23 décembre, 2009

Emprunt Juppé Rocard

Classé dans : Economie — pyrrhon @ 22:45

 

Commission Juppé-Rocard

Enfin du travail sérieux en France dans une commission où, pour une fois, on a oublié les invectives habituelles que la gauche affectionne tant, pour tenter de réfléchir sérieusement au problème posé et sur la meilleure façon de le résoudre.

Ce n’est pas la première fois que Michel Rocard préconise de bonnes solutions pour le pays. Vu son âge il faut souhaiter que ce ne soit pas la dernière.

Quant à Alain Juppé son honnêteté et sa rigueur morale ne sont pas discutables, lui, qui par fidélité à Chirac, a pris tous les tords sur lui et a quasi brisé sa carrière dans l’affaire des HLM de la ville de Paris. On ne discutera pas non plus son intelligence. On n’est pas major de l’ENA sans quelque qualités de ce côté là. Mais encore une fois les qualités du cœur, sont plus importantes que celles du cerveau quand il s’agit de prendre les bonnes décisions pour la France et quand on sait que l’on n’a que des coups à prendre.

Donc, mandatés par Sarko, nos deux compères s’entourent des meilleurs experts et cogitent sur comment donner un contenu intelligent à l’idée farfelue du grand emprunt lancée par Guaino. Et ma foi nos deux ex, qui, on le pense depuis longtemps, valaient mieux que leurs maîtres, ne s’en sortent pas si mal.

D’abord ne pas en faire trop. Il faut rester dans les clous de l’acceptable pour les agences de notation et ne pas dégrader la note de la France. Pas question d’augmenter le coût de nos emprunts dans la situation où nous sommes. Ce sera donc 35 milliards, et en vérité 22, le solde correspondant au remboursement de banques. Et pour compenser les 22 on annonce même autant d’économies sur les dépenses de fonctionnement de l’Etat. Un vœu pieux sans doute mais sait on jamais ? Enfin emprunts sur les marchés internationaux. Pas question de donner 1% de plus pour solliciter l’épargne des français. Du coup le « referendum » politique de Guaino est enterré et l’on en revient à un problème strictement économique : comment faire des investissement judicieux…même si l’on peut penser que l’Etat n’est pas très doué pour cela.

Ensuite les secteurs retenus, enseignement supérieur, formation, recherche et développement, industrie et PME, développement durable et numérique dans les campagnes. Ce dernier choix est peut être discutable. Les opérateurs privés ne veulent pas le faire. Pas assez rentable. Par les temps qui courent, l’Etat doit aussi se préoccuper de ce qui n’est pas assez rentable.

Pour les autres secteurs, rien à dire, ce sont eux qui préparent l’avenir. Mais bien entendu c’est ensuite que tout va se jouer, au niveau des conditions d’application détaillées et du calcul réaliste et implacable des ROI, retours sur investissement, de chaque centime investi. Il y aura des déchets mais il ne faudrait pas qu’il y en ait de trop. Ce serait bien que la Commission Juppé Rocard continue à suivre cela de près avec les Price water house ou autres.

Dans cette affaire le trio Woerth, Juppé, Rocard a plutôt bien travaillé. On se prend à rêver que les trois mousquetaires continuent de conseiller utilement D’Artagnan Sarkozy. Il les a écouté une fois. Il pourrait peut être recommencer mais encore faudrait il que, eux aussi, se montrent particulièrement iconoclastes, par exemple, entre autres, sur le coût trop élevé de nos services publics au regard de leurs résultats, le fardeau des charges qui pèsent sur les entreprises, l’indispensable réforme des retraites et l’inévitable création de la TVA sociale, n’en déplaise à Laurent Fabius, pour financer les déficits sociaux. Ils pourraient aussi s’intéresser à la réforme de notre droit du travail pour le purger de ses rigidités excessives et aussi à l’exercice du droit de grève dans le secteur public (Voir le magnifique gâchis actuel sur les RER A et B) mais ne leur en demandons pas trop.

Tout ce qui mine la compétitivité française et bloque son entrée définitive, et l’exploitation de ses innombrables atouts, dans l’ère de la mondialisation et de l’économie numérique, devrait être systématiquement recherché dans des groupes de travail ou, pour une fois, on pourrait peut être faire l’impasse sur les combats politiques (simplistes, mensongers et manipulateurs) pour ne s’intéresser, entre experts reconnus, qu’au seul devenir français…et le tout béni par Juppé Rocard. Ceci nous fait penser que les travaux de la Commission Attali paraissent définitivement enterrés et que comme nombre de rapports d’experts peu contestables, les politiques les ont définitivement fait passer aux oubliettes. Alors ne rêvons pas trop !

 

 

10 décembre, 2009

Identités

Classé dans : politique France — elis @ 9:46

 

 

 

Le gouvernement- en prévision sans doute de régionales calamiteuses- vient de lancer son grand débat sur l’identité nationale avec pour objectif peu contestable de regrouper les français de droite et, si possible quelques rares électeurs du centre et de gauche, sur les grands slogans phares de la république : liberté , égalité , fraternité, marseillaise et drapeau tricolore le tout sous la bannière de la laïcité en majesté et en affirmant, bien sûr, que ces valeurs là devraient être respectées par tous.

Cela est normal dans la perspective d’une échéance électorale mais de toutes façons légitime de la part du pouvoir, et la gauche le fera aussi, puisque il s’agit de rassembler les citoyens autour de valeur communes que l’on veut promouvoir.

Mais cela donne aussi l’occasion de s’interroger sur ce qu’est devenue l’identité nationale française aujourd’hui, sans tabou et sans concession.

La France est un vieux pays, façonné très tôt et de main de fer par la force centralisatrice des Capétiens. De cela il reste encore une forte imprégnation étatique et centralisatrice aujourd’hui.

Auparavant, et comme toute l’Europe, la France avait bâti cette extraordinaire civilisation chrétienne constellée de cathédrales, d’abbayes de monastères et d’une myriade de splendides petites églises de villages qui demeurent encore aujourd’hui dans notre paysage. Que serait la France sans ses clochers ? En 1981 encore François Mitterand avec sa « Force tranquille » en fera l’usage que l’on sait pour accéder au pouvoir.

Mais l’histoire de la France, ce très vieux pays, ne s’arrête pas là. Les combats contre les maisons d’Angleterre, de Bourgogne et d’Autriche, les sanglantes guerres de religion couronnées par la victoire du catholicisme , conduisent aussi la monarchie française, après bien des chaos,  aux portes de son apogée. Le 17° siècle français est le phare de l’Europe et la France est la première puissance mondiale de l’époque. Des marins glorieux , des écrivains illustres, des architectes et des artistes qui inspirent et servent de modèles à tout le continent. Sans oublier des ministres presque intègres et de grands administrateurs.

A la fin du 18° siècle changement de décor, la philosophie des lumières et l’extrême raffinement de cours européennes, qui ont totalement oubliées que l’histoire est tragique, conduit au retour de la barbarie révolutionnaire mais aussi aux bouleversements sociétaux que les sciences et la philosophie des lumières ont diffusés dans l’air du temps. Avec sa poigne de fer, dans la longue tradition française de l’Etat fort, Napoléon  traduit ces bouleversements dans le marbre de l’Empire. Encore une fois, et pour un court instant violent, la France va dominer le monde avant de s’incliner devant la force impériale de l’Angleterre marchande et plus tard de la Prusse martiale. Mais tout au long du 19° siècle et du 20 ° siècle, c’est une autre France qui est apparue. La France républicaine, qui vénère sa révolution, qui entre en guerre contre les forces obscurantistes de la religion et qui veut, dans le discours, après 1870, la fin de la domination des riches et le bonheur des classes laborieuses. La république est née. Elle n’a rien perdue de la tradition d’un Etat fort, régulateur, centralisé et dominateur mais celui-ci s’est mis au service d’une nouvelle cause, laïque, souvent franc-maçonne et plutôt « égalisatrice » : dans les symboles au moins tous les citoyens sont égaux. Comme cet état républicain, et bardé de bonnes intentions, est fort, il ira aussi étendre « les lumières de la civilisation » vers le reste du monde en constituant un empire colonial, aussi belliqueux que ses voisins britanniques et germaniques, avant de nous précipiter dans l’enfer de la première guerre mondiale, il faut bien prendre notre revanche sur 1870.

C’est donc une histoire tragique, toujours en mouvement et toujours recommencée, (une quinzaine de Constitutions depuis 1789 ( ce doit être un record mondial), mais ce qui apparaît sans conteste au regard du sujet de l’identité c’est que celle-ci a toujours été imposée par la force et la contrainte, l’Etat étant avant tout soucieux d’unifier, pour éviter les troubles, en imposant avec vigueur sa philosophie du moment. Particulièrement vrai avec la III° république, ses instituteurs, moines soldats de la laïcité, et la franc maçonnerie en action dans toutes les administrations pour contrer le retour de la « réaction » catholique.

Le combat continue d’ailleurs au XX°. Les ligues et l’action française sont combattues et chassées du pouvoir avec une extrême vigueur afin de faire triompher les valeurs laïques et républicaines. Et malgré le soutien d’Hitler, Vichy (encore un retour au passé) ne résistera pas longtemps et devient discret avant même le débarquement des alliés.

