l’ensemble de l’humanité. A gauche, on privilégie l’Etat. A droite la liberté d’entreprendre et la liberté individuelle pour assurer le progrès économique. Ajoutons une droite croyant à la rigueur et à l’effort, tournée vers les valeurs familiales traditionnelles, soucieuse d’une bonne éducation pour ses enfants et une gauche plus tournée vers l’égalitarisme pour tous et le nivellement par le bas, si nécessaire, et vous aurez l’essentiel du clivage idéologique qui sépare droite et gauche dans la plupart des pays occidentaux. Vrai partout mais pas vraiment en France

Et du coup cette devinette amusante : que se dirait il ,en France, si la parole était vraiment libre et si les propos « séditieux » étaient relayés par des médias puissants pour entretenir de vrais débats de fond sur les sujets aujourd’hui tabous où la pensée unique est la règle: syndicalisme français, inégalités françaises, banlieues, services publics, cohabitation, par exemple. Et du coup comprendre pourquoi la gauche est tellement majoritaire dans les esprits en France et pourquoi elle est en responsabilité dans la quasi  totalité des régions, des départements, des grandes villes et sans doute demain , en 2012, de nouveau à la tête du pays.

 

Amusons nous à les prendre un à un.

 

  • 1. Syndicalistes en France: une force considérable dans les faits. Associés à toute les décisions d’ordre politique, ultra présents dans les médias sans véritable contradicteurs en face d’eux (sinon des journalistes toujours complaisants), jouissant d’avantages concrets considérables, notamment des subventions qui leur évitent de devoir trouver des adhérents cotisants pour les soutenir, donnant leur avis sur tout, presque uniquement présents dans les grands services publics, souvent doublés d’une présence effective dans les grands partis de gauche, ils pèsent d’un poids considérable sur l’avenir de la France. La droite française, quand il lui arrive de venir au pouvoir, prend grand soin de ne pas les irriter et, si possible, d’œuvrer sur le même terrain qu’eux. Voilà donc des gens qui pèsent d’un poids considérable. Mais comment ont ils gagnés leurs galons, quels méritent ont ils fait valoir pour jouir d’une audience aussi considérable? Quelles épreuves ont-ils traversé et quelles expériences ont-ils vécu pour être ainsi habilités, en tout temps et en tout lieu, à être choisis et désignés pour donner le seul avis autorisé sur tout, ne tenant compte que du seul intérêt de leur seuls mandants et en oubliant allègrement les intérêts de millions d’autres. Prenons les retraites: comment se fait il que les retraites des grands services publics, puis celles des fonctionnaires, soient infiniment plus avantageuses que celles des millions de salariés du secteur privé sans que personne ne trouve à y redire? Curieux, sauf si l’on réalise que nos chers syndicalistes sont ici juges et parties. Ils ont fait les régimes de retraite et ce sont eux qui en profitent. Nos syndicalistes sont des fonctionnaires. Ils ont fait carrière toute leur vie dans cette fonction, ils y ont eu un avancement correct. En récompense de leurs bons et loyaux services, ils finiront probablement dans le fauteuil d’un conseiller économique et social. Que demander de plus?

 

  • 2. Inégalités françaises:

 

Il parait qu’en France il y a des milliers de pauvres gens, RMIstes, smigards, SDF,  et par la faute de qui ? du patronat et de la droite française qui font sans doute tout ce qu’il faut pour les maintenir dans cet état de grande injustice ; Telle est en tout cas la thèse d’une bonne partie des gauches françaises et accessoirement des médias. Qu’il y aient de grandes inégalités de revenus nul ne peut en disconvenir. Mais cette question est complexe et ne devrait jamais être abordée avec des a priori démagogiques et simplificateurs. Dans toutes  les nations riches, il y a des pauvres et plus les nations sont prospères et se développent rapidement et plus les inégalités augmentent mais, dans le même temps, les pauvres sont moins pauvres qu’auparavant. Et en temps de crise, le nombre des plus pauvres et des plus en difficulté augmente. Mais hors périodes de crise économique profonde, les plus pauvres ne sont pas les exploités des plus riches. On peut les aider, les assister ils n’en resteront pas moins précaires au regard des comportements plus classiques de la grande majorité de la population. Education sacrifiée, lourd passif social et familial, parfois réelle malchance mais aussi volonté farouche d’indépendance, emprise des drogues et de l’alcool, parfois vraies personnalités rebelles sympathiques et courageuses, on ne peut pas leur jeter la pierre et encore moins les assister en permanence. Leur vie est ainsi faîte. Ils représentent structurellement 3% à 4% de la population des pays riches. Il faut l’accepter et les aider au maximum individuellement quand on les rencontre..et qu’ils ont besoin de notre aide …et qu’ils ne la repoussent pas.