Telle est la France qui s’impose et qui érige en dogmes ses valeurs républicaines en 1945. La nation française est laïque militante. Elle est la patrie des droits de l’homme et fait la leçon au monde entier. Elle se sent une vocation messianique mais elle continue aussi à repousser ses racines chrétiennes dans les limbes de l’histoire. Elle voue, surtout une admiration sans borne aux « forces de progrès » et aux masses populaires en mouvement dans le monde communiste. De gaulle, freine ce mouvement un moment, mais, c’est d’abord cette France qui croit aux luttes sociales pour promouvoir le progrès, avec un fort tropisme vers le socialisme, l’encadrement militant, et l’amour de la révolution, qui triomphe. Dans cette ouverture fraternelle et prête à aider vers tous les peuples qui souffrent, cette « internationale prolétarienne », qui dirige nombre de communes et départements,  accueille à bras ouverts tous les damnés de la terre, frères prolétariens, exilés politiques et bien entendu populations d’outre mer « exploitées par les forces colonialistes ».

La France du 19° siècle accueillait des populations chrétiennes. La France de la seconde moitié du siècle accueille en grand nombre des populations allogènes venues surtout d’Afrique, qui parlent français, qui commencent à prendre les tâches les plus dures que les français ne veulent plus faire et qui voient leurs familles les rejoindre avec le regroupement familial voulu par Giscard.

Tout irait pour le mieux si un premier grippage ne se glissait dans la mécanique. Avec la fin des 30 glorieuses, le chômage commence à s’étendre et nos immigrés et leurs familles, sauf dans les travaux pénibles, sont les premiers touchés. Leurs enfants, principalement, mal   encadrés par une Education Nationale défaillante, n’ont pas le niveau suffisant pour franchir le barrage des concours d’entrée dans la fonction publique, vers lesquels se précipitent les rejetons de la classe moyenne qui ont tous accédé à l’Université (bac pour tous oblige) mais ne savent trop quoi faire d’autre ensuite que de s’engouffrer dans la fonction publique. Les jeunes à capuche et désoeuvrés deviennent de plus en plus visibles dans la cité.

Le deuxième grippage est venu des télés et des antennes tournées vers le monde que les immigrés ont quitté et, dont, comme tous les déracinés, ils conservent une image sentimentale  idéalisée. C’est le souvenir nostalgique du pays, des parents ou des grands parents et dont on sait en écoutant ses mélopées qu’il fut le monde que les ancêtres ont aimé.

Sans les antennes, le souvenir se serait se serait sans doute estompé progressivement. Mais avec les antennes il demeure, toujours fortement idéalisé. Et avec l’islam, religion dynamique et en expansion, cet attachement au pays, à ses coutumes et à ses mœurs va encore s’accentuer.

La France laïque, républicaine et anticatholique ne correspond pas du tout à cette culture là mais elle la tolère et parfois même l’encourage au nom de toutes les injustices qu’une certaine France, qui n’est pas celle de la gauche (dixit Martine Aubry), leur a fait subir. Et c’est ainsi que même l’islam, pourtant si loin de la religion laïque militante, devient une religion respectable et respectée.

Nous sommes ainsi entrés dans une nouvelle phase de l’identité française où pour la première fois peut être, le pouvoir central ne cherche plus à imposer sa conception philosophico  politique du moment mais au contraire tolère et même encourage une grande diversité.  Il y a bien encore les « sectes », témoins de Jéhova ou Scientologues », qui sont « persécutées »  mais c’est anecdotique. De fait, laïcs militants,chrétiens, juifs, musulmans, noirs et blancs sont invités à se respecter et à vivre ensemble, les minorités « visibles » faisant même l’objet d’une promotion particulière et d’un début de discrimination positive.

Cela présage t il de l’arrivée en France d’une société monde, à l’américaine, avec sa multitude de cultures, d’ethnies et de religions ? Pour ce faire il faudrait qu’il y ait au moins une valeur commune : aux USA, le culte du citoyen libre et de la réussite individuelle par le capitalisme, est presque partagé par tous, ce qui n’est évidemment pas le cas en France.

Pour la première fois dans son histoire, la France n’affiche plus une identité unique. Il y a des religions et des cultures qui vont devoir cohabiter. Les quartiers sensibles sont là pour nous rappeler tous les jours que même l’homogénéité des villes n’existe plus. Il n’y a plus UNE mais DES identités françaises distinctes dans l’espace France d’aujourd’hui.

14 novembre, 2009

Lisbonne et le monde

Classé dans : Europe — elis @ 17:15

 

 

Curieux le peu d’attention médiatique portée à l’avènement de l’Europe de Lisbonne.

Est-ce le mécontentement des « vrais démocrates » qui se gaussent du oui acheté aux irlandais ou encore le regret d’avoir vu Vaclav Klaus finalement céder. Toujours est il que c’est quasiment dans les entrefilets de dernière page que l’on apprit que, début décembre 2009, l’Europe de Lisbonne serait en place, que le président de l’Europe pour deux ans serait désigné et que son représentant pour la politique étrangère aussi.

Et pourtant l’évènement est considérable. Pour la première fois l’Europe va exister autrement que comme un grand marché et pour la première fois la règle de l’unanimité ne sera plus exigée sur nombre de sujets essentiels. C’est un progrès considérable à l’heure d’une Europe malmenée par la désinvolture américaine et ses profonds errements sur le dollar et c’est aussi une urgence face à la montée en puissance de l’Asie du sud est.

Certes l’Europe diplomatique n’est pas née, mais l’Europe inexistante et le bilatéralisme affiché jusqu’alors par les plus grandes nations européennes dans leurs relations avec les USA, la Russie ou le Moyen orient, devrait faire place peu à peu  à une position européenne commune sur nombre de grands dossiers mondiaux.

Si les chancelleries se décidaient à mettre à la tête de l’Europe un président de poids ce serait encore mieux. On peut craindre malheureusement qu’on s’entende plutôt pour y mettre un ectoplasme…l’Europe des états souverains n’est pas morte. Elle va  seulement perdue un peu de sa suprématie au profit d’une voix collective de l’Europe qui devrait commencer à exister.

Quelques signes encourageants semblent aussi apparaître.

Au plan économique, tout d’abord, ou en dépit du suivisme forcené de Gordon Brown à copier la politique américaine de déficits gigantesques, l’Europe continentale se montre plus circonspecte sur les politiques économiques qu’il convient de conduire face à la crise. Avec ses nouveaux alliés libéraux Angela Merkel vient, en tout cas, de se démarquer nettement . Des déficits qui s’aggravent, certes, mais à une échelle nettement plus prudente que celle des Etats Unis et surtout des baisses d’impôt importantes pour les entreprises qui devraient mieux les aider à traverser la crise. Moins d’Etat et encouragement à l’initiative privée. Une politique libérale qui s’assume en quelque sorte et qui ose s’afficher. Par les temps qui courent c’est plutôt rare mais, comme c’est l’Allemagne qui le fait, 3° puissance économique mondiale, ce n’est pas rien.

Une autre caractéristique européenne, avec Lisbonne, celle du rôle assigné à l’Euro, pourrait aussi mieux s’exprimer. Constamment poussé à la hausse par le dollar et le yuan qui le suit, l’euro tire vers le haut. Dans les stratégies de dévaluations compétitives qui s’esquissent à travers le monde, ce peut être un handicap… (bien que ce soit aussi une force quand on n’a pas de pétrole). Néanmoins mieux vaudrait qu’une coordination renforcée entre la Commission, la présidence européenne, les Etats et la BCE, définissent une stratégie ou au moins des tactiques communes face aux autres monnaies. Il y a des marges de manœuvre, face aux excès des autres, qui pourraient être exploitées. En tout cas l’Europe ne devrait pas trop brader ses réserves en or car, d’une manière ou d’une autre, celui-ci finira par entrer dans le panier de devises mondiales qui supplantera inévitablement le dollar. Une bulle de monnaie papier qui enfle indéfiniment, en ce moment le dollar, finit toujours par éclater. Il n’y a jamais eu d’exemples contraires dans l’histoire du monde.

Une dernière évolution semble intéressante à souligner dans la chrysalide  européenne de Lisbonne

Ce sont les péripéties et les signes autour de l’évolution du dossier d’adhésion de la Turquie. L’énorme contresens de Sarkozy et sa démagogie à usage interne pour s’opposer à l’entrée de la Turquie en Europe semble se fissurer sous l’effet de contre feux, peut être même allumés par Paris. Il faut dire que la Turquie, dixième puissance économique mondiale, a déjà fait comprendre aux industriels français que leurs investissements n’étaient pas forcément les bienvenus. Mais aussi cette insistance de la France à rejeter la Turquie, en dépit des évidences qu’il faut l’amarrer au continent, rencontre, fort heureusement, une très forte résistance en Europe. Gageons, qu’avec Lisbonne, la question de l’adhésion turque en 2015 ne sera plus indéfiniment reportée et qu’une ligne claire sera peu à peu acceptée. L’Europe aura aussi besoin de la Turquie et de son exemple laïque pour une meilleure intégration des populations islamiques des Balkans.