Et s’il y a des vrais pauvres en France, il y a aussi une très importante classe moyenne plutôt aisée, et aussi de très confortables patrimoines et de véritables fortunes dans de nombreuses catégories sociales, hauts fonctionnaires , céréaliers, viticulteurs, professions libérales et médicales , gens des médias sans parler des artistes ou des sportifs de haut niveau et pourquoi pas du monde politique et judiciaire. Mais tout se passe comme si les seuls riches étaient les chefs d’entreprise ( Henri Proglio par exemple, ces jours ci), les « spéculateurs » (catégorie mythique, alors que les vrais « spéculateurs » sont tout simplement les gérants de l’épargne collective qui ne font que leur travail en mobilisant l’épargne des épargnants hors des zones à risque) et les actionnaires. Tous gens détestables qu’il faudrait évidemment taxer beaucoup plus au contraire de tous les autres. Curieux tout de même car ceux qui font tourner l’économie ce sont précisément eux !

Mais, surtout, ne comptons pas trop sur les vrais riches pour rétablir l’état piteux des finances du pays. Statistiquement, c’est la logique implacable des statistiques et des maths, ils ne font pas le poids. C’est bien sur les millions de français des classes moyennes et aisées qu’il faudrait taper si l’on voulait un jour rétablir l’équilibre des comptes public et sociaux ou des retraites.

 

•3.     Banlieues 

 

Il y a tant à dire sur la question des banlieues françaises qu’on ne pourra l’aborder qu’en s’en tenant à l’essentiel :

 

  • Des tours, des habitations sociales à loyers modérés, des espaces verts , des stades, des piscines, des bibliothèques, des écoles, des collèges et des lycées en grand nombre, d’innombrables associations culturelles, éducatives et caritatives, et des grandes surfaces aux abords des voies rapides avec d’innombrables produits du monde entier pas chers. Un pays de cocagne en somme avec salles d’eau, sanitaires et chauffage central dans la quasi-totalité des appartements. Un pays de cocagne surtout au regard de l’entassement malsain et problématique dans les bidonvilles de toutes les grandes métropoles du tiers monde. A t on mesuré le nombre de voitures par foyers dans les banlieues? Si la France des classes moyennes en possède au moins deux il y a fort à parier qu’il y en ait au moins une dans chaque foyer de banlieue.

 

  • Mais alors ou est donc le problème? Qu’est ce qui fait qu’un malaise y règne en permanence et que des explosions périodiques de violence y éclatent sporadiquement en dépit des milliards déversés par l’Etat et les collectivités depuis 50 ans?

La réponse à l’évidence tient en trois points : concentration majeure de populations émigrées depuis trois générations qui n’ont pas intégré la culture française, modèle unique de l’Education Nationale qui a appliqué ici les programmes et les standards nationaux en s’entêtant désespérément dans le collège unique. Et au bout du compte incapacité totale à former les jeunes des banlieues. Enfin chômage massif engendré, tout naturellement, dans un pays ou la fonction publique représente le principal débouché des enfants des classes moyennes, et alors que les jeunes des banlieues ne pouvaient franchir le barrage des concours d’entrée dans la dite fonction publique pour cause d’inadaptation scolaire. Les entrées dérogatoires, armées, police, aide éducateurs, ont commencé à fonctionner, mais il n’était que temps et le retard à combler est tel qu’il demeure difficile de se prononcer sur l’avenir. Et les banlieues continueront à coûter horriblement cher avec leur régiments d’assistés et leur totale absence de participation aux caisses de retraite, d’assurance maladie et encore moins aux impôts.