Enfin les rapports de l’Europe avec une autre grande nation, la Russie, pourraient également évoluer. Gorbatchev rappelait récemment qu’entre le formidable pôle de développement mondial de l’Asie du sud est et l’Europe, la Russie ne pourrait pas éternellement hésiter et qu’il faudrait bien qu’un jour elle s’amarre à l’un ou l’autre des deux continents. Les cérémonies du XX° anniversaire de la chute du mur ont montré à cet égard quelques signes d’hésitation de la part du pouvoir totalitaire moscovite. Medvedev est venu parler de la lutte contre le terrorisme, entendre islamique, dont Moscou a évidemment une peur bleue. Mais Moscou sait surtout que c’est l’Europe qui lui achète son gaz et que ses élites enrichies tournent plutôt leurs regards et leurs intérêts vers le continent avec lequel le passé et les références culturelles sont les plus proches. Espérons qu’un jour le MVD s’effacera au profit d’un fonctionnement un peu plus démocratique de la Russie et que le rapprochement Europe/ Russie, qui effraie encore, et à juste titre, l’Europe de l’est, mais plait tellement au quai d’Orsay, pourra se faire progressivement.

19 octobre, 2009

FRANCE DEFICITS

Classé dans : politique France — elis @ 8:13

 

 

LES PREVISIONS :

  • Dette publique : 2009 : 80 ; 2010 : 90 mais probable 100 % du PIB
  • Déficit public :   2009 : 8,2 ;  2010 : 8,5 mais probable 10%  du PIB, d’autant plus que le PIB va perdre probablement 2% sinon plus alors qu le gouvernement nous annonce un retour à + 0,75 en 2010 après un-2,5% en 2009.
  • Les prélèvements obligatoires qui étaient à 43% du PIB en 2008 reviendraient par miracle à 40% en 2010
  • Quant au déficit budgétaire de l’Etat, de 35 milliards en 2007, il montera à 150 milliards en 2009. Plus de surprise de ce côté-là, c’est acquis.
  • Evidemment tout cela donne le vertige d’autant plus que la sécu sera, dès 2009, en déficit de 30 milliards, les collectivité locales d’au moins 40 milliards et le chômage, bien sûr, à 10% de la population active …si « tout va bien » mais ne nous étonnons pas s’il passe à 11 ou 12% en 2010.
  • Le gouvernement se rassure et, même se sent soulagé, depuis que les moyennes européennes et américaines, avec la crise, tangentent les nôtres. Mais gageons que l’Allemagne et l’Europe du Nord reviendront assez vite vers une gestion orthodoxe et des déficits mieux maîtrisés.  Pour le monde anglo saxon c’est moins sûr. L’Amérique est sur un terrain glissant. Gouvernée par des démocrates et une FED hyper keynésienne, les deux creusant inconsidérément les déficits, son déclin a déjà commencé. Le peuple américain dont les ressources mentales sont grandes, parce que nourries au lait de la liberté, saura peut être réagir mais cela peut prendre du temps. La Grande Bretagne de Cameron devrait infléchir sa politique budgétaire bien avant l’Amérique.
  • Mais quid de notre chère et douce France ? Il est clair que l’UMP au pouvoir ne peut plus rien faire et si le PS reprend la main en 2012 il serait absurde d’imaginer, s’étant appuyer sur l’extrême gauche pour revenir, qu’il puisse en quoi que ce soit réduire les déficits béants et la descente aux enfers de nos comptes publics.

 

LA FRANCE CONDAMNEE ?

  • Et c’est là qu’il faut commencer à s’interroger en se demandant si notre chère France socialiste et étatiste est définitivement condamnée ? Personnellement nous ne le pensons pas.
  • D’abord parce que si la dette de la France est lourde, tout comme le japon et même l’Italie, son patrimoine constitué est exceptionnellement riche. Sa richesse foncière, immobilière, agricole, portuaire, routière, férée, nœuds de communication, réseaux electriques, centrales nucléaires, richesse des villes, des villages et, pour couronner le tout, de très grandes entreprises mondiales bien gérées et performantes font, qu’ in fine, le patrimoine français est énorme et assez remarquable. Ajoutons que sa situation géographique, son merveilleux climat tempéré, la splendeur de ses paysages multiples et ses vestiges historiques, font de la France un petit joyau dans le monde d’aujourd’hui. Et celui-ci vaudra de plus en plus cher dans un monde aux millions de touristes et d’investisseurs internationaux.
  • Est ce à dire pour autant que la France doit continuer à vivre largement au dessus de ses moyens et à passer son temps à subventionner des activités largement improductives histoire de donner un emploi à chacun ? Peut être car l’oisiveté est mère de tous les vices et donner du travail à chacun en faisant des travaux inutiles protège au moins des dérives de l’oisiveté, mais à condition de ne point trop en abuser et d’espérer qu’un jour, quelques responsables politiques intelligents et surtout indifférents aux sondages, commenceront à glisser des étais  pour redresser la maison France. Déjà les charges financières et le poids des impôts, seul moyen de les payer, vont devenir insupportables. Et ce ne sont pas les impôts des riches, même accrus,  qui résoudront le problème, trop insignifiants en valeur relative par rapport à la masse. Ce sont toutes les classes moyennes et même les classes populaires, à travers CSG, CRDS, taxes locales et taxes indirectes, qui vont devoir trinquer.

 

LE BILAN DU GOUVERNEMENT SARKOZY ET CE QUE DEVRAIT RESERVER L’AVENIR

  • Y a-t-il eu des réformes astucieuses dans la France de sarko ? Personnellement nous en voyons au moins une, celle d’H. Novelli  avec sa création du statut d’auto entrepreneur. Le gouvernement Sarko a aussi entrepris un vrai travail de dégraissage de nos services publics hypertrophiés, malheureusement dans un seul secteur, en s’attaquant à la réorganisation des Armées. Songeons que pour s’occuper des ilots désertiques, et partiellement submergés à marée haute, des Eparses …il ne fallait pas moins de près de 200 personnes, militaires et fonctionnaires confondus, pour s’occuper de quelques oiseaux marins et de tortues vertes. (Pour des rochers équivalents perdus en mer, le monde anglo-saxon ou la Namibie mobilisent une vingtaine de personnes semble t il).
  • Mais au-delà, il vaut mieux considérer que rien n’a été entrepris pour commencer à dégraisser nos énormes services publics (30% d’enseignants ou de policiers en plus que nos voisins à résultat équivalent et idem pour la sécu, la justice ou les collectivités territoriales), dont le financement pèse majoritairement sur les entreprises et les travailleurs du secteur privé, entraînant le chômage que l’on connaît et l’accélération incontrôlée de la dette.
  • Même si l’économie repartait assez vite, comme le pronostique le gouvernement, les déficits structurels ne seront pas résorbés, l’énorme dette non plus, et le financement de celle-ci va représenter une charge insurmontable. La note de la France sera probablement dégradée mais nous pourrons continuer à emprunter compte tenu de la valeur du patrimoine France (cf : ci-dessus)…ce qui dispensera nos politiques de faire quelque chose pour y remédier.
  • Si un vrai rendez vous devait être pris, celui-ci se situerait probablement vers 2016 quand l’économie monde se sera rétablie, que l’Asie triomphera dans l’industrie et que l’Amérique ne sera pas encore totalement détrônée de son rang de 1ere économie du monde.  A ce moment, l’Europe « sérieuse » commencera à demander à « l’Europe du club med », nous en tête, de faire un effort sauf à faire disparaître la zone euro et, nécessité faisant loi, nous serons probablement amener à nous attaquer enfin aux vrais problèmes.
  • Faut il les rappeler ? mettre de la concurrence dans les services publics en cassant progressivement leurs monopoles notamment celui de la sécu. Mettre vraiment les pouvoirs locaux en face de leurs responsabilités par une plus grande autonomie, rendre une plus grande liberté et une souplesse d’action à l’entreprise individuelle notamment en réformant le droit du travail, introduire la sélection à l’entrée des universités, supprimer l’ISF et revoir la CMU, etc, etc, etc….et pour en finir avec le scoop du jour, demander à Sarkozy de renvoyer son fils à l’université pour y passer ses examens plutôt que cet invraisemblable népotisme qui va consister à en faire le président de l’EPAD de la Défense.
  • A ce propos, la succession du cas Frederic Mitterand, puis de l’épopée du fils Sarko, va certainement laisser de lourdes traces dans les sondages et la popularité déclinante du chef de l’Etat. Deux ans c’est long et d’ici les présidentielles, évidemment, tout le monde aura oublié. Sauf qu’aux régionales, dans cinq mois, il serait surprenant que la gauche n’en sorte pas confortée et plus que jamais prête à en découdre.
  • Objectivement, ce chef de l’Etat est médiocre et gaffeur. Mais les politiciens qui gouvernent les démocraties peuvent ils faire  émerger dans leur rangs quelque chose de meilleur ? On peut en douter. En tout cas s’il nous fallait piocher dans le personnel politique français nous serions parfaitement provocateurs en choisissant Alain Juppé à droite pour son sérieux, son honnêteté et son intelligence ; Dany le rouge ou Manuel Valls à gauche pour leur courage, leur parler clair et net et leur personnalités qui ne se dissimulent pas trop dans l’hypocrisie et la langue de bois habituelles. Ces trois là nous paraissent intelligents, certes, mais aussi, hommes de conviction, faisant une lecture éclairée du monde actuel et, surtout,  courageux, et c’est justement ce type de dirigeants dont la France aurait besoin.