 

•4.     services publics

 

Ils sont les stars de la mentalité française. On les encense. On les vénère. Ils sont les modèles dont nous sommes particulièrement fiers. Et partant, ils sont sacrés et donc intouchables.

Sait on pourtant, que rapportés aux usagers pris en charge, que ce soit dans la police, l’Education Nationale ou l’Assistance publique il y a environ 30% d’effectifs en plus en France que dans la plupart des pays européens et pour un service sans doute grosso modo identique. On ne peut pas dire que les CHU, les collèges et lycées ou la sécu soient nettement plus performants qu’ailleurs. Pas de statistiques sur ces sujets, mais gageons que sans être plus mauvais qu’ailleurs, nos services publics n’ont rien non plus d’exceptionnels. Le problème c’est qu’ils coûtent plus cher, qu’il faut bien les financer et, qu’en définitive, ils nous conduisent aux prélèvements obligatoires les plus élevé du monde occidental, ce qui se paye inévitablement en record de taux de chômage structurel ( hors chômage exceptionnel des temps de crise). Mr De Villepin, quand il était premier Ministre, n’avait d’ailleurs rien trouvé de mieux que d’augmenter, sans le dire, les emplois de la fonction publique ce qui lui permettait d’afficher une glorieuse décroissance du chômage. Cette solution est la tentation de presque tous les gouvernements français. Sarkozy vient d’y mettre un frein mais sans expliquer pourquoi il faut le faire. Des études européennes sérieuses ont pourtant démontré que 1 emploi de fonctionnaire en plus, c’est 1,2 chômeur en plus dans le secteur privé.

Telle est l’une des lois d’airain de l’économie et, si les fonctionnaires étaient la solution, il y a belle lurette que l’économie française serait entièrement socialiste. Manque de chance, avec ce modèle là on ne peut partager que la pauvreté et les restrictions. On en a maintenant d’innombrables preuves expérimentales. Au XIX eme siècle on pouvait en rêver. Au XXI ° ce n’est plus possible….sauf en France ou 60% de la population y croit encore !!! C’est dire le manque de vrais débats d’idée dans le débat public français et la chape de plomb du modèle de pensée unique qui nous afflige.

 

•5.     ouverture et cohabitation

 

Il parait que les français ont adoré la cohabitation, tout comme ils se sont entichés de Chirac depuis qu’il est en retraite. Il n’y a pourtant pas pire régime que celui là, qui se traduit par un immobilisme absolu et l’impossibilité d’engager la moindre réforme. C’est ce qui s’est passé pendant presque 30 ans de cohabitation droite gauche en France. Et c’est sans doute pourquoi Mr Sarkozy, s’appuyant, comme tous les politiciens  sur les sondages , n’a rien trouvé de mieux que d’engager une politique d’ouverture à gauche pour favoriser dans son gouvernement la cohabitation d’idées de droite et de gauche, puisque c’est parait il ce qui plait aux français. Il aurait pourtant du savoir qu’en politique il y a une autre règle d’or. D’abord se créer un méchant à combattre, désigner cet ennemi et ne pas hésiter à l’agresser avec la plus extrême vigueur. Mauvaise foi, approximations, mensonges. Telle est la règle pour se constituer des partisans bien embrigadés, pour démolir l’ennemi et pour le vaincre. Et qu’on ne croit pas que ces pratiques soient celles d’un autre âge. Elles sont toujours valables. Les républicains américains ne s’en privent pas. Pas plus que Martine Aubry et les hiérarques du parti socialiste. Mais Sarkozy ne semble pas bien avoir compris cela. Dommage car ce ne sont qu’avec des grands mots simplificateurs et toujours matraqués – voir Pavlov- que l’on peut avoir une chance de faire changer les choses comme sans doute voudrait il pouvoir le faire.

 

  • 6. Elections régionales du 21 mars 2010

 

L’extrême confusion de la doctrine ( sic) de la droite française, pour ne pas dire son absence, comparée à celle de la plupart des droites des autres pays occidentaux ( Voir les Etats-Unis ou l’Allemagne par exemple ) vient de trouver son point d’orgue dans la magnifique victoire de la gauche et dans la « Bérésina » infligée à la droite dite « de gouvernement ». Toutes les régions (sauf l’Alsace) gouvernées depuis 12 ans par la gauche sont reconduites dans l’enthousiasme pour 6 ans. La recette est connue : clientèlisme, recrutements massifs dans la fonction publique territoriale (+ 45% en 10 ans), dépenses sociales et d’infrastructures généreuses et pour finir un endettement massif attribué à la droite qui n’aurait pas transféré les crédits attachés aux maigres mesures de décentralisation mises en place depuis 6 ans. Pure invention bien sûr mais l’essentiel est de le clamer tous les jours. Voir Pavlov de nouveau. De toutes façons, cela marche toujours.

Mais le principal enseignement de ce scrutin c’est bien la disparition, dans les collectivités territoriales,  de la droite dite de gouvernement et l’échec probable de Sarkozy en 2012 s’il continue dans cette voie. Mais comme on ne voit pas très bien ce qu’il pourrait changer, alea jacta est : la France, selon toute vraisemblance, devrait continuer de s’enfoncer dans son socialisme chéri et son immobilisme. Et la raison profonde, outre les foucades et la maladresse de son leader actuel, tient pour l’essentiel dans l’absence de corpus doctrinal de la droite française. Rassemblement de gens plutôt privilégiés, plutôt âgés, parfois nostalgiques du nationalisme gaulliste, assez peu européens quant au fond, jaloux de leurs avantages et de leurs privilèges corporatifs, tout comme une bonne part des bataillons de la gauche, ils ne représentent pas une force de dynamique et de progrès qui serait tournée vers l’avenir. La droite française, faute de corpus doctrinal solide, ne semble pas  vraiment consciente que ce sont les valeurs de liberté, de libre concurrence, de rigueur et de bonne gestion du domaine de l’Etat, qui font progresser le monde.

10 février, 2010

Drapeau rouge pour l’Europe

Classé dans : Europe — pyrrhon @ 15:02

  

Sans être un fou d’Europe, il est clair que face aux nouveaux défis du monde et à la montée de l’Asie, ce continent qui fut au 19° siècle le moteur du monde, et qui, à la fin du 20° avait retrouvé une grande partie de sa force économique d’antan et de sa richesse, se dirige maintenant vers des épreuves qu’il va devoir relever s’il ne veut pas s’enfoncer dans un déclin sans fin. Vieillissement de la population, systèmes de protection sociale particulièrement coûteux sont les deux dangers qui menacent. Mais le refus de changer quoi que ce soit aux bonnes vieilles habitudes du chacun pour soi et du chacun seul maître chez soi dans son petit pré carré national est le véritable talon d’Achille du continent alors que des géants aux pouvoirs infiniment plus centralisés, et, par la taille, grands comme l’Europe, sont entrain de prendre les commandes du monde aux côtés des Etats-Unis.

Dans ce nouveau décor, alors que le monde change à grande allure, que l’ex tiers monde sort de sa pauvreté, que des changements technologiques et scientifiques majeurs- internet, biotechnologies, cellules souches, nanotechnologies – nous bouleversent déjà…..minée par ses nationalismes et la force égoïste des « grandes » nations, France en tête, l’Europe semble bien partie pour aller d’échecs en échecs.

 

 

L’espoir de Lisbonne tourne en une  vaste farce.

 

Sur ce sujet, les gouvernements ont vraiment fait très fort. Non content de mesurer au compte goutte les délégations de souveraineté qui pouvaient passer à l’Europe par les mécanismes des majorités qualifiées, ils les ont savamment reculé dans le temps. Les échéances sont lointaines alors que le monde n’attend pas. D’autant qu’avec la crise, il va encore plus vite et que l’urgence d’une Europe rassemblée se faisait encore plus grande.

Mais le plus beau fut à n’en pas douter la nomination du Président de l’Europe pour deux ans et de son représentant des affaires étrangères. Pas question que le conseil des ministres abandonne le moindre pan de sa souveraineté et la sacro sainte règle de l’unanimité pour donner quelques pouvoirs à ces nouvelles instances. Alors quoi de mieux que d’y nommer des personnages falots et inexistants incapables de représenter quoi que ce soit au regard du monde extérieur. Obama vient d’ailleurs de le faire savoir sèchement à Zapatero et on le comprend. Pourquoi d’ailleurs avoir garder les présidences tournantes semestrielles pour un temps ?.Il fallait évidemment les supprimer au moment de la nomination de Von Rompuy

 

L’Euro est sur le point d’imploser, comme il fallait s’y attendre, avec la crise latente des pays du « club med ».