26 septembre, 2009

chroniques de septembre

Classé dans : International — elis @ 17:13

 

Ce mois de septembre n’a pas apporté de nouvelles importantes pour l’évolution de notre microcosme hexagonal non plus que sur le vaste monde. Fidèle à notre journal mensuel nous retiendrons néanmoins  un certain nombre de rubriques  et surtout la naissance du G20.

 

 

  • - Brice Hortefeux piégé, à notre avis, par une manipulation du monde, notre grand quotidien du soir, lequel sous couvert de son professionnalisme et de la protection de ses sources, un journaliste de public sénat rendant compte de l’université d’été de l’UMP, démontre sur son site internet qu’Hortefeux a dit«quand il y en a un ça va , c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a un problème» Le Monde dit que le Ministre -ö scandale -parle évidemment des immigrés. Le Ministre dit, lui, qu’il parlait des auvergnats?? Ce qui est sûr c’est qu’il plaisantait dans une ambiance détendue. Pas de quoi en tout cas en «faire un fromage» sauf dans un monde surveillé par la police de la pensée, en l’occurrence Le Monde relayé immédiatement par «toutes les forces «progressistes» de gauche et d’extrême gauche.
  • - Grippe A: Un mort en France sans antécédent en apparence. On examine de plus près. Faut il vacciner en masse? Aux Usa en 1976, après une vaccination de 40 millions de gens, on a interrompu à cause des effets secondaires, troubles graves pour 400 personnes. C’est toute la question: les effets secondaires graves pourraient causer plus de dégâts, que les morts évitées par le vaccin; Les labos viennent d’être exonérés de toutes responsabilité aux USA, sans doute parce que l’on a pas eu le temps de juger s’il y aurait des effets secondaires dangereux ou non. Et qui doit on vacciner et faut il ou non fermer les écoles? Autant de questions sur lesquelles personne ne peut apporter de réponses sûres. Chaque gouvernement joue donc un peu à l’aveugle selon sa sensibilité et la culture nationale dominante. En France, comme il se doit on fait très fort dans l’application du principe de précaution.
  • - Réchauffement climatique: qui va payer les restrictions d’émission de CO2? On attend un geste des USA mais sûrement rien avant Coppenhague. Ridicule de la taxe carbone en France, une nouvelle usine à gaz, une de plus.
  • - Toujours en France un procès Clearstream qui n’apportera rien de plus que ce que l’on sait déjà. Il y a eu manipulations. Sarkozy et beaucoup d’autres sans doute ont été dénoncé à tord.Le stagiaire, yves robert et Lahoud sont responsables, chacun pour,leur part. Qui ensuite? Gergorin, Villepin?on ne le saura jamais et ce n’est sûrement pas la justice qui le démontrera. Resteront des effets de manche coûteux pour le contribuable et des clubs de fans qui répèteront à l’envie, le grand gagnant c’est Villepin ,pour les uns, et Sarko, pour les autres.
  • - L’Iran continue paisiblement son nucléaire et Moscou freine des 4 pieds pour satisfaire O’Bama qui vient pourtant de leur lâcher l’abandon du bouclier antimissile en Europe de l’est.
  • - Obama lui , est harcelé sur sa réforme de la sécu. Une vraie guerre civile aux Etats-Unis. Ne pas s’y tromper , c’est l’organisation socialiste de la santé- adhésion obligatoire pour tous et monopole d’un organisme d’Etat pour gérer le système- contre organisation libérale- où joue la concurrence des assureurs et la liberté individuelle de s’assurer ou non- qui est en jeu aux Etats-Unis; seul pays au monde, il faut bien le reconnaître, ou les débats de société peuvent être aussi vifs et aussi approfondis. Qui s’est jamais posé la question chez nos hommes politiques et nos chers medias français de savoir si notre système obligatoire d’adhésions et notre monopole public de la sécu n’était peut être pas la panacée?
  • - G20 de Pittsburg: C’est la plus grande nouvelle et la plus essentielle du mois. Pour la première fois dans l’histoire de la planète, une partie importante de l’ex tiers monde, parce qu’elle s’est rapidement développée – et, ô horreur, qu’elle s’est coulée pour se faire dans le moule du capitalisme- accède à la gouvernance du monde et y tiendra désormais une place permanente. C’est une nouvelle extraordinaire en soi. Après les ravages meurtriers, les idéologies mortifères et les nationalismes exacerbés du XXémé siecle, la planète se dote, au XXI° siècle, d’une instance de discussion et de régulation mondiale pour l’économie. C’est formidable et c’est même merveilleux quand on regarde d’où nous venons depuis la chûte du mur.
  • - Que fera le G20 , et quels seront ses pouvoirs de conviction sur les souveraintés des Etats? C’est une autre question! mais ne boudons pas notre plaisir et saluons son existence, source d’espoir pour le monde de demain et le futur de la planète même si les antécédents de la SDN, et aujourd’hui de l’ONU, démontrent qu’il y a loin de la coupe aux lèvres et que les meilleures intentions du monde finissent souvent par des fiascos avérés.

 

  • - Sur le concret des résultats du G20, il faut attendre pour en savoir plus. Réformera t on ou non les pratiques bancaires- accroissement des réserves en capitaux propres, normes comptables et «fair value» en cas de crise, plus grande transparence sur les produits dérivés, encadrement des hedge funds et des techniques spéculatives les plus dangereuses? le grand sujet médiatisé des bonus nous apparaît, en ce qui nous concerne, totalement secondaire. Ce n’est pas en plafonnant les bonus de quelques individus, au demeurant talentueux, qu’on changera l’avenir du monde. Ce débat là sent son populisme à plein nez et ne grandit pas les hommes politiques qui en font leur fond de commerce.

9 août, 2009

Droite timide et Gauche perdue

Classé dans : politique France — elis @ 8:33

 

Ce pourrait être comme une jolie comptine, toujours répétée, et rythmée par une jolie mélodie.

 

DROITE TIMIDE

 

La droite timide n’ose pas parler. Les syndicats sont sacrés . On les écoute. On les reçoit…toujours. On les respecte….éperdument. Or les syndicats ne font pas que remplir leur rôlenormal et naturel de défense des salariés. En France ils s’inscrivent dans une conception socialisante de l’économie. La droite leur confie un rôle médiatique et social prépondérant. Ils jouent un rôle considérable dans la cécité française sur le monde contemporain. Et même dans le discours de la « droite ». L’économie de marché ? On ne connait pas trop. Le capitalisme encore moins. Quand il n’est pas anglo saxon, il est libéral donc pas vraiment en odeur de sainteté. Ce qu’on aime à Droite, ce sont les pôles industriels, les grandes machines d’Etat, fortes et puissantes qui sauveront la France des désastres de la mondialisation. Gaullistes on était et gaulliste on demeure, même si on ne le dit plus trop aujourd’hui. Bien sûr on respecte et on soutient les grands champions nationaux du CAC 40. Mais à des degrés divers. Total n’est pas trop en odeur de sainteté. La grande distribution non plus. Le luxe est mieux vu, medias et journaux people obligent. Mais nos champions qu’on aime bien c’est EDF avec son nucléaire, Thales avec ses industries de défense, Air bus capable d’en remontrer aux américains . Toutes nos grandes machines d’Etat…qui marchent bien d’ailleurs, il faut le reconnaître, tout comme marchent très bien, en ex URSS, les Gazprom et autres grands trusts d’Etat ou la collusion avec le politique est extrême, tout comme en France avec l’ENA dirigeante. Un peu le même type de direction economico politique en somme. Heureusement la France n’est pas une dictature alors qu’il est difficile d’en dire autant de la sainte Russie poutinienne.

Donc la France de droite s’accommode fort bien de son économie mixte dominante et ne campe pas trop sur les rives de la défense de l’économie libérale ou « économie de marché » selon le terme plus officiel et plus neutre d’aujourd’hui, concocté, notamment, par l’Europe de Bruxelles.

Il faudrait pourtant rappeler que la supériorité de l’économie libérale sur l’économie d’Etat n’est plus à démontrer. Quand les hommes jouent avec leur argent personnel, ils sont plus efficaces que lorsque ils rendent compte à leurs supérieurs hiérarchiques dont dépendent leurs promotions futures et le bon déroulement de leurs carrières. Dans ce cas là, la hierarchie et le politiquement correct ont toujours raison, même quand il s’agit de s’en tenir aux vérités les plus douteuses. Et ce n’est jamais bon pour l’économie.