 

Il y a des règles fort simples en économie. On ne peut éternellement dépenser plus qu’on ne gagne et il y a toujours un moment ou un juge de paix se présente et ou une correction devient nécessaire. Avant l’Euro, pour les pays du « club med » et pas mal d’autres, France en tête, pas de problème. Une bonne petite dévaluation pour corriger les dépenses supérieures aux recettes et, ni vu ni connu, on pouvait repartir en ayant fait le nécessaire. Coup de pouce pour les exportations, hausse des prix des produits importés et pour finir inflation qui permettait de reprendre au bon peuple, sans lui dire, ce qu’on lui avait accordé un peu trop généreusement auparavant. Mais maintenant, avec l’Euro, pouce ! plus question de jouer discret, voilà qu’il faut imposer au bon peuple des règles d’austérité, limiter les hausses de salaires et compter chichement les budgets sociaux. Drôle d’idée qu’ont eu les gouvernements européens de créer l’Euro sans se donner les moyens, ni de correctifs naturels, ni d’une discipline de groupe imposée par un pouvoir central « fort »et donc nécessairement démocratiquement élu. Les marchés, eux , ne s’y trompent pas. Ils veulent bien encore prêter de l’argent à tous les débiteurs impécunieux, fussent-ils des Etats, mais ça coutera plus cher. Et le correctif naturel vient tout naturellement de là. La liberté des mouvements de capitaux l’impose tout autant que le simple bon sens. Vous voulez encore emprunter alors que nous ne sommes pas sûrs que vous puissiez jamais rembourser…et bien cela vous coutera bien plus cher car je ne suis plus sûr du tout de retrouver ce que je vous prête; et il faut bien que je tente de me rembourser par avance. A notre humble avis si l’Europe du « nord », qui a peut être encore quelque sous, veut aider le « club med »,ce qu’elle s’apprête à faire, elle aussi devra payer plus cher.

Mais au fait qui prête aux Etats ? les grands capitalistes nous répondront, surs d’eux, les Besancenot et autres idiots de gauche. Et bien non ! Ne nous y trompons pas, ceux qui prêtent ce sont vous, nous, Monsieur tout le monde, quand il place son argent, chichement épargné, sur son livret d’assurance vie ou son plan d’épargne entreprise et qu’il croit naïvement que ce n’est pas lui qui prête aux Etats. Mais si c’est lui, c’est nous, c’est Mr tout le monde , c’est le bon peuple et c’est lui qui va sûrement finir par être le dindon de la farce, comme lorsque qu’il n’y avait pas l’Euro, et qu’on pouvait faire de bonnes dévaluations pour résoudre les problèmes de déficits excessifs. Comment cela finira t il ? Nous n’en savons trop rien mais il est sûr que si l’Euro n’éclate pas et que les pays du « club med », et d’autres comme nous, ne reprennent pas leurs billes, il faudra bien un jour que l’Euro soit globalement dévalué vis-à-vis du reste du monde….ce qui n’ira pas sans représailles de la part de celui-ci, soyons en sûrs.

 

 

Apparaissent ici deux paradoxes remarquables. Le premier c’est qu’en se préparant à aider la Grèce l’Europe va commencer à dévaluer puisque, vis-à-vis du reste du monde, sa monnaie va devenir un peu moins crédible puisque sa dette augmente. Mais, second paradoxe, en procédant ainsi, elle se donne, elle aussi, un premier moyen de correction pour lutter contre les dévaluations compétitives des autres grands. C’est au fond le monde à l’envers. Plus je m’endette, plus j’aggrave ma situation, et plus je deviens fort vis à vis des autres. Les marchés eux ne s’y sont pas trompé. Crise de solvabilité étouffée si l’Europe intervient. On va pouvoir souffler pendant un moment. L’euro surévalué va commencer à se dévaluer et c’est bien entendu, pour elle, comme pour les autres grands, le seul moyen de rétablir ses comptes…et au détriment bien sûr de Mr tout le monde, d’autant plus qu’au renchérissement des produits importés s’ajouteront inévitablement quelques mesures symboliques mais visibles « d’austérité ».