Mais l’autre très grande vérité, la supériorité incontestable des mondes libres sur tous les pays socialo communiste en terme de réussite n’est jamais évoquée. Et pourtant Japon, Corée du sud, Singapour, Hong kong, Taïwan et maintenant Mexique, Brésil, Inde,Turquie ou Israël sont bien là pour nous démontrer , de façon évidente, que ce qui marche et ce qui crée la richesse, ce sont les économies libres ou les capitalistes peuvent créer leurs business et les développer parfois à une vitesse vertigineuse. Rien de tel dans les mondes socialistes ou dans les économies un peu trop administrées. On ne parlera pas trop de la Chine d’aujourd’hui dont les méthodes capitalistes agressives se pratiquent sous la direction éclairée du parti. Mais qui affiche encore des taux de pauvreté parmi les plus bas du monde ? La Corée du nord, Cuba, le Zimbabwé, toutes nations engluées dans le socialisme triomphant.

La richesse et le développement c’est le « capitalisme ». La médiocrité, la stagnation et parfois même le recul, c’est le socialisme.

Mais ne comptons pas trop sur les droites françaises pour oser tenir ce langage de vérité sans complexe.

 

 

GAUCHE PERDUE

 

Mais si la droite française est timide et n’a pas de corpus doctrinal de droite un peu étoffé, que dire du malheureux PS et de toute la gauche dont les dilemmes internes paraissent insurmontables.

 

La gauche est perdue car au moins 15% de ses bataillons raisonnent et pensent encore en termes marxistes et voient toujours dans un communisme rénové la meilleure façon de changer le monde et de donner enfin aux plus pauvres ce qu’on prendrait aux riches qui les exploitent, selon eux. Cette approche totalement anachronique, déconnectée de toutes les réalités contemporaines, est pourtant celle qui  séduit encore 15 à 20 % de l’électorat français grâce en particulier aux médias, aux syndicats et à l’extrême timidité doctrinale de la « droite française », voir ci-dessus. Alors que faire quand on est le PS, sinon parler assez largement comme Besancenot ou le défunt PCF et militer pour les luttes sociales,et pourquoi pas le grand soir qui nous amènerait enfin au paradis terrestre.

 Mais bien sûr ce décalage entre les mots, le langage, et la réalité profonde crée un malaise, Il y a ceux qui enfoncent le clou anachronique du socialisme d’antan et ceux qui disent qu’il faut rénover. Mais où est la solution ?

Avec l’extrême gauche ou avec le centre de Bayrou ? Ni d’un côté ni de l’autre on ne peut capter la majorité du corps électoral français. En fait le PS a besoin des deux bords pour accéder au pouvoir donc il ne peut se prononcer car s’il le fait il est perdu. Certes, il parait déjà perdu aujourd’hui mais son ambiguïté lui servira peut être encore en 2012 quand il s’agira de faire tomber Sarkozy.

Un PS pur, doctrinal et honnête aurait déjà du depuis longtemps abandonner le marxisme et s’aligner sur les partis frères socio démocrates européens en acceptant l’économie de marché. Mais il en connaît parfaitement les risques.

L’exemple de la sociale démocratie italienne qui a définitivement rompue avec le marxisme, mais qui n’arrive pas à s’en remettre, lui fiche la trouille, tant il sait que les voix de l’extrême gauche française lui sont indispensables pour l’emporter en simples termes d’arithmétique électorale.

Et l’envie de reprendre le pouvoir, fut ce dans la plus parfaite hypocrisie du langage et de la démagogie à tout va, est trop forte pour qu’on ait vraiment le courage de parler vrai.

Par ailleurs, le parti recherche leader désespérément ce qui n’arrange pas les choses car au petit jeu des ambitions personnelles triomphe surtout la cacophonie.

Enfin, dernier pépin, les écolos, conduits par Dany le rouge , leur taillent des croupières. Et là, cela se comprend parfaitement car Dany est clair et net et ne campe pas dans l’ambiguïté. Il est pour l’Europe sociale démocrate. Il accepte l’économie de marché et bien sûr il est vert, un vrai vert à l’Allemande, combatif , anti-nucléaire, et pour un nouveau modèle de développement, plus économe en énergie, plus tourné vers la préservation de la planète et donc nécessairement crédible. Bien plus que les socialistes. Saura t il monter à leur étiage électoral ? Pas sûr aux régionales car les hiérarques du parti vont jouer de toute leur entregent local. Mais à suivre néanmoins car si les verts approchent de 12%, sale temps pour le PS.

Le PS est il condamné à dépérir pour autant et à être de nouveau perdant aux grandes échéances de 2012 ? Pas sûr, car l’idéologie dominante en France, en partie du fait de la timidité de langage de la droite, demeure largement socialisante.

Dans ces conditions il n’y aurait rien d’étonnant à ce que « Droite timide et Gauche perdue », alliés objectifs qui s’ignorent, finissent tout de même par ramener au pouvoir, en 2012, le petit enfant perdu du socialisme français avec un fort parti des verts et un zeste de Melanchon/Buffet à leurs côtés.

 

 

ADRESSE EN FORME DE POST SCRIPTUM

 

Mais pourquoi le capitalisme est il supérieur ? Tout simplement parce qu’il crée de la richesse, dont tout le monde profite, même si c’est, en apparence, au prix d’un accroissement des inégalités. Les plus pauvres sont moins pauvres et s’enrichissent, mais les riches parfois encore plus. Est-ce si tragique ? Pas vraiment car que fait le riche ? Il achète des objets de luxe qui enrichissent en cascades des centaines de gens. Il investit dans ses propriétés. Mêmes conséquences : beaucoup d’emplois créés dans l’immobilier. Enfin et surtout, son argent, à 90%, il le réinvestit dans de nouvelles affaires qui, s’il est bon, génèreront à nouveau, de nouvelles richesses pour tous. Et c’est pour cela que le capitalisme est supérieur au socialisme.

Certes le socialisme est pavé de bonnes intentions mais même s’il fait de grands efforts d’investissement, géré par les hommes de l’Etat, soumis aux objectifs électoraux, ce n’est pas toujours une réussite. Personne n’est responsable. Personne ne joue avec son argent. Les jeux de pouvoirs d’abord, pas vraiment ce qu’il y a de plus efficace.

Et plus souvent, avant d’investir, le socialisme redistribue et favorise la consommation. Il prend aux riches qui, quand ils le peuvent, partent à l’étranger et c’est le cas aujourd’hui, dans une économie monde, dans tous les pays démocratiques. Il parait donc autrement plus intelligent d’attirer les riches plutôt que de les faire fuir, cas de la France avec son impayable ISF.

 Le socialisme adore aussi faire de nouveaux règlements dans sa soif de tout surveiller et de tout corriger. Il complique les choses et passe son temps à entraver les hommes les plus dynamiques en les empêchant de s’enrichir comme ils le souhaiteraient, alors que la volonté et l’aspiration à s’enrichir demeure le premier moteur de l’activité humaine.

Le socialisme favorise l’assistanat. Il n’encourage pas la création individuelle. In fine, il ne crée pas la richesse, il la consomme et parfois, dans ses pires excès, il va même jusqu’à la tarir et à l’épuiser. Et voilà pourquoi le capitalisme est supérieur au socialisme. Et voilà pourquoi il serait temps de le dire.

 

Et que doivent faire les Etats modernes de gauche ou de droite? Mais c’est tout simple !

 

  • Encadrer le capitalisme et éviter ses excès.
  • Surveiller étroitement et sévir durement pour que la concurrence fonctionne. Elle est le principal moteur du progrès avec la liberté d’entreprendre et la protection de la propriété individuelle et des droits civiques.
  • Taxer raisonnablement, c’est à dire pas à 45% de prélèvements obligatoires (cas de la France actuellement) quand les autres sont plutôt à 35%.
  • Avoir de préférence une obligation légale de voter des budgets en équilibre (interdit d’emprunter massivement pour faire payer les générations futures)
  • redistribuer et aider les plus pauvres et les plus démunis tout en réalisant les investissements collectifs nécessaires et porteurs d’avenir.
  • Bien gérer l’Etat et en faire une machine peu coûteuse et efficace…c’est évidemment le plus difficile à réaliser quand tout le monde pense que pour régler les problèmes de l’emploi il suffit d’embaucher des fonctionnaires.

Comme le disait Poincarré : « La France est un merveilleux pays : on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts ».Un siècle après, cette chère maxime demeure plus que jamais d’actualité.

25 juillet, 2009

cassandre 2009

Classé dans : Economie — elis @ 8:09

 

 

Au risque de passer pour de pauvres rabats joie ou de  tristes Cassandres, nous  croyons de moins en moins à une sortie de crise boursière et économique avant longtemps,  tant que le système financier ne sera pas réformé en profondeur et, malheureusement, nous craignons qu’il ne soit pas prêt de l’être, les grands de ce monde ne s’attaquant pas aux vraies causes de la crise, l’Amérique, notamment, rechignant fortement à changer ses détestables habitudes des 30 années passées.

Les causes de la  crise sont maintenant assez clairement identifiées . On pourrait  les rassembler en trois chapitres :

  • Excès de crédit, notamment subprimes, cartes de crédit et emprunts massifs pour rechercher l’effet de levier,
  • Mondialisation et instantanéité des marchés via Internet, qui exagère et amplifie démesurément tout mouvement de panique ou tout excès d’optimisme,
  • Et surtout règles financières autorisant les inventions les plus débridées.