D’aucun pensent que la prochaine alerte portera sur le dollar. C’est possible car c’est bien lui qui pose le plus de problèmes et sa dévaluation est encore plus inévitable n’en déplaise aux chinois qui veulent conserver leur coffre fort en dollar. Le monde occidental, dangereusement endetté par les gouvernements, s’engage sur des voies incertaines.

12 janvier, 2010

secteur public et croissance

Classé dans : Economie — pyrrhon @ 8:44

 En bons libéraux au sens européen ou économique du terme (et non au sens libéral américain : jet set ,bobos et medias de gauche d’une certaine élite américaine), nous ne résistons pas, ce mois ci, à reproduire, ci après, le texte d’un libertarien américain, Bill Bonner, résidant en France et patron d’une petite boite de communication financiere,www.la-chronique-agora.com, qui résume parfaitement et simplement les inconvénients majeurs du trop d’Etat.

Les dépenses gouvernementales, ennemies de la croissance
par Bill Bonner
Vendredi 08 Janvier 2010

▪ « Je crois que vous vous trompez sur une chose », nous écrit un lecteur américain. « Vous faites comme si les dépenses gouvernementales étaient toujours un crime, un péché ou au moins de l’argent gâché. En fait, les soldats travaillant pour le gouvernement américain protègent le pays. Grâce aux routes, vous pouvez aller de Bethesda à Baltimore (une chose que je ne vous envie pas). Même les ronds-de-cuir sont nécessaires ; il faut bien payer les factures. Les retraités ont besoin de leurs chèques. Les dépenses gouvernementales sont peut-être inefficaces, mais elles représentent tout de même une véritable contribution au PIB ».

Notre correspondant a raison. La main-d’oeuvre gouvernementale compte des milliers de gens honnêtes faisant un travail honnête — et en partie utile. Le problème, c’est que dans la mesure où ce travail n’est pas soumis aux lois du marché, on ne sait jamais à quel point il est utile. Quand une chose vaut-elle la peine d’être faite ? Lorsque les gens sont prêts à vous payer pour ça. Comment savoir quand il faut en faire plus ? Lorsque le profit ajusté au risque que vous engrangez dépasse le taux que vous pourriez obtenir en prêtant votre argent au gouvernement, sans risque. Pourquoi tant de gens veulent-ils prêter de l’argent au gouvernement US actuellement ? Parce que le rendement des autres investissements est si bas… et le risque si élevé.

Les marchés découvrent constamment jusqu’à quel point les choses sont utiles et désirables. Les prix changent sans arrêt. Une chose grimpe… une autre chute… dirigeant toujours les producteurs et les consommateurs vers une utilisation optimale de leur argent.

▪ Mais les autoroutes, les guerres et les bureaucraties ne sont pas valorisées par les marchés. On ne sait donc jamais ce qu’elles valent. Dans une vraie guerre, un pays pourrait être prêt à verser jusqu’à son dernier centime pour faire reculer l’ennemi. Mais qu’en est-il des « guerres de choix » comme celles d’Irak ou d’Afghanistan ? Combien valent-elles vraiment ? Personne ne le sait. Et personne ne s’en soucie vraiment. Elles deviennent simplement quelques programmes gouvernementaux de plus… ponctionnant éternellement des ressources qui devraient aller à l’économie réelle. Il y a des dizaines… des centaines… de programmes gouvernementaux mis en place durant la Grande dépression et qui sont encore en vie. Chacun a grandi année après année… et chacun emploie désormais des milliers de travailleurs bien payés. Chaque employé reçoit non seulement un salaire, mais également une couverture sociale et une retraite… et il a besoin d’un bureau où travailler et un endroit où garer sa voiture. Que fait-il ? Que se passerait-il s’il arrêtait de le faire ? Personne ne le sait.

Nous allons faire une supposition. 90% des employés fédéraux de Washington pourraient aller voir ailleurs… et la vie continuerait comme avant — voire mieux.