 

Et c’est surtout là que le bât blesse. Au lieu que les vraies valeurs soient appréciées et mesurées à leur valeur réelle, de gigantesques écrans de fumée virtuels s’interposent, les dérivés de crédit, sur les quels ont été plaqués des valeurs sorties de chapeaux de mathématiciens probabilistes et qui elles peuvent valoir 10 ou 100 fois plus que les valeurs réelles des biens éclatés sur lesquelles elles reposent, mais que plus personne ne peut mesurer, tant les « découpages » titrisés ont été nombreux et démultipliés.

 

Et contre ces règles absurdes  de la titrisation rien ne vient…ou si peu ! Trop compliqué pour les politiques et tellement appréciées encore par les banquiers.

 

D’autres pratiques financières initiées par Wall Street mériteraient aussi des révisions spectaculaires. Les ventes à découvert sans apporter le moindre apport, par exemple, ou encore les doutes persistants sur le travail des agences de notation. Ou encore pourquoi autoriser les banques à détenir des valeurs hors bilan ? C’est absurde, tout devrait être clair et transparent, ou du moins présenté comme tel, comme dans les bilans de toutes les autres entreprises. Quant aux valorisations  au prix du marché,  « market to market » , elles aussi posent problème dès lors que la spéculation règne en maître et que les valeurs attribuées par les bourses n’ont rien à voir avec les valeurs réelles. Mais comment adoucir ou remplacer le « market to market » par des valeurs universelles et qui, elles aussi, ne soient pas trop complaisantes ou trop sévères ou parfaitement arbitraires ? Question et toujours questions ? Mais les meilleurs experts comptables mondiaux et les pouvoirs publics ne pourraient ils au moins tenter d’y répondre ? Bien sûr que si ! et notamment dans le cadre du G20 car il est clair qu’il ne faudra pas compter sur Wall Street ni sur les américains pour le faire.

Que dire aussi des Goldmann Sachs et consorts sauvés par des fonds publics , qui se « remplument » très vite par leurs activités de marchés – entendre traders et spéculations effrénées mais habiles, et surtout pas soutien à l’économie réelle –  et qui pour conclure prévoient de verser 11 milliards de bonus à leurs petits génies qui s’engouffrent dans toutes les failles du système  tout comme avant la crise. C’est la démonstration évidente que les responsables politiques devraient bouger plus qu’ils ne le font. Mais si personne ne le fait et si les réformes nécessaires semblent écartées,  c’est sans doute que chez les décideurs beaucoup pensent encore qu’ils vaut mieux s’en remettre à l’Amérique qui a toujours su  s’imposer en matière financière.

 

Et que penser, enfin,des taux de change qui n’obéissent plus à aucune logique, même s’ils demeurent encore, in fine, commandés par les balances des mouvements de capitaux, en ce moment le « fly to quality » vers les bons du trésor US. Mais que valent ces mouvements quand on ne tient plus compte des balances commerciales et encore moins des politiques monétaires aventureuses de tous les gouvernements du monde. Les seuls critères de la vraie valeur des monnaies devraient être : balances commerciales et comptes publics équilibrés, endettements maîtrisés, et pouvoirs d’achat internes comparatifs. Les valeurs télécommandées et purement politiques, ou dérivant des mouvements spéculatifs mondiaux, des grandes monnaies du monde, dollar , yen ou yuan et même euro, ne sont certainement pas satisfaisantes pour assurer le futur développement économique de la planète. La recherche éperdue de l’expansion par l’export en dévalorisant les monnaies (modèle asiatique) non plus qu’un dollar manifestement surévalué, à l’aune de l’endettement des Etats-Unis, des déficits de leurs échanges commerciaux et de leur « créativité monétaire non conventionnelle », ne sont pas des éléments valables pour déterminer des taux de change stables , sérieux et pouvant constituer un socle solide pour l’expansion économique mondiale. Les chinois, les Bric et plus timidement,l’Europe, ont raison de le dire. Ils devraient faire front commun pour en remontrer aux américains, lesquels, malgré leur dynamisme passé et leur encore prédominance actuelle, se sont vraiment trop déconsidérés sous l’influence néfaste de Greenspan , de Bernanke et de leurs banquiers .

 Exit le dollar comme seul étalon monétaire et vive la future monnaie de référence mondiale à inventer.

25 juin, 2009

la france etla crise, suite.

Classé dans : politique France — elis @ 21:16

 

I ) Une politique gouvernementale pas facile à décrypter

 

Avouons notre incapacité à comprendre ce qu’a bien pu faire ce gouvernement « de droite » dans les domaines « malades » du modèle français : système de santé (de plus en plus déficitaire), Education Nationale, Recherche et Enseignement supérieur(beaucoup d’argent mais des résultats médiocres et un « chaos » généralisé cette année dans le supérieur ), un équilibre des finances publiques (tragiquement compromis par la crise, voir ci dessous), RGPP( un peu remisée aux oubliettes semble t il (mais est ce bien sûr ? le discours existe encore), la modification de règles de représentation syndicale.(On a bien fait quelque chose mais cela reste assez obscur). Enfin quid de la politique de l’immigration choisie ? Elle semble avoir commencé à être mise en œuvre.

Au total, le gouvernement revendique 60 chantiers de réformes. C’est sans doute vrai mais des réformes pour quoi faire et avec quels résultats ? Mystère pour le commun des mortels. Il y a pourtant, pour nous pauvres quidams, quelques aperçus

On sait au moins ce qui n’a pas été fait et qui aurait du l’être :

  • la réforme du droit des licenciements,
  • la suppression de l’ISF,
  • la fin des 35 heures.

On distingue aussi une erreur grossière : le droit au logement de Christine Boutin

Mais il y a aussi ce  qui a été fait est et que nous nous devons de saluer :

  • le RSA, s’il relance effectivement le retour au travail et permet de donner plus à ceux qui travaillent qu’à ceux qui ne travaillent pas
  • l’aide accrue aux chômeurs touchés par la crise et faisant l’objet d’un licenciement économique
  • la réforme des institutions et les nouveaux pouvoirs donnés au Parlement. Excellent!
  • Excellentégalement, le statut de l’auto entrepreneur, même s’il doit encore subir quelques retouches
  • Idem pour la remise en cause de la loi Royer qui semble devoir être remplacée par de nouvelles règles d’implantation des grandes surfaces, mais qu’en sera-t-il exactement?

Au total donc un bilan mitigé pour ce que nous croyons en avoir compris et une timidité bien politicienne sur l’impérative nécessité de rendre nos grands services publics plus efficaces, moins onéreux et plus performants.

Heureusement , il reste la politique de défense et la politique extérieures, qui n’intéressent pas les français et que le gouvernement a pu réorienter sans craindre les manifestations de rues :

  • le plan des armées pour modifier et réduire les côuts semble bien s’appliquer avec une programmation raisonnable sur 8 ans.
  • La remise sur les rails du traité de Lisbonne en France après le désastreux «non» du «peuple»français est une excellente chose (Bravo Sarko sur ce point)
  • Une politique étrangère plus proche des grandes démocraties occidentales et de l’Amérique que ne l’était celle de Chirac ou de Villepin. Il est vrai qu’avec l’arrivée de la gauche américaine au pouvoir, cela ne demandait pas grand effort à une «droite française» très sociale démocrate. Bien sûr, il reste la pomme de discorde de la Turquie puisque ici la politique politicienne- sondages obligent- a repris ses droits.

 

II) et un modèle social français « qui triomphe » !

 

Le plus drôle dans la situation actuelle, c’est que la France qui faisait figure de mauvais élève tant en Europe que dans le monde, pour un peu passerait presque pour un parangon de vertu.

Car que voit on autour de nous ? Des déficits budgétaires et des dettes qui explosent, tout spécialement aux USA et en GB, et des taux de chômage qui sont en train d’enfoncer les tristes records français. Regardons bien le tableau ci-dessous, il est édifiant.

 

  Deficit budget vs PIB Endettement vs PIB Chômage vs actifs
USA  12% 60% 12%
GB  12% 75% 11%
FR   8% ou 10% 80% 10%

 

La France n’est plus la championne des déficits et des records de chômage et d’endettement. L’Amérique démocrate et l’Angleterre travailliste font mieux.

Et l’on s’accorde maintenant sur tous les bancs de l’Assemblée à saluer les mérites des amortisseurs sociaux français et donc de la supériorité de notre modèle social. On n’entend plus l’Europe qui, il y a peu, voulait nous sanctionner pour déficit budgétaire excessif dépassant les 3%. Avec nos 8% ou 9% maintenant il n’y a vraiment plus rien à dire. C’est normal puisque c’est la crise et il y aura donc des déficits de crise isolés et sui généris non comptabilisés avec les déficits stucturels permanents. D’aucuns, parmi les économistes les plus éminents, s’en vont même clamant qu’on n’en fait pas assez. Le merveilleux président Obama n’est il pas là pour nous montrer la marche à suivre ? Il faudrait donc à les entendre augmenter encore massivement les déficits publics, nos enfants paieront, et, d’ici là, l’Euro ( comprendre l’Allemagne) nous protègera de toute dévaluation et de l’habituelle inflation qui l’accompagne, l’inflation étant largement considérée comme n’étant pas à l’ordre du jour.

Reconnaissons tout de même à nos dirigeants actuels qu’ils ont plutôt fait le bon choix en privilégiant la relance par l’investissement plutôt que par la consommation et, qu’en refusant d’alourdir les impôts, ils donnent une meilleure chance à l’économie de se redresser.

Il y a eu aussi un assez bon discours de Sarko à Versailles et une annonce plutôt claire des réformes qu’il voudrait réaliser sur la deuxième partie de son quinquennat/

  • Un grand emprunt pour investir dans des secteurs que toute la nation, après consultation , jugerait prioritaires
  • Un developpement plus vert et plus écolo
  • La réforme de l’organisation territoriale, celle de la taxe professionnelle et celle de la formation professionnelle et peut être celle des retraites , enfin, dès 2010 plutôt qu’en 2012.

Au total donc quelques projets assez sérieux et de bonnes réformes si elles sont vraiment menées à terme

Et un remaniement ministériel plutôt bon qui va avec :Hortefeux, Woerth, Borloo, Lellouch, F.Mitterand  »the right men in the right places ». Justice, Education Nationale, agriculture: des mouvements bienvenus si l’on veut calmer le jeu et renvoyer à plus tard des mesures plus sérieuses, ce que se prépare sans doute à faire le gouvernement, et qui serait alors une vraie clarification dans l’affichage des priorités qui a tant fait défaut jusqu’alors.

 

 

III) et des gouvernements qui font de la politique

 

 En quelques mois, les gouvernements se sont beaucoup agités, ils ont énormément dépensé et on attend maintenant les retombées. Combien d’effets positifs faut il en attendre et pour quand ? Personne ne se risque au moindre pronostic.

Notre avis à nous, incurables libéraux, est que les gouvernements en ont bien trop fait, sauf pour les aides aux  salariés licenciés par la crise et pour la garantie des dépôts bancaires. Et ils en ont bien trop fait pour une double raison. Il fallait d’abord laisser sombrer les banquiers fautifs. Il fallait aussi laisser se purger naturellement les excès du crédit et de l’endettement. L’effet de levier avait beaucoup trop rapporté à beaucoup trop de monde. Il était normal que les plus inconscients soient sanctionnés par un juste retour des choses.

Ensuite rien ne prouve que les gigantesques déficits qui s’accumulent ne soient pas en train de créer une nouvelle bulle des titres publics et n’annoncent, par ces nouveaux déséquilibres, de nouveaux grands désordres économiques à venir.

Enfin fallait il autant réagir alors que cette crise au démarrage était purement boursière et qu’il n’est pas très sur aujourd’hui, en dépit de toutes les statistiques des instituts de conjoncture, qu’elle ait vraiment détériorer profondément l’économie réelle (Moins 3% à moins 5% du PIB n’est tout de même pas un désastre absolu)

Or la bourse n’a rien à voir avec l’économie réelle. C’est un gigantesque casino ou l’essentiel consiste à gagner le plus d’argent possible quel que soit le sens du marché. Les professionnels gagnent presque autant d’argent dans les marchés baissiers que dans les marchés haussiers. L’essentiel est de bien suivre le mouvement et rien ne vaut alors les montagnes russes des cours. Dans un marché plat, les professionnels végètent. Dans un marché en mouvement ils peuvent gagner beaucoup.

 

Et puis il y a eu le G20 dont on pouvait tout de même attendre quelques mesures indispensables notamment pour un meilleur encadrement des marchés financiers.

  • Obama voulait une vaste relance mondiale, aussi «folle» que celle que son parti bénissait aux Etats Unis. Heureusement l’Europe n’a pas suivi.
  • L’ Europe et les BRIC voulaient une meilleure régulation. Obama ne les a pas suivi . les quelques mesures qui viennent d’être décidées aux Etats-Unis sont d’une insignifiance remarquable

Globalement, à ce jour, un bilan G20 qui semble devoir être bien pauvre.

 

L’avenir, aussi bien en France que partout dans le monde, reste donc imprévisible. Pour nous,  libéraux, les débauches de dépenses à crédit lancées par les gouvernements sont dangereuses. L’appétit du tiers monde pour un développement « à l’occidentale », s’appuyant sur les codes , les méthodes de gestion et les règles financières du capitalisme, saura t il faire un contre poids efficace pour donner un nouvel élan à l’économie mondiale ? C’est toute la question.

 

 

 

8 mai, 2009

Europe:appeler un chat un chat.

Classé dans : International — pyrrhon @ 20:35

 

EUROPE : APPELER UN CHAT UN CHAT

 

 

Si à l’heure de la mondialisation, la,plupart des dirigeants européens estiment que le vieux continent doit former maintenant un bloc plus fort et plus compact, les idées diffèrent profondément tant sur les plans politiques,économiques que diplomatiques sur les voies à privilégier pour l’avenir.

 

Politique d’abord : la France considère que le politique doit reprendre la main, entendez reprise en main par les grandes nations et si possible par la France. La Commission , « ces fonctionnaires », est un peu méprisée. Il en va de même pour le parlement dont on se plait à souligner les insuffisances. En ce sens Lisbonne sera un progrès. Un exécutif plus stable. Une représentation extérieure renforcée et surtout des prises de décision avec des majorités qualifiées et l’abandon de la règle de l’unanimité devenue totalement impraticable à 27.

Mais si Lisbonne est unanimement souhaité, au-delà, chacun s’interroge sérieusement sur les étapes ultérieures car les visions de l’avenir divergent profondément. L’Angleterre n’envisage pas du tout de rentrer dans un ensemble plus intégré, France et RFA non plus si ce n’est à leur profit, et les pays de l’Est encore moins pour lesquels l’Amérique reste la référence instinctive.

En résumé, l’Europe fédérale n’est pas pour demain et l’Europe des Etats est encore là pour longtemps. Lisbonne, si l’on y parvient, sera un statut pour le long terme.

 

Quid maintenant de l’économie ?

 

Les clivages ici sont au moins aussi profonds. Entre la vision française des alliances entre « grands » pour mener des politiques industrielles très étatiques et très dirigistes et les partisans du grand marché au fonctionnement parfaitement libéral, le clivage est sans ambiguïté. La France sur ce thème est d’ailleurs largement isolée. Il y aurait peut être eu des groupes socialistes européens pour la suivre mais au niveau des gouvernement européens actuels on ne voit pas très bien qui pourrait la suivre sur ce terrain. Quand à l’idée qu’il faudrait harmoniser les politiques fiscales, renforcer les impôts et faire encore plus pour le social, n’en parlons même pas. En dehors des périodes électorales, aucun des gouvernements européens actuels n’est prêt à nous suivre sur ce terrain.

 

En matière de politique de défense et de diplomatie,  mêmes clivages mais encore plus grand sans doute.

 RFA , GB et France , statut d’ex grandes puissances oblige, sont les seuls à avoir des budgets militaires conséquents, les autres ne veulent pas en entendre parler , arguant , non sans raison, que la priorité affichée par l’Europe au bénéfice du social exclut que l’on puisse faire en même temps un effort militaire important. Et de toutes façons scandinaves, pays de l’Est et même pays du sud considèrent que l’Amérique est toujours là pour nous protéger, que le parapluie nucléaire existe et que rien ne sert de le dédoubler cela ne pouvant servir que les seuls intérêts des complexes militaro industriel actuels et pas vraiment les développements prioritaires dans la science , la recherche ou la formation.

 

La politique extérieure de l’Union souffre des mêmes désaccords profonds et insurmontables. A l’Est la Russie fait toujours peur et tout ce qui consiste à lui faire des « risettes » apparaît comme autant d’erreurs graves et l’on attend  l’arrivée du bouclier antimissile « iraniens »dans les meilleurs délais possibles. La France, isolée là aussi, n’est pas du tout sur le même registre. Au quai d’Orsay on  a toujours respecté la Russie et l’on entend surtout la ménager et  ne pas lui donner prétexte à déclancher son hostilité. Outre qu’elle est notre premier fournisseur de gaz, on aime bien que ce soit de nouveau une grande puissance et dans beaucoup de milieux français on s’interroge encore pour savoir si autant que l’Amérique , elle ne serait pas à même, avec ses matières premières, de constituer un allié de choix pour le bloc européen. C’est dire aussi si l’entrée de la Turquie , premier allié des américains dans le monde musulman, est mal vue à Paris. Pour des raisons évidentes bien sûr. Avec Lisbonne, l’arrivée de 100 millions de turcs en Europe diluerait immédiatement les pouvoirs de la haute administration française et ferait entrer un redoutable cheval de Troyes de l’Amérique dans les institutions européennes. Mais là non plus,  très peu de nos partenaires nous suivent dans notre hostilité viscérale à la Turquie. Un pays jeune s’alliant à une Europe vieillissante lui apporterait incontestablement le dynamisme que sa natalité déclinante ne lui apportera plus, sans parler des débouchés économiques élargis, de la porte vers le Moyen Orient et de l’alliance pacifique des civilisations.