Sur 10 employés gouvernementaux, deux font probablement des choses utiles… des choses pour lesquelles nous paierions volontiers si elles n’étaient pas faites par le gouvernement — bien que nous les paierions certainement moins cher que ce qu’elles nous coûtent actuellement. Cinq autres font des choses qui ne valent pas la peine d’être faites — des choses qui sont du gâchis d’argent pur et simple. Et les trois derniers font des choses qui détruisent la richesse… des choses qui empirent en fait la situation. Ces trois-là sont des économistes. Ou des avocats. Ou qui sait quoi encore.

▪ Bien entendu, dans le secteur privé aussi les gens font n’importe quoi. Il suffit de voir ceux qui rédigent des prêts subprime. Ou ceux qui font du rap. Ou ceux qui vendent des télévisions. Mais après tout, ce n’est que notre avis ! Que le marché (le consommateur) décide ! Ce n’est pas de notre ressort. Dieu merci.

Dans l’ensemble, dans le secteur privé, les gens obtiennent ce qu’ils veulent… et ce qui les attend. Les gens qui gâchent de l’argent n’en ont bientôt plus à gâcher. Les gens qui font des mauvaises affaires ou prennent de mauvaises décisions d’investissement font faillite. Les erreurs se corrigent d’elles-mêmes… sauf si le gouvernement intervient !

Dans le secteur public, ce n’est pas le cas. Les erreurs se perpétuent d’elles-mêmes. La dernière chose que veut un bureaucrate, c’est voir sa mission disparaître. S’il lutte contre l’illettrisme, il y a fort à parier que moins d’enfants apprendront à lire. S’il lutte contre la pauvreté, il y a fort à parier que plus de gens seront pauvres. S’il lutte contre le terrorisme, c’est sur le terrorisme qu’il faut placer votre argent.

L’échec est récompensé par un accroissement du budget — tandis que le succès, c’est l’auto-extermination.

Si bien qu’à mesure que le pourcentage de l’économie dicté par le gouvernement augmente, il en va de même pour le gâchis, l’inefficacité et la contre-productivité. Comme l’a découvert l’Union soviétique, on peut augmenter le PIB par ordre du gouvernement… mais tout ce qu’on obtient, c’est un gros tas de rien. Nous avons voyagé en Russie à la fin de la période soviétique. A l’époque, les Russes avaient été réduits à une pauvreté inimaginable. Tout ce qu’ils avaient à vendre aux touristes, c’était de l’équipement pillé dans les stocks de l’armée. Nous avons acheté une paire de bottes en cuir pour un dollar. Le meilleur achat de notre vie. Nous les portons encore 20 ans après. Il y a deux semaines, elles nous ont évité de perdre une jambe, lorsque nous avons glissé pendant que nous coupions un arbre à la tronçonneuse. Elle a coupé dans la botte, mais n’a même pas égratigné notre jambe.

Pourquoi cette petite discussion sur les dépenses gouvernementales est-elle importante ? Parce qu’il s’agit du « reste de l’histoire ». Les économistes encouragent les dépenses gouvernementales en tant que substitut aux dépenses privées… et les emplois gouvernementaux en remplacement d’emplois perdus dans le secteur privé. Près de cinq millions d’emplois ont été perdus en 2009 — quasiment tous dans le secteur privé.

Signé Bill Bonner

****

Telle est la vérité sur l’ensemble du secteur public quels que soient les pays. Pas d’instrument de mesures pour en mesurer objectivement l’efficacité sinon dans quelques rares pays un moment gouvernés par des « conservateurs », et surtout une pression constante des intéressés eux-mêmes ou des « forces de progrès » de gauche pour en étendre la sphère au détriment de l’intérêt général. L’extension du secteur public se traduit ainsi ,inévitablement, par un accroissement constant et incompressible des prélèvements obligatoires, l’extension du chômage et l’appauvrissement général. Nous avons trop vécu nous-mêmes dans le secteur public pour ne pas savoir combien le système est incapable d’inventer des garde fous efficaces et combien, quelques soient les bonnes volontés, le secteur public  peut gonfler inconsidérément et protéger des structures totalement inutiles. Rien ne peut le contrôler ni le contraindre à se perfectionner (sinon des politiques fort démunis et éphémères face à lui) alors que le simple jeu de la concurrence, joue ce rôle efficacement hors du secteur public…lorsque la concurrence n’est pas entravée et que la liberté du commerce est respectée.

 

 

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