 

Sur ce chapitre de la diplomatie, l’évènement du mois nous aura été fourni par le « partenariat oriental ». Et là encore quel fossé entre la France et beaucoup d’autres .Rappelons que les représentants de 33 pays se sont réunis le 6 mai pour signer un accord destiné à resserrer les liens politiques et économiques de l’UE, 27 pays, avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine, l’Union européenne cherchant ainsi à développer des partenariats avec cette zone dans les domaines du commerce, de la sécurité et de la mobilité des personnes. Evidemment la Russie voit cela d’un très mauvais œil, tout autant que les manœuvres -assez timides- de l’OTAN en Georgie. La France aussi sans doute, mais pas du tout l’Allemagne -Angela Merkel était présente- et encore moins les anciens pays de l’Est qui ne mésestiment pas du tout les menaces d’intervention russes dans toute cette zone tampon pour eux.

On est bien loin ici du partenariat Europe /Mediterrannée voulu par la France et au demeurant contré par Angela Merkel.

 

1 avril, 2009

perpléxités,la France, la crise,le G20.

Classé dans : International — pyrrhon @ 22:19

 

Perplexités, France, crise et G20.

 

20 février 2009

 

Dans les deux domaines essentiels que nous délivre l’actualité- la crise mondiale et la politique de Nicolas Sarkozy- il faut bien reconnaître nos incertitudes et notre perplexité.

La crise tout d’abord : choc historique, déroute profonde de la mondialisation, crise comparable à 1929 ou simple correction inévitable et nécessaire après les excès de crédit des années Greenspan ?

La politique de Sarko : du bon et du mauvais, pas l’idéal bien sûr. Une communication faiblarde pour expliquer aux français quels sont les vrais enjeux de notre vieux pays. Des mesures disparates, brouillonnes et sans intérêt  commandées par le calendrier médiatique, et sans doute une erreur de ne pas revenir sur le bouclier fiscal, mais aussi quelques bonnes choses, modestes (statut de l’auto entrepreneur, réforme constitutionnelle) et une tentative de commencer à parler vrai sur les déficits et la nécessité de réformer, sans aller bien loin malheureusement.

Comme nous l’avons toujours dit les deux problèmes essentiels de la France demeurent des services publics étouffants, surdimensionnés, d’une insuffisante efficacité et un droit social obsolète et inadapté à la compétition mondiale. Seuls des mouvements dans ces deux domaines permettraient de commencer à faire reculer le chômage de masse mais aussi à contenir les déficits.

Le gouvernement jusqu’ici à garder le cap sur la suppression d’un emploi de fonctionnaire sur deux. C’est assez symbolique et cela ne saurait suffire mais c’est un petit pas dans la bonne direction. Mais il faudrait aussi expliquer qu’en commençant à baisser le poids des services publics, on peut aussi diminuer la charge des prélèvements obligatoires et donc redonner du tonus et des marges de manœuvre aux entreprises françaises, seule solution, avec une meilleure flexibilité du droit social, pour réduire le chômage structurel.

Quant aux autres réformes qui seraient nécessaires dans l’Education, la recherche, la santé, les retraites, l’organisation territoriale ou la fiscalité, la mentalité socialiste dominante de la majorité des français et le contexte de crise ne permettent, malheureusement pas, de faire grand-chose sans déclancher des blocages persistants ; mais un gouvernement sachant ou il va devrait  tout de même introduire discrètement des mécanismes de concurrence dans tous ces domaines, en cassant les monopoles existants et en laissant jouer les initiatives privées. Exemples : autoriser la création de facs privées financées par les grandes entreprises du CAC 40 en exonération d’impôts, autoriser les assurances à créer leur propres caisses de sécurité sociale et réseaux de soins etc….

 

Mais venons en à la crise mondiale.

 

Plusieurs faits ressortent clairement. D’abord l’écrasante responsabilité des Etats-Unis dans ce gâchis. Ce sont eux qui ont créé les subprimes, eux qui ont consommé exagérément, eux qui ont multiplié les instruments financiers douteux et opaques, eux qui ont des déficits gigantesques et eux qui pour finir font remonter le dollar en massacrant toutes les bourses de la planète et en se précipitant sur leurs bons du trésor à court terme. Et ce qu’ils nous préparent pour demain n’est guère plus brillant : la planche à billet pour racheter la dette du Trésor et des milliards investis dans des plans de relance dont la seule et plus probable origine sera de nouveau la planche à billets. Ce n’est pas sérieux et il n’y a que des économistes keynésiens pour penser que c’est le meilleur moyen de résoudre le problème. Personnellement nous ne le pensons pas. Un enfant de 10 ans le comprendrait. S’il veut des billes il faut qu’il les achète. S’il n’a pas d’argent il faut qu’il travaille pour en acheter ou bien qu’on lui en prête ou qu’on lui en donne mais s’il décide de fabriquer des billes en carton ou de payer avec des billets dessinés, il triche. C’est ce que fait la FED en ce moment et cela ne pourra que mal finir.

On comprend dès lors la réaction du banquier central chinois qui demande que l’on réfléchisse à la création d’une nouvelle monnaie de réserve mondiale.

Mais côté Obama, tout n’est pas sombre. Quand les démocrates préparent des règles beaucoup plus strictes pour réglementer les pratiques bancaires, ils ont raison. S’ils suppriment les Swaps, les CDS et les ventes à découvert sans aucune mise initiale, ils auront raison. S’ils définissent des règles pour décourager les paradis fiscaux, ils auront encore raison. Les riches doivent payer des impôts proportionnels à leur capacité contributive. Mais ce qui reste inquiétant, on le trouve une fois de plus du côté de la FED qui campe sur son idée qu’il faut inonder le monde de liquidités pour que tous les problèmes s’effacent. C’est une erreur. Des tombereaux de liquidités, c’est l’inflation assurée à terme plus ou moins lointain, donc l’appauvrissement des plus pauvres. Les masses monétaires doivent inciter à la consommation en précédant de peu les capacités productives. Elles ne doivent pas les submerger.

En résumé les plans de relance des gouvernements et spécialement ceux de l’Amérique, arrêteront ils la crise ? où ne feront ils que la ralentir, à moins qu’ils ne l’aggravent  avec les océans de dettes qu’ils génèrent, autant de questions auxquelles quiconque est bien incapable de répondre aujourd’hui. Il y a eu des excès, il y a des milliards d’ardoises impayées. D’une manière ou d’une autre il faudra que quelqu’un en supporte les conséquences. Sans les interventions des gouvernements- sauf celles indispensables pour maintenir les systèmes bancaires en fonctionnement- il est probable que les fautifs auraient du payer directement les pots cassés. Avec les interventions des gouvernements ce sera beaucoup moins net et les ardoises devront être sans doute payées par tout le monde, notamment les contribuables, ou les consommateurs avec l’inflation.

Reste l’indispensable remise en ordre dans le domaine des changes et la mise en place d’un nouveau Bretton Woods, contraignant pour tous, comme le fut jadis l’étalon or, si l’on veut que la mondialisation , le commerce et le nouvel ordre mondial se développe à l’avenir sur des bases saines et équilibrées. De ces nouvelles bases les équipes d’Obama ne veulent pas entendre parler. Il faudra bien pourtant y venir car le dollar, ne peut avoir la prétention, après les excès commis, de rester le Deus ex machina de l’économie mondiale. Aux chinois, aux russes, aux grands émergents et aux européens, d’exiger des réformes.  L’économie du monde le mérite bien.

 

La réunion du G20 du 2 avril à Londres va donner une première idée de ce qu’on peut en attendre.

Saluons déjà comme il convient cette extraordinaire réunion que les historiens du futur ne manqueront pas de saluer comme l’avènement d’un monde global, symbole du XXI ° siècle. Pour la première fois dans l’histoire du monde, on trouve, aux côtés des nations occidentales, de grandes puissances émergentes qui disent voyons ce que nous pouvons faire pour assurer un bon fonctionnement du capitalisme qui nous a déjà tellement apporter mais dont nous disons qu’il est nécéssaire maintenant de mieux le réguler et accessoirement de na pas laisser Washington seul maître du jeu. Et ils ont bien raison. Ce qui est attendu du G20, et il est possible que des avancées significatives interviennent dans ce domaine, ce sont des règles financières qui découragent la spéculation, des ratios et une transparence bancaire qui incitent les banques à une plus grande prudence et éventuellement un début de contraintes et de mesures contre les paradis fiscaux.

Ce qui devrait être considéré avec circonspection après les expériences non convaincantes des années 1930 et du Japon depuis 1980, ce sont les plans de relance. Les Européens ne convaincront pas Obama de mettre le holà dans ce domaine mais espérons que certains sauront rappeler que rien ne garanti le succès de plans de relance trop déstabilisants pour les grands équilibres.
Enfin la réforme de Bretton Woods. Russes et chinois ont raison de rappeler qu’il faudrait un nouvel ordre monétaire mondial mais malheureusement les européens ne les suivront pas et Obama encore moins, qui tient à protéger autant qu’il le pourra l’hégémonie absolue du dollar.

Nous rendrons compte dans ce blog, comme il se doit, des conclusions qu’il faudra tirer de cet évènement historique mais, aujourd’hui, nous parions plutôt sur quelques avancées qui pourraient à terme requinquer les marchés financiers « sinon demain mais après demain ».

